CHAPITRE IV
LE pus d’un. abcés, la (sérosité, la Jymphe, la bile, Furine , le sang même renfermés dans quelque cavité ou dans un kyste , étant hors. des voies de la circulation, peuvent rarement se résoudre, et nous obligent à faire différentes opérations... à
Tout apostème qui se termine par suppuration se nomme abcés, et le pus qu'il renferme doit être évacué : c est ce que font la nature ou l'art ensemble ou séparément. . È
* Les apostèmes qui se formént dans le corps es glandes viennent lentement en suppuration , et la” matière est ordinairement puante 2 séreuse , inégale, “grumeleuse ; et souvent de couleur brune ; mais, :si le corps graisseux qui entoure la’ glande s ’enflamme et suppure ; la formation du pus est plus prompte, et la matière est louable, Quelquefois cet” abcès flegmoneux - a lieu sans que la glande suppure ; celle-ci se’ gonfle seulement, s’endurcit, ou se résout, ou Ain mbe € en pourriture. Enfin la glande et le tissu cellulaire qui Yentoure peuvent suppurer ensemble ; et alors il est avantageux d'avoir observé par: lequel. des deux Je désordre a commencé, J’ai fait des, observations particulièrement sur Îes parotides ,sur les “bubons malins ,et véroliques , sur les tumeurs squirrheuses , carcinomateuses, sur toutes celles qui portent le caractère de scrofule, enfin sur les athérômes , } stéatômes et mélicéris. De, ces ‘différentes tumeurs il y en a qu’on doit ouvrir dès qu’on aperçoit la fluctuation , et mème avant; mais il yen a d’autres , et c’est le plus grand nombre ; qu'on ne doit ouvrir que lorsque {a maturité est parfaite , et que les duretés du voisinage sont entièrement fondues ; >; il yena même dont on doit différer l’ouverture jusqu’à ce que les tégumens menacent de pourriture , et que la rnatière se fasse jour d'elle- même.
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Des Tumeurs appelées Parotides.
Ces tn peuvent être malignes , pestilentielles, véroliques 4 scorbutiques , écrouelleuses , ou: carcinomateuses ; elles peuvent n ‘attaquer que la glande conglomérée qui filtre la salive, ou affecter, en même temps les glandes conglobées qui sont dans le voisinage. Dans ces différens cas la tumeur ne se termine pas de la même manière. On sait combien il est difficile de faire suppurer une parotide maligne ou pestilentielle, et combien il est dangereux qu’elle se termine par résolution où par délitescence : c’est là le cas où il ne faut pas attendre que la tumeur soil en pleine maturité ; on louvre au moindre degré de fluctuation, et même si.dure qu ’elle puisse être, sion s ‘aperçoit, par l'augmentation des accidens, qu’elle ait quelq@é disposition. à rentrer et disparäître ;.au contraire il-est: avantageux de différer si on voit que la ee EE la voie d'une: vraie suppuration. " |
On doit ouvrir ces sortes de tumeurs tantôt avec les cndUsE et tantôt avec l'instrument tranchant. Si ‘on craint que la tumeur s'évanouisse , on applique, une traînée de pierres à cautèré ; Ja: douleur qu elle cause, augmente la fluxion , et retient, pour ainsi dire , l'humeur maligne ou pestilentielle qui était disposée à rentrer. : Quand les” pierres ont fait leur effet, on se sert de l'instrumient tranchant pour inciser de long de l’escharre ; ôn lenfoncé profondément jusqu'au centre de la tumeur : il sort par celle incision non-seulement ce qui. est disposé à suppurer , mais encore ce qui. fait l'engorgement du voisinage. On se sert au, contraire de l'instrument tranchant seul lorsque la tumeur est'bénigne, “et que , s'étant prêtée à l’action des topiques, elle est parvenue à à une sSuppuration abondante : c’est dans ce cas où on doit: ‘attendre que. toutes les duretés du voisinage soient entièrement fondues.
