‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 38 sur 170 · De Lionne, ministre dc3 affaires éli-aDgères · texte numérisé non relu

De Lionne, ministre dc3 affaires éli-aDgères

134 FRAGMENS ÏÏISTORIQIIES.

d'où ils attendoient des avantages , comme la riscossa di Sedano , et beaucoup d'autres qu'ils espéroient pêcher en eau trouble.

Messieurs de Bouillon sont princes par brevet, mais ce brevet ne fut point enregistré, comme l'échange l'a été. Ce fut depuis ce brevet que M. de Turenne ne voulut plus prendre la qualité de maréchal de France; et ce fut mademoiselle de Bouillon, sa sœur, qui l'en détourna. Il ne se trouva plus aux assemblées des maréchaux,, et envoyoit même leur recommander les affaires pour lesquelles ou le sollicitoit. Les maréchaux furent sur le point de le citer, mais n'osèrent.

M. DE SCHOMBEKG.

Son grand-père amena des troupes au service de Henri IV, lorsque le prince Casimir en amena; et M. de Schomberg prétend qu'il lui en est encore dû de l'argent.

Son père fut gouverneur de l'électeur Palatin, depuis roi de Bohême ; ce fut lui qui alla en Angleterre' négocier le mariage avec la princesse Elisabeth.

Le roi d'Angleterre lui donna une pension de dix mille écus, dont il fut payé toute sa vie.

Il eut beaucoup de part aux partis qui se formèrent en Bohême pour l'électeur, et mourut à trente-trois ans, avant que ce prince fût élu roi.

M. de Schomberg n'avoit que sept ou huit mois à la mort de son père. Il dit que l'électeur voulut être son tuteur, et nomma quatre commissaires pour administrer son bien. Il prétend de grandes sommes de M. l'électeur Palatin pour cette administration, dont on ne lui a pas rendu compte.

Il se trouva à seize ans à la bataille de Nortlingue , où le duc de Veymar fut défait. Il se trouva aussi à la fameuse retraite de Mayence ; M. de Rantzau lui donna une compagnie d'infanterie dans son régiment. Il se trouva à la retraite de devant Dôle, sous le même M. de Rantzau. Il fut fait commandant dans Verdun-sur- Saône, avec un bataillon, et se trouva au secours de Saint-Jean-de- Lône, assiégé par Galas, la même année du siège de Dôle.

Hermenstein ayant été pris par les ennemis, le cardinal de Bichelieu, piqué au vif de cette perte, donna ordre à M. de Rantzau de lever en Allemagne douze mille hommes. Rantzau fit cette levée fort lentement., s'amusa vers Hambourg, se maria, à sa cousine,^ et se laissa enlever un quartier. Pour avoir sa revanche, il envoya Schomberg avec des troupes pour enlever un quartier des ennemis qui étoient dans Northausen. Il tomba sur une garde de dragons qui étoient hors de la place, et entra dedans pêle-mêle avec les fuyards. Il étoit alors major du régiment de cavalerie de Rantzau,

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et avoit, outre cela, une compagnie franche de dragons. Vers ce temps-là, le cardinal de Richelieu, mécontent de Rantzau, le congédia.

Schomberg se maria ; et , parce que l'Empereur avoit fait confisquer tous ses biens, il quitta le service de la France. Ennuyé d'être sans rien faire, il alla en Hollande, où le prince Henri-Frédéric lui donna une compagnie de cavalerie. M. de Turenne avoit alors un régiment d'infanterie. Il entra dans la confidence du prince Guillaume, malgré l'aversion de la princesse douairière, fille du prince de Solms, que le père de Schomberg refusa d'épouser, et qui étoit venue en Hollande avec la reine de Bohême , dont elle étoit fille d'honneur. Le prince Guillaume lui communiqua son dessein sur Amsterdam, qui fut entrepris de concert avec la France et la Suède. Schomberg donnoit avis de toutes choses à Servien. Ce fut lui qui arrêta dix ou douze membres des États, du nombre desquels étoit le père de Wit, et il les remit entre les mains du capitaine des gardes du prince.

