‹ Œuvres complètesChapitre 71 sur 140 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

DE LA FRACTURE DR LA. CUISSE. fi à ÿ

vos de lg cuisse se peut casser, dans, sa partie supérieure , dans son milieu ou près du genou ; les unes et les autres de ces fractur es se font en travers ou obliquement ; il est rare qu'il soit écrasé en plusieurs pièces, parce que cet 0 est couvert de quantité de muscles 4 qui amortissent le coup, à moins que la fracture ne. soit faite. par quelque corps pesant, comme un moellon, unesolive; ou par quelque corps violemment poussé , commé une balle de mousquet, boulet de canon , éclat de bombe, area

Les signes diagnostics et pronostics sont semblables à ceux des autres fractures simples : ainsi nous ne traiterons que de la cure. L'os cassé en travers est plus facile à traiter que s’il l'était obliquement, n'y ayant, après la réduction, qu'à faire un bandageordinaire, et le reste de la cure, comme nous l'avons prescrit dans le général , hors la situation du malade , et les moyens de le soulager dans ses nécessités, dont nous parlerons fort au long dans le traitement de la faciire oblique, qu'il faut considérer. comme un écueil en chirurgie.

Pour faire la réduction de l'os il faut faire: les ‘extensions, Seed extensions et la conformation comme il a, été dit au général, et comme nous le dirons ci-après à la fracture dela jambe. |

La réduction de la fracture du fémur étant faite , il faut appliquer l'appareil ; savoir : une compresse simple. qui couvre. la partie fracturée. On la trempe dans l’eau-de-vie aromatique ; ensuite on fait trois tours sur la fracture avec une bande, laquelle est employée à faire des doloires en montant j jusqu’à laine » puis on applique une bande qui fait aussi trois tours sur la partie fracturée, et finit près du genou en faisant des doloires. Lorsque les deux bandes sont employées, on égalise | la partie avec une compresse qui. est graduée , étant plus épaisse à un bord qu'à l’autre; puis on place des. longuettes qui servent d’attelles, et on les assujettit avant une.,bande qui commence prés, du genou, et finit à Yaîne. Ensuite on met deux cartons, l'un en dedans, et l’autre en dehors ; on les lie avec les lacgs.

Le bandage et les cartons ‘doivent être un peu plus serrés quand la fracture est oblique que quand elle est transverse, parce que, dans celle-ci, les os cassés se soutiennent comme d'eux-mêmes, d'autant mieux que les muscles, agissant, poussent les pièces d'os cassées les unes contre les autres, et les affermissent ; au lieu que, dans celle qui est oblique parce que les bouts des os cassés ne peu-

166 TRAÏTÉ DES MATADIES DES OS.

vent s’arc-bouter l'un contre l'autre , et l'action des muscles les fait glisser et monter l’un sur autre :.c’est pourquoi il faut serrer davantage la bande pour presser les'pièces d'os afin de les maintenir. Outre cela, quand la fracture est-oblique , après avoir appliqué les bandes, compresses et cartons, on doit attacher deux lacqs, lun au-dessus des condyles du genou, et Pautre-au-dessus des malléoles ; et de plus on passe une, grande nappe ;ou un demi-drap entre les | cuisses >; un bout passant dans l'aîne, et l’autre: derrière sous la fesse opposée pour être attachée au chevet du lit, l'une à droite et l'autre à gauche ; ensuite on met des fanons ,. qui. doivent s'étendre, l'un depuis la plante du pied jusqu’à l'aîne, et l'autre depuis, la plante du pied jusqu’à la crête des.os des bançhes, afin de tenir en repos le pied , la jambe et l'articulation de la cuisse avec l'ischion., |

On garnit les fanons de petits coussins ou de compresses. en. quantité suffisante. On les applique depuis Ja hanche jusqu’au pied, tant en dedans qu’au dehors , pour remplir les inégalités, et pour.que les fanons - S ’ajustent. si bien qu'ils fassent une, compression égale. On met une compresse en long quis étend depuis le pied jusqu’à l’aîne , par-dessus laquelle passent les Tacgs qui attachent les fanons. On met une semelle attachée par-un. double lacq, qui, de chaque côté , sert à J'assujeltir. On passe une seryielle autour du: corps, par-dessus le bout supérieur du long fanon ; auquel on attache avee de fortes épingles. Le lacq du genou s'attache au pied du lit pour retenir la cuisse en bas, pendant que la nappe qui est attachée au chevet du lit retient tout le corps vers le haut, et l'empêche de descendrè ; ce qui maintient Ia cuisse dans sa longueur.

La sitiatios qué le blessé est obligé de garder deviendrait à la longue insupportable si l’on n’avait sôin d'en diminuer la gène autant qu'il est possible, Lorsque la nappe, ou le demi-drap qui passe entre les cuisses pour retenir le corps ‘vient à incommoder , ‘on peut. en changer de temps en témps les bouts , c'est-à-dire attacher à la droite du lit le bout de la nappe qui était attaché à à la gauche , et mettre à gauche celui qui était à droite. De même, pour soulager le bléssé lorsqu'il se sent: incommodé par le lacq qui est attaché au genou , on-retient la cuisse vers le bas au moyen du lacq placé à là cheville du pied, et on délie celui qui est attaché au genou. Ces deux lacqs servent ainsi alternativement, selon que le blessé est incommodé de l'un'ou de l’autre. On Îles attache à à une planche qui ‘doit être stable au pied du lit, ‘et sur laquelle on cloue un billot « que l’on garnit d’un petit matelas ou d’un coussin. Ce billot est d’un grand LEtAacement au malade : il lui sert à appuyer le pied sain pour se relever de temps'en temps lorsque, glissant vers le bas du lit, il se trouve. incommodé par l’alaise qui passe entre les cuisses. Alors , poussant son pied sain contre le billot, il se relève beaucoup mieuxui seul que, sans ce secours , deux personnes ne le pourraient faire en

l'aidant. La” planche qu'on met ad pied du u lit convient aussi lorsque la fractüre est transverse. Comme on ne’sé sért point d’alaise pour retenir le ‘blessé , il descend plus facilement'vers le bas du’lit , et a: par conséquent: besoin de ‘se pouvoir ‘relever "en appuyant , commen à dit ; le pied sain contre le billot. Il est nécessaire encore d’attacher au plancher une! corde qui passé à"travérs lé ciel du lit, et'qui descend à la portée de lamain du malade. Cette corde lui est très-utile pour : se’ remuer faciiétnent ‘et'satisfairé à à 'sés" différens besoins, : :: Tr

