LIVRE VI
c'est comme aujourd'hui à la raquette; elle jetoit une balle, et c'étoit à qui la retiendroit. Cependant on chantoit, et il semble qu'on jouât à la cadence : 'car il dit que Nausicaa commença la chans(Jn, et il la compare à Diane. Telle qu'est Diane, dit-il, qui se plaît aux flèches sur une montagne ou sur le haut Taygète ou tur l'Éryman the. Et autour d'elle les nymphes champêtres, filles de Jupiter, se jouent.
Tr, oi 6' àu.a. Nuaçai, xoùpai Aiô? alyiôy^oio, 'Aypovoaoi r.a'Xovài • ysyriOs 6e te ©péva Ayjtw * Ilaaàtov c' uTièp f,Y£ v.dtoY] syei i]ok [J.£Tco7:a, 'Petà t' àpiyvcoTri TréXsTai, xa),al os te TzàGCci.
Voilà la traduction de Virgile , au livre I de VÉjiéide :
Qualis in Eurotae ripis aut per juga Cynthi
Exercet Diana choros; quam mille seculae
Hinc atqije hiuc glomeranlur Oreades ; illa pharetram
Ferl humero, gradiensque deas supererainet omnes :
Lalonae lacilum perlenlanl gaudia pectus :
Talis erat Dido.
U faut que ce soit de cet endroit que parle Pline :
.... Âpelles pinxit Dianam sacrificantium virginum cltoro mistam , quibus vicisse Homeri versus videtur idipsum scrihentis.
"Q: r,v àix<onz6)o\c'. {ASTeiroeTce napOsvo; àSjJLTQç.
Mais lorsqu'elles étoient prêtes à s'en aller, Minerve, voulant qu'Ulysse s'éveillât et qu'il vît cette belle fille eOùôiriSa xoOpr,v , afin qu'elle le conduisît à la ville, s'avisa de cette invention. La princesse jeta la balle à ses servantes ; mais elle les manqua , et la balle tomba dans le fleuve. Ces filles firent un grand cri, et Ulysse s'éveilla. Il songe d'abord en quel pays il est venu; il ne sait s'il est parmi des barbares et des insolens, ou des hommes civils aux étran gers et craignant Dieu. Il ne sait non plus s'il a ouï la voix des nymphes ou de quelques filles. Pour s'en éclaircir, il va droit à elles, et arrache quelques branches pour couvrir sa nudité.
Il s'en va vers elles comme un lion farouche ôpicrî-poço;, hardi, à).xi t:£uo'.6o);, qui , après avoir enduré le vent et la pluie, s'en va tout furieux chercher à manger :
"OcT* elc' uôaevo;; xai àrji^.evo;* év ôé oî ocraz Aaiexat • aOtap 6 poucji (xeTÉpj^sTai, r, o'itaaiv .
'Hè [AE'' àypoxe'pa; è/âçov»;;' xéXetai oé i yaTTy-p Mr.Xwv Tie'.cYjdovTa xai i; tcuxivôv S6p.ov èX6t''v.
Ainsi vint Ulysse parmi ces filles tout nu qu'il étoit, car laueces
site l'y forçoit; mais il leur parut terrible étant tout couvert de l'écume de la mer. Et elles s'enfuirent toutes, qui deçà, qui delà, le long de la rivière. La seule Nauçicaa demeura ferme.
TY] yàp 'AO-^v/i
©àpcro; èvl çpsal ÔYJxs , xal' ix ôéoç el'Xeto -^vicù^. IiTT] ô' àvxa (7y 0[j,£vy].
Car c'est une marque d'un esprit bien, né de n'être point si timide. Et c'est ce que Barclay exprime fort bien en la personne du petit Polyarque, qui étoit avec une troupe d'enfans de son âge. J'ai oublié les paroles; c'est vers les derniers livres. Ainsi, au huitième livre de V Enéide^ Pallas, «fils d'Évandre, vient hardiment, audax^ au-devant d'Énée. Ulysse doute s'il doit embrasser ses genoux ou s'il lui fera de loin un discours flatteur et obligeant, afin qu'elle lui donne quelque habit. Ce dernier avis lui semble plus honnête, craignant que cette belle fille ne se fâchât s'il lui alloit embrasser les genoux.
AÙTiKa [xeiXt/iov xai xepoaXeov çà-ro {jlOôov.
En effet cette harangue est une des plus belles pièces d'Homère et des plus galantes. Elle est tout à fait propre à un esprit délicat et adroit comme Ulysse, pour gagner quelque crédit auprès de cette belle inconnue.
Le voici.
Fouvovjfxaî (TE, àvaccra* Geo; vu xiç y\ Ppoxo; èrsai. El aév lie, Oeô; èaci, rot oOpavov s-jpùv ey^o'Jctv, 'ApTÉjJHÔt CTc £Yt«^/Si ^'ôç XO'jp'/] {j-eyocAO'-o,
Etôôc; Te asysèôç te çui^v t' ày/iata èiav.oy
Voici comme Virgile l'a imité, Enéide, I.
0, quam te memorem; virgo? namque baud tibi vullus Morlalis, nec vox horoinem sonal : o dca certe, An Phœbi soror, an nympliarum sanguinis una?
Mais comme il n'y avoit guère d'apparence que ce fût une déesse. Ulysse se contente d'en douter, et la cajole comme fille; car il ne faut pas que les louanges soient excessives, et il vaut mieux dire à un homme qu'il est un grand homme que de lui dire qu'il est un dieu : car le dernier passe pour une pure flatterie.
El Ô£ île, ètjai pôOT(ôv, Tot è%\ yQo\\ vateTaou^t , Tpii7[j.ay.apôç {j.ev aot ye T^arYip v.v.i Ttoxvia (Ji.r,Tyip, Tpi(7|;.ây.ap£; ôè xadiyvriTOf [;,à).a ttoÛ cçtcri Oufxèç Alèv è09po<7uv;r](7tv laîvexai, eîvexa (jeïo, Aeu(7(j6vx(ov Toiovûe ÔàXoc xopov slcroixveùffav.