Le prince de Galles, peu de temps après, avoit résolu de faire une descente à Yarmnuth , et Schomberg devoit le suivre. Le prince d'Orange avoit proposé pour cela des troupes et des vaisseaux. Mais le prince de Galles n'osa exécuter ce dessein, de peur d'irriter le Parlement, qui tenoit le roi prisonnier dans l'île de Wigt. Le prince d'Orange, épuisé, et par la dépense qu'il avoit faite pour cette entreprise, et par l'argent qu'il enyoyoit souvent à la reine mère réfugiée à Paris, déclara au prince qu'il ne pouvoit plus se mêler de ses affaires.

Le prince Guillaume mourut peu de temps après. Schomberg avoit i)romis de mener des troupes en Ecosse au service du roi d'Angleterre: mais ce prince, ayant perdu la bataille de Worcestcr, vint à Paris, où il conseilla à Schomberg, qu'on regardoit comme Anglois, et dont la mère étoit Angloise en efl'et, d'acheter la compagnie des gardes écossoises du comte de Grey. Schomberg en donna vingt mille francs, avec six cents écus de pension viagère à ce comte.

Au commencement des guerres civiles, le cardinal Mazarin l'envoya en Poitou avec trois régiraens de cavalerie et quelques compagnies franches, pour dissiper les levées que le prince de Tarente assernbloit dans cette province'; de là il vint au siège de Réthel, où M. de Turenne lui donna le commandement de l'infanterie, en l'absence des officiers généraux qui n'étoient pas encore arrivés.

Lorsque M. le Prince eut passé la Somme et vint jusqu'à Montdi-

i. Charles de L-i Tn^mouille, prince de Tarenlc, qui était Alors protestant.

dier, Schomberg eut ordre d'aller se jeter dans Corbie avec quatre cents chevaux, chacun un fantassin en croupe : ce qu'il fit, et passa pour cela derrière l'armée ennemie. Il eut quelque rencontre auprès d'ancre.

Au secours d'Arras , il commandoit la gendarmerie ; ensuite le cardinal le choisit pour aller surprendre Gueldres, que Pletteraberg promettoit de livrer au roi. Schomberg avoit ordre d'aller faire des levées en Westphalie. et de se venir jeter dans cette place. Mais Plettemberg, mal satisfait du cardinal, qui ne lui donnoit pas assez d'argent, voulut livrer Schomberg aux Espagnols. Schomberg échappa, alla faire ses levées, et les amena à Thionville.

L'archiduc s'étant plaint aux HoUandois de ce qu'une partie de ces levées s'étoit faite dans leur pays, les États cassèrent la compagnie de cavalerie que Schomberg avoit à leur service, et qu'il avoit toujours conservée jusqu'alors, comme Estrade a toujours conservé sa compagnie d'infanterie jusqu'à la dernière guerre.

Le cardinal lui avoit donné une commission de lieutenant général pour cette expédition de Gueldres. Il servit en cette qualité au siège de Landrecies, puis au siège de Saint-Guilain. où il fut blessé ; il eut le gouvernement de la place.

Il servit encore au siège de Valenciennes en qualité de lieutenant général. Son fils aîné fut tué tout roide dans la tranchée, à sa vue, et comme il lui commandoit de poser une fascine à un endroit découvert; il commanda qu'on l'emportât et continua à donner ses ordres.