‘Pour'éviter que lé éroupion ne dédtédhe il ‘est bon dé pércér le premier! matelas ;'ce' qui donne de plus la ‘commodité de passer un bassin'entre ce bélier et le second matelas lorsqué le blessé veut aller à la selle. Le drap de dessous doit ‘aussi être féndu où composé’ de deux piéces’/qu'on puisse, ‘au besoin, écarter à Tendroit des- fesses Lorsqu'on ne prend point ‘cètté précaution mit arrive souvent! que le croupion s’écorche, et: alors il faut l'éxaminer souvent; la gangrèéne y pouvant séreht ‘survénir. Dans ce cas on se sert fort utilement de l’eau vulnéraire ou même dé l'esprit de vin camphré pour bassiner la partie, et on. Y applique de l'onguent de’styrax étendu sur un papier brouillard ou sur un linge fin. Voilà ce qu'il y à de particulier pour le traitement de cette fracture. Le reste se trouve fort au Jong dans le général,

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‘De 7 Frature du Col du Fémur (5 LEE

» LE "4

Le col du fémur peut être cassé dans son. milieu, près de la tête. ou près du grand.trochanter. Quoiqu'il y ait des signes. pour distinguer ces fractures, elles ont.été prises plus d’une: fois , -surtout celle qui se fait près de la tête, ou pour le décoliement de Fépiphyse,: ou pour la luxation de la tête du fémur.-On:trouve même un: exemple faineux de cette dernière méprise.dans les œuvres d'Am- broise Paré, qui, s’y étant trompé , rapporte son erreur:avec toute la sincérité possible : sincérité rare au siècle où nous sommes, et qui, depuis Hippocrate, n’a-presque point eu d'exemple.

Quelqu' un, qui n'avait pas lu Ambroise Paré, ayant été mandé pour. une fracture du co! du fémur, et l'ayant prise pour. “une luxation, se ami, en devoir d'en faire:la réduction; et, lorsqu'il crut avoir réduit l'os, il se,contenta de faire un: bandage simple pour le retenir. Les vives. douleurs que le blessé. ressentit après cette. prétendue. réduction. le firent. douter. de son états et: l'engagérent à m'appeler à son secours. Celui qui l'avait pansé. m'ayant assuré que le fémur avait été démis, -et. la. cuisse: aa laes voeu gg plus

té

(4) Voyez; sur. cette fracture. un mémoire intéressant dans le quatrième tome de l’Académie royale de chirür gié.

courte que lautre, je jugeai d'abord que la luxation n’était point réduite. L'appareil étant défait, je sentis le grand trochanter quatre doigts plus haut qu'il re devait être , ce qui, joint à ce que la pointe du pied etle genou étaient tournés en dedans, me fit. croire que l'os était luxé en haut et en dehors; mais, ayant pris le pied, j'en ournai la pointe en dehors sans résistance. et je reconnus. par là

qu'il y avait fracture au col du fémur : j'en. fis la réduction, j ’ap- Dliquai un appareil convenable, et Je blessé fut Rerfatement guéri. sans boiter.

La facilité de tourner la pointe du pied de dedans en dehors et: de dehors en dedans, joint au raccourcissement de la-cuisse;. était un signe suffisant pour décider qu'il y avait fracture, et que la fracture était au col du fémur. En premier lieu, si,. en faisant couchér un malade! sur le dos, lui faisant garder exactement. laligne droite depuis la tête jusqu'aux pieds, et lui faisant étendre les. cuisses et les jambes à côté l’une de l’autre ; Fon-trouve la malléole interne d’un côté, plus haute que celle de l'autre, que la rotule ;et: le grand trochanter soient aussi plus hauts à proportions en un mot que toute cette extrémité inférieure soit plus courte que l’autre de. trois travers de doigt plus ou moins, il est certain que ce raccour-: cissement ne pourra être survenu après une chute qu'il n’y ait fracture ou luxation à la cuisse. En second lieu , si, en remuant le pied, on peut tourner la pointe de dehors en dedans ou de dedans en dehors avec une égale facilité, on pourra assurer qu’il n'ÿ a point de luxation , puisqu’il a été démontré en général et en particulier, dans le chapitre de la luxation de la cuisse , que , un os étant luxé, on ne peut le porter sans violence et sans douleur du côté opposé à celui où les muscles Je tirent en conséquence du déplacement. Or, s’il est sûr que, dans la supposition dont il s’agit, il n’y a point de luxation, ilen faut nécessairement conclure qu'il Y a fracture au col du fémur. Alors, la tête de l'os resiant dans sa cavité avec une portion du cou, le fémur n’a plus rien pat le haut | qui le retienne et r'aqu pe de NA au gré des mains “qui. le meuvent.

Ce qui trompe ceux qui n'y regardes pas d’assez prés c’est que, en touchant le fémur, ils le trouvent ferme et solide dans toute son étendue, depuis les condyles jusqu’au trochanter ; et qu’ils ne sentent point de crépitation. Mais, s’ils ont besoin de ce signe pour se convaincre , ils pourront lavoir au moyen des extensions qu’ils font pour réduire le fémur qu'ils croient luxé ; car, lorsque, par ces'extensions, ils auront rapproché la portion du col qui tient aw trochanter de celle qui tient avec la tête à la cavité; ces deux pièces, en se froissant, produiront une crépitation.

A l'égard de la cause de la di nil du col du fémur , voici ce que J'ai vu:

Un homme , voulant descendre d'une fenêtre unpeu haute, se glissa le long du mur, le dos tourné. du côté de la rue, et se:tenant sur le boid de la fenêtre avec les mains ; lorsqu'il se fut alongé pour approcher, autant qu’il le pouvait, du paré, et tomber ‘de moins haut , il lâcha ses deux mains, et tomba à terre sur le plante des deux pieds , mais inégalement. Le pied droit porta le premier,

et souffrit tout le poids du corps, dont la force était multipliée par la vitesse de la chute. Le pied , la jambe et le corps du fémur résistèrent parce que la ligne de direction du poids du corps tombait perpendiculairement dessus ; mais le col du fémur, par la raison contraire, se cassa à cause de son;obliquité.

