‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 138 sur 170 · LIVRE YlII · texte numérisé non relu

LIVRE YlII

ne lui plaise point, il le fait cesser : Car, dit-il, nous ne nous réjouissons ici que pour divertir l'étranger; car un étranger tient lieu de frère à un homme sage. Il prie Ulysse de lui dire son nom , car, dit-il, il n'y a point d'homme au monde, bon ou mauvais, qui n'ait son nom, vu que les pères et mères en donnent toujours un à leurs enfans d'abord qu'ils sont nés. Dites-nous aussi votre pays, afin que nos navires le sachant, elles vous y mènent; car elles n'ont point besoin de matelots, et n'ont point de gouvernail comme les autres; car elles savent elles-mêmes l'intention des hommes, et connoissent tous les pays et toutes les villes, et passent fort vite les eaux de la mer, sans qu'il leur arrive jamais aucun danger, car elles sont couvertes de nuages et d'obscurité : de quoi Neptune étant jaloux a prédit qu'un jour un de nos vaisseaux revenant de conduire quelqu'un se changeroit en montagne devant cette ville, et lui boucheroit le chemin de la mer, Homère prépare déjà cet incident, qu'il doit faire arriver à l'occasion d'Ulysse. Enfin il demande à Ulys-se pourquoi il pleure sitôt qu'il entend parler du siège de Troie, que les dieux ont voulu ruiner, afin qu'elle serve de chanson aux siècles futurs. N'y avez-vous point perdu quelque parent, ou quelque gendre, ou quelque beau-père, lesquels nous sont les plus chers après ceux de notre sang, ou bien quelque ami savant ou sage, et d'agréable humeur?

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LIVBE IX.

Ulysse commence le récit de ses voyages, comme Énée fait à Bidon: mais au lieu que le récit d'Ênée ne tient que deux livres, celui d'Ulysse en tient quatre. 11 répond à Alcinoûs sur. ce qu'il avoit fait cesser le musicien. Grand prince, dit-il, il est toujours beau d'entendre les musiciens, surtout celui-ci qui chante d'une voix égale aux dieux : car, dit-il, je ne crois pas qu'il y ait rien de plus beau au monde que de se réjouir dans les festins et dans les concerts, lorsque le peuple cependant est en repos et réjouissances.

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li dit son nom et son pays. Je suis Ulysse, dit-il:

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AoXoç se prend là en bonne part pour adresse, prudence. Je suis bienvenu de tout le monde, à cause de mes adresses; et ma gloire est répandue partout.

Sum plus Jîneas faraa super œlhera notus.

Il décrit la situation d'Ithaque. Elle est rude, dit-il; mais elle est bonne pour élever des enfans, ipyi/eî', cûX' àyotôy) xoupoTpocpoç. C'est peut-être à cause de cette rudesse même ; car il n'y a rien qui soit moins propre à l'éducation de la jeunesse qu'un pays mou et délicieux. Enfin . dit-il , je ne vois rien de plus charmant que mon pays, et c'est en vain que Calypso, grande déesse, et Circé, tout de même, m'ont voulu retenir dans leurs grottes, souhaitant me fléchir de ce côté-là.

"Ûç oùûèv 7)>'u-/.iov r\c, rcarpioo; oùoà 'zo-/.r\(xi'4 rîyvstat, s-'iTcep xai xi; aTîô'rrpoÔi Ttîova oTxov Fai^fl £v àX).ooa7îvi vatei àTîàvcuGc toxt/jjv.

Il commence le récit de ses voyages.

'IX'.66£v (xe cpspwv àvsu.oç Kixovscat îcéXaaaEv, 'Ia{/.àp6i).

Il pilla cette ville, prit force butin, et vouloit s'en aller; mais ses compagnons se mirent à boire et à faire grand'chère. Cependant les Cicons allèrent appeler leurs voisins, Kiy.ove^ Kix6veo-ai ysY^Vcuv, et ils vinrent charger en grand nombre les gens d'Ulysse , autant qu'il y a de feuilles et de fleurs au printemps. Ils se battirent jusqu'au soir,

"H^iOÇ 8' TléXlOÇ {J.£T£Vtcra£TO poyXuTÔvSE.

Alors les gens d'Ulysse eurent du dessous; il en périt plusieurs, et le reste gagna les vaisseaux , non sans avoir appelé par trois fois chacun de leurs compagnons qui leur manquoient. Quand ils furent en haute mer, la tempête vint; ils furent obligés de prendre terre et d'attendre le vent durant deux jours et deux nuits.

Kêi[jl£8', Ô[j.oO xajj.àTw Te xat àXY£cri 6u[j.èv Ioovteç,

Au troisième jour il se remit en mer, et le vent le poussa à la fin à la terre desLotophages : il envoie quelques-uns de ses compagnons

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