‹ Œuvres completesChapitre 12 sur 296 · I. CE QUE NOUS DEVONS CROIRE · texte numérisé non relu

I. CE QUE NOUS DEVONS CROIRE

que semblable à ces enfants illégitimes prôls d'adopter un chacun pour père, parce qu'ils ne savent quel est le leur, il adorait tous les dieux étrangers, ne reconnaissant pas le véritable?

Et les Juifs?

La connaissance du vrai Dieu s'était conservée parmi eux, mais ils l'avaient beaucoup altérée par le mélange des superstitions et des traditions humaines, et par un étrange relâchement de mœurs qui s'était glissé, même parmi les prêtres et les religieux (9") de la loi.

Qui les gouvernait alors ?

Hérode, prince étranger, avait envahi le royaume de Judée, et introduit quantité de coutumes profanes opposées à la pureté de la religion, de sorte qu'il était lemps que le Messie parût et vînt nous éclairer, de peur que toute la nature humaine n'achevât de s'abîmer, et que Dieu irrité ne frappât la terre d'anathème, comme il eût fait alors, selon Jes expressions de l'Ecriture et des saints.

En quelle conjoncture voulut-il paraître?

Lorsque l'univers jouissait d'une profonde paix sous l'empire de César Auguste, et que le démon semblait s'être assujetti presque toute la terre.

Pourquoi dans cette circonstance?

Pour témoigner qu'il était le Roi pacifique qui venait réconcilier toutes choses en lui, et réunir le ciel avec la terre, la créature avec le Créateur, l'homme avec son Dieu.

Pourquoi encore?

Afin que l'homme fût comme attentif à la merveille qu'il allait opérer, Jes prophètes mêmes avaient cessé depuis quelques siècles parmi les Juifs, et tout semblait se taire pour écouter le Verbe éternel qui devait incessamment paraître, et enseigner le genre humain.

Comment Dieu voulut-il réparer V homme?

La seconde personne de la sainte Trinité se revêtit elle-même de notre nature.

Pourquoi cet excès de bonté?

1° Pour se faire plus aisément connaître, aimer et imiter de l'homme. 2° Afin que l'humilité du Réparateur, qui voulait se faire homme, surpassât l'orgueil du prévaricateur, qui voulait se faire Dieu ; 3° et quo l'homme ne partageât point son cœur enlre le Créateurlet le Réparateur; et que l'homme, si enclin à aimer la créature, trouvât le Créateur comme confondu avec elle. h-° Et que Dieu reformât par son exemple celui qu'il avait fait à son image. 5° Il est de la perfection des ouvrages de Dieu, qu'il ajoute à ce qu'il rétablit, qu'il redonne plus qu'on a perdu. 6" Les superbes enfants d'Adam n'auraient pu se résoudre à regarder un pur homme comme capable d'être auteur de leur salut et de leur bonheur, ni à l'honorer suffisamment, ni a le croire et le servir aveuglément, prévenus comme ils sont de mépris pour l'homme, et le genre humain eût

(0*) Par ce mol religieux, il faut entendre les zélateurs de la Loi.

dédaigné d'imiter un homme. Mais Jésus- Christ étant la sagesse et la sainteté même, on ne peut douter, ni que ce qu'il a dit ne soit vrai, ni que ce qu'il afait ne soithien, ni que ce qu'il a promis ne soit sûr. 7° Dieu voulait persuader aux hommes combien il les aimait, et quels il les avait aimés? Combien il les aimait, de peur qu'ils ne se désespérassent; quels il les avait aimés, de peur qu'ils ne s'enorgueillissent, dit saint Augustin, et que sa miséricorde l'emportât sur sa justice, quelque grande que fût celle-ci.

L'homme ne pouvait-il pas être re'p are d'une autre manière?

Sans doute ; mais son divin auteur, à qui rien n'est impossible, choisit celle-ci comme plus convenable à ses perfections, et plus avantageuse à nos besoins.

Pourquoi plus convenable à ses perfections?