La cure de cette fracture consiste à faire les extensions et contreextensions suffisantes , «et à maintenir l'osen son lieu, en .se comportant comme dans A frac ie oblique de la cuisse, à laure nous renvoyons. | }

Il s’agit, pour finir cette matière, de dire un mot du lahloot ou de la séparation du col d'avec l’épiphyse qui forme la tête, Cette épiphyse ou cette tête est unie, comme on sait , au corps de los par un cartilage qui se trouve entre deux; et qui, comme une colle, fait la jonction de ces parties. On conçoit par là que le décollement ne peut arriver que dans les jeunes sujets en qui le cartilage qui joint l'épiphyse n’est point encore ôssifié ; car , dans ceux en qui l’ossification est parfaite, le cou et l'épiphyse ne faisant qu'un, s’il arrive que la tête se sépare , cé sera par fracture, et non par simple décollement. J'ai été consulté pour une personne qu’on croyait dans le <as du décollement ; mais je ne regardai point ce prétendu décolle-ment comme la simple désunion de l'épiphyse d'avec le col, parce que le malade avait trente-cinq ans, âge où l’ossification est parfaite, et dans lequel la séparation des épiphyses est impossible.

Pour déterminer si le décollement est simple , ou s’il est causé par la fracture du col, il faut, donc avoir d’abord égard à l’âge. On doit remarquer de plus que, dans le cas du décollement; lorsque Fon fait les extensions pour rapprocher , comme il a été dit, les parties séparées, la crépitation est sourde, parcé que les os ne se touchent qu'à travers un cartilage ; au lieu que la crépitation est claire et nette lorsqu'il y a fracture, parce que les os se touchent à nu. I est vrai qué ce signe n'est ébrtain que quand la maladie est récente ; car, lorsqu'elle est ancienne ; le bruit de la crépitation est sourd dans la . fracture même , parce que les bouts des os sontenduits de la matière du cal ; qui sy et épaissie , et qui produit le même effet que le cartilage ACTA cas du simple décollement. On remarquera encore que le col du-fémur est plus long dans le décollement simple que dans la fracture: : ce qui-fait qu'on ne tourne pas la pointe du pied en dedans et en dehors avec autant de facilité que dans la fracture , qui permet de tourner le fémur d'autant plus librement: Li elle est à la partie du col la plus proche du trochanter. :

Après tout, il ne sert pas beaucoup, pour la guérison, de dis-

tinguer le décollement de l'épiphyse d'avec la fracture du-col, puis- -que l'opération ‘est la même , et que les moyens de maintenir les:0s quandils sont réduits ne différent point: Ils sont décritsau long dans le traitement de la fracturé simple et oblique de! 1x cuisse": bé. je n'en dirai päs davantage, "+ us T1 20h ‘

tés " 4 ; PR AUUR $ Er - 7 ! % $

De Ve Fracture compliquée “de. ya Éeul | G ARS by ACER LE à one Les, fractures puissent être compliquées de rs causes et de différens, accidens, ou,symptômes.,, cependant, quand .on parle d’une fracture compliquée.,: l'usage, veut. qu’ on: entende: particulièrement une fracture avec plaie. C'est dans ce sens que je traite la fracture compliquée de la cuisse, ayant parlé suffisamment des: autres causes de complication dans la cure générale des fractures.” , Les plaies qui. accompagnent les fractures de los de là cuisse sont en général de deux sortes : les unes sont faites j par la cause pr ÉE a Cassé. l'os ,: comme, par une roue de. carrosse DAT une. balle v mousquet , par. un, éclat, de bombe. elc.; les. autres sont faites, par les os mêmes .qui. sont cassés. et, qui. percent les muscles, Ja graisse et. la peau. Les unes et les autres sont avec. plus ou moins de. contusion,; avec. ou sans bémorrhagie, ayec ou sans Corps étrangers. Les os quelquefois ne sont point découverts; d’autres ois ils le sont, et passent même au dehors par la plaie. © pd De toutes les fractures, -compliquées célle de Ja cuisse est la nn fâcheuse.. IL est difficile. de tenir les, pièces, d 05, en leur. place, Surtout lorsque. la fracture. est oblique. Une grande quantité de Us trés-forts, qui entourent. le fémur de. toutes. parts, ‘font; monter, facilement les 08 cassés Jun sur. l'autre. nf, non. seulement. s opposent à la réduction, des, pièces fracturées,, mais, même, souvent, les déplacent. aprés qu'on. les.a, bien, réduites. Ces. inconvéniens, joints à la nécessité de remuer le, malade, pour. ses. besoins, et pour, ‘les pansemens ; sont d'un. grand obstacle à à la réunion, qui, demande un Has

ce, qu on. ait pu mere la séparation. ou L tige, es cassés et découverts. Le fascia-lata, qui, dans {ous, les, dépôts, Faute tant de désordr es, est ici la source d'un, nombré, infini, d'a abcès... Tr Quand, Ja plaie, est en dessous, de 1 la cuisse; la; ‘racture.e est encore plus. fâcheuse ; et, malgré les «moyens qu on emploie pour, éviter, .de dérang er les os en pansant, on a souvent | le déplaisir, de, voir -périr les malades pour lesquels on a, pour ainsi. dire , épuisé. la palience el toutes, les ressources, de lart.; Quand cette fracture, est si | AE des jointures. que, J'arüeulation, s'enflamme, et, 4 il Sy fait LL, QES dépôts. il est rare que la cure ;ré Éussisse et,le $ ia périssent par le.dévoiement , la fièvre, Jente et] ke, reflux des ma lières puru-

tentes ; Qui cause abcès au foie , au poumon. ou dans quelque autre viscère;:, Lorsque la fracture est voisine de, Tarticulation PET elle est encore plus dangereuse. ,,huuxe nu,

