‹ Œuvres complètesChapitre 86 sur 418 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Et lorsqu'il ne peut plus vous entendre aujourd'hui, | Vous commencez , madame , à prononcer rour lui. 1 Pensez-vous que , sensible à cette ardeur nouvelle ,

Sa cendre exige encor que vous brûliez pour elle?

Ne vous accablez point d'inutiles douleurs ;

Des soins plus importans vous appellent ailleurs.

Vos larmes ont assez honoré sa mémoire : | Régnez, et de ce rang soutenez mieux la gloire;

Et , redonnant le calme à vos sens désolés ,

Rassurez vos États par sa chute ébranlés.

Parmi tant de grands rois choisissez-leur un maître.

Plus ardent que jamais, Taxile....

AXIANE

Quoi! le traître!...

ALEXANDRE

Hé ! de grâce , prenez des sentimens plus doux ;

Aucune trahison ne le souille envers vous.

Maître de ses États , il a pu se résoudre

A se mettre avec eux à couvert de la foudre.

Ni serment ni devoir ne l'avoient engagé

A courir dans l'abîme où Porus s'est plongé.

Enfin, souvenez-vous qu'Alexandre lui-même

S'intéresse au bonheur d'un prince qui vous aime.

Songez que, réunis par un si juste choix,

L'Inde et l'Hydaspe entiers couleront sous vos lois ;

Que pour vos intérêts tout me sera facile

Quand je les verrai joints avec ceux de Taxile.

Il vient. Je ne veux point contraindre ses soupirs;

Je le laisse lui-même expliquer ses désirs :

Ma présence à vos yeux n'est déjà que trop rude :

L'entretien des amans cherche la solitude;

Je ne vous trouble point.

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