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POUR LE MERCREDI

Sa mortification.

Adorez Jésus-Christ dans l'Eucharistie, comme le modèle le plus admirable et le plus achevé de toute mortification qui fut et qui sera jamais : en effet, si l'on ne peut mieux entendre l'état d'une personne mortifiée qu'en la comparant à un mort , Jésus- Christ n'est-il pas comme un mort, et comme une victime égorgée dansce sacrement? '

Admirez l'auteur de la vie, le voyant un

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aux accidents d'une substance morle, c'està-dire aux espèces du pain et du vin, comme le Verbe divin l'était au corps mort de Jésus-Christ dans le sépulcre.

Compatissez à ce qu'endure Jésus Christ uni à une conscience criminelle par une mauvaise communion, semblable en cela aux martyrs qu'on attachait autrefois à un cadavre puant.

Confondez-vous de votre vie sensuelle et si opposée à Jésus-Christ crucifié, immolé, sacrifié.

Considérez l'esprit, ou l'état de mortification où il est dans le saint Sacrement, appelé par cette raison, le mystère des funérailles de Jésus-Christ chez les saints Pères, car il n'y donne aucun signe de vie, il ne parait en lui aucun mouvement, ni sentiment, ni volonté.

I. Il n'y fait aucun usage de ses facultés corporelles, il a des yeux, et il ne voit pas : des oreilles, el il n'entend pas : un odorat, et il ne sent pas : des pieds, et il ne marche pas: il se prive de toutes les fonctions des sens, des organes et des membres: il n'a aucun mouvementque celuiqu'on lui donne, étant de soi immobile dans ce sacrement: il n'affecte « ucun étal ni changement, qu'on le mette en haut ou en bas, dans un lieu honorable ou abject, il demeurera où on le mettra : il ne paraît pas non plus y faire aucun usage des puissances de son âme bienheureuse, puisqu'il semble n'avoir d'autre jugement ni volonté que celle du prêtre auquel il se laisse traiter comme il lui plaît: il ne témoigne ressentir ni louanges ni injures, tant il se montre insensible à tout, indifférent à tout , exposé à tout, mort à tout.

II. Il y garde un étroit silence : or la marque la plus assurée et la plus édifiante d'une vraie mortification , est un silence long et religieux : ainsi la parole substantielle, le Verbe éternel du Père se lait, et se taira toujours dans ce sépulcre mystique, il aune langue, et il ne parle pas, il ne dira mot jusqu'à la consommation des siècles, sans doute pour exercer notre foi, pour nous inspirer l'amour du recueillement et de l'oraison, pour réparer le péché de babil de notre première mère, qui ne pouvant se taire dans le paradis terrestre, s'amusa à s'entretenir avec le démon, et à raisonner sur le précepte, ce qui la porta enfin à souiller sa bouche de ce fruit défendu , dont ce fruit béni est le contre-poison. Jésus-Christ se lutdans sa passion, il se tait dans l'Eucharistie, parce que dans l'une et dans l'autre il est une victime de mortification, qui s'immole volontairement sans se défendre ni se plaindre. Plaise à Dieu qu'il ne se taise pas à nous dans l'Evangile, où il n'est pas moins muet .pour ceux qui ne lui ouvrent pas l'oreille de

leur cœur 1

III. Il y ensevelit toute sa gloire, et tous les avantages qui en résultent. Car quoiqu'à cause de la félicité" dont il jouit, son corps soit impassible, néanmoins il n'est pas dans l'Eucharisiie en tant qu'objet béaUfique et glorieux, toute sa majesté est là cachée et

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