‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 148 sur 170 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

pagnons , mais qu'il la fasse jurer auparavant le grand serment des dieux , qu'elle ne lui fera point de mal ni d'affront.

Mercure s'envole, et Ulysse poursuit son chemin, roulant bien des choses dans son esprit.

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Il entre donc chez Circé ; elle le traite comme ses compagnons . mais quand elle lui voit tirer l'épée, elle s'écrie, et. lui embrassant les genoux , lui dit : Qui ètes-vuus qui ne ressentez point la force de ce breuvage que personne n'a jamais pu éviter? N'êtes-vous point cet Ulysse si adroit, que Mercure m'a toujours prédit devoir venir ici? Mais remettez votre épée et couchons ensemble, afin que nous ayons plus de confiance l'un à l'autre. Il lui répond qu'il n'en fera rien jusqu'à ce qu'elle lui jure de ne lui point faire mal; et alors ils se mettent au lit. Ils sont servis par quatre servantes qui étoient nées des fontaines , des arbres , et des fleuves. L'une couvre les sièges de tapis de pourpre par haut , et par le bas , de lin ; les dossiers étoient revêtus de pourpre, et le reste de lin, pour être plus mollement. L'autre dresse des tables d'argent , et les couvre de vaisselle d'or. L'autre verse d'un vin excellent dans un vase d'argent , prépare des coupes d'or; et la dernière apporte de l'eau, et allume du feu sous un trépied : elle fait chauffer l'eau, et ensuite lave Ulysse , et lui verse doucement cette eau le long de la tête et des €^aules ,

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afin de soulager la lassitude de ses membres, 6u[j.oa>ô6pov, parce que le travail du corps abat l'esprit. Après qu'on l'a frotté d'huile, on le met à table, et Homère le fait servir selon sa coutume. Mais Ulysse ne vouloit point manger, songeant à d'autres choses, et étant toujours affligé.

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Circé s'en met en peine , et tâche de le rassurer; mais il lui dit : 0 Circé! quel homme juste et raisonnable voudroit manger avan; que de voir sortir ses compagnons de l'état où ils sont? Faites-lesmoi voir donc, si vous voulez que je mange. Elle s'en va à l'étable avec sa baguette, et en fait sortir ses compagnons, qui étoient comme des porcs de neuf ans : et , les frottant d'une drogue contraire à la première, le poil de cochon leur tombe, et ils deviennent

388 REMAHOUES SUR L^ODYSSÉE.

des hommes plus jeunes encore et plus beaux à voir qu'auparavant. Cela pourroit s'appliquer à des débauchés qui , sortant une fois de leurs débauches, sont plus sages que jamais.

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Ils se jettent au cou d'Ulysse , et se mettent tous à pleurer : toute la maison en retentit , et Circé même en est émue de pitié. Alors elle dit à Ulysse d'aller à son vaisseau, de le tirer à terre, et de mettre leurs provisions et leurs a^mes dans quelque caverne , et puis de revenir chez elle avec tous ses compagnons. Ulysse lui obéit . et s'en va à son vaisseau , où il trouve tout son monde affligé et désespérant de le revoir. 11 décrit la joie qu'ils eurent pour lors, et la compare à la joie que de jeunes veaux ont de revoir leurs mères, qui viennent de paître.

Cette comparaison est fort délicatement exprimée , car ces mots de veaux et de vaches ne sont point choquans dans le grec , comme ils le sont en notre langue , qui ne veut presque rien souffrir . et qui ne souffriroit pas qu'on fît des églogues de vachers , comme Théocrite , ni qu'on parlât du porcher d'Ulysse comme d'un personnage héroïque ; mais ces délicatesses sont de véritables faiblesses.

'Qç, ô' OTav àypayÀot Tiopieç icepi ^ouç àys^aia; 'E/.QoOcra; è; •AOTipov, è-7ii]v ^oxàvriç xopécrwvTat, TTôcTai a.[t.a <7xaipov)0"tv èvotvTÎai* oùo' àxi ar^y.oi "Io-^ouct', àXX' àôivov [jLuxwfxevat à[xcpi6£ouaiv

Ainsi les compagnons d'Ulysse l'embrassèrent en pleurant , et il leur semblûit qu'ils étoient de retour à Ithaque et dans leur logis. Ils lui demandent que sont devenus les autres, et il leur dit qu'ils les viennent voir eux-mêmes , buvans et mangeans , après qu'ils au' ront tiré leur vaisseau à terre. Les autres lui obéissoient; mais Eurylochus les en détournoit à toute force. On voit par là que quand ces esprits médiocres ont une fois réussi en quelque chose. , ils en deviennent fiers , et veulent qu'on croie tout ce qu'ils disent pour des oracles. Aussi Ulysse, tout en colère, le vouloit tuer, quoiqu'il fût son parent; mais les autres l'apaisèrent, et le prièrent de le laisser là tout seul ; mais il airna mieux suivre les autres ; craignant la colère d'Ulysse.

