‹ Œuvres complètesChapitre 187 sur 418 · SCÈNE 1. — AGRIPPINE, ALBINE · texte numérisé non relu

SCÈNE 1. — AGRIPPINE, ALBINE

ALBINE

Quoi ! tandis que Néron s'abandonne au sommeil , Faut-il que vous veniez attendre son réveil? Qu'errant dans le palais, sans suite et sans escorte, La mère de César veille seule à sa porte? Madame , retournez dans votre appartement.

AGRIPPINE

Albine, il ne faut pas s'éloigner un moment. Je veux l'attendre ici : les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose. Tout ce que j'ai prédit n'est que trop assuré : Contre Britannicus Néron s'est déclaré.

L'impatient Néron cesse de se contraindre; Las de se faire aimer, il veut se faire craindre. Britannicus le gêne , Albine : et chaque jour Je sens que je deviens importune à mon tour.

ALBINE

Quoi ! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire Qui l'avez appelé de si loin à l'empire? Vous qui, déshéritant le fils de Claudius, Avez nommé César l'heureux Domitius?

Tout lui parle , madame , en faveur d'Agrippine : Il vous doit son amour.

AGRIPPINE

Il me le doit, Albine :

Tout , s'il est généreux , lui prescrit cette loi : Mais tout, s'il est ingrat, lui parle contre moi.

ALBINE

S'il esl ingrat, madame? Ahi toute sa conduite Marque dans son devoir une âme trop instruite. Depuis trois ans entiers, qu'a-t-;l dit, qj'a-t-il fait Qui ne promette à Rome un empereur parfait? Home, depuis trois ans, par ses soins gouvernée, Au temps de ses consuls croit êtie retournée : Il la gouverne en père. Enfin Néron naissant A toutes les vertus d'Auguste vieillissant.

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