Lorsque l’apostème attaque la glande salivaire même, il est essentiel de faire une très-grande ouverture , et d'y comprendre les tégumens, et la membrane qui couvre immédiatemient la glande. Cette. membrane est aponévrotique , et remplie.de nerfs que forme l'expan-sion de la portion dure; si on ne coupait pas cette mambrane , on perdrait le fruit de celte incision ; çar la matière sanieuse qui est dessous, et qui est le produit de la suppuration de la glande, ne s’évacuerait pas : or, comme c’estelle qui cause tous les accidens, le malade ne se OUVOLUE point soulagé après l'opération.
M.*** traitaitune dame à qui il parut une parotide le cinquième jour d’une fièvre maligne : le neuvième, la tumeur étant augmentée, il se détermina sagement à en faire l'ouverture : la fièvre diminua; la tête, qni, jusqu’au jour du dépôt, avait été considérablement embarrassée, devint plus libre. L’opéra-
tionsoulagea la malade; mais, dés le dixième au soir jusqu ’au douzième au matin, la fièvre reparut fs vive qu auparavant, accompagnée d’assoupissement, de rêveries, dé grincement de dents et de MORE convulsifs dans ‘les bras. J'y fus randé à je trouvai la plaie sèche; j'y portai mon doigt, et, ayant reconnu que la membrane qui couvre; la glande n’avait point été coupée, -je-la fis ouvrir, en observant. de ménager la glande , ce qui, dans le cas dont il s’agit , était facile parce que cette membrane était soulevée par unequantité considérable de sanie qui était entre elle et la glande. Je por fai le doigt dans l'ouverture, et, l’enfonçant derrière l'angle de la mâchoire | je trouvai un vide considérable , duquel il sortitstrois diertes de pus. Cette opération soulagea la malade, et, en quatre jours, elle fut en voie de guérison:
La nature peut faire de semblables guérisons.
On porta dans l’hôpital de Lille en Flandre un soldat de Royal-Ttalien, qui, depuis dix-huit ou vingt jours, était malade dans les casernes.’ Il était sans connaissance depuis quinze jours qu’une tumeur parotide s'était montrée ; on y avait appliqué un cataplasme maturatif, Cette tumeur était assez dure , mais
eu élevée. Le lendemain"matin je lefis voir à M. Corbis, chirurgien- =major dudit hôpital; il fut d’avis d'ouvrir la tumeur , qui était augmentée du double du soir au matin : j'en fis l’ouverture avec le bistouri : en y portant le doigt je trouvai la glande dénuée de sa membrane, et ne découvris aucun autre foyer; il n'en sortit que de la sanie, mais en MBonlacé, Dès le jour même le malade reprit connaissance , et successiv :mentJa fièvre et tous les accidens cessèrent; la suppuration s établit : ; il sé sépara beaucoup d’escharres gangréneuses , et la plaie, bien mondifiée , fut guérie en moins de vingt-cinq jours. »
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Il ne suffit pas d’être témoin des événemens , il faut réfléchir sur les circonstances qui les accompagnent. Toucher une tumeur très-dure, d'une grosseur médiocre; huit ou dix heures aprés la trouver augmentée de moitié, et y apercevoir une fluctuation des
plus sensibles, fut pour. moi un, phénomène qui m’ ‘engagea à réfléchir sur la cause d'un pareil changement. Je jugeai que la dureté et le peu : de, saillie que faisait la tumeur venait de ce que la sanie était placée entre la membrane.et le corps glanduleux ; que cette membrane, qui, comme on sait, est fort épaisse, retenait la matière emprisonnée et pressée contreldla glande, ce qui empéchait que la tumeur fit saillie au dehors , et qu'on aperçüt la fluctuation. Il est aisé de concevoir ue cette. membrane ne pouvait résister aux efforts. ‘que faisait la matière pour.se manifester à l'extérieur sans que les fibres aponévrotiques et les nerfs dont elle est parseméce ne fussent extrêmement tendus : cette tension'était la cause des vives douleurs , du délire, des mouvemens convulsifs et des grincermens de dents dont ce malade était agilé, et dont il fut délivré lorsque la membrane, ne pouvant plus Fer fut percée par la“matiére qui "seslogea sous les tégumers , . les souleva , fit paraître la {tumeur plus élevée ; et, comme alors-cette matière n'était plus contenue dans un lieu si étroit , Jaidureté cessa , et la fluctuation parut.