Elle fait merveilleusement éclater sa toutepuiss.ince, sa sagesse, sa bonté, sa justice, sa miséricorde, son amour et sa providence. Sa toute-puissance, opérant tant de merveilles par un si faible instrument que la chair crucifiée; la faisant triompher du fort armé, tirant par elle tout à lui, unissant d'un lien indissoluble ces deux extrêmes, Dieu et l'homme, et l'élevant à la droite du Père ; sa sagesse, trouvant un moyen si admirable de faire triompher l'homme du démon ; sa bonté, se communiquant avec une telle profusion; sa justice, satisfaisant et payant avec tant d'usure nos dettes et notre rançon; sa miséricorde, se laissant toucher a tant de pitié pour sa pauvre et défigurée image; son amour, s'unissant à nous avec tant de tendresse; sa providence, nous découvrant les choses invisibles par les corporelles, et les divines par les humaines.

Pourquoi plus avantageuse à nos besoins?

1° Notre foi est plus affermie, ayant ouï de nos oreilles les mystères de notre Religion sortir de la bouche de la Vérité incréée ; 2° notre espérance plus excitée, ayant vu de nos yeux jusqu'à quel point Dieu nous aime; 3" notre charité plus enflammée, Dieu s'étant fait semblable à nous; k° nos actions plus parfaites, ayant un tel modèle ; 5° notre dignité plus relevée, les anges ne pouvant se glorifier par-dessus nous, ni les démons insulter à notre bassesse; 6° notre horreur du péché plus grande, car comment oser souiller une nature si annoblie, si estimée de Dieu, qu'il a si aimée, qu'il s'est si intimement unie, et commettre un crime qui ne peut s'expier que par le sang d'un Dieu ; 7° notre humilité mieux fondée, cette grâce étant au-dessus de tout mérite; 8° notre orgueil plus confondu par un tel exemple; 9° la justice divine plus pleinement dédommagée par une telle rançon; 10° L'injure faite à Dieu plus parfaitement réparée par une telle humiliation; 11° la malice du péché plus entièrement expiée par une telle satisfaction.

Comment cela ?

Parce que Jésus-Christ étant Dieu et homme tout ensemble, ses actions et sus

souffrances offertes pour nous sont attribuées à la personne du Verbe, d'où elles tirent un mérite infini, au lieu que tout ce qu'aurait fait ou enduré un pur homme, de quelque sainteté qu'on se le figure, n'aurait été, après tout, que d'un prix borné. Cependant la satisfaction de Jésus-Christ doit plutôt être regardée comme un mystère d'amour, où Dieu exerce sa miséricorde,, en acceptant volontairement la mort de son Fils, que comme une satisfaction à sa justice, parlant à la rigueur.

Pourquoi la seconde personne s'est-elle incarnée plutôt qu'une autre?

Dieu, dont nous ne devons pas pénétrer les secrets, l'a jugé ainsi à propos : les saints y trouvent celte convenance que les hommes par le péché, étant tombés dans l'ignorance, et ayant effacé en eux l'image de Dieu, il était très-convenable qu'ils fussent réparés par le Verbe divin, qui est la sagesse incréée, l'image parfaite du Père et l'idée primitive sur laquelle ils avaient été désignés; ainsi, pour bien rebâtir une maison ruinée ou reformer une statue, il faut recourir au premier plan, au même instrument, au même moule, à la même main.

Que devons-nous croire de la seconde personne ou du Verbe divin?

1° Qu'il procède du Père seul ; 2° qu'il est le Fils du Père; 3U que le Père l'engendre de toute éternité, lui communiquant sa propre substance, sa nature, sa divinité et toutes ses perfections, lumières et connaissances, en sorte qu'il en est l'empreinte substantielle et le miroir parfait et sans tache; k" qu'il est la même chose avec le Père; 5° qu'il lui est coéternel et consubstantiel ; 6° qu'il est avec le Père un seul et même principe du Saint-Esprit, le Père lui ayant communiqué le pouvoir de se produire ; 7° qu'il n'est ni fait, ni créé, mais engendré; 8° que le Père a fait toutes choses par lui, non comme par un ministre inférieur et dépendant, mais comme on fait tout par sa raison et sa sagesse, sagesse subsistante, coéternelle et consubstantielle ; Verbe en tout égal au Père, qui ne peut être plus grand que sa raison et son intelligence; 9" que le Père l'a envoyé, mais que cet envoi n'est rien que sa génération et son émanation, et cette mission la même chose que sa procession et sa naissance ; 10° qu'il est son ange et son apôtre, parce qu'il annonce sa volonté et qu'il est sa parole ; 11° que les prérogatives attribuées au Père par le Fils même sont fondées, ou plutôt ne veulent dire, sinon que le Père est le principe du Fils, et que le Fils tire de lui sa substance et toutes ses perfections.

