LES TURCS
Saint Louis fut le premier qui traita et prit des sûretés pour le commerce avec le soudan d'Egypte, et fit établir des consuls à Alexandrie en Egypte, et à Tripoli de Syrie. Les Circassiens et les mameluks étoient bien plus tiaitaides et moins injustes que les Turcs. Depuis ce temps là, les roi? de France ont toujours eu un ambassadeur ou un agent à la Perte, et pour l'intérêt du commerce, et pour détourner les Turcs d'attaquer les terres de l'Église.
Tous les chrétiens d'Europe, que depuis saint Louis on a appelés Francs dans le Levant, y ont négocié sous la bannière de France. Les Ragusains sont les premiers qui s'en sont tirés, se prétendant
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sujets ou sûus la protection du Grand-Seigneur : les autres ont tâché successivement de faire leurs affaires à part.
Le roi Charles IX pria la Porte d'envoyer recommander en Polo ^ gne les intérêts du duc d'Anjou. Le premier bassa y envoya un chiaoux pour recommander publiquement ce prince, et secrètement un grand seigneur polonois, au cas que la chose pût réussir, sinon, ordre à lui d'appuyer de tout son pouvoir le duc, et de menacer même de la guerre, si on élisoit un Moscovite ou un Autrichien.
L'évêque de Noailles, ambassadeur à la Porte, écrivoit ainsi à Monseigneur, car on appeloit de la sorte le duc d'Anjou : *< Ramenez bientôt les François vers les Palus-Méotides , d'où ils sortirent lorsqu'ils vinrent s'établir en Franconie, avant que de passer le Rhin. »
Cet évêque conseilloit fortement à Charles IX de ne point faire de ligue avec les Espagnols et les Vénitiens contre le Turc, mais bien plutôt d'entretenir avec lui bonne correspondance, afin de reprendre sur les Espagnols ce qu'ils avoient pris à la France.
Le duc d'Anjou avoit eu dessein de se faire roi d'Alger, à quoi les Turcs ne voulurent point entendre ; mais au lieu de cela ils offroient à la France, si elle se vouloit joindre à eux, de donner au duc tout ce qu'ils prendroient en Italie : et l'évêque d'Ax étoit de cet avis.
Les Turcs disoient que le duc d'Anjou ne voudroit jamais être leur tributaire : car ils appellent tribut les présens que l'Empereur leur fait, et ceux que la Pologne leur faisoit encore.