‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 97 sur 170 · Eiisèbe, cLap. xt.i · texte numérisé non relu

Eiisèbe, cLap. xt.i

2. Il raconte; c'est toujours saint Denis d'Alexandrie, cité par Ensèbe.

3. Ann. Christ. 242. — Philon, De Légations ad Cajum, p. 4 0(i9, décrit ime sédition qui s'éloil élevée dans Alexandrie contre les Juifs, et tous les supplices qu'on leur faisoit endurer, le inllnge de leurs biens, et plusieurs autres iraiieraens tout semblables à ceux qu'ils faisnienl soufîrir aux chrétiens; cl l'on y peiu voir combien ce pou]ile éloil sujet aux séditions, ei combien éloil sérieuse la haine qu'il porloit de tout temps contre les Juifs, avec lesquels il confondoit aisément les cliréliens. 11 en parle encore furi amplement dans le Iraiié Contra Flaccuni. 11 y décrit le naturel des Alexandrins, et ce qu'il en dit est fort beau. 11 en dit enUe autres : Tè ar/uTTria/ôv ctà /Spaxi/raTCv, çin-jQr,poç eiuôoi é/çîva-ây arâaeiç. DiOD en parle en ces termes. — [Note de Racine.)

4. Saint Mètre. — B Et« tô îr/JoocaTitov. — 6. Sainte Quinte.

au même lieu que le précédent. Ils se jetèrent tous ensuite d'une commune fureur dans les maisons de tous les fidèles; et chacun d'eux allant atlaq-ier ceux de leurs voisins qu'ils reconnois«oient pour tels, pillant et ravageant tout ce qui étoit dans leurs maisons, se saisissant des plus précieux d'entre leurs meubles, et j-^tant ça et là ou mettant au feu ceux qui étoient plus vils ou qui n'étoient que de simple bois, ils faisoient voir dans Alexandrie Tiu^age dune ville prise d'assaut. Cep-^ndant nos frères se sauvoient le mieux qu'ils pouvoient, et tAchoient de se retirer, voyant avec joie leurs biens perdus et dissipés, à l'imitation de ceux à qui saint Paul a rendu cet honorable témoignage; et jusqu'à présent je ne sachequ'un seul entre eux, qui, étant tombé entre les mains des infidèles, a renié la Seigneur.

La très-admirable ApollonieS qui étoit une viprge déjà fort âgée, ayant aussi été saisie par ces barbares, ils lui meurtrirent le visage de tant de coups, qu'ils lui firent sortir toutes les dents de la bouche; ensuite de quoi, ayant dressé un bûcher proche de la ville, ils la raenaçoient de la brûler toute vive, si elle ne prononçoit avec eux les blasf'hèmes que leur impiété lui proposoit. Mais cette courageuse vierge les ayant un peu adoucis par quelques prières, et s'étant ainsi dégagée d'entre leurs mains, elle se jeta tout d'un coup au milieu du feu, où elle fut aussitôt réduite en cendres.

Ils surprirent de même Sérapion' lorsqu'il étoit encore chez lui, et après l'avoir appliqué aux plus cruelles tortures, et l'avoir rendu perclus de tous ses membres, ils le précipitèrent du haut de sa maison.

Au reste, il n'y avoit point de rue, point de grand chemin, point de détours par où il nous fût libre de passer; et Ton ne voyoit partout que des gens qui crioient sans cesse que Ton entraînât et que l'on brulàt à 1 heure même tous ceux qui refuseroient de blasphémer.

Les choses demeurèrent longtemps en cet état, jusqu'à ce qu'une séditiwii et une guerre civile s'étant allumées entre ces malheureux païens, leur fit tourner contre eux-mêues la cruauté qu'ils avoient exercée contre nous. Ainsi la fureur dont ils étoient animés contre les chrétiens ne pouvant plus avoir son cours oadinaire, nous eûmes quelques intervalles de tranquillité et de relâche.

Mais voilà que l'on nous annonce tout d'un coup le changement d'un règne qui nous étoit si favorable ^ Les menaces terribles que l'on nous fait renouvellent nos troubles et nos frayeurs. Enfin l'édit de la persécution est publié, et il s'en élève une si eiïroyable, qu'il sembloit que ce fût de celle-là que le Seigneur eût voulu paner,

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