Pourquoi appelle-t-on le Fils la sagesse, h verbe, la parole du Père ?

On l'appelle : V Fils, parce]qu'en vertu de son origine, il est substantiellement semblable au Père, recevant de lui la même nature, la même essence, la même divinité; 2° Sagesse, parce qu'il procède par, voie d'entendement ; 3° Verbe, parce qu'il en est le terme; i° Parole, non extérieure, le langage

de Dieu n'étant pas un son de voix; mais intérieure, qui manifeste et représente parfaitement tout ce que Dieu veut, connaît et est; 5° on ne l'appelle pas raison, pensée ni discours, parce que le premier marque une puissance ou faculté, le second de la volubilité, et le dernier de la composition : choses qui renferment de limperfection et n'expriment pas assez l'opération toute-puissante de Dieu, qu'on désigne mieux, quand on dit qu'il a tout fait d'une seule parole ou par son Verbe.

Pourquoi Fils unique du Père?

Fils, parce que le Père l'engendre de toute éternité, lui communiquant sa propre substance, en quoi il lui est semblable jusqu'à l'identité, étant la même chose avec lui. Fils unique, parce que, 1° par la génération éternelle et perpétuelle du Verbe, toute la substance du Père une fois communiquée à ce Fils, ne donne plus lieu à une seconde émanation par voie d'entendement; 2° par la génération temporelle, le Père n'a que ce Fils qui soit Dieu comme lui.

Les fidèles régénérés ne sont-ils pas les enfants de Dieu ?

Oui, par adoption et par grâce, mais non par leur naissance et leur nature.

Comment sommes-nous enfants adoptifs de Dieu?

En ce que Dieu, par sa pure bonté et par son libre choix, et sans aucun mérite de notre part, et lorsque nous lui étions tout à fait étrangers dans les biens de la grâce et dissemblables, nous a fait entrer en part de la Gliation naturelle de son Fils unique, nous associant à sa famille, renouvelant en nous son image, nous donnant droit à son héritage et nous appelant à la possession de ses richesses, c'est-à-dire de lui-même, pour en jouir dans la gloire; où, comme ses enfants , nous lui serons entièrement semblables en Jésus-Christ, notre réparateur, par qui tant de précieux dons nous ont été accordés, et que nous ne pouvons pas nous dispenser d'aimer, rien ne pouvant plus efficacement exciter noire amour que quand nous sentons qu'on nous aime, ni nous empêcher de croire que nous ne puissions devenir enfants de Dieu, après que Dieu a bien, voulu devenir Enfant de l'homme.

Peut -on dire que Jésus -Christ est fils adoptif de Dieu, selon la nature humaine?

Non, parce que l'adoption ne tombe pas sur la nature, mais sur la personne de celui qui est adopté, et qu'en Jésus-Christ il n'y a que la seule personne du Verbe, Fils naturel du Père.

Comment Jésus-Christ est-il notre Seigneur?

Il nous a 1" créés; 2" refaits et repayés (10); 3° acquis et rachetés au prix de son sang; k° son Père nous a donnés à lui. D'où il s'ensuit : 1° qu'il a un droit absolu sur nous; 2° qu'il peut disposer de nous à sa volonté; 3" que nous sommes sujets à ses

lois ; k" que le démon ni le péché n'ont plus rien a prétendre sur nous. 5U 11 commença d'exercer ce pouvoir sur nous au ciel, en terre et aux enfers, quand il eut donné le prix de notre rachat, tellement que nous sommes à lui et nous dépendons de lui en tout par le droit que la création et la rédemption lui donnent.

Pourquoi le Symbole de Nicée ajoule-t-il : Dieu de Dieu, Lumière de lumière, vrai Dieu du vrai Dieu ?

Pour expliquer davantage le Symbole des apôtres en marquant : 1° la génération dans le Père et la procession dans le Fils ; 2° leur consubstaniialilé, le Père communiquant la divinité au Fils et n'étant néanmoins qu'un seul Dieu avec lui ; 3° leur égalité n'y ayant rien de différent entre une lumière qui produit et une lumière qui est produite, sinon que l'une est origine et source et que l'autre émane et procède; h° leur coéternité, le Père n'ayant jamais pu être sans Fils, son intelligence, sa sagesse, sa raison, non plus que le soleil sans lumière et le feu sans chaleur, et qu'ainsi le Fils est vrai Dieu comme le Père est vrai Dieu, consubstantiel, égal et coéternel au Père.