Pour mieux. instruire les élérede en “chirurgie de tout. ce qui a rapport au traitement des fractures compliquées ; de-la, cuisse, je vais rapporter quelques exemples choisis, dans lesquels on trouvera les principales eirconstances de la cure:derces sortes de biessures. J'y joindrai les observations et les réflexions qui m ‘ont paru les plus propres à lever les doutes qu’on pourrait former, et à . guider sûrement dans cette cure; capable quelquefois d'embarrasser les

lt mêmes les us NT MAPS RMS nt 2 f (: Re | | s FRE t

Un homme avait la cuisse cassée par : un coup de edf de Fe ; Qui lui avait en même : temps coupé une partie des muscles exLenseur sde la jambe, mais sans avoir entamé la peau. Je fis la réduction, et] ’appliquai l'appareil comme. pour la fracture simple, excepté que je ne me servis point de bande roülée, mais d’un bandage à dix-huit chefs, Les compresses trempées ‘dans l'esprit de vin camphré et l’eau-de-vie aromatique fürent he | and secours, de même que les saignées copieuses, que je fis réitérer jusqu’à ce qu’ il ne restât plus, ‘pour ‘ainsi Aie que là quantité de sang absolument nécéssaire pour le soufien de la vie du malade. Je li fis d'fdurt observer le régime confenable ; et, par cette conduite , j’eus la satisfaction de voir de jour en. jour L'écchymose se résoudre et se dissiper; les chairs divisées se réunir et les os rompus.s’affermir.: ce An fut suivi d'une Eure panier en. 4e mois de temps... 4, 4

Les choses ne se passent pas toujours si heureusement. Jai élé plusieurs fois obligé de faire i incision , et d'ouvrir ces sortes‘ de con- {usions , pour prévenir la gangrène ‘ou les suppurations , qui ne peuYént manquer de survenir lorsque l'épanchèment ést Considérable , ou lorsque le sujet est cacochyme. On a une raison ‘de plus pour ouvrir quand l’épanchement est au lieu même de la fracture ; et que les bouts des os ‘trempent dans le sang épanché et coagulé , % parce qu’alors les bandages ne peuvent serrer. ‘les os d'assez prés pour les’ retenir en situation. °°": tie é sant

“il faut” remarquer que, Are Je sang est seul épanché, il est

VOIE pour l'ordinaire que , QU il és mu 0 se “sie à dans Vintervalle des muscles et dans les cellules. dés graisses ; .ce qui forme l’ecchymose de couleur noire à l'extérieur. laquelle se dissipe par degrés , passant du noir au brun, du brun au violet, et par nuance du violet à Vorangé ét au jaune clair, et revient enfin à la couleur naturéllé de là péau: C’est ators qu’ on quitte té bañdage à dix-huit chefs," et qu'on inét des bandes comme dans à! mature simple: La raison pour laquelle il ‘est nécessaire de se “Servir dé bandage à dix-huit chefs dans le cas de. la. confusion , c’est qu il faut souvent lever l'appareil pour obsérver ce qui se passe, agir selon Ja termi-

LÉ

naison que à la confusion , et serrer le bandage à proportion que le sang se résout et que la partie se dégonfe; sans quoi les os pourraient aisément se déplacer.

Lorsqu'on a été obligé d'oûvrir la tumeur, si elle n’est point dans le lieu même de la fracture, la plaie alors est simple , et n’a besoïn que d’un pansement ordinätré avec un bandage à dix-huit chefs. Si le dépôt est à l’endroit même de la fracture , et que les os soient découverts, on examine s’ils sont bien en place, et s’il y a de la disposition à la réunion ; auquel cas on ne tamponne point ; des plumasseaux pliés en deux! suffisent, ou toute autre charpie mollette. Si la suppuration s'établit sans être trop abondante, et qu'il n’y ait aucun accident, la réunion de la plaie se fait; les 08 qui ne souffrent point fournissent sans trouble leur contingent pour la formation du cal ; et, quand la plaie est fermée , on applique les bandes roulées s’il est encore nécessaire de contenir les os. Si l’on reconnaît au contraire que les os souffrent quelque déplacement ; que la grande suppuration. les découvre ; que le fracas trop grand où trop irrégulier enléve l'espérance de la réunion, alors on se comportera comme dans l’exemple qui suit : … À

É > : ATR : : ” ?« !

Un manœuvre tomba d’un échafaud avec un moellon qu’il tenait. Il arriva à terre un peu plus tôt que le moellon, parce que, ayant quitté cette pierre, elle fut retenue un moment sur le bord d'une planche, d’où elle lui tomba sur la cuisse de la hauteur de plus de trente pieds, êt lui fit une plaie fort grande, par laquélle on touchait les os. J'étais d’abord d'avis de couper la cuisse , parce que le fracas de l'os était aussi considérable que la meurtrissuré et le déchirement des chairs; cependant je me déterminai à tenter la conservation

de la cuisse. de Je fis coucher le blessé après avoir égalisé son lit. Le côté malade fut mis

assez au bord pour faciliter les opérations et les pansemens, Je passai dans

l’aîne un linge carré que je nouai par les deux bouts de la diagonale pour en faire une anse qu ’unaide prit avec une de ses mains sans agir, Un second aide embrassa la cuisse au-dessus des condyles avec ses deux mains , et un troisième prit le: pied. Alors je fis tirer un peu, moins pour : faire la réduction que pour donner à la cuisse sa rectitude. Cette circonstance doit toujours être observée avant que d'opérer, tant parcs que les mouvemens que la douleur excite sont moins nuisibles que parop qu’on dirige bien mieux les incisions lorsque les parties sont, autant qu’on le peut, dans leur situation naturelle.

Mon doigt introduit dans la plaie fut le conducteur du bistouri , avec. lequel

j'incisai haut et bas toutes les parties dilacérées ;, ce qui facilita la sortie de quantité de sang déjà caillé, et de plusieurs pièces osseuses détachées de leur

tout. Avec ce même doigt indicateur je découvris les brides qui laissaient les

parties inégalement divisées , et je.les coupai toutes, particulièrement celles ï

de l’aponévrose du fascia-lata, que je fendis non-seulement en long, mais aussi en travers et en plus d’un endroit. C'est l'unique moyen de prévenir les désordres de l'inflammation, qui, en même temps qu'elle gonile les muscles , tend l’a ponévrose qui les recouvre? ce qui produit L'éfraité element de toute la parlie, et en conséquence les dépôts les plus funestes. Les incisions faites , » Je

FRACTURE DE LA CUISSE. 173 fis achever les extensions , et, avec mes Po je cn Vas les os, et les replaçai à mesure qu’on tirait le membre.

