V. CE QUE NOUS DEVONS MEDITER
comptez pour perdus tous ceux que vous ne consacrez pas à l'obéissance que vous lui devez.
2V Jésus-Christ se laisse mettre à toutes sortes d'usages : voyez comme il souffre les différentes situations qu'on lui veut donner ; ici on l'élève, là on l'abaisse; il est montré en un endroit, il est caché en l'autre : ne résistez pas aux divers états où la Providence vous mettra : soyez indifférent aux mépris et aux honneurs, aux emplois et à la retraite, à être mis sur le chandelier, ou caché sous le boisseau.
25° La parole du prêtre détruit le pain et le vin, et elle ne détruit pas ses défauts. Elle produit Jésus-Christ sur l'autel, et elle ne produit pas la vertu dans celui qui la profère. Vous dites, et vous ne faites pas. Commencez par faire afin que vos paroles soient efficaces sur vous : soyez comme le figuier, en qui les fruits devancent les feuilles.
26° Jésus-Christ, dans le saint Sacrement, est appelé le froment des élus, et le vin des vierges : humiliez-vous si vous voulez recevoir dans vot^re cœur ce grain mystérieux et cette précieuse liqueur, qui ne peuvent tenir que dans un vase vide et profond: autrement, encore que le corps sacré de Jésus- Christ soit plein de toute grâce, et que Ja vertu médicinale qui y réside soit toujours prête à couler, et pour ainsi dire, à échapper de toutes [taris, vous en retiendrez néanmoins très-peu.