‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 137 sur 170 · LIVRE VlII. 3^'î · texte numérisé non relu

LIVRE VlII. 3^'î

Ce mot de asvo? est d'ordinaire dans Homère pour aire la personne, ou l'esprit, ou le courage. Il met ici icoôv (j-evo: , parce que les rois sont des personnes sacrées. Alcinoiis exhorte les douze principaux d'entre eux de lui donner chacun un talent et quelque vêtement riche, et de l'apporter chez lui. et dit à Euryalus de se réconcilier avec lui de paroles et par présens. Chacun loue le discours d'Alcinoiis . et envoie son présent par un héraut.

Euryalus fait présent à Ulysse de son épée , en lui disant :

Xaïps, Tiàrep Si ^eïve* eTîoç 8' eiTrsp xt péêay.Tat Aeivôv, àccap To çépoisv àvaQuàlacai àzkltx.'..

Ulysse lui répond généreusement .

Kai <7"j, çiXoç, fiàXa yaXpe^ Geot os toi olë'.a. ooTsv! Mrioé x; xoi ^l'oso; nobr, [AeTÔTîiaôs yévoiTo. ...

Cette forme de réconciliation est fort belle et fort honnête; et il semble qu'Homère a voulu donner des exemples de toutes les actions civiles dans l'Odyssée^ comme de militaires dans V Iliade : car la querelle d'Achille et d'Agameranon, et leur réconciliation., est une idée des querelles des grands; et celle-ci des particuliers, qui sont bien plus faciles à terminer. On porte les présens chez Alcinoiis, lequel dit à sa femme de lui faire aussi le sien comme les autres, et de mener Ulysse au bain, afin qu'il en soupe de meilleur cœur; et lui donne aussi sa coupe d'or, afin qu'il se souvienne de lui lorsqu'il fera djes libations en l'honneur des dieux. Aussitôt Arété. sa femme, commande à ses femmes de mettre de l'eau sur le feu; ce qu'il exprime ainsi :

rcx<7Tp';v ;j,£v rpinoSo; uOp à(xçe'Jre, OépfJieTO ô' \jou>p.

Cependant elle fait apporter une belle cassette , où elle enferme tous les présens qu'on a faits à Ulysse et lui dit de la bien fermer lui-même, afin qu'on ne lui dérobe rien dans le vaisseau tandis qu'il dormira. Alors Ulysse ferme le couvercle et y fait un nœud difficile, TiotxOov, que Circé lui avoit appris. Ensuite il va au bain, et on a soin de lui comme d'un dieu,

Tôçpa 6é ol y.otxiûTQ ye ôeôi w; e[X7te8o; i^ev.

Lorsqu'il revient dans la salle, âvSpa; ixéra olvoTroTr.pa:, la belle Nausicaa l'arrête à l'entrée, et lui dit : Bonjour, étranger; souvenez-vous de moi quand vous serez de retour chez vous, puisque je lous ai sauvé la vie ,

..... ôxi [J.01 upcor/) ^loi^oC ôçeX>eic.

i'wVClNr ikl 2'k

Ulysse lui répond fort civilement ; et puis il s'en va seoir auprès du roi, et se raet à table. Le héraut amène l'aimable musicien Démodocus, qui étoit honoré des peuples, et le fait asseoir au milieu de tous les conviés. Ulysse lui envoie un grand quartier de fesse de porc, c'est-à-dire, ce me semble, d'un cochon de lait, et force sauce autour, 6a)£pyi S' r,v à^i-çiç àXoiç^. Donnez cela, dit-il, à Démodocus, et dites-lui que je ', tout triste que je suis,

Ilacn yàp àvOptoTïoiortv iuiyOûviotTiv àoiSot Tifivj; ë(X|xopoî eîai xai alSoOç, ouvex' àpa crcpÉaç Ot[;.ac MoOcj' eûîSa^e* cpiXviae Ôà çùXov àoioàiv.

Démodocus est fort réjoui de la bonne volonté d'Ulysse; et, sur la fin du souper , Ulysse lui dit :

Ay;ix6Qox\ lEoya 8tq «je ^poTôSv aîvîJ(o[x' aTràvTwv "H <j£ ys Moùa' èôioa^e , Aiôç Tiatç, v] ai y' 'AttoXXwv* AÎT^v yào xatà -/éofjLov 'kyjf.m'4 oItov àsîSeiç,

Mais, dit-il, poursuivez et chantez ce qu'ils firent dans ce cheval de bois qu'Ulysse amena dans le château de Troie. Si vous c'nantez cela comme il faut , je dirai à tout la monde :

« 'Q; apa Tot Trpocfptdv 6eàç ànaas 6éouiv àoioiiv.»

0, 499, Ainsi parla Ulysse, à S' ôp;xri6ei? ôsoO vipy^xo : ce qu'il chante fort bien, et loue principalement Ulysse d'avoir combattu comme un Mars, et d'avoir vaincu par l'assistance de Pallas; ainsi chantoit-il excellemment.

AOràp 'Oouacaù;

TiqxeTO» Sàxpu ô' ISeyev ÛTià pXeçpàpoio-i Ttapetàç.

Et il ajoute cette belle comparaison , qui est sans doute un des endroits les plus achevés d'Homère :

'Qç Se Y^'*'"'! x)vaÎY)(7t çiXov iroatv àixçiueo'oûo'a, "O; Te if,;, TtpôaOev ixôXtoç XaôSv te ■jtécntio'iv, 'AaTSi xal x£X£cc»<7'.v à|iuv{ov vriXeèç Ylfxap* *H (j.£v Tov 6vri(JxovTa xal àoriraipovT' ècriSoùaa, 'Atxç' oàiTtô yu^tévir), Xî^a xtoxOei* ot Se x' ÔTriaOev KÔTiTovTEç Soupecai {xexàçpevov f.ôe xai 6[xouç, Eïpeoov elcravdcYOviffi icovov x* èy£fj,ev xal oïîiuv» Tyjç ô' éXeeivoxàxti} àxet ç6tvu6ou(Ti napetai*

Le roi s'aperçoit des larmes d'Ulysse , et ayant peur que le c>iat < . Cette lacune existe dans le manuscrit de Racine.

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