LIVRE V
qu'il arrive aui Phéaques, où le destin vouloit qu'il se sauvât. Aussitôt il amasse les nues et frappe la mer avec son trident, excitant toutes les tempêtes, et couvrant de nuages la mer et la terre.
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Sùv 8' E"jp6; Tt NoTo; x' iTzzaz, Zsçvipoç te Suo-av];, Kai BopÉY); al6pYiY£V£Tr,:, \i.iya xy|xa xuÀîv6tov.
Pline a remarqué qu'Homère n'admettoit que ces quatre vents, et que l'antiquité n'en connoissoit pomt davantage. Il dit que depuis quelques-uns en ajoutèrent huit; mais il dit que la meilleure opinion est celle qui les réduit au nombre de huit , dont voici les noms. Il y en a deux dans chacune des quatres parties du ciel. Ah oriente xquinoctiali, Subsolaiius , ah oriente hrurnali, Vulturnus : iîlum Apeliotem^ hune Eurum Grxci nominant. A meridie Auster seu Notus, et ah occasu hrumali ^ Africus. Ah occasu œquinoctiali, Favonius sive Zephyrus, ah occasu sol<titiali , Corus. A septentrionihus , Septentrio , interque eum et eiortum solstitialem^ Aquilo, Aparctias dicti et Boreas. Quoi qu'il en soit, Virgile a suivi Homère en cet endroit, liv. I de VÉnéide :
Una Eunisque Notusque ruunt, creberque procellia Africus.
et nomme peu après le Zéphyre,
Eurum ad se Zepliyrumque vocal.
Il l'a aussi copié dans la suite.
Kal tôt' 'Oou(T(rr,o; )v'jto youvaxa xal <p().ov ^lop» 'Oy6r|(7aç ô' àoa eiTre tiûÔ; 6v [xEYaXyiTOpa eu[j.6v.
Extemplo .^neae solvuntur frigore membra ; Ingemil.
Tpi(ï(jLày.ap6ç Aavaol y.ai Texpày-i;, o'i tôt' ôXovto TpoÎYj èv EÙpeiY) , yjxçiv ^Arpetô-^pat (pépovTeç.
E , ùU 7 • 0 torque qualerque beati Quels anie ora palrum Trojae sub mœuibus allis Conligil oppelere!
Car, dit-il, il faut que je meure maintenant d'une mort sans honneur.
NOv ôé u.£ XeuYaXéto GavaTO) eïtiapTO àXûivat.
Il dit qu'un vent le vint pousser avec violence , tandis qu'il faisoit ces plaintes.
Talia jaclanli, etc.
344 aEMAKQUES SUR L'ODYSSÉE.
Mais Ulysse tombe loin de sa frégate , et revient à grande peine dessus les eaux.
Mais quoiqu'il fût noyé d'eau , il n'oublia pas sa frégate ,
mais il remonta dessus réXoç GavâTov» àXeeîvwv. On fuit toujours tant qu'on peut le dernier passage de la mort , et on ne se rend qu'à l'extrémité.
Tr)V 6' èoôpet \).éycc xùfxa xaxà p6ov ëv0a xal £vOa.
11 décrit l'agitation de ce petit vaisseau , qu'il compare à de petites ronces qu'un vent d'automne promène par les campagnes, et qui se roulent l'une avec l'autre. Ainsi, dit-il, les vents promenoient ce vaisseau.
"AXXoTE fJLÉv Te NÔTOç Bope'y; TipoêdcXsaxc cpépF-aOai, "AXXoxe û' aux' Eùpo; Zscpûow st^acrxe ôiw/.siv.
On peut appliquer cela à une ville ou à une république agitée da plusieurs partis , comme a fait Horace dans l'ode qui commence , 0 navis, réfèrent in mare te nom fluctus. Mais Ino Leucothoé , fille ^e Cadmus, xaXXtc-cpupoç , aux beaux talons, eut pitié d'Ulysse, et mit la tête hors de l'eau , et même se vint asseoir dans son vaisseau. Elle lui dit de se mettre en nage jusqu'au port des Phéaques, et lui donne un ruban de sa tète pour se soutenir; elle rentre après dans la mer. Ulysse prend cela pour une tentation de quelque dieu ennemi, et se résout de demeurer dans son vaisseau tant qu'il pourra. Mais Neptune pousse contre un flot violent, horrible; et comme un grand vent dissipe un monceau de paille qu'il fait voler çà et là, ainsi tous les ais du vaisseau se dissipent. Alors Ulysse se dépouille , et étendant sous sa poitrine ce ruban , il se met à la nage XetpE TcexaTaat. Neptune le voyant en cet état, se croit assez vengé , et chasse ses chevaux vers .^Egues, où il avoit un temple. Mais Pallas , qui craignoit la présence de son oncle , vient alors au secours d'Ulysse , bouche le chemin des autres vents , et les fait demeurer cois , et permet au seul Boréas de soufiler et de fendre les flots, afin qu'Ulysse les puisse traverser. Il est deux jours entiers à nager et à voir toujours la mort devant les yeux.
TioXXà oé ot xpaôt'r) TupoTiôaaex' ôXeôpov.
Au troisième jour, il aperçoit la terre à grande peine , et en s'élovaut de dessus les flots.
'Q; û' ôx' àv àGTïiûto; 3tOTo; Ttaioeccrt çavrir;