Cette explication’ me parut fondée. Je n'avais pas alors assez de
pratique pour en faire l'application. On verra par la suite combien cette idée m'a servi pour éviter l'erreur dans laquelle on peut tomber en ouvrant, sans faire réflexion, non-seulement les parotides , mais quantité d’autres abcès. J'ai placé cette observation au nombre de celles où la nature peut opérer la guérison , parce qu'effectivement c’est la matière qui, en perçant l'enveloppe de la glande, a fait le principal ouvrage , je dirai même!le plus essentiel. IL est vrai que l’ouverture des tégumens était bieh nécessaire ; maïs, si le malade eût été sans secours , peut-être que la nature eût fait aux tégumens ce qu’elle avait fait a l'enveloppe de la glande e,fet que le soldat, plus longtemps malade , n’en serait pas moins guérL. En voici un exemple :
En allant en Espagne je vis, dans les ländes de Bordeaux , un palefrenier, lequel, selon le récit qui me fut fait, avait eu une fièvre maligues cette fièvre avait été très-négligée, car le malade n'avait été ni saigné ni purgé. , Au dixième de sa maladie il lui avait paru une parotide sur laquelle on.n’av it AppAqUE depuis vingt j jours, que du miel mélé avec une térébenthine grossiè e qu’on nomme gaudron, et qu’on tire d’une espèce de sapin fort commun dans ce pays. Huit j jours après cette applicationsla tuméur s'était terminée par une suppur ation gangréneuse : les lambeaax séparés laissaient une ouverture par où s'était écoplée la sanie, et par laquelle coulait alors une suppuration louable. Le malade était au trentième jour de sa maladies, il n'avait: plus de fièvre : je conseillai de continuer l'usage du, même médicament. Trois mois après, revenant en Frances je vis ce palefrenier gros et gras, guéri depuis long-temps, et que je n’aurais, pas reconnu pour être celui que j'avais : vu,
sans la ‘cicatrice : ‘elle était bien solide, bien unie, un peu enfoncée, et adhérente au muscle masséter. | 08
La suppuratiôn ne se borne pas toujours , comme nous l’avons dit, à la glande même qui sépare la salive ; nous avons observé qué le tissu, graisseux et les glandes conglébées du voisinage suppurent quelquefois conjointement ou séparément ; alors la matière peut avoir son siége au-dessous de la parotide, sous l’angle de la mâchoire inférieure ; le foyer. peut ‘aussi être placé dans le.voisinage du Canal cartilagineux de l'oreille externe , aux environs des amygdales, et sous le muscle masséter ou dt l'intervalle de ses deux plans : de manière que ce muscle est; pour ainsi dire, disséqué par la ‘matière purulente. Or, dans tous ces cas, il suffit d'inciser la membrane qui couvre la glande , et de la bien débrider, parce que, en introduisant le doigt dans l'ouverture ,. on pénètre facilément dans le foyer du pus, en quelque lieu qu’il puisse être ; d’où il résulte que, dans aucun cas , l'incision ne doit jamais anticiper dans le corps de la glande, parce que non-seulemer elle serait inutile, mais encore parce que’, en -entamant la glande ,.on risquerait de couper le canal: salivaires, ce qui s’opposérait à la réunion, et rendrait la plaie fistuleuse, par l'écoulement. continuel de la salive.
