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DE LA FRACFURE DE. LA ROTULE

LA rotule est attachée par en bas à la tubérosité du tibia par un fort ligament ; et, par sa partie supérieure, elle donne insertion à la forte aponévrosé que forment le muscle crural, le droit anté : rieur et une partie des deux vastes ; de manière ie quand on étend la jambe ou quand on la fléchit, la rotule suit ms RAI TRnARof

et le mouvement des muscles. 1!

Quand on appuie sur la jambe‘ayant le detbn: féchi, tel duéeie extenseurs sont en contraction pour résistèr au poids du corps; et par conséquent la rotule est retenue én haut par tout cé‘poids'en même temps qu’elle est tirée ou retenue en bas par une force égale au moyen du ligament qui l’attache au bia. Si quelque endroit de la rotule se trouve trop faible pour résister à ces deux forces opposées, elle se cassera en ce liéu faible, et sera ainsi partagée en déat pièces, dont l’une demeurera attachée au tibia par le fort ligament dont on à parlé, et l’autre sera » y tés en haut par Paction des muscles extenseu x

J'ai vu quantité de rotules cassées par dés faux pas et des efforts , sans qu'aucun corps ait frappé le genou ; et, si quelquefois il paraït

- que la rotule ait été frappée, on. ne doit point aecuser le un d’avoir fait la fracture : elle n’arriverait jamais si la rotule était fortement tirée en haut, et retenue en bas ,:comme on vient de le dire. Ce qu'il y a de certain c’est que, sans aucun coup, la rotule pourra se casser s’il arrive que, dans quelque chute violente , la ligne de gravité tombe sur la jambe fléchie, et que les mubgles. leurs tendons et le ligament de la rotule résistent au poids du corps multiplié par la violence de la chute; comme aussi, supposé que la rotule résiste, il pourra y avoir rupture soit à son ligament, soit aux muscles extenseurs de la jambe et à leurs tendons. Ce que je dirai dans la suite de la rupture des tendons prouvera ce que j'ayance.

Suivant ce que je viens de dire, la rotule se casse presque toujours en travers, et il est imhorsible qu’elle se casse en long, à moins que la fracluxe pe soit compliquée, comme lorsqu'elle est faite par un coup de fusil, un éclat de bombe, une hache, une massue ou cause semblable. À

Il est facile de connaître quand la rotule est cassée : il ne faut que mettre les doigts sur le genou, et on sent facilement lécartement de la pièce supérieure, surtout si elle est considérablement remontée par l'action des muscles. La pièce inférieure ne monte ni ne descend, parce qu’elle n’est attachée à aucun muscle qui la tire : c’est pourquoi on la trouve plus facilement que la supérieure.

Lorsque la portion rémontée est petite, il est plus difficile de distinguer la fracture ; mais il faut. bien se donner de garde, pour la mieux reconnaître, de plier la jambe. On ne le peut faire sans écarter davantage la pièce d'os remontée, et par conséquent sans rompre les portions d’aponévroses qui la retenaient encore un peu vers le-bas. Cela est si vrai qu’elle ne remonte presque point dans’ ceux qui, d'abord après la fracture, ont étendu leur jambe, et qu’elle remonte au contraire très-haut dans ceux qui sont entièrement tombés sur la jambe pliée, ou dont la jambe a été fléchie depuis la fracture. Cette remarque est.si essentielle. que la réussite, dans le traitement de la fracture de la rotule, dépend: presque toujours de l'attention qu’on a eue de tenir la jambe étendue.

Quoique la fracture soit plus difficile à réduire lorsque la portion de la rotule remontée est petite, elle est moins dangereuse , parce que, ne découvrant pas tant l’article, elle donne moins lieu au suc nourricier qui fait le cal de s’épancher dans l'articulation, et de causer une ankylose (1). C’est donc une suite.presque inévitable, dans toutes les fractures de la rotule , que le suc qui découle des deux bouts cassés s’épanche dans la jointure de la jambe, et soude

: F —— (4) Parun grand nombre d'observations il est prouvé que la crainte de l’ankylose par la matière du cal est chimérique dans la rupture .de la rotule.

Les pièces articulées, ou du moins rende le mouvement fort rude en faisant une espèce de croûte raboteuse sur la surface des cartilages, qui naturellement doivent être fort polis afin que les os. glissent les uns contre les autres avec facilité.

Ceux à qui la rotule n’est point remise ont une grande difficulté . de marcher, en premier lieu, à cause de l'épanchement dont on vient de parler ; en second lieu, parce que la rotule, qui, dans l’état vaturel, ne sert pas seulement d’orguéil et de poulie aux muscles extenseurs pour les éloigner de l'appui du levier de la jambe , mais quientore doit être considérée comme faisant la continuité de ces. tendons, ne peut être fracturée que le malade ne soit privé de l’action des muscles extenseurs de la jambe. Leur contraction ne pent alors: avoir d'autre effet que d’éloigner les pièces de la rotule fracturée ; à moins que les portions d’aponévroses qui s’attachent aux côtés de la rotule n’aient encore assez de force pour résister, jusqu’à un certain point, à l'éloignement de la partie de cet os que l’action des muscles tend à faire remonter. pe

Pour réduire la rotule on appuie la plante du pied contre quelque chose de stable, la jambe étant bien étendue ; et, avec les deux pouces, dont on se sert successivement, on fait peu à peu descendre jusque dans son lieu la portion de l'os qui était remontée.

