‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 142 sur 170 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

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'H5Ù iTOièv TTtvwv, xaî jx' fjTcS SevTepov aÔTtç* Aô; |JLOt ixi ixpo^owv, vcaî (xot leov oOvoijLa elîrè. . . .

Afin que je te fasse quelque présent, car nous avons de bon vin parmi nous : mais celui-là semble être écoulé du nectar et de l'ambroisie. Ulysse lui en donne par trois fois, et il en but inconsidérément par trois fois. Et quand le vin eut un peu occupé son esprit, Ulysse lui parla d'une façon flatteuse, et lui dit qu'il s'appelait Ou- Tiç, personne. Le Cyclope lui répondit brutalement,

Ounv iyù ituixaTOV EûO(jLai (xe-rà olç éxàpottiiv.

Il s'endormit là-dessus, xà5' Bt jxiv uirvo; f,p£i TîavSaîxaTwp ; son gosier exhaloit le vin et la chair humaine. Alors Ulysse ayant pris son levier tout ardent, et ayant fortifié ses gens, aÙTàp bipao; èvé7iv£y'7$v [jLc'ya oaîawv, ils le fichèrent dans son œil, Ulysse s'appuyant dessus pour l'enfoncer, comme on enfonceroit un vilebrequin dans une pièce de bois. Son œil grilloit et petilloit comme un fer chaud qu'un forgeron baigne dans l'eau pour le renforcer. Le Cyclope fit un cri horrible qui les écarta tous. Les Cyclopes accoururent, et lui demandèrent si quelqu'un l'assassinoit; il répondit :

■'Q (PiXot, OÔTiç {xe xTeivei 56).co, oùSà PtTQçtv.

Et ils lui répondirent qu'il prît donc patience s'il sentoit du mal , et qu'il priât son père Neptune. Ulysse rit de son erreur.

K'jy,)va)6 oï (7T£và/^a)v te y.al (bSiVwv oS'jvviaiv,

Il ouvrit son antre, se mit à la porte pour voir si quelqu'un sortiroit parmi les brebis; car il croyoit Ulysse si sot que cela.

...... T^âvza:; oï SûXou; xat [xtîtiv uçaivov,

C'est ce que Virgile a fort bien imité :

Oblitusve sui est Ilbacus discrimine lanto.

Il lia chacun de ses gens sous trois béliers, dont celui du milieu en portoit un; et lui se mit hardimetit sous un grand bélier, s'attachant à sa laine violette. Le Cyclope fit sortir tout son troupeau le matin; les brebis qui étoient chargées de lait crioient, et lui les manioit tous sur le dos. Le bélier sortit le dernier, chargé de sa

laine et d'Ulysse. Polyphème lui tient un discours tout à fait beau et déplorable. Quand Ulysse est sorti, il délie ses gens, et ils s'en vont à leur vaisseau. Ulysse lui insulte de loin. Il lui jette un gros rocher, qui rapproche son vaisseau près du bord. Ulysse, en remontant, lui insulte encore malgré tous ses compagnons, et lui dit son nom. Le Gyclope lui crie que le devin Télémus lui avoit prédit qu'Ulysse lui crèveroit l'œil,

Nùv 6e \}' èà)v oXîyoç Te xal oÙTi5avo; xai àxiv.uç.

Il jette un plus gros rocher, et invoque Neptune qu'il tourmente Ulysse, lequel sacrifie son bélier à Jupiter,

ô 6' où-/. i[.<.r.yXixo Iptlov.

Mais il méditoit leur perte.

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