Saint Juiieui •^- 3. Saijil EunuSs
très-grande , comme vous savez , les fouettant le long du chemin en cette posture ; ensuite de quoi on les brûla dans de la ' chaux vive*, en présence de tout le peuple.
Pendant qu'on les menoit au supplice , il y eut un soldat nommé Besas, qui, étant indigné du traitement injurieux que l'on leur faisoit souffrir, s'opposa courageusement à ceux qui en étoient les auteurs. Mais s'étant tous écriés contre lui, on le mit aussitôt luimême en jugement; et ce généreux soldat de Jésus-Christ, ayant glorieusement combattu dans cette illustre guerre de la foi, fut condamné à perdre la tête.
Il y en avoit aussi un autre qui étoit Africain de nation, et que l'on nommoit Macar^, c'est-à-dire heureux, comme il l'étoit en effet par les bénédictions que Dieu avoit répandues sur lui. Ce Macar donc, n'ayant point voulu se rendre à toutes les sollicitations que le juge lui faisoit pour le persuader d'abjurer sa foi, fut brûlé tout vif.
Après eux parurent Épimaque et Alexandre ^ , qui , outre les incommodités de la prison où ils étoient détenus depuis fort longtemps, ayant été découpés avec des rasoirs, déchirés à coups de fouet, et tourmentés par une infinité d'autres supplices, furent aussi consumés dans de la chaux vive.
Ils furent suivis de quatre femmes chrétiennes, dont la première étoit Amraonarie^; cette sainte vierge qui irrita tellement le juge, par la protestation qu'elle lui fit de ne jamais prononcer aucun des blasphèmes qu'il vouloit qu'elle prononçât, que cet homme, ayant entrepris de la vaincre à quelque prix que ce fût, la fit appliquer durant un fort long temps aux plus cruelles tortures. Mais elle accomplit fidèlement sa promesse, et on la mena enfin au dernier supplice. Les autres étoient Mercurie^, que son grand âge et sa vertu rendoient extrêmement vénérable"; Denise % cette mère féconde en enfans, mais qui ne préféra pas l'amour de ses enfans à