‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 156 sur 170 · ODE VI. — A AGÉSIAS SYRACUSAIN · texte numérisé non relu

ODE VI. — A AGÉSIAS SYRACUSAIN

XpucTÉaç {nrodxàcavTei; eO- T£tyeï irpoOOpo) 6a/àu.ou Kîova;, a>; ote Oar,TÔv \iéyapov, nà^oucv. î\p7 o[jL£vou 5' èoyou irpoo-toTTOv Xo'f] 6£[X£v TTiXauYsç.

Comme quand on bâtit un beau logis , on embellit le vestibule de colonnes dorées: aussi, quand on commence un ouvrage, il y faut donner une face éclatante.

.... Ttva y.EV «puyoi U[jlvov Ketvo; àvY)p, ÈTny.upTa'.; àoôovwv jV.(tt(T)v iv lu.epxaT; àoioaiç;

Parce que d'ordinaire les habitans d'une même ville sont envieux l'un contre l'autre.

.... 'Ay.'ivôuvoi o' àosTat

O'JTE Tznp' àvSpâT'.v, o'jt' £V vau^jl xoiXat;

Ttu.-.ai. IfoXXoi oè us-

fjLvavxat, y.aAÔv £Î ti TtovaOYJ.

C'est ce qu'Hésiode dit aussi :

a Ty;c 0 àpETTiÇ loptôxa 0£Ot TrpoTîàsoiOev ?Or|V.av. »

TToOÉo) cTpaTtôcç 'OsOaXaôv Èaaç, àfisoTspov, M'ivT'.v t' àyaOov, Kat ooupt [J.âov7c0at. . . .

Il fait dire cela à Adrnste, îor.<;qn'il perd:! .\mphiaraus, Thébain, IIacine ui 26

que la terre erigloutit avec son char, lorsqu'il alloit être tué avec ses compagnons.

"A Tot, nocreiSàfcovt fxi-

yQsîaa KpovCto, XéyeTat

llaîS' to66(7Tpuxov EùàSvav T£y.£|xev.

Kpu^lie 6è Tîapôsviav wÔTva y.ôX:roiç.

Il parle de Pitané , fille d'Eurotas , d'où est venue la race d'Agésias; car Pitané eut Êvadné, de laquelle Apollon eut lamos, qui fut le premier de cette race. Tous ceux qui naissoient d'une mère avant qu'elle fût mariée, s'appeloient 7:ap8évioi.

.... ûtt' 'AttoXXwvi 'f\\>Y.daç TTpwTOv s^/aucr' 'Acppoôixaç.

Il parle d'Évadné , qui fut connue par Apollon.

. . . . ev 6u[ji.â) -rtiécaK; X6).ov où çaxèv à- ^£ta (xe)iTa wyex' Itov.

Il parle d'^pilus, roi de Bessane, en Arcadie, qui retira.chez lui Évadné , encore enfant. Il étoit donc fort en colère , la voyant grosse. Il alla consulter l'oracle d'Apollon à Delphes, qui lui avoit appris qu'Apollon étoit celui qui l'avoit engrossée. Et cependant Évadné accoucha d'un enfant sous un buisson.

'A Se ço'vixoxpoxov Zwvav xaTa6rixa(xsva, Kà^irt^à T* àpY'jpéav, A6x|J.aç vTzb xuavéaç TîxTs Ôeoœpova xoOpov.

Apollon lui rendit Lucine favorable : ainsi elle accoucha d'un enfant; mais la douleur l'ayant forcée de le mettre à terre, deux dragons aux yeux bleus vinrent, et le nourrirent avec grand soin par ] ordre des dieux, lui donnant l'innocent venin des abeilles pour Tiourriture, Cependant le roi, étant revenu de Delphes, demanda où étoit l'enfant d'Évadné et d'Apollon, lequel devoit être un grand prophète, lui et sa race : personne n'en savoit "rien.

'A>X' Iy-, xixpuTTTO yàp cyotvto paria x' èv àTretpàxri) , twv £av6at<n xal TrajXTropçùpoiç ^xxtffi pEêpevjxévoç àêpov £tô[j.a

De là vient que sa mère le nomma lamos.

. . . TepTTvaç ô' iiièi Xpv)(70ax£cpàvoio Ààêev

ODE Vi. 403

Il appelle la jeunesse couronnée d'or, ou à cause sans doute que c'est le plus bel âge de la vie, ou à cause que les cheveux sont blonds et ne blanchissent pas encore.

Tif^tovre; 8' àpExàç, 'Eç çaveçàv ôoov êpyovxat. T£X(JLaCpei Xpri[A' Sy.atTTOv. Môiaoç è| 'iVXXtov xpéfj.aTai <p9ovgôvTa>v.

Chaque action témoigne la vertu d'un homme, et les hommes qui sont vertueux marchent par un chemin découvert, ou parce que la vertu ne se cache point, ou à cause qu'elle est glorieuse.