Art. III. — Qui a été conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie.

Comment le Symbole du concile exprime-t-il cet article?

1° Qui pour nous autres hommes ; 2° et pour notre salut ; 3° est descendu du ciel ; k° et s'est incarné par l'opération du Saint- Esprit ; 5° au sein de la Vierge Marie ; 6° et s'est fait homme. Six choses qui expliquent le Symbole des apôtres, et qui condamnent diverses hérésies anciennes contre l'Incarnation, lesquelles voici : 1° Que Jésus-Christ était aussi venu pour racheter les démons; 2° que sa venue ne suffisait pas pour le salut, sans l'observation de la Loi ; 3" qu'il n'avait rien en lui qu'il n'eûL tiré de Marie, et qu'il avait plutôt mérité de monter de la terre au ciel, que daigné descendre du ciel en terre; k" qu'il n'avait qu'un corps fantastique ou d'une nature différente, et qu'il n'avait que passé par le sein de la Vierge; 5° que le Verbe était uni à Jésus- Christ homme, et habitait en lui, mais qu'il ne s'était pas fait homme, et que Marie n'était pas mère de Dieu, mais mère de Jésus- Christ, erreurs détestables toutes condamnées par ce seul article.

Pourquoi le Symbole dit-il que le Fils de Dieu a été conçu, et s'est incarné par V opéralion du Saint-Esprit ?

Ce n'est pas que l'Incarnation ne soit aussi bien que la création, l'ouvrage des trois personnes divines, ou de la sainte Trinité, ainsi que toutes les opérations extérieures de Dieu ; car où il n'y a qu'une nature, il n'y a qu'une vertu, et une opération, mais c'est qu'on attribue à chaque personne certains eifets qui leur conviennent le plus ; ainsi on dit que le Père a créé l'âme de Jésus-

(10) Ce mot repatjéi signifie la rançon que Jésus Christ a donnée pour nous.

OEUVî'ES COMPLETES DE DE LA CHETAHDIE.

Christ, que le Saint-Esprit a formé son corps, et que le Fils a pris l'un et l'autre. La formation du corps de Jésus-Christ dans les entrailles de Marie est donc spécialement attribuée au Saint-Esprit : 1° parce qu'elle porte un caractère singulier d'amour, de vie, de fécondité, de bonté, de grâce, de sanctification; 2° Je Saint-Esprit étant l'accomplissement et comme le comble de la sainte Trinité qui se termine et se consomme en lui, la perfection des ouvrages qu'elle fait, lui est justement attribuée, comme h celui qui est la perfection de la Trinité même par sa propriété personnelle. Or, l'Incarnation de Jésus-Christ n'est pas seulement le plus excellent des ouvrages de Dieu, puisqu elle enferme la substance de Dieu : mais elle accomplit aussi et achève tout le monde, et singulièrement les créatures raisonnables, les anges et les hommes, dont Jésus-Christ est le chef et la plénitude, selon l'Apôtre; 3° l'Incarnation étant le plus grand témoignage de l'amour de Dieu envers les hommes, elle est très-proprement attribuée au Saint-Esprit, terme sacré de l'amour du Père et du Fils; k° la voix qui rend sensible notre Verbe ou notre parole intérieure, et lui sert comme de corps, se forme par la respiration; ainsi le Verbe divin devait être rendu sensible par le Saint-Esprit, soupir (10*) amoureux du Père et du Fils.

Le Saint-Esprit est-il père de Jésus-Christ ?

Non, i! ne l'a pas produit de sa substance, ni avec ressemblance de nature, ce qui est nécessaire pour être nommé Père de quelqu'un; ainsi l'architecte n'est pas appelé père de la maison qu'il a bâtie, ni Je peintre du tableau qu'il a fait. Jésus-Christ donc, en tant que Dieu, n'ayant pas reçu du Saint- Esprit la nature divine, et en tant qu'homme, ne lui étant pas semblable en substance, ne peut être nommé son Fils, et comme dans le ciel il est engendré d'un Père sans mère il est sur terre engendré d'une mère sans Père.

La Sainte Vierge a-t-elle engendré Jésus- Christ selon la divinité?

Non, elle l'a engendré selon l'humanité, qui, dans le moment de sa conception, se trouva unie à la personne du Verbe.

Pourquoi s'est-il incarné?

