LIVRE VIL
thage depuis p%u de temps , et qu'un jardin n'est pas sitôt dans sa perfection.
Mais les jardins d'Alcinoûs ont été fameux dans toute l'antiquité. Virgile , au livre II des Géorgiques :
Pomaque, et Alcinoi sylvse.
Voici donc la description qu'en fait Homère, et que le Tasse a voulu imiter dans le palais d'Armide :
'E/.-coffOev ô' aù>fjç [xéya; ofz/axo; àyyi ô-jcàwv TsTcàyuoç* Tîepl ô' epy.o; EAr.XaTat àasotsccoôcv,
'Evôa cà ûévêpctt (xaxpà T^esûxei rriXsOôcûvTa,
"Oy/.vai, y.at poiai, xai (.iriXiai ày^aûxapTrol , X'jxaï T£ yX'Jxepaî, xai sXaïai TYi)e96cocai. Tâwv ouTtoxe xapTïô; aTroXÀUTai , oOo' à7io).£Î';i£i Xeiaa-o;, o'Jôè ôspeu:, ÈTreTriij lo: * àÀ).à [xàX' alet Zeçuptr] uv£(ouaa, xà [xàv çÛ£i , à),).a oï nénazi.
'Oy/j^Ti Itz' oy/yTi yyjpàcxEi, [).r,\ov 6' ètù [JLr,)w, A'jxàp £7îl (7~a9U>,yi axar;u).iQ , cùxov ô' èui aûxw.
'Ev6a 0£ oî TioXij/apTTo; àXwY) épptJ^toxai'
T-îi; £X£pOV |X£V 6£'.>.67I£50V ).£UpâJ £V» '/.«JûptO
TepaExai rjôX'co • éxspa: o' àpa xe xpuyôioaiv , 'A)>/a; ûè xpaTtiouai ' Tzipoiôe Ô£ x' ôaoaxé; eI^'.v, 'Avboç àcpicïcrai. £X£pai ô' 07iO7T£pxà!^ou(7Cv. "EvOa ôs y.0(7u.r,xal izpaT'.al 7i:apa vtiaxov ôp^ov
navxoïat TCEç-jaaiv, £7ir|£Ta^ôv yavôcoatti.
C'est-à-dire des parterres ornés de fleurs continuelles; et il y avoit encore deux fontaines, dont Tune se répandoit par tout le jardin, et l'autre alloit par-dessous la cour du logis auprès de la porte, où toute la ville venoit puiser de l'eau :
Tôt' àp £v 'AXxtvôoio 6£(J5v Éaav àyXaà oùipa.
Ulysse, après avoir tout admiré dans son âme. entre dans la salle , où les plus apparens des Phéaques étoient à table , et faisoient une libation en l'honneur de Mercure :
'Ù TC'jaàxti) CTTîévÔEixov, ox£ [j.vr,aa;axo xotxou.
La raison de cela étoit sans doute qu'il avoit le pouvoir d'endormir et de réveiller lorsqu'il vouloit avec sa verge . comme Homère le dit au commencement du cinquième livre , et Virgile au quatrième ;
Dat somnos, adimiltpie.
Ulysse entre donc toujours environné de cette obscurité qui le enduit invisible ; il va se jeter aux genoux d'Arété , et alors ce nuage
3b8 REMARQUES SUR L'ODYSSÉE.
miraculeux se dissipe, et tout le monde est effrayé de voir un homme devant eux. Ulysse fait sa prière à Arété, la conjurant par le nom de son père, qu'il avoit fort bien retenu, de faire en sorte qu'on le renvoie chez lui : et, attendant sa réponse, il étoit dans la cendre pour la toucher davantage, jusqu'à ce que le vieillard Échenéus, qui étoit le plus ancien,
Kat {jLij6ot(n xéîtaaTO, iraXatà te TzoXkâ te eiowc,
dit à Alcinoiis qu'il a tort de laisser un étranger à terre; Faites-le asseoir, et commandez qu'on verse du vin en l'honneur de Jupiter, qui accompagne les supplians, lesquels sont en vénération, et faites apporter à souper à cet étranger. Alcinoiis prend Ulysse par la main et le fait asseoir dans un beau siège, d'où il fait lever le jeune Laodamas, son fils, qui étoit assis près de lui, et qu'il aimoit plus que tous les autres. Ulysse mange donc ce qu'on lui apporte ; et cependant Alcinoûs dit à Ponlonoùs, son héraut, qu'il donne du vin à tout le monde, afin qu'il boive en l'honneur de Jupiter : et après que chacun a bu autant qu'il a voulu, Alcinoiis dit que chacun s'en aille coucher chez lui, et que demain au matin ils viennent en borme compagnie, afin que nous traitions, dit -il, cet étranger, et que nous donnions ordre pour son retour, afin qu'on le remène chez lui sans aucun danger, et qu'après cela il reçoive tout ce que les Parques lui ont destiné.
ëv6a ô' ETceiTa
ïleio-exai aacct cl ATca KaTax)â)6£; te papstai, reivofxévto VTQaavTO Xîvco, Ôts {jliv téxe [kyyzrip.
Que si c'est quelqu'un des dieux qui soit descendu du ciel , il en arrivera ce qu'il leur plaira-, car d'ordinaire les dieux nous apparoissent visiblement quand nous leur faisons des hécatombes, et mangent avec nous : et quelquefois ils se déguisent en forme de voyageurs, et après se découvrent à nous, car nous sommes leurs alliés, aussi bien que les cyclopes et les géans. L'on diroit qu'Homère a pris ce beau sentiment dans les livres de Moïse, que les dieux prennent quelquefois la figure des voyageurs pour éprouver l'hospitalité de ceux qui les servent, et qui sont favorisés d'eux, comme on voit par l'histoire d'Abraham.
Ulysse rejette bien loin cette pensée d'Alcinoûs. Ayez d'autres senlimens, dit-il, car je ne suis point semblable aux immortels qui habitent le ciel, ni de corps, ni d'esprit,
'AXkà 6vr(Toï<7t PpoTOt(TiV' OucTiva; {)[X£ïç toxe (iàXid-c' ô/éovxa; ôï^ùv *Av6pwna)v, Toï(j(v xev èv àXYecriv tffwaaÊuiviv,