Il étoit de jour lorsque M. le Prince attaqua les lignes ; il pensa être prisonnier, et fit enfin sa retraite jusqu'au Quesnoy, avec un bon nombre de régimens, M. de Turenne n'ayant donné aucun ordre pour la retraite. M. le Prince vint se présenter à la vue du Quesnoy. M. de Turenne ne doutant point qu'il ne s'allât jeter sur Condé ou sur Saint-Guilain, mais plutôt sur Condé, Schomberg fut détaché avec six cents chevaux, pour porter des sacs de farine dans ces deux places : ce qu'il exécuta à la vue de l'armée ennemie. Il revint dans Saint-Guilain. Après la prise de Condé, M. le Prince ne manqua pas d'assiéger Saint-Guilain ; la place étoit dépourvue de tout, par la faute, du cardinal Mazarin, qui se fioit à de mauvais avis que lui donnoit Navarre , secrétaire à Bruxelles pour les affaires de la guerre, gagné par le cardinal.

Entre le peu de troupes qu'il y avoit à Saint-Guilain, il y avoit un régiment irlandois qui s'entendoit avec le roi d'Angleterre, alors dans l'armée d'Espagne, et qui livra aux ennemis une redoute et une demi-lune.

L'année suivante, on assiégea Montmédi, contre l'intention des Anglois, qui vouloient qu'on fît des sièges sur la côte. De là on prit Saint-Venant, puis Mardick. L'hiver, Schomberg eut ordre de se te-

nir dans Bourbourg. Il toucha deux fois le canal par où Marsin entreprit de faire passer des vivres dans Gravelines.

A la bataille des Dunes, il comraandoit la seconde ligne de l'aile gauche. Comme il vit que les Anglois de la première ligne éloient maltraités sur les dunes par les Espagnols, il vint prendre le second bataillon des Anglois dans la seconde ligne , et les mena au secours des autres, qui chassèrent et défirent les Espagnols.

Ensuite on assiégea Bergues, dont il eut le gouvernement: de là il fut commandé pour les sièges d'Oudenarde et de Gravelines. Il employoit volontiers Vauban dans tous les sièges, parce que le chevalier de Clerviile n'alloit point lui-même voir les travaux, et que Vauban se trouvoit partout.

Après la défaite du prince de Ligne, Schomberg eut ordre de marcher vers Knoque, et d'investir Ypres. On lui avoit promis que toutes les places qu'on prendroit de ce côté-là seroient de son gouvernement de Bergues. Cependant M. de Turenne fit donner Ypres à M. d'Humières, qui éloit dans ses bonnes grâces. Schomberg sut encore que M. de Turenne avoit écrit à la cour pour faire que M. de Lillebonne commandât en qualité de capitaine général ' : ainsi il n'auroit été que subalterne. Voilà les premiers mécontentemens qu'il eut de M. de Turenne.

Durant qu'on traitoit la paix aux Pyrénées, quelques Anglois de Dunkerque s'offrirent de lui donner les clefs des portes de la ville, comme en effet ils les lui mirent entre les mains. Il en écrivit au cardinal, qui rejeta cette affaire, de peur de se brouiller avec les Anglois, quoique Crornwel fût mort. Schomberg proposa la chose au roi d'Angleterre, qui n'y voulut point entendre, parce qu'il étoit alors d'accord avec Monck.

Prédictions de Campanell.\ ^ sur la grandeur future du Dauphin^, page 489. — Présages sur la même chose. Grotius, page 485.

La constellation du Dauphin, composée de neuf étoiles, les neuf Muses, comme l'entendent les astrologues; environnée de l'Aigle, grand: du Pégase, puissant en cavalerie: du Sagittaire, infanterie; de l'Aquarius, puissance maritime: du Cygne, poètes, historiens, orateurs, qui le chanteront. Le Dauphin touche l'équateur, justice. Né le dimanche, jour du soleil. Ad solis instar, heaturus suo calore ac lumine Galliam Galliœque arnicas. Jam nonam nutricem sugit :

^. M. de Lnlebonnc était de la maison de Lorraine.

2. Dominicain, proscrit presque toute sa vie, auteur, enue autres ou- Trage?, de la Cité du Soleil.

3, Depuis Louis XIV.

138 FRâGMENS historiques.

aufugiunî omnes quod mammas earum maie tractei '. l'"' ianvier

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