Comme , en ce cas, il n’eût point été sûr de: lhiséon recouvrir FA 6$, je pansai la plaie avec la charpie sèche et des lambeaux de liage déchirés , de manière à tenir les os découverts jusqu’à leur exfoliation, Après que:le reste de l'appareil fut appliqué, je situai la partie ;‘je fis saigner le blessé deux fois :en douze heures, et une troisième fois le lendemain ,.avant la levée du premier appareil. Dans ie second p pansemient je laïssaï les labo de linge qui enveloppaient, pour ainsi dire ; les bouts des os , les méttaient hors d’état de blesser les chaits pär leurs pointes, et en même temps les assujettissaient assez pour qu'ils ne pussent se déplacer par de légers mouvemens: Au troisième pansement ; je levai tout, et je-replaçai de gros hourdonnets qui faisaient le même effet autour des os que les lambeaux de linge. Ils étaient trempés dans l’eau-de-vies et ceux qui remplissaient le reste de la plaie étaient chargés du, digestif simple, animé d’un peu d’eau-de-vie. Le tout était recouvert de compresses et Hétu bandage vosmenabier tel A sera décrit dans la suite.

Une Satititie de la cuisse. faite par un pe à d'arme à feu sera le dernier exemple que je rapporterai. : |

De deux balles qui étaient entrées dans la partie moyenne et antérieure de la cuisse, l’une sortait à la par tie postérieure, un pouce plus bas que l'autre ; l’autre était restée dans la cuisse. Le fémur était cassé en plusieurs pièces , et une hémorrhagie considérable accompagnait la blessure. Ces complications auraient pu déterminer à lamputation si le malade n'avait pas montré toute la force et tout le courage qu ’il faut avoir pour résister aux opérations, à la douleur des pansemens, et à tous Les événemens fâcheux qui peuvent survenir peudant le cours d’une aussi longue maladie ; qu’on est moins sûr de guérir ensuivant le parti de conserver la cuisse qu’en prenant celui de la couper.

Pour ôter la culotte j’en fendis le canon; je redressai la cuisse, que la chute, après le coup, avait courbée comme un bâton rompu, et je tamponnai la plaie avec de la charpie , que j’arrêtai au moyen d’une bande. Le blessé fut, en cet état, porté, sur un brancard, dans sa tente , et fut couché sur son lit de Camp de manière à faciliter les opérations et les pansemens nécessaires.

L’appareil étant prêt, je fis tenir le pied et tirer la partie inférieure de la cuisse pendant qu’on en retenait la par tie supérieure comme il a été dit cidessus: À la faveur de mon doigt, j'incisai haut et bas la plaie antérieure jusqu'aux os brisés, et je tirai par cette plaie beaucoup de sang Caillé; ce qui découvrit enbinttire du vaisseau qui fournissait le sang. Un aide mit le doigt dessus pendant que j’incisai la plaie postérieure en faisant un peu lever Ja cuisse, et tourner le malade sur le côté sain. Par cette nouvelle ouverture, que je fis dé grande que la première, je tirai peu de sang caillé, mais beaucoup de fragmens d’os et des morceaux du drap de la culotte que les allés y avaient poussés." Je ‘cherchai la seconde balle, et la trouvai dans le muscle vaste externe, près de la péau et de la petite tête du biceps, à un pouce à côté de la sortie dé l’aûtre balle. Pour tirer la balle dont il s’agit je ne fis point de difficulté de couper la peau et les muscles en travers , depuis la plaie postérieure ou la sortie de la première balle jusqu’à l’endroit par où cette seconde serait sortie si elle avait eu assez de force pour continuer soh chemin. On peut, sans . craindre dé diminuer l’action, et sans aucun danger, couper transversalement

des portions si petites d’un aussi grand muscle qu'est le vaste externe.

Après avoir fait les incisions convenables, et avoir tiré tous les corps étrangers , je replaçai la cuisse; je fis lever le doigt de dessus le vaisseau; je passai, de haut en bas et de bas en haut, une aiguille courbe enfilée d’un double fil d’Epinay, et je liai le vaisseau d’un nœud double, Je coupai le fil à deux doigts près du vaisseau , et j’appliquai sur le nœud une compresse d’un pouce en carré, et de quatre lignes. d'épaisseur.

Quand le vaisseau n’est pas placé dans un endroit commode pour le passage de l’aiguille, on se sert d’un bouton de vitriol, où d’un bourdonnet trempé dans l’eau styptique, et bien exprimé pour que cette eau ne s’étende point dans la plaie, où elle ne serait pas seulement inutile, mais même nuisible. Pour appliquer ce styptique on essuie bien l’endroit d’où sort le sang, et, dans le même instant qu’on relire le linge qui a essuyé le vaisseau, on place subitement le bourdonnet trempé du styptique, parce que; si l'on perd le moindre instant, le sang qui sort'est imbibé dans le bourdonnet, et , affaiblis sant l’eau styptique , en empêche l’action. Sur ce bourdonnet, ou sur le bouton de vitriol, on met une compresse semblable à celle que l’on aurait mise sur la ligature; on la soûtient, comme l’autre, par une quantité de bourdonnets que l’on élève d’un travers de doigt au-dessus du niveau de la plaie afin que les compresses et le bandage qu ‘on applique par-dessus, sans comprimer beaucoup le reste de la partie blessée, tiennent le honrdaanel suffisamment appuyé pour qu’il ne laisse point hate le sang.

