‹ Œuvres complètesChapitre 284 sur 418 · SCÈNE I. - BAJAZET, ROXANE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. - BAJAZET, ROXANE

ROXANE

Prince , l'heure fatale est enfin arrivée

Qu'à votre liberté le ciel a réservée.

Rien ne me retient plus: et je puis, dès ce jour,

Accomplir le dessein qu'a formé mon amour.

Non que, vous assurant d'un triomphe facile,

Je mette entre vos mains un empire tranquille;

Je fais ce que je puis, je vous l'avois promis :

J'arme votre valeur contre vos ennemis,

J'écarte de vos jours un péril manifeste;

Votre vertu, seigneur, achèvera le reste.

Osmin a vu l'armée; elle penche pour vous;

Les chefs de notre loi conspirent avec nous:

Le vizir Acomat vous répond de Byzance ;

Et moi, vous le savez, je tiens sous ma puissance

Cette foule de chefs , d'esclaves , de muets ,

Peuple que dans ses murs renferme ce palais,

Et dont à ma faveur les âmes asservies

M'ont vendu dès longtemps leur silence et leurs vies.

Commencez maintenant : c'est à vous de courir

Dans le champ glorieux que j'ai su vous ouvrir.

Vous n'entreprenez point une injuste carrière,

Vous repoussez, seigneur, une main meurtrière :

L'exemple en est commun; et, parmi les sultans,

Ce chemin à l'empire a conduit de tous temos.

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