‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 127 sur 170 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Keîvoç 5' au 7:épi y.7,ç.i [xav-aoTaTO; lloyov àXXwv, ''O; y.é c' èsôvoici (îpîaa; oixôvo' àyàyriTa',,

Cette expression est tout à fait belle. Ah! dit-il, quelle joie pour vos parens, lorsqu'ils voient une si belle fille paroître dans la danse comme une fleur qui brille par-dessus toutes les autres! car c'est là que la beauté éclate, chacune ayant soin de se parer. Mais plus heureux, dit-il, celui qui vous épousera en vous chargeant d'une dot immense; pour dire qu'elle méritoit beaucoup : car, dit -il, je n'ai encore rien vu de si beau, ni homme ni femme, et je suis saisi de vénération,

... c . . cTÉêa; [i l'/v. elijOoowvTa.

Telle ai-je vu une jeune plante de laurier qui croissoit auprès de l'autel d'Apollon à Délos, il n'y a pas longtemps: car j'ai été là, et j'étois suivi de beaucoup de peuple dans ce voyage, qui m'a tant coûté de maux. Il marque en passant qu'il est une personne de conséquence, afin qu'elle l'écoute mieux. J'admirai, dit-il, ce beau rejeton, et je le regardai longtemps, car je n'en avois peint vu sortir de terre un si beau; et je vous admire tout de même, et n'ose pas m'approcher de vos genoux, quoique je sois fort affligé. Il lui conte ce qu'il a souffert sur la mer, et lui dit :

j\X).à, àvaac', è/iaipe, aï yàp xaxà 7coÀ>,à [iOYrjora; 'Eç TrpwvTiV ly.ôu.r,v

Car c'est comme une obligation plus forte d'assister un étranger qui s'est adressé à nous tous les premiers. Et voilà le vœu qu'il fait pour elle :

Sot ôè 6soi Toffa Soïev, ocra oppeci <T^<yi jjLEvoivaç, 'Avôpa T£ xai oîxov xal 6}j.oçpo<7uvTfiv èrâcietav 'E(76>y;v où [AÈv yàp Toùye xpeïcrffov xai àptiov "H 56' ôjXOipovéovTe vor,[JLaaiv oTxov £-/r,TOv, ^vr.p 7;o£ Yuvïi • ttÔXX' à^ysa ô\jc"[X£v£cG(7tv, XàpuiaTa ô' EO(J.£vérrj(ji • |xàXi(Txa àé t' êxX'jov aÙTOi.

Je souhaite que les dieux vous donnent tout ce que vous désirez , un mari, une famille, et une bonne intelligence; car il n'y a rien de plus beau que quand une femme et un mari sont d'accord. Quand ils se baissent, il leur arrive toute sorte de maux, et toute sorte de biens quand ils s'aiment; et ils le reconnoissent euxmêmes fort bien, ou plutôt, comme je crois, les dieux mêmes les favorisent de plus en plus lorsqu'ils s'entendent bien l'un avec l'autre.

La princesse lui répond ces paroles obligeantes :

EeTv' (inel oOtc xaxtfi, oOt' &<ppovi cptatl ëoixaç),

Zeùç ô' aÙTOÇ véjjLei ôXêov '0)."j[j.tcioc; àvOpcÔTCOiccy '£(t6àoTç rjoà xaxoïfftv , ôuwç èôéXviCTÎv ézâcrTO) • Kai Ttou <70t Tocy' ë3wx£, <jè Se XP^ TstXajjLev £[j.TrYiç,

Ces paroles sont belles et sont ordinaires dans Homère , pour ne pas mépriser un homme parce qu'il est en un pauvre état , parce que le bonheur et le malheur viennent à chacun selon que Dieu les distribue. Elle lui apprend en quel pays il est, et qui elle est ellemême. En même temps elle appelle ses servantes, et leur dit : Fautil s'enfuir pour voir un homme? il n'y en a point d'assez hardi pour venir comme ennemi dans le pays des Phéaques; car ils sont trop aimés des dieux. Mais celui-ci est un malheureux qu'il faut bien traiter ; car tous les étrangers et les pauvres viennent de la part de Jupiter, et il leur faut donner, pour peu que ce soit. Ces servantes s'approchent, et mènent Ulysse sur le bord du fleuve, sous un ombrage , et apportent de l'huile pour le frotter. Mais Ulysse leur dit de se retirer , parce qu'il auroit honte de paroître nu devant des filles; ce qu'elles font, et elles le redisent à leur maîtresse. Alors Ulysse se lave, et fait disparoître toute l'écume et toutes les ordures de la mer , dont son corps et sa tête étoient couverts. Et après qu'il s'est bien lavé , et qu'il a mis sur son dos la casaque que la princesse lui avoit fait donner, Minerve répand au tour de lui une nouvelle beauté , et le fait paroître plus grand et plus gros à proportion. Elle fait descendre sur ses épaules ses beaux cheveux noirs bouclés; car il dit qu'ils étoient de la couleur d'hyacinthe , qui passe pour noire, Homère répète cette fiction en deux ou trois endroits , et Virgile l'a imitée au livre 1 de VÉnéide. Voici comme ils parlent tous deux :

Tov [t.ïv 'AO'ovaÎY) 6r)XEv, Atoç IxyeyaviTa,

Metliovà t' EiatSéstv xal TràcTffOva" xàô' 8a xàpriro;

OuXa; fixe xofj-aç, ûay.'.vOivto àvOei 6[j.otaç. "Q? S' ÔTE Tiç /pucrov TcepixeuETai apyûpw àvv]p 'lôpiç, ov "HcpaioTTOç ôéSaev xat ITaÀXàç 'AOrivr]

Téxvy)v iravTOtriv , xapievxa ôè ëpya teXeiei ' "U; àpa Tw xaTÉ/EUE x^9^^ xscpa),^ te xat œpLOi;. 'EÇet' ETCEix', àîîàveuÔE xtwv dut 6ïva ôaXàajyiç,

KâXXei xal yâpiai (jtiX6oùv ôyieïto 6à xoupr,.

Restilil Jïneas, claraque in luce refulsit,

Os humerosque deo similis : namque ipsa decoram

Caesaricm nalo genilrix, lumenqne juventae

Purpureum, el lœlos oculis afïlarat honores.

Ouale manus addunt ebori docus ; aut ubi Ilavo

Argenlum, Pariusve lapis, circumdatur auro.

Virgile est plus court, mais il paroît aussi plus délicat , et il met

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