‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 114 sur 170 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

les compagnons de Télémaque , il faut qu'elle les aille trouver, et que dès le matin elle ira chez les Caucons, où on lui doit une dette qui n'est pas nouvelle ni petite : car les vieilles dettes sont les meilleures.

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Puis elle recommande Télémaque , et s'en va pareille à un aigle , c'est-à-dire terrible comme un aigle.

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Les Latins traduisent ossifraga : c"est une espèce d'aigle qui est carnassier et qui brise les os ; car Pline en rapporte de six espèces , liv. I, cm.

Aussitôt Nestor prend Télémaque par la main, et dit qu'il doit être un jour quelque chose de grand , puisque les dieux l'accom' pagnent si visiblement.

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Car assurément, dit-il, c'est là la fille de Jupiter, Pallas. Nestor lui fait un vœu de lui sacrifier une génisse bien saine , large de front , et qui n'est pas encore domptée, et de lui verser de l'or entre les cornes : c'étoit là un des plus augustes sacrifices. Pallas l'écouta.. Après. Nestor ramène tous ses gendres et ses enfans à son logis, les fait asseoir chacun selon son rang , et puis il remplit une coupe de vin qu'on gardoit depuis onze ans; et ils en boivent tous en riicniieur de Pallas.

Après quoi ils se vont tous coucher. Nestor retient Télémaque, et fait coucher son fils Pisistrate auprès de lui , car il n'étoit pas encore marié ; et lui couche dans un appartement d'en haut avec sa femme. Dès le matin il se lève, et se vient seoir sur de belles pierres blanches et reluisantes qui étoient devant sa porte. Là s'étoit assis Néleùs, son père; et Nestor s'y asseyoit présentement, portant un sceptre à la main; et autour de lui s'arrangeoient tous ses enfans, dont Homère nomme six.

Télémaque y vient aussi avec Pisistrate, qui fait le sixième. Nestor commande à ses enfans d'aller, les uns quérir une génisse à la campagne , les autres quérir les compagnons de Télémaque , les autres d'aller quérir l'orfèvre afin de faire le sacrifice, et aux autres enfin de donner ordre au dîner.

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Il est aussitôt obéi. La génisse vient, les compagnons de Télémaque, et l'orfèvre

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ayant dans les mains ses instruraens , son enclume , son marteau et ses tenailles. Il ne se peut rien voir de mieux réglé que toute la famille de Nestor. On voit que chacun fait son office : l'un tient la cognée , l'autre le vase pour recevoir le sang. Nestor tient une aiguière ; il invoque Minerve , coupe du poil dessus la tête de la génisse, et puis le jette dans le feu avec de la farine salée que les Latins appellent mola, d'où vient immolo; les Grecs, où>oyÛT-/i;.

Aussitôt Thrasymède, son fils, lui donne un grand coup de hache sur le cou, et la tue; les filles et les femmes font un grand cri, ôXoXuÇav. Héliodore dit la même chose en un sacrifice de cent bœufs- Aussitôt, dit -il, qu'on donna les coups de hache, (î)).6Xu|av al yuvaTxs; , rfkéla^oLV ol àvopeç. La femme de Nestor s'appeloit Eurydice, fille de Glymenus. On fait cuire les viandes, c'est-à-dire les membres de cette génisse découpés; on couvroit les cuisses de la coiffe, c'est-à-dire de la peau qui couvre les intestins, omentum. Cependant la belle Polycaste, la dernière des filles de Nestor, lave Télémaque ; après quoi il reprend ses habillemens.

'Ex P' àff«{JLiv9ou [iri, 8é(Jia; àôavaTOiffiv ô[xoToç.

Après le dîner , Nestor commande à ses enfans d'accommoder un chariot pour Télémaque, ce qu'ils font. Télémaque y monte, et Pisistrate aussi, qui prend les rênes à la main. Ils fouettent les chevaux et partent ; ils vont coucher à Phères , où Dioclès , fils d'Alphée , les reçoit ; et le lendemain , à soleil couchant , ils arrivent à Lacédémone.

MàaTiÇsv ô' èXdlav. Ta) ô' oùx àxovxe uexéaôyiv.

Ce vers exprime bien des chevaux qui vont légèrement: et il est fréquent dans Homère.

Les livres de V Odyssée vont toujours de plus beau en plus beau, comme il est aisé de reconnoître, parce que les premiers ne sont que comme pour disposer aux suivans; mais ils n'ont pas paru tou? admirables et divertissans.

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