‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 119 sur 170 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Il fait dessein d'aller au-devant et de le tuer, et ils louent tous ce dessein: mais un héraut qui étoit avec eux, nommé Médon, le découvre à Pénélope. Elle lui demande d'&bord qu'est-ce que veulent ces jeunes gens : N'iront-ils jamais ailleurs, dit-elle, et n'ontils point de honte de manger tout ce qu'il y a ici? N'avez -vous pas appris de vos pères quel a été Ulysse, et avec quelle douceur il les a gouvernés, sans jamais maltraiter personne, ni d'action, ni de parole en public? Cependant les rois peuvent aimer et hair qui bon leur semble.

"Ht' icx\ oîxY) ôettùv paci);r,cov , 'AXXov x' èy6aipy](7i Ppoxùiv, âÀXov x£ ç'.Xoiri.

Ce n'est pas tout, dit Médon, ils veulent tuer votre fils à son retour de Pyle.

Elle, qui ne savoit pas seulement qu'il fût parti, tombe en foiblesse. et s'afflige pitoyablement, se jetant par terre et ne voulant pas seoir sur des sièges, oV/,to' ôÀoç'jpo(jL£vr,. Toutes ses femmes pleuroient aussi, mais tout bas, fitvupiÇov, pour montrer que ce n'étoit pas par une simple complaisance. Alors Pénélope fait des plaintes fort touchantes sur le malheur de sa maison, qui lui a fait perdre son mari, bien plus et son fils. Elle veut envoyer Laërte, aBn qu'il voie ce qu'il y a à faire: mais Euryclée lui dit qu'elle n'afflige pas à ce point ce bon vieillard, Mr.Sè •yÉpovTa xàxou xexaxwaÉvov. Et elle lui raconte ce qui s'est passé entre Télémaque et elle : cela la console: et se lavant les mains, et prenant une robe pure, xa^apà y pot eîfjLaO' éXoOcra, elle fait une supplication à Pallas, dont elle est exaucée. Cependant ces jeunes gens font bruit, et quelques-uns croient que Pénélope s'apprête à se marier; mais ils étoient bien loin de leur compte. >Antinoiis leur dit qu'ils exécutent leur dessein sans bruit et sans discours.

Aat{x6viot, [iuGouç ixèv uTïSpciàXou; àléccaQe.

Aussi Sénèque dit : Ira qux tegihir nocet. Ils préparent donc un vaisseau. Cependant Pénélope ne veut point manger, et songe toujours à son fils, tel qu'un lion songe dans une foule de gens, pour se garder d'être enfermé. Elle s'endort, et Pallas lui envoie l'idole d'Iphtime, son amie, pour la consoler. Cette idole lui dit de ne point craindre, et que son fils reviendra, où {jlèv yâp ti Osoîç àlivr,pL£v6; è^Tiv. Pénélope lui répond à demi endormie, et rêvant à demi; ce qu'Homère dit fort bien : Dormant agréablement aux portes des songes, r.où \i6.1cl xvtôcrao'Ja' èv èvz'.peir^c-t izvlr^ci. Comment, dit-elle, ne m'affliger point, n'ayant plus Ulysse, et voyant mon fils qui s'en est allé, oûtetiovcov eu eIocoç, out' àyopàcov ? L'idole lui dit qu'elle se rassure, et qu'il a pour guide Pallas: mais elle ne

lui dit pas si son mari vit encore ou non, xaxôv ô' àve^xtoXia pâljsiv Les autres vont attendre Télémaque à Asteris , petite île entre Ithaque et Samos.

Description du ciel par Homère, page 65.

Plutarque dit à ce sujet, dans la vie de Périclès : a Les poètes mettent nos esprits en trouble et en confusion par leurs folles fictions, lesquelles se contredisent elles-mêmes, attendu qu'ils appellent le ciel, où les dieux habitent, séjour très-assuré, et qui point ne tremble , et n'est point agité de vents , ni offusqué de nuées, ains est toujours doux et serein, et en tout temps également éclairé d'une lumière pure et nette, comme étant telle habitation propre et convenable à la nature souverainement heureuse et immortelle. Et puis ils les décrivent eux-mêmes pleins de dissensions et inimitiés, de courroux et autres passions, qui ne conviennent pas seulement à hommes sages et de bon entendement. »

Il dit cela sur le nom d'Olympien , qui fut donné à Périclès à cause de son éloquence, et dit qu'il le méritoit bien mieux pour avoir toujours conservé ses mains pures de sang, ce qui lui fit dire en mourant qu'aucun Athénien n'avoit porté le deuil à son occasion ; et ce sentiment de Plutarque est parfaitement beau.

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