Je me rappelle à ce sujet que, dans une consultation où il s’agissait de décider la manière de faire l'ouverture d’une parotide, il fut proposé de passer un stylet, par la bouche, dans lorifice du canal salivaire; tant pour conduire l'opérateur en lui montrant la dir ection du canal pour l’éviter, que pour le déboucher et procurer l’évacuation de la salive, laquelle, retenue dans la glande, cause la douleur et la tension. Rien ne parut ‘mieux imaginé à quelques copsultans , qui louèrent infiniment le génie de celui qui proposait cette nouvelle manœuvre. Je dis que je ne la désapprouverais pas s’il était possible de l’exécuter; mais, commé on est toujours porté à protéger ses idées, l’auteur de la pr oposition soutint qu’elle était possible, et s’offrit même de l’exécuter, à quoi je consentis; a il ne réussit pas, parce que là première chose qui est nécessaire c’est d'ouvrir la bouche du malade, et qu'un des symptômes de cette maladie est de lavoir fermée sans pouvoir V ouvrira
m 4 Tv. * Ceci fait bien voir la différence qu'il y a entre la pratique et la Spéculation. Nos consultans furent confus d’avoir applaudi : ils” dirent’, pour se consoler, que, si la sonde ne pouvait servir dans le cas dont il s'agissait, elle le pourrait du moins dans ceux où la mâchoire peut s’ouviir. Mais quels sont ces cas? et quels SECOUTS pourrait-on retirer d'un pareil procédé ?
Enincisant la membrane qui enveloppe la glande Saiotite on coupe inévitablement des branches de la portion dure du nerfdela seplième paire. C'est peut-être en conséquence de la section de’ces branchés que j'ai quelquefois vu , après la guérison , les malades avoir l'œil sa et la commissure des lèvres tirée de côé : je dis peut-être parce que, cette rétraction se trouve,du côté malade, ‘et que lasection des nerfs doit plutôt causer la paralysie que la convulsion:; ce qui pourrait faire croire encore que cette difformité n’est pas causée par la section-des nerfs c’est que j'ai envoyé quelques-uns de ces malades à Bourbon et à Baréges qui sont revenus guéris : d’où l’on pourrait présumer que l'accident dont il s dx dépend plutôt de la maladie que de l'opération.
De P Ouverture de quelques Tumeurs des environs de la bouche et du NF: ds gosier.
Ilse forme a aboës , aux environs de la face, quis ’élèvent en dehors, qu’on sx ercer d'eux-mêmes, en sollicitant cependant leur ouverture S cataplasmes et. les emplâtres pour ne point causer de diffo nié au .visage en les ouvrant avec l'instrument tranchant ; il y en a d’autres qui se manifestent au dehors: et en même temps dans la bouche. Pour peu que la fluctuation y soil sensible ; il est bien plus avantageux de les ouvrir de ce côté-lä que par le dehors, non-seulement parce qu’on évite la difformité ; “mais encore parce qu’on n’a point de pansemens à faire, et que | la salive est un détersif naturel qui cicatrise bientôt POleore, J'ai si souvent
éprouvé que cette méthodé abrégeait infiniment la cure de ces sortes
d’abcès qu’il m'est arrivé plusieurs fois de les ouvrir du côté de fa
bouche, quoiqu'il y eût beaucoup de chair à couper, et que la matière fût prête de percer. par le dehors.