-EncX yàp a^Y^^o? 6p66ç,

'H"jx6(xwv ffxyxàÀa pLOio'àv, yAuxù; Kpr,T^p àYaçOéY't'fwv àotôàv.

Il parle à un musicien , qu'il appelle l'ambassadeur des Muses.

'Aôu).0YOi Aé viv Xijpai {jLoXTcai t£ y\.^vM(7Y.ovii. Myj Ôpâaffot ypo^oç ôX6ov ècpépTîcov.

Il loue Hiéron , qu'il dit être comme des lyres et des chansons.

t' £V xei[xepîct vuxtî ôoâç 'Ex vaôç àîre-

(7XlfJL50ai ou' àf/VÇiOLU

Il dit allégoriquement qu'il est bon dans une tempête d'avoir deux ancres pour assurer un vaisseau; aussi il est bon à Agésias d'être citoyen de deux villes, de Syracuse, et dans l'Arcadie.

DDK VII. — A DIAGORAS, IIuxttq, vainqueur au combat db main.

Il commence par une belle comparaison qu'il fait d'une coup pleine de vin à un poërae, qu'il appelle le nectar des Muses.

tl>ta>.av «î); ê'. ti; à-

ÇVSlàç ànO X^lpO; éAfôv,

"Evôov ày."rt£>.ou xay>à':^0'.- <Tav SpoTd», ^topYicrerai Nsavia vajxêpôj nporivtov O'.xoOîv o'.xaoe , TcdtYj^pUTOv xopviçàv xxsivfov,

SuiiTOTlOU te X^P'^J ■'tÔtOOC X£ TlM.5f"

(xai; iov, év o£, çiXtov IlapEÔ'^T'ov, 6rjX£ |xt/ ^a.- XtiJTOv ôu.6<?povo; €Ùvôu;«

Kat èyih véxrap yyrôv, Moiffâv ôoaiv, àOXocpopot;

Tiàv cppevoç. . . .

Tout de même qu'un homme riche , prenant à la main une coupe pleine de vin , la porte à son gendre , et lui porte le plus précieux de ses meubles, tant pour l'honneur du festin que pour honorer son alliance , et le fait estimer heureux de ses amis pour l'amitié qui est entre le gendre et le beau-père; aussi je porte maintenant un nectar tout pur , lequel est un don des Muses et le doux fruit de mon esprit, afin de réjouir nos vainqueurs.

. . . . 'O ô' ôXêtoç, Sv 4>ôc[j-at xaTÉxovx' àyaôai. !A.X).OT£ ô' dtXXov èixouTeuei Xàpiç l^oa- 6àX[j.ioç, àSujxsXet 0a(xà (xèv çopiJ-iyyt ^ irafiçaivoiai t' èv èvTeciv aùXàiv.

Celui-là est heureux qui est en bonne réputation ; mais il y en a peu qui soient honorés et loués par la poésie , laquelle immortalise les hommes et leur donne une vie florissante. Il y en a qui entendent ce mot de Xàpiç pour la fortune.

Tixvéwv, TTatî* lAçpootTaç, XeXioio TE vufx^av, 'P680V, eOôufxàyav.

Il est ordinaire à Pindare de donner aux villes le nom des nymphes qui ont été appelées comme elles et d'en faire des divinités.

'ASovxa Atxa.

Un homme qui plaisoit à la justice , c'est-à-dire un homme juste,

.... 'Afj-çi 8' àvGpwirwv 9pa(7iv àixTiXaxtai Avapi6[j.yiT0i xpÉ(xavxai" ToùTo ô' oL\ia.y'xvov eOpeîv, "O Ti vùv xat èv thXeu- TÔt (pspTaTOv àvopl Tuy^etv.

Il dit cela à cause que Tlépolémus, aïeul de Diagoras, avoit tué le frère de sa mère; ensuite de quoi l'oracle lui ordonna de quitte? son pays, et de venir à Rhodes, où il régna heureusement.

Al ôè cppevûv Tapa)^ai liapÉTrXaY^av xal troqpov.

Ainsi la colère avoit emporté Tlépolémus.

"K'-fio TTOTÈ

ODE VJI. 405

Xpucraï; viçàoeorcri TCÔXiv.

Ainsi Homère a dit de la même ville de Rhodes.

Kai crçi bianicjio'/ tïàO'jtov xaiéy^euc Kpovîcav.

Ensuite il décrit tout à fait bien la naissance de Pallas. Lorsque Vulcain, dit-il, avec une hache d'airain, fit sortir Minerve de la tête de Jupiter ,

ïlaTÉpoç 'AÔavata xopucpàv xax' âxpav

^vopoûaaicr', à).àXa-

^£V y7iep|xàx£i Poà'

Oùpavôç ô' ecppi^é vtv xai Fata {jLocTrjO.