Au reste la ligature, de même que les styptiques et les caustiques, ne dôivent point être employés toutes les fois que la seule compression peut suffire vour arrêter le sang, comme il arrive lorsque le vaisseau ouvert est peu considérable , et surtout lorsqu'il se trouve près des os. L’impulsion du sang n ’étant pas forte, ou le vaisseau pouvant être serré entre les bourdonnets qui Le pressent et le corps de l'os qui résiste, on arrêtera aisément le sang sans autre secours que la compression. Par ce moyen on évitera l'inconvénient des caustiques, qui, appliqués près des os, peuvent les dénuder et les découvrir; ce qui, en cette occasion, doit en faire ; autant qu’il est possible, rejeter l'usage, de même que dans le cas où le vaisseau occupe une partie ons sensible , et avoisine des tendons et des nerfs D:

I1 faut donc toujours, autant qu’on peut, donner la préférence à la simple compression. Si elle n’est pas suffisante, soit parce que le vaisseau est fort gros ; SOit parce qu’il est éloigné de l’os, soit parce qu’il est difficile de trouver un ferme appui dans une cuisse brisée soit enfin parce qu’on ne peurs sans danger, faire un bandage suffisamment serré pour arrêter le sang; dans ces cas on doit préférer la ligature. Si la situation du vaisseau ou duaidté autre circonstance rend la ligature impraticable , il faut en ‘venir à l’eau de Rabel

: ou au bouton de vitriol, qui demandent toujours d’être appliqués avec précau-

tion, quoique cependant, quand le cas est urgent, la crainte d’endommager les

os, les tendons et les nerfs ne puisse plusretenir. On doit alors tout sacrifier à la nécessité pressante d'arrêter le sang, dont la perte ferait en un moment périr le malade ; et si, dans ce moment, le chirurgien manquait d’aiguilles et de styptiques , il faudrait que son génie , sa sagacité lui fournît des moyens prompis pour arrêter l’hémorrhagie par la seule compression ;‘et lui fit trouver

(LE L'auteur ne vivait plus lorsqu'on a fait les premières expériences de l'usage de l'agaric de chêne. ù

des points d'appui partout , même dans les lieux où. là nature semble les refuser (1).

Ayant remédié à l’hémorrhagie, je garnis me deux plaies de bourdonnets, etsurtout les bouts des os, comme il a été dit dans l'exemple précédent. Je mis ensuite sur chacune des plaies une compresse en uatre doubles pour empêcher que le reste de l'appareil ne fût gâté par ies-suppurations. Par-dessus ces compresses, au lieu du handage à “ii huit chefs, consäs ensemble, j'appliquai plusieurs bouts de.bande séparés, qui, faisant le même effet du bandage ordinaire, et pouvant être changés tous ensemble s’il le faut, ont aussi l'avantage de pouvoir être changés séparément selon le besoin. Après avoir employé les douze premiers chefs de bande, je plaçai aux parties latérales deux compresses longuettes plus épaisses qu’on ne les ‘fait pour les autres fractures , et assez red pour occuper, tant dans la partie interne que dans l’externe, tout lPin- Hate qu’il y avait entre la plaie antérieure et la postérieure. Ces compresses étant retenues par les derniers chefs de bande, j’appliquai par-dessus," de chaque côté, une attelle de fer-blanc en gouttière ; et je les liai au moyen de trois lacqs de fil larges d’un travers de doigt.

Les attelles de fer-blanc ou d’écorce d'arbre valent: beaucoup mieux, que les cartons dont on se sert communément , et qui , comme on l’a dit ailleurs, s’amollissant par l’humidité, cessent de maintenir les os rompus. On ne craint point de même que les fomentations ou les suppurations amollissent les attelles d'écorce d’arbre ou de fer-blanc, lesquelles, par la fermeté de leurs substances, résistent toujours également. On peut d’ailleurs: leur donner, comme au carton , une figure convenable à celle de la partie, et prévenir qu’elles ne blesseñt en les garnissant suffisamment de compresses:

Après les attèlles je mis les fanons, qui ne sont autre chose que dut roueaux de paille entourés de linge, et qui s'appliquent de chaque côté lé long de la partie. Celui qui se met au côté interne doit, comme il a déjà été dit, s’étendre depuis le dessous des parties génitales jusques ét par-delà le pied ; et celui du côté externe, depuis le haut de la hanche jusques et un peu au-delà du pied. Pour mieux fixer la cuisse les fanons étaient faits de façon qu'ils pussent s’y appliquer par beaucoup de surface. Ils avaient environ deux pouces de diamètre , excepté cependant le bout du fanon interne qui approche des parties génitales ; et ils n'étaient point si fermes qu’ils'ne pussent s’apiatir un peu pour se moulér-sur la jambe et sur la cuisse. La toile qui les enveloppait faisait assez de circonvolutions autour pour que l'inégalité de la paille en fût effacée, et qu'ils ne blessassent point les endroits sur en des ils pourraient appuyer.

Au lieu de joindre: les fanons en log eee comme on a coutume de faire dans un même morceau de linge par les bords opposés, j'en pris deux morceaux séparés. L’un les enveloppait et les unissait depuis la partie qui est au-dessus des condyles du fémur jusqu’en bas ; et’ l’autre, depuis quatre doigts au-dessus de la fracture jusqu’en hant. De cette manière il n’y a point de toile entre les deux fanons dans presque toute la partie postérieure de la cüisse. On verra par la suite comment cet intervalle entre les deux morceaux de toile contribue à faciliter les pansemens. La pièce de taile qui joint les fanons au-dessus de la plaie doit être coupée obliquement, c’est-à-dire de façon qu’elle soit propor-

ass Ù tv R ;

(4) L'art doit à M. Petit la plus belle cure en ce genre. Voyez , dans son Eloge, ce qui en

a été dit au sujet du marquis de Rothelih ,et fes Mémoires de l’Académie royale des sciences,

année 1731, è

tionnée par le haut à la longueur du petit fanon placé en dedans, et à celle du long fanon placé en dehors.

Pour que.les fanons pussent appuyer dans toute leur étendue j’eus soin de remplir avec des compresses, les vides qui se trouvaient entre eux et la partie, hors des endroits douloureux, et particulièrement le lieu de la plaie. J’eus aussi attention que les compresses dé remplissage que je mis au-dessus et audessous des chevilles du pied, des condyles du fémur et du trochanter fussent assez élevées pour que ces éminences ne fussent point comprimées. Je garantis aussile haut de la cuisse et le périnée de facon que le bout du fanon interne ne les blessât point. Je plaçai du reste les fanons dans ie Situation telle qu’ils étaient un peu en dessous de la grande épaisseur ou du diamètre de la partie, c’est-à-dire que lemembre était appuyé dessus les fanons, etnon point enfermé dedans. Avant de les lier je mis une compresse épaisse d’un demi-travers de doigt, et large de quatre, qui occupait en dessus toute la longueur de la cuisse et de les jambe. J’assujettis enfin les fanons au moyen de six “laëds ; trois à la jambe et trois à la cuisse. Je liai ceux de la cuisse les premiers, et cenx de la jambe après, en commencant par celui du milieu, tant à la cuisse qu’à la jambe, et je les notai en dehors, et sur le corps même du fanon , pour que les nœuds ne pussent point incommoder:

