‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 25 sur 170 · FRAG3IENS SUR PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

FRAG3IENS SUR PORT-ROYAL

Les Coiistitiitions de Port-Roijal sont de la mère Agnès, excepté l'Institution des novices, qui étoit de la sœur Gertrude. M. de Pontchâteau les fit imprimer en Flandre

— Les deux volumes des Traités de piété sont de M. Hamou, excepté le Traité de la charité, qui est à la tète du premier volume. M. Fontaine prit soin de l'impression de ce premier volume, et M Nicole du second , qui est beaucoup plus exact.

— La Religieuse parfaite a été recueillie par la sœur Euphémie, sous la mère Agnès, lorsque celle-ci étoit maîtresse des novices. M. Nicole a fait toutes les préfaces des Apologies des religieuses de Port-Royal, et, de plus, en commun la première et la deuxième partie. M. Arnauld a fait la troisième, c'est-à-dire les lettres de M. d'Angers . et toute la quatrième , hormis les deux chapitres - où est l'histoire de Théodoret. etc.

M. Nicole a fait les trois volumes de la Perpétuité, hormis un chapitre dans la première partie, qu'y fourra M. Arnauld, et qui donna le plus de peine à défendre. M. Arnauld ne lut pas même le deuxième volume : il étoit occupé alors à faire des mémoires pour des évêques.

M. d'Aleth lui demanda un Rituel; mais M. Arnauld n'étant pas assez préparé sur cette matière, M. Nicole persuada à M. d'Aleth de s'adresser à M. de Saiut-Cyran ^ , et de lui écrire pour cela une lettre pleine d'estime. M. de Saint-Cyran prit celte lettre pour une vocation, et fit le livre. M. Arnauld le revit avec M. Nicole, et adoucit plusieurs choses qui auroient paru excessives : entre autres M. de Saint-Cyran avoit écrit un peu librement sur l'abstinence de la viande pendant le carême, et prétendoit que l'Église ne pouvoit pas faire des règles qui obligeassent sous peine de péché mortel.

— Le Nouveau Testament de Mons a été l'ouvrage de cinq personnes : M. de Sacy. M. Arnauld, M. Le Maistre, M. Nicole, et M. le duc de Luynes. M. de Sacy faisoit le canevas, et ne le reportoit presque jamais tel qu'il l' avoit fait; mais il avoit lui-même la principale part aux changemens , étant assez fertile en expressions.

4. Ces fragments, écrits de la main de Racine, sont à la Bibliothèque impériale. Racine a écrit en lète : M. Nicole. Ce sont sans doute des renseignements que xNicole lui avait fournis.

2. 11 faut encore interroger là-dessus M. Nicole. [Note de Racine.) ;i. Non pas Duvorgier de Hauranne, mais s©n neveu et son successeur, Martin Barcos.

M. Arnauld étoit celui qui déterminoit presque toujours le sens. M. Nicole avoit devant lui saint Chrysostome et Bèze, ce dernier afin de l'éviter : ce qu'on a fait tout le plus qu'on a pu. M. de Sacy a fait les préfaces , aidé par des vues et par des avis que lui avoient donnés M. Arnauld et M. Nicole.

Depuis peu, quelqu'un a fait des Remarques sur cette traduction, et M. Arnauld en a pris ce qu'il croyoit le meilleur, ce qu'il a toujours fait très-volontiers. M. de Sacy étoit moins souple : témoin sa roideur sur les remarques du père Bouhours, dont il n'a jamais voulu suivre aucune. M. Nicole, au contraire, a profité, dans ses Essais de morale ^ de celles qui lui ont paru bonnes.

Il n'a plus osé écrire contre M. Jurieu, depuis qu'il a vu M. de Meaux aux mains avec lui, ne voulant pas donner d'ombrage à ce prélat. M. de Sacy n'avoit de déférence au monde que pour M. Sin glin. homme en effet merveilleux pour le droit sens et le bon esprit. Celui-ci avoit de grands égards pour M. de Saint-CjTan-Barcos , qui étoit son directeur, homme pur dans sa vie, et d'un grand savoir, mais qui avoit souvent des opinions très-particulières , et toujours très-attaché à ses opinions.

Un jour, entre autres, il vouloit opiniâtrement que. pour défendre Jansénius. on avançât que cet auteur ayant suivi pied à pied saint Augustin, et n'étant que l'historien de sa doctrine, il lui avoit été impossible de s'en écarter. M. Arnauld fit un écrit où il renversoit entièrement cette opinion , c'est-à-dire montrant que cette défense auroit été tournée en ridicule , n'étant pas impossible que Jansénius n'eût pris un sens pour l'autre, et ne se fût trompé, comme le prétendoient le pape et les évèques. M. de Saint-Cyran fit une réponse , où il traitoit ces démonstrations de simples difficultés qui ne dévoient pas empêcher qu'on ne se soumît à son avis. M. Pascal leva l'embarras : il prit le mémoire de M. de Saint-Cyran, alla trouver M. Singlin, et lui dit que jamais il ne rendroit ce mémoire , qu'il traita de ridicule.

— M. Pascal etoit respecte parce qu'il parloit fortement, et M. Singlin-se rendoit dès qu'on lui parloit avec force.

— La mère Angélique de Saint-Jean faisoit, en quelque sorte, sa cour à M. Pascal, et vouloit se servir de lui pour mettre de la division entre M. Arnauld et M. Nicole: car, ni elle, ni beaucoup d'autres, ne pouvoient souffrir cette liaison, ni que M. Nicole gouvernât M. Arnauld.

Ils furent tous deux cachés pendant cinq ans à l'hôtel de Longueville, et, excepté les six premiers mois, y vécurent toujours à leurs dépens. Madame de Longueville étoit alors occupée de ses restitutions , et peut-être n'eût pas été bien aise de cette nouvelle dépense. Ils l'entretenoient tous les jours dès cinq ou six heures. M. Arnauld s'endormoit souvent, après avoir roulé ses jarretières

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