Quand la rotule est réduite , il faut la retenir par un bandage, ce qui se peut faire différemment. H y a des praticiens qui font premièrement, avec une bande roulée à deux chefs, un petit bandage en 8 de chiffre, et qui ne fait que deux tours. Ensuite on met, au-dessus ou AE pot de chaque portion de la rotule , un rouleau de linge où d’emplâtre , auquel on donne la figure d’un croissant. On les couvre d'un emplâtre à quatre chefs, que quelques-uns appliquent immédiatement sur la rotule , mais qu'il vaut mieux appliquer par-dessus les deux croissans. On fait ensuite un bandage avec une bande plus large, et roulée à un chef ou à deux chefs. Ce second bandage décrit, ainsi que le premier , un 8 de chiffre. Après qu’il est appliqué, on renverse les quatre chefs de l’emplâtre par-dessus ce bandage , les deux chefs den haut vers le bas, et ceux d’en bas vers le haut. On les tire ainsi à contre-sens les uns des autres , et on les attache avec des épingles de manière qu'ils se croisent. EU utilité est de resserrer les circonvolutions du bandage , d'empêcher qu Al ne glisse, et, par ce moyen, de rapprocher exactement les deux pièces fracturées , et de façon qu’elles ne puissent se désunir. Pour empêcher la flexion du genou on met la partie dans des fanons , ou bien dans un carton garni d’une serviette, et qu’on attache avec deux lacqs, l'un audessus et l’autre au-dessous du genou Lane

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(4) IL faut appliquer la gouttière de carton très-fort , ou de cuir de vache t

Il y a d’autres praticiens qui appliquent d’abord des faux fanons faits avec une serviette pliée en huït doubles , et qu’ils placent de manière que les deux rouleaux se rencontrent précisément au défaut ou au-dessous des deux condyles ; puis ils se servent d’une bande longue de six aunes , et roulée à deux chefs égaux, entre lesquels on a cousu une compresse épaisse d’un doigt, et échancrée selon la rondeur de la rotule. Cette compresse se met à la place du pouce qui 4 retenu la partie supérieure de la rotule pendant le temps qu’on a été obligé de l’abandonner pour prendre de chaque main un des globes de la bande. Quand on a appliqué. au-dessus de la rotule le milieu de la bande où la compressé est cousue, on coule chaque main à droite et à gauche en passant sur les faux fanons , et on a soin de faire mettre le pouce de quelqu'un sur la compresse afin de maintenir la partie supérieure de la rotule dans la situation qu’on luï a donnée. Quand on a descendu les deux chefs de la bande jusqu’au jarret , on les change de main pour les passer en cr oisant sous Ïla portion inférieure de la rotule, que l’on a aussi couverte d’une compresse ou d’un croissant. On continue le bandage en changeant les deux globes de main pour. les conduire obliquement dessous le jarret, où on les croise de nouveau pour passer s sur le premier tour, On répète les mêmes tours de bande jusqu'à ce qu’elle soit finie, approchant peu à peu les doloires afin de serrer de plus près, et de mieux réunir les pièces cassées. Quand cette bande est finie, on met

sur l'endroit de la fracture une compresse . large de quatre doigts, et .

aussi longue que les faux fanons; on place sous le jarret un carton de la largeur d’un demi-pied , eton contient le tout avec une bande qui fait d'abord deux ou trois circulaires à ‘la partie inférieure, ensuite deux jets obliques qui se croisent sur la rotule, et finit par des circulaires à la partie supérieure. On met la partie dans des fanons , et On la couche sur un oreiller, élevé du côté du pied afin de tenir la jambe étendue, et de faciliter le mouvement des liqueurs. Le cal est cinquante j jours à se former, ou du moins à se consolider assez pour que lemalade puisse marcher sans aucun risque. À la place des faux fanons je me sers d’une espèce de châssis fait ‘avec du cuir de Hongrie, et recouvert de chamoïs. Il y'a quatre espèces de coches, brèches ou embrâsures faites du même cuir, et qui servent à retenir les tours de la: bande. Je finirai ce chapitre en faisant observer que, dans toules les occasions où il faut faire quelque mouvement pour replacer les os cassés, on doit au moins éviter d'en faire qui soient inutiles. Les FOREnTS ne sont pas si peu de chose qu'on en 1 DHSeE cae gratis.

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avant les bandes, pour garantir les tendons fléchisseurs de la ne” de l’impression ficheuse qu'ils en éprouveraient. |

Portées à un certain point, elles peuvent avoir les suites les plus funéstes , ainsi qu’on va le voir dans l'observation suivante.

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Un homme étant tombé sur.le genou appela un bâilleul, qui, après avoir fait la façon d'examiner la partie, persuada faussement au malade el aux assistans qu’il y avait déplacement de la rotule; et c’est à cette prétendue cause qu'il attribua les grandes douleurs ! que souffrait lé malade. 11 se mit donc en devoir de remédier au déplacement supposé ; ‘ét, pour cela , il commenca à fléchir la jambe vers les fesses, et à l'étendre de toute sa force : cé qui excita une si vive.douleur que le malade! tomba en défaillance. Le bäilleul fut forcé d’interrompre son opération pour faire revenir le malade, qui revint en effet bientôt. Dans l'instant l'opérateur recommença, sa manœuyre : : le malade tambe une seconde fois en défaillance, ét mourut sur-lc-champ.

Rien ne peut excuser ce bâilleul d'avoir f fait ces meurtrières’ éktensions, Car, pour quelque cas que ce soit, on ne doit jamais plier la jambe dans le temps ni de la facon dont il là plia. 11 n’aurait certainement point commis cette faute s’leût connu les règles qu’on trouve à la Cure de l’ankylose , page114 de ce Traité, où il est parlé et de la manière et du temps de mouvoir les jointures luxées où ankylosées. Ïl faut de même, pour réduire les fractures , attendre que les grandes douleurs soient passées , à moins qu’elles ne dépendent uniquement dela mauvaise situation des pièces fracturées , et que , par des extensions bien ménagées, on ne puisse promptement ni avec facilité replacer convenablement les @ 08.

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