Alors le Soleil, <pauaîêpoxo;, commanda aux Rhodiens de bâtir en l'honneur de Pallas; et le vénérable Proraéthée, c'est-à-dire la Prévoyance , y mit les vertus et la joie. La vénération qu'on a pour les dieux en prévoyant le bien et le mal qu'ils nous peuvent faire produit dans les cœurs la vertu et la joie; mais ils oublièrent de porter du feu pour le sacrifice, et firent des sacrifices sans feu. Le commentaire ne dit point à quelle cause Pindare dit cela.

Jupiter leur versa donc une pluie d'or.

.... Keivoiai [xïv Çav- 6àv à^aytiov vôséXav, IloXùv yae xpuTÔv •

Et Pallas leur donna l'art d'exceller par-dessus tous les autres dans les ouvrages de main , àpiCTxo-jxôvot; yjçxjl : car on eût vu dans leurs rues des statues qui sembloient être animées.

"Epya 6à i^woTaiv epTiov-

T£<J<7Î 6' ôij.ota 7.£).£u6oi

4»éoov ^v Ôè 7.À£0; BaGu.

En effet, les Rhodiens ont inventé l'art de la sculpture. Quelquesuns croient que c'a été Dédale. Pindare parle peut-être ici de ces statues qu'on faisoit marcher, et dont il est parlé dans Platon ce me semble.

AaévTt ôè xal cocpia

Metîjtov àôoÀo; TeXéôei.

Quelque adroit que soit un homme , néanmoins il est beaucoup plus habile quand il est instruit, et est moins sujet à manquer, comme les Rhodiens, qui étoient naturellement adroits, furent encore instruits par Minerve.

4>avTi ô' àv6pu«icov TiaXatai 'PriffiÊÇ.

C'est-à-dire les poètes, sans doute, qui étoient les historiens de ce temps. Et en. effet c'est une fable qu'il rapporte pour montrer la raison pour laquelle Rhodes est consacrée au Soleil. Rhodes, ditil, étoit au fond de la mer, et ne paroissoit pas encore, lorsque les dieux firent le partage de la terre entre eux ; mais le Soleil étant absent , personne ne se souvint de lui , et ils laissèrent ce dieu pur et chaste sans aucune ville

Il appelle le Soleil àyvov 6e6v, parce qu'il purifie tout de ses rayons. A son retour, Jupiter vouloit recommencer les partages, mais le Soleil ne voulut pas , et dit qu'il voyoit au bord de la mer une fort belle île , et qu'il la prenoit pour lui. Il commanda donc à la Parque Lachésis de confirmer les partages, et aux dieux de jurer qu'ils ne les violeroient point, mais que cette ville lui seroit éternellement consacrée ; ce qui fut fait : et cette île sortit de la mer toute fertile , et le Soleil la prit pour lui.

.... "E/et TE (XIV ô-

^etav ô YevéOXio; àxxivwv 7îaT';Qp,

nOp TïveôvTwv àp/oç Ïtitiwv.

Et là, c'est-à-dire dans cette île, ayant couché avec une nymphe du même nom, il en eut sept enfans fort sages et de bon esprit, dont l'un eut trois enfans , lesquels ayant habité cette île , donnèrent leurs noms aux lieux où ils habitèrent. C'est là qu'on fait des jeux en l'honneur de Tlépolémus, qui accompagna les Rhodiens au siège de Troie, où il mourut; et Diagoras, dit-il, y a été couronné deux fois , et quatre fois aux jeux Isthmiens , deux fois à Némée et à Athènes. Le fer, la lance, qui est le prix des jeux d'Argos, le connoît bien. Cette expression est belle et hardie. Il est connu en Arcadie, à Thèbes et en Béoce, à -<Egine et à Pellane, où il a vaincu six fois ; et la pierre où l'on écrit le nom des vainqueurs , à Mégare , ne connoît que lui. Après avoir compté toutes ses victoires , il invoque à Jupiter , afin qu'il rende Diagoras aimé de ses citoyens et des étrangers.

'Eitei Oêptoç è^ôpàv

'Oôèv e06u7ïop£ï, 2à<pa oaelç àte ol TiaTÉpcov

'OpOal 9pév£; èÇ àyaôûiv

"Expaov,

C'est-à-dire qu'il a appris de ses pères à révérer les dieux. Sa ville, dit-il, a souvent été en réjouissances pour les victoires qu'il a acquises.

.^. . . ."Exei

GaAtaç xat TiôXiç. 'Ev

V'. ■ aût' àXXoïai ôiaifyo'CTOto'iv aîpat

ODE \n. 407

En un moment les vents changent, et les choses prennent toute une autre face ; car Diagoras , qui , peu de temps auparavant , avoit eu de l'affliction, se voit maintenant glorieux; ou bien, en un sens contraire, c'est sans doute ce Diagoras dont parle Gellius, qui eut trois enfans, excellens en trois différentes luttes, qu'il vit tous trois en un même jour aux jeux olympiques; et comme ses enfans, ayant mis leur couronne sur sa tête, le baisoient en présence de tout le peuple, il expira entre leurs mains. Cicéron en parle aussi au livre I des Tusculanes.

ODE VIII. - A ALCIMÉDON et THIMOSTHËNES, athlètes,

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