‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 134 sur 170 · LIVRE Vm · texte numérisé non relu

LIVRE Vm

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Oo., 0, 82.

Cela fait venir les larmes aux yeux d'Ulysse, et il fait comme son fils faisoit chez Ménélas , il met sa robe devant ses yeux.

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AtôcTO yàp ^a{y)xa;, U7t' ôçp'jci ôàxpua )e{6a)v.

Quand le musicien cesse de chanter, il se découvre le visage; et, prenant un verre, il boit en l'honneur des dieux; mais sitôt que le musicien recommençoit. car on se plaisoit à l'entendre, et on le faisoit recommencer souvent, Ulysse se cachoit encore pour pleurer. Personne n'y prenoit garde: mais Alcinoûs, qui étoi-t auprès de lui. s'en aperçoit et l'entend soupirer. Il fait donc cesser, et dit qu'il faut aller s'exercer aux jeux, afin que l'étranger puisse réciter à ses amis combien les Phéaques sont excellens à la lutte , au combat de main, à la danse et à la course. Tout le monde va donc pour voir les jeux; le héraut, prenant le chantre par la main, l'amène avec les autres. Toute la jeunesse, dont Homère compte les noms, s'apprête à combattre, et entre autres trois enfans d'Alcinoiis. Halius, Clytonéus et le beau Laodamas, qui étoit le mieux fait de tout le peuple. On commence par la course,

ToÏGi S' oLito \vi7<rf\~ TÉtaTo opofxoç» oî ô' àfxa TràvTeç Kac7raXî[xw; ètcstovto xovîovtô; Tisôioio,

Clytonéus passe les autres de beaucoup. Ensuite on joue aux trois autres jeux, et Laodamas est vainqueur aux poings, pugilatu; et il dit à ses amis qu'il faut demander à l'étranger s'il sait quelqu'un de ces jeux, y étant assez propre de son corps, soit pour les cuisses et les jambes, les mains et le cou robuste, et outre cela étant encore dans la force de la jeunesse, si ce n'est que ses travaux ne l'aient beaucoup afToibli. Car je ne crois pas, dit-il, que rien affoiblisse plus un homme que la mer, si fort qu'il soit. Euryalus le vaillant loue son dessein. Ainsi Laodamas vient prier Ulysse de montrer son adresse; car, dit-il. il n'y a point de plus grande gloire à un homme que d'être adroit des pieds et des mains : et en cela il paifloit sans doute comme un jeune homme qui n'est jamais sorti de son pays. Aussi Ulysse lui répond qu'il le prie de l'excuser,

Kr,oeà pioi xai {xàXXov èvl çpe'7Îv, rjTzep dceôXo'..

Et maintenant que je suis ici pour obtenir le secours dont j'ai besoin, il me siéroit mal de me jouer et de combattre contre vous autres. Euryalus lui dit incivileraent qu'il n'a point l'apparencô

364 REMARQUES SUR L'Oî)YSSÉE.

d'un galant homme , mais que c'est sans doute quelque marchand qui ne sait que trafiquer sur mer, puisqu'il ne sait pas les exercices des honnêtes gens. Ulysse, se sentant piqué, lui répond qu'il parle un peu trop en étourdi.

OuTfoç où TràvTeacrt ôeoi yaotevTa 6i6o\Jaiv 'AvopaGtv, oùte cpuViv, ovi'' à? ©péva:, our' àyoûviTuv. "AX/oç [JL£V yàp t' eîôoç àxiSvofspo: 7T£>£t àvyjp, 'A/,>,à 6e6; {j.opcpY)v eneci axé^si • ol oé t' èç aÙTov TepTtôfJLevot /.eûacouaiv • ô ô' àcrcpa^éfo; àyopeuet Aiôoï (j-Et^i/tiri , [j-exà 6è TipÉTiei ttypopLÉvoiaiv • 'Epx6(X£vov^ô' àvà à(7Tu ôeov ôç eiCTopoioaiv • 'AXXoç ô' aux' eTôo;; {xàv à^Cyxioç àôavaToicriv • A.)>X' ou ol x°^piÇ à^çiTtepiaTecpsTai èuéeaffiv.

On voit bien que Dieu ne donne pas ses grâces à tout le monde , ni le bon naturel, ni l'esprit, ni l'éloquence : car l'un n'aura point de beauté snr le visage, et Dieu en donne à ses discours; tout le inonde l'écoute et le regarde avec plaisir , et lui parle avec assurance, et néanmoins avec une modestie charmante, et il fait ce qu'il veut de son assemblée; et, lorsqu'il va par la ville , on le regarde comme un dieu. Cet endroit est admirable sans mentir , et l'éloquence ne sauroit pas être mieux décrite , surtout cette belle pensée :

ô ô' àorçaXétoç àyopsuet

Alôoï {Ji'ÊiXtx'^, • • •

qui montre bien qu'il faut toujours parler avec confiance, mais néanmoins avec une agréable modestie qui gagne les cœurs. Au contraire , d'autres , ont fort bonne mine , mais ils n'ont point de grâces dans leurs discours : Vous êtes de ceux-là, dit-il; car vous êtes beau et bien fait, mais vous n'êtes pas assez sage, %\t.ooay.r\:, yàp iJ.ù6o; , car vos discours sont offensans. Cependant je suis plus habile que vous ne pensez, et, tout fatigué que je suis, je ne laisserai pas de vous le montrer. Disant cela , il prend un palet et le jette extrêmement loin. Pallas, déguisée en homme, y met «une marque, afin qu'on le voie, et l'assure de la victoire. Ulysse s'en réjouit , étant bien aise d'avoir là trouvé un homme qui lui fût favorable.

Kal tôts xouoÔtsoov (j,eT£9wv6e 4>ai'iQxe(7criv •

Il dit qu'il combattra à toute sorte de jeux contre qui voudra,

excepté contre Laodamas, parce qu'il est son hôte. Et qui voudroit,

dit-il, se battre contre son ami! ce seroit une sottise, et ce seroit

brouiller toutes ses affaires. Pour les autres, il n'en refuse pas un,

t croit être plus vaillant que pas un homme de son temps.

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