Les fanons étant assujettis , je plaçai sous la plante du pied, pour le soutenir, la semelle de bois garnie de linge, et à laquelle j’avais mis deux lacqs, un grand et un petit. Le grand était passé dans des trous pratiqués à la partie de la semelle qui est. vis-à-vis des chevilles ; et le petit, dans d’autres trous faits à la partie de la semelle sur laquelle appuie la prémière articulation des orteils. Le premier lacq, également partagé en deux chefs, après avoir fait une croix de St-André sur le cou-de-pied , fut attaché aux fanons à deux doigts au-dessus des malléoles, puis je recroisai ces deux'chefs plusieurs fois , les attachant aux fanons avec des épingles, et formant des losanges en les croisant ainsi jusqu’à la partie supérieure de la cuisse; ce qui ne laisse pas d’assurer tout l'appareil. À l'égard du petit lacq, je le croisai seulement sur le dessus du pied, et attachai ses deux chefs aux fanons , un peu au-dessus des chevilles du pied.

Outre les fanons dont j'ai parlé, j'en mis deux beaucoup plus mollets, plus garnis de linge que les premiers, et qui, n’étant point enveloppés d’un même linge, faisaient deux cylindres séparés. Je plaçai mes fanons dessous les premiers. Ils avaient chacun quatre lacqs cousus les uns vis-à-vis des autres. Ceux du fanon de dehors, passant par-dessous la cuisse , venaient en dedans ; et ceux du fanon du dedans, passant de même en dessous, venaient en dehors. pour y être liés par-dessus le membre avec les lacqs de l’autre fanon qui leur

‘répondaient. Ces lacqs empêchent que ces derniers fanons , qe nous nommerons faux, et qui servent d'appui aux vrais , ne s’écartent. Par le moyen de ces faux fanons tout le dessous du pied, de la jambe et de la cuisse ne touche point, ou presque point, au matelas du lit, et est seulement appuyé sur la toile des premiers fanons comme sur un branle, dans lequel la cuisse, la jambe et le talon se trouvent montés.

Les fanons ainsi disposés me paraissent plus avantagéux que la boîte ordinaire , qui cependant a ses partisans. Ils trouvent d’abord qu’elle est plus sûre

que des fanons, En que , étant de bois , elle est plus ferme ; mais des fanons bien faits n’ont qu'une flexibilité utile, qui ne va point ts permettre le déplacement des os. Le plan égal que forme le fond de la boîte est plutôt un défaut qu’une perfection, puisque ce plancher égal ne peut convenir aux inégalités que font le talon, le gras de la jambe, les condyles et le gros de la

cuisse. Les petits matelas qu’on met dans la boîte ne remédient qu’imparfaitement à cet inconvénient. et n’empêchent point que le: talon, le gras de la jambe et les autres endr oifs éminens n’appuient toujours plus que les endroits enfoncés. On peut dire encore que la boîte ne tient pas les os si fermes que les fanons, parce qu’elle n’est. point liée avec le reste de l’appareil. IL est bien vrai qu’on pourrait donner cet avantage à la boîte dont on se.sert communément en y ajoutant des lacqs, et: qu’on. pourrait la; perfectionner à bien d’autres égards, surtout par rapport à la facilité des pansemens: Je pr oposerai par la suite, pour la fracture compliquée de la jambe, une boîte corrigée, mais qui n'aurait pas les mêmes commodités pour la fracture compliquée de plaie à la partie postérieure de la cuisse. Ce que je: vais proposer se faciliter le pansement de cette fracture me paraît plus convenable: |

Après avoir arrêté l’hémorrhagie , extrait.les corps étrangers, replacé les os , garni leurs pointes, pansé la plaie, appliqué l'appareil convenable , et prescrit tout ce qui concerne le régime, il fallut faire transporter le blessé , du camp où il était, à la ville voisine. Pour y parvenir sans danger je fis prendre deux bâtons d’un frêne que je fis abattre. On les ajusta au lit de camp sur lequel était couché le malade. Les deux bouts, passant devant et derrière en forme de brancard, furent-mis sur deux muléts comme une litière. Le blessé ayant été ainsi conduit fort doucement à la ville, on déchargea les mulets, et on fit entrer le lit dans une saïle basse. Là je songeai à disposer tout ce qui était nécessaire pour panser commodément le malade, et pour lui procurer la facilité de satisfaire à ses besoins.

Pour réussir dans ce point important, outre la corde que je: .fis attacher au plancher , la planche et le billot que je tis mettre au pied du lit pour les utilités que j'ai dites ci-dessus, je fis faire un lit composé de deux matelas, l’un entier , et l’autre partagé en plusieurs pièces, qui pussent s’ajuster.ensemble, et se séparer selon le besoin. Une grande pièce s’étendait depuis le milieu des fesses jusqu'au chevet, le reste était partagé en quatre pièces, deux de chaque côté, L'une, du côté malade, commençait où finissait la pièce supérieure dont je viens de parler, et s’étendait à quatre travers de doigt au-dessous de la fracture. L’autre pièce du même côté commençait où finissait celle-ci , et s’étendait jusqu’au pied du lit. Les deux autres pièces du matelas, sur lesquelles appuyait le côté sain, étaient coupées de même que -du côté opposé, excepté qu’elles étaient plus grandes, selon la largeur du lit > qui. était partagé de manière qu’un tiers.de sa largeur formait les portions qui soutenaient le côté malade, et que les deux autres tiers formaient les portions qui soutenaient le. côté sain. Chacune de ces quatre portions de matelas était enveloppée de toile , ce qui servait de draps sans en avoir linconvénient, et sans faire.des plis qui peuvent incommoder, La pièce supérieure du matelas était couverte d’une alaise ou d’un petit drap, qui, n’ayant aucune sopunieniion avec les quatre autres pièces inférieures, n’empêchait point qu’on les étât et qu’on les remit librement. Lorsque ces toiles sont sales., on peut les changer pour entretenir le malade dans la 2 opreté.