M. de Fulvy, s'étant fait arracher une dent i incisive, eut une inflammation et
un gonflement sous le menton quis ’étendait nu ieur ement jusqu’au cartilage thyroïde : il se forma en qui, + igré les saignées et les cataplasmes, se termina ‘par suppurätiont Les médecins et les chirurgiens qui le voyaient ‘avaient décidé de lui faire une incisiondlongitudinale depuis le menton jusque vis-à-yis le’cartilage “yhqiies Feu madame Orry, sa mère, me manda Pour être, présent à l'opération : j'examinai toute l'étendue de Ja. tumeur. où il y avait fluctuation; et, ayant porté mon doigt indicateur entre la lèvre et la mâchoire fr ÉURÈE Aa j'y sentis la fluctuation : mon avis fut .de faire une ouverture, dans ce lieu même, par une incision en eroissant , qui occuperaïit tout l’espace qui se trouve entre les deux trous de la mâchoire inférieure par où sortent les vaisseaux de cette partie. On évacua, par cette ouverture, une quantité considérable de pus: le malade futsoulagé sur-le-champ, et, le len- -demain matin, je le trouvai levé, prenant une tasse de chocolat avec madame sa mère; elle me fit mille remercimens de ce que, par mes conseils, son fils fait guéri peer 'engns et sAus. difformité, ù
Entre la peau et les bee Anylo-hyoïdiens est une glande conglobée qui ‘S'enflamme quelquefois , æt forme une tumeur qui se termine par suppuration. Si on ne l'ouvre point lorsqu'elle ‘est parvenue à sa maturité, elle sé perce, quelquefois d'elle-même, et se guérit assez promptement; d’autres fois le pus, lent à se faire] jour ‘au dehors, séjourne, s’échauffe, et donne occasion aux parties qui ‘sont sous 1e$ "muscles génioglosses de s’enflammer : ce qui forme un second apoëtème qui n’est séparé dupremier que par cés muscles. Cet apostème, se terminant par suppuration, cause de nouvelles douleurs : tout le voisinage se gonfle , s enflamme , et il se forme un second abcès.
J’ai vu cette circonstanee induire un chirurgien en erreur : n’ayant ouvert que le premier abcès , il ne sortit qu’unspeu de pus, dont le malade ne fut point soulagé ; mais, comme l’expérience m'avait appris la formation du second abcès et lemoyen d’y remédier, j'introduisis mon doigt indicateur d’une main dans la plaie, ete doigt indicateur de l’autre main sous la langue pour le placer , autant qu’il me fat possible, vis-à-vis le-doigt qui était dans la plaie; et; poussant celui-ci vers l’autre, je perçai Le muscle Bénioglosse qui faisait la séparation des deux abcës ; et, en retirant mes doigts, il sortit.du pus en abondance, et le malade fut guéri en peu de de
Ce cas est un de ceux qu'on peut comparer aux abcès és paroides où j'ai dit qu'ilne suffisait pas d'ouvrir simplement pour faire sortir le pus, mais qu ’il fallait aussi couper. la membrane qui enveloppe: la glande pour évacuer:la sanie qui peut y êtrerenfermée ; car le mylo-hyoïdien dans Yun et la membrane dans Fautre em-
pêchent la communication des abcès. J'ai vu plusieurs fois que le second abcès s’ouvrait de lui-même long-temps après que le premier s'était percé; mais, ces sortes d'ouvértures étant rarement suffisantes pour procurer l'évacuation complète ; les malades craignant d’ailleurs les incisions , et certains chirurgiens n'ayant pas assez de fermeté ou d’éloquence pour les y déterminer , l'ulcère devient fistuleux : ce qui oblige à faire une opération: bien plus considérable,
Ce qu'on appelle fluxion auxmachoir es est souvent une suite de
la carie de quelque dent ; la douleur qui l'accompagne cause une inflammation à la gencive, d’où suit un petit abcès; rond comme un pois ou cblong comme une fève de haricot, placé sous la membrane qui tapisse rt bouche dans l'endroit où cette membrane remonte dans l’intérieur de la joue pour Ia couvrir : la joue et les lèvres sont gonflées » Cet quelquefois la fièvre survient, Lorsqu' ch ouvre promptement ces sortes d'abcès, on.épargne beaucoup de douleur ; mais les malades ne sont pas persuadés.de cette vérité : ils CESignent Ja lancétte et le bistouri; et, à l'aide de quelques figues grasses, qu'ils tiennent dans: la bouche , et du cataplasme de mic4 panis , qw’ils appliquent à l'extérieur, ils attendent mal à propos que la matière s'ouvre elle-même un passage. — Quänd’on fait l'ouverture on ne doit pas se contenter d'une simple ponction ; il'faut oùvrir la tumeur dans toute sa longueur, el presser, légèrement la gencive pour.la .dégorger entièrement. — De ces abcès il:y.en a qui se forment entre le périoste et los j qui se trouve quelquefois carié, : ces .abcès demandent d'être ouverts encore plus promptement. J'ai vu beaucoup de fistules, aux genci yes , ; duin' avaient d'autre cause qu’un abcès-semblable dont on avait négligé l'ouverture.
