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NOTICE SUR RACINE. VII

ne fut plus soutenue, tandis que peu à peu tout Paris fut de l'avis de Boileau sur la Phèdre de Racine. C'est à ce moment, quand il pouvait, jeune encore, jouir de toute sa gloire, que l'auteur à'Andromaque , de Britannicus , à'Iphigénie et de Phèdre renonça brusquement au théâtre et cessa non- seulement d'écrire pour la scène , mais d'assister à la représentation de ses propres chefs-d'oeuvre. La première représentation de Phèdre est de 1677, et Racine n'avait alors que trente-huit ans.

Une telle résolution dans ces circonstances est sans exemple. Celle de Racine eut pour cause une conversion sincère. Tendre exalté et sage, il était né pour la piété. Sa passion pour les vers l'entraîna dans sa jeunesse et le fit renoncer aux austères doctrines qu'il avait puisées dans la société d'Arnauld et de Nicole. Réprimandé de ses succès comme d'autant de crimes , il s'irrita d'abord contre des censeurs dont l'austérité lui paraissait barbare et poussa même le ressentiment jusqu'à écrire un véritable pamphlet contre les amis et les protecteurs de sa jeunesse. Mais il souffrait intérieurement de les avoir quittés, et sa douleur ne venait pas seulement de la délicatesse de son âme , mais d'un secret instinct qui le poussait au mysticisme. Il vint un jour où sa gloire ne lui inspira plus que des remords. Il s'accusa d'avoir passé les meilleures années de sa vie à rendre les passions aimables. Peu s'en fallut qu'il ne dépassât les sévérités qui l'avaient tant irrité dans sa jeunesse , et que , pour se punir d'avoir été un grand poëte, il ne s'ensevelît dans un cloître. On l'empêcha à grand'peine de se faire chartreux. Il résolut du moins de changer de vie. Il se maria et ne vécut plus que de la vie de famille, allant encore à la cour , mais ne paraissant plus au théâtre , ne .faisant plus de vers , et s'occupant uniquement de préparer des matériaux pour l'histoire de Louis XIV, qui l'avait nommé son historiographe , conjointement avec Boileau , son ami.

Racine tint bon pendant douze années entières. Il sortit de ce long silence pour écrire Esther et Athalie, à la sollicitation de Mme de Maintenon , et bien éloigné de penser que ces deux tragédies dussent être un jour représentées sur le théâtre. Voici comment Mme de Caylus , l'une des élèves de Saint-Cyr , raconte l'origine de ces deux chefs-d'œuvre.

« Mme de Brinon, première supérieure de Saint -Cyr« aimait

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