Voici les commodités qu’on.tire de ces différentes pièces. de matelas détachées, Quand on veut donner le bassin au malade, on. ôte la pièce du milieu, qui. est du côté sain. Une partie de la cuisse et.de la fesse porte alors à faux;

-et l'espace qu’occupait la portion du matelas qu’on vient d’ôter fait place au bassin qu’on présente au malade, et qu’on.lui ôte facilement lorsqu'il a été à la selle. Pour pouvoir remettre aisément cette portion du matelas il faut y avoir cousu deux sangles étroites ou deux tire-bottes qui passent sous la portion

du matelas. quiest du côté malade. Ces sangles sont tirées par quelqu” un ‘dé marière à ne point changer de place, ni remuer Ja portion du matelas sur laquelle appuie la cuisse fracturée ; et, pendant que 1" on tire ainsi les PRUBIESS où Este LJeupe à FRoees le remplacement de 4 pièce du matelas qu'on avait ôtée: !: > Si l'on veut dose un léveñent au malade , ‘on n'ôte pas seulement Ia portion du matelas dont on vient de parler, mais enéoÿé celle qui est du même côté sous lereste dela cuisse, sous la jambe et le pied. Le'malade alors plie son genou, appuie la piante de son pied sur le second matelas, et écarte son genou autant quille peut; ce qui laisse entre les cuisses tout l’espace nécessaire pour l'introduction du canon et la manœuvre de la seringue. Lorsque le malade a recu le lavement, on ne replace que la portion inférieure du matelas sur Jaquelle appuie le Des de la cuisse, la jambe et le pied. On glisse le bassin pour que le malade rende son lavemert : ; et, lorsqu'il l’a rendu, on reinet l’autre pièce du matelas comme il à été dit. :

Pour panser le blessé on tire la pièce du matelas qui est dessous la fracture, et-qui a, comme lautre , deux sangles ou deux tire-bottes qui passent au travers du lit sous la pièce ‘opposée. Ces'sangles sont assez longues pour que, après avoir tiré la pièce du matelas autant qu’il faut, il en reste encore en dehors des bouts suffisamment longs qu’on puisse reprendre et retirer aisément lorsque, le pansement étant fait, on veut remettre la pièce dn matelas en sa place. Quand on:a tiré cette portion du matelas, l’éndroit où la cuisse est cassée se trouve tout en l’air, et l’on a la liberté de passer les mains de tous côtés pour lever lPappareil ot le réappliquer sans courir risque d’ébranler la fracture. Alors on délie les lacqs des faux fanons, et, pendant. qu’on soulève doucement tout lé membre soutenu avec les vrais fanon on fait ôter xp faux , et on laisse poser le membre lié dans les fanons.

Avant de délier les lacqs des vrais fanons , deux aides doivent tenir, van le pied , l’autre le haut de la cuisse ; pour conserver seuternent la rectitude de la partie, ets ‘opposer aux tre ssaillemens et atix anires mouvemens involontaires du malade. Les fanons étant déliés, on maintient en sa place celui. qui est en dedans, et on déroule celui est en Abhowsl pour le développer des deux toiles qui l'entourent. On tire un peu la toile supérieure en haut, et l'inférieure’en bas, pour débarrasser davantage le lieu de la fracture et donner plus de facilité dans le pansement. On. délie les lacqs qui assujettissent les lames de ferblanc, ét on lève commodément tout l'appareil, en 6bservant de ne point toucher à la compresse que l’on a appliquée sur la Higature du vaisseau , sur le bouton de vitriol, ou sur le bourdonnet trempé de styptique dont on s’est servi pour arrêter le sang; Car, dans l'exemple que j'ai donné, il y avait hémorrhagie.

Ayant ainsi levé tout l'appareil du blessé qui fait le sujet dé cetté obééls vation, j’examinai de nouveau la situation et la figure des ‘os. Je replacai une pièce qui s'était écartéé ; avec des tenailles incisives je coupai le bout d’une esquille considérable qui se terminait par une pointe aiguës; enfin j'ôtai en entier une petité pièce d’os qui était encore adhérente au périoste, mais qui pouvait nuire beaucoup par sa figure en piquant les parties voisines. Je pansai ensuite les plaies, commençant par celles de dessous : attention qu’on doit toujours avoir pour que les médicamens qui découlent de la plaie de dessus , quand on la panse, soient retenus, el ne s’épanchent point, comme il arriverait si on pansait d’abord la plaie! de dessus. J'observai toujours de bien couvrir et d’envelopper les bouts des os'avec des lambeaux de linge fin et avec

des plumasseaux tr empés dans de l’eau-de-vie. Les autres bourdornnets ou plumasseaux étaient chargés du digestif simple , animé seulement d’un peu esprit de vin. Je trempai dans l’eau-de-vie les compresses que je mis sur chaque plaie; j’appliquai les neuf bouts de bande en forme de bandage à dixhuit chefs, les compresses longuetles et les feuilles de fer -blanc. Je passai entre les deux cuisses l’alaise, dont j’attachai les bouts au chevet du lit; ; je mis les deux lacqs, l’un Rte du genou, l’autre au-dessus des malléoles, et je liai d’abord le pr rémier à la planche ! fixée au pied du lit; le tout confor mément à ce qui a déjà été dit pour la fracture oblique simple. Je renvéloppai ensuite le fanon extérieur dans les deux morceaux de toile qui le joignaient à l’autre, et je le rapprochai pour le lier comme il était. Je replaçai la semelle; je fis enfin élever un peu le membre pour remettre les faux fanons, dont je liai les lacqs comme ils étaient , et alors je remis en sa place la bortion du matelas qui avait été ôÔtée pour: ratiiites le pansement. Si la brèche que cette portion de matelas laissait au lit n’eût pas été suffisante , j'en aurais fait faire. une semblable au matelas de dessous, et même à la pAtlssgé" afin d'avoir toute la liberté qu’on peut désirer pour la fcilité des pansemens.

Je ne sache point de méthode plus convenable pour panser les fractures compliquées de la cuisse. Il me semble qu’elle remplit toutes les intentions qu’on doit avoir dans la cure de cette fàcheuse maladie, qui, je le répète, est souvent moins dangereuse quand on ampute le membre que quand on travaille. à le conserver.

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