La carie d'une dent est souvent la cause non-seulément de ces petits abcès, mais d’une infinité d’autres, à l'extérieur de la bouche, ‘beaucoup plus considérables , et même de quantité de maladies qui paraissent avoir peu de rapport avec les dents : j'ai vu une infinité de tumeurs, aux environs des mâchoires, que l'on traitait depuis long-temps avec. des cataplasmés et des emplâtres, et dont j'ai obtenu la guérison , en huit qu quinze jours, en faisant arracher an malade une dent affectée de’ carie : plusieurs de ces tumeurs se sont dissipées quoiqu elles fussent, prêtes à percer ; et j'en ai vu qui étaient en si grand'n nombre qu r'elles formäient une espèce de chapelet depuis Yangle de la mâchoire jusqu ra la: Clavicule, Il serait inutile de rapporter des <xémples de ces’ Cas; il n'est: personne qui ne les ait observés dans sa: pratique ; mais ce qui étoñnéra peut-être c’est que des fièvres , régulières ou irr éguliéres , prédédées de frissons , accompagnées de toux fréquénte , “Sèche et sans ‘crächats, PReU êté produites par la mêmé ‘cause. |
J'ai vu. prodiguer le tquinquipa à des malades que lon croyait attaqués de fièvre intermittente; leur en faire user, pendant plusieurs
mois , et même plusieurs années, à différentes reprises, sans succés : et , en leur faisant arracher une dent cariée ; je les ai guéris de leur fièvre en très-peu de temps. : |
Un: tue attaqué depuis deux ans dtubé ‘toux fréquente, mais -séche , n'ayant aucun appétit, étantaltéré au point de boire deux où trois pintes d’eau pat jour, ne dormant point, ayant des sueurs considérables la nuit, surtout à la tête et sur la poitrine’, quelques frissons i irréguliers et une fièvre érratique:, passa pour être pulmonique : il fut traité ‘en conséquence pendant près d’un an; mais, lui ayant tronvé deux dents cariées, je les lui fis arracher, et, peu de jours aprés , tous les accidens de’sa maladie disparurent. ,
Feu madame la princesse de Condé avait pris en amitié une jeune. fillé qu'elle prit à son service, Elle l’amena à Paris pour la mettre entre les mains de ses médecins, et Ja faire » guérir d’une migraine, qu ’elle avait depuis cinq ans : elle fut traitée par ces messieurs dans un temps où la saignée était, pour ainsi dire, à la mode ; aussi.ne fut-elle.pas épargnée : après ni en avoir fait fairé une vingtaine presque de suite , tant au bras que du pied ; ils or donnër ent une saignée de la gorge. La princesse, qui jusqu'alors s'était conténtée dé mes élèves pour les saignées-du bras:etdu pied, regardant célle dela gorge.comme une opération plus grave, me fit prier dela faire moi-même. N'ayant point. encore vu la malade y ie l’mterrogeai pour me .mettrè au fait dersa maladie; et, ne trouvant.r ien qui me pArût exiger un si grand. nombre de saignées, j'examinai sa bouche, parce qu'elle m'avait dit sentir une pesanteur, et &rr engourdissement te la mâchoire inférieure. Trouvant quelque itrégulari ité dans l'arrangement de ses dents , je les comptaï, etj entr ouvai dix-huit au lieu de seize; la deuxième molaire, de : chaque côté me parut gêner. les autr es: je les fis arracher toutes deüx. ei encavoir conféré avec la princesée, qui fut étonnée, comme tout le monde, de ce que’; dans les vingt-quatre heures, cette fille se trouvait guérie d’une maladie qui durait depuis cind ‘ou six ans, et qui, dans ces accès, terne de que à aucune fonction.