ODE I. — A ITIÉRON ,

VAINQUEUR A LA COURSE DU CHEVAL CÉLÈTES. 'AçilCTûV [xèv {iôwp.

Il appelle l'eau le plus excellent de tous les élémens, pour deus raisons : 1° à cause que d'elle se forment les autres , car l'air se fait d'une eau subtilisée , la terre d'une eau condensée . et le feu . se faisant d'un air plus subtil, tire aussi par conséquent son origine de l'eau : 2" parce que l'eau et l'humidité est ce qui est le plus nécessaire aux animaux vivaus et inanimés , car nous vivons de ce que ia terre produit : or, les semences ne peuvent pousser sans humidité.

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Xpuaô: aïOôuLcVov -.-Op

"Ate ôta7rpé"£i vj-

•/CtI (xsyàvopo; elo^a TtXouxou.

L'or éclate autant par-dessus les richesses qu'un feu allumé éclate au milieu de la nuit. Il appelle les richesses ueyàvopa ttXoOtov, parce que ceux qui sont riches font les grands hommes, ou parce que les richesses font de grandes choses. Un commentateur dit que Pindare a suivi son inclination naturelle en louant les richesses :

MtiV.éÔ' àXiov crxÔTiei 'A).).o 6aX7:v6Tcpov èv àaépa çasvvôv àcTTpov èpr,[jLaç ôi' alOspoç.

Ne cherchez point d'astre plus échauffant ni plus brillant que le soleil durant le jour, lorsqu'il éclaire l'air désert.

Les uns disent que ep-ou-o; veut dire en cet endroit, chaud et ardent, en sorte que personne n'ose aller à l'air, qui est par conséquent désert; d'autres disent que la mer a des poissons, et la terre les autres animaux qui l'habitent, mais qu'aucun d'eux ne fait sa demeure dans l'air; enfin d'autres disent qu'il veut dire par là que l'air est calme, tranquille et sans nuages; quelques-uns disent qu'il entend la sphère du feu.

.... l^ÉTZOiV [J.£V

Kop'joà^ àpefâv aTzo n'yaoLv î\lf),ais£Tai oè -/ai

390 REMARQUES SUR PÏNDARE.

Mouaixà; èv àtort^), Oîa Tiatî^oaev çiXav 'AvSpe: àfxtpt ôajxà

TpaTieilav.

Il dit qu'Hiéron étoit élevé au sommet de toutes les vertus, et qu'il en recueilloit le fruit , et qu'il se plaisoit aux fleurs et aux douceurs de la musique, ou bien qu'il se plaisoit aux odes, qui sont la fleur de la musique. Or, quand un prince se plaît aux exercices de la musique , qui sont des exercices de paix , c'est une marque que son royaume est paisible. Tels sont, dit-il, les chants que nous jouons autour de la table amie, parce qu'on n'y appelle que des amis, ou bien à cause qu'elle noue les amitiés.

.... àX/à Awpiav àuo cpopfJLiY'ya TîaacàXou Aà[Aoav'*

Mais prends ton luth dorien du clou où il est attaché. Il l'appelle dorien, parce que des trois harmonies dorienne, phrygienne et .ydienne , la dorienne ou la dorique étoit la plus grave.

(juTO, 6£[jtaç

'AxsvTTnxov èv àç)6[}.oifsi 7ïapéxt«>v, KpàTEi ôà irpo<7S(xi^£ Seoruoxav Supaxoctov l7ino)(^dcp{JLav BaaiX^.

Il loue le cheval d'Hiéron , qui , courant sans attendre l'éperon , nienoit son maître à la victoire , savoir Hiéron , roi de Syracuse , qui aimoit les chevaux.

""H 6au.[jLaTà TcoXXà* Kaî 'jiou Tt xai BpoTôJv çaTiv TTuèp TÔv àXaôri Xoyov AeôaiôaXfjiévoi ^t\iôeai îïOixiXoiç 'EÇaTraxûvTt {i,ù6ot.

Après avoir conté la fable de Pélops , à qui les dieux rendirent une épaule d'ivoire après que Gérés eut mangé la sienne, il y a, dit-il , beaucoup de choses merveilleuses , et cependant des fables embellies de divers mensonges trompent et divertissent l'esprit humain beaucoup plus que de véritables discours.

Xàpi; 6', àuep aTîavxa xeO-

;^bt xà [Leiliyoi, 6vaxoTç, 'ÉTriçépoiaa xtjxàv,

Kai aTiKTXov iu.y]aazQ ttktxov 'E[L[l£Va.l TO TToXXàxiç.

Par cette grâce qui rend tout agréable aux hommes , et qui donne î*^ prix aux choses, il entend la grâce de la poésie,

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