1" L'homme devenu tout charnel par son attachement au bien corporel qu'il préféra au spirituel, avait besoin d'un secoure sensible pour s'élever au bien invisible ; 2° et de connaître sa dignité par l'estime que Dieu faisait de lui, afin qu'il eût honte d'être esclave du démon, de la chair et du péché; 3° et que celle immensité d'amour que Dieu lui témoignait, le portât à lui donner irrévocablement son cœur , que la crainte de la mort n'avait pu retenir dans le devoir ; U° et que l'union de Dieu à l'homme sur la terre fût à l'homme un arrhe de son union à Dieu dans la gloire; 5" et que l'univers

atteignit le comble de sa perfection, en ce que l'homme, le dernier ouvrage produit, se réunit par l'incarnation au principe d'où tout avait commencé d'émaner par la création, et qu'il se fit comme un cercle, ou retour et reflux de créatures, lesquelles sortant des mains de Dieu comme de leur premier principe , rentrassent dans le sein de Dieu comme dans leur dernière fin (11).

Pourquoi voulut-il naître d'une femme?

Afin,l° d'annoblir la nature humaine; 2° d'honorer l'un et l'autre sexe devenant homme , et le devenant d'une femme ; 3° de prouver la vérité de notre réparation et de son incarnation, étant et paraissant véritablement homme; k" de remplir mieux l'office de médiateur, réunissant en lui la nature divine et la nature humaine.

Pourquoi d'une vierge?

Il venait attirer l'homme à la participation des dons célestes, lui faire sentir par avance les avantages de la vie ressuscilée à laquelle il l'appelait, et rendre l'Eglise de la terre l'image de celle du ciel , où règne avec la pure charité et la sainteté consommée, la virginité, qui nous rend semblables aux anges, état et verlus qu'il voulait établir parmi nous; 2" comme on e^l d'autant plus disposé à s'unir à Dieu, qu'on est séparé de la chair et du sang (les inclinations sensuelles nous abaissant, et les vertus opposées nous élevant) , le Saint-Esprit voulut nonseulement orner de giâce l'âme de Marie, mais même de pureté son corps virginal, afin d'eu former un sanctuaire diyne de Celui qui ne peut habiter en rien de souillé ; 3" Celui qui venait réparer dans son intégrité la nature flétrie , ne devait pas la blesser ni la ternir.

Pourquoi ne se forma-t-il pas un corps comme à Adam, de limon ou autre matière?

Il n'eût pas si bien fait voir s'il n'eût pris chair humaine : 1° Qu'il était vrai homme; 2" ni qu'il venait réparer la môme nature sor; tie d'Adam, la guérir, la rétablir dans son ancienne gloire et la faire triompher du démon et de la mort ; 3° ni donner un exemple de vertu an genre humain, qu'il ne pût dire avoir été [dus aisé à. pratiquer dans une nature différente de la sienne; Vs'il n'eût pas pris une chair semblable à la nôtre, et qui vint d'Adam aussi bien que la nôtre, eût-on pu dire que la chair qui a été reconciliée avec Dieu, était la même chair qui était tombée dans sa disgrâce?

Que doit-on expliquer sous cet article ?

L'incarnation, la nativité, la circoncision, l'épiphanie, la purification, la fuite en Egypte, le retour en Nazareth, la vie cachée du Fils de Dieu, sa manifestation au monde, son baptême, la tentation au désert, et la prédication de l'Evangile, et cela afin de parvenir à la connaissance de Jésus-Christ.

Est-elle nécessaire?

Qui peut en douter, puisque l'ignorer c'est

(lO')P.tr ce terme sou/jm, l'auteur a voulu exprimer (11) C'est aussi pour accomplir l'office île médiala spiration éternelle cl Divine qui.catacieruele teur entre la divinité el l'homme coupable. Saint-Esprit.

CATECHISME DE COURGES. — PART

la mort, et le connaître c'est la vie : nous pouvons connaître Dieu sans connaître nos misères, et celle connaissance nourrirait souvent noire orgueil ou nos misères, sans connaître Dieu, et cette vue nous jetterait dans le désespoir, ou tout à la fois, Dieu et nos misères, sans connaître le remède à nos maux, et cette découverte nous serait presque inutile; mais connaître Jésus-Christ , c'est connaître nos misères, et Dieu et nos misères et le remède à nos misères. Jésus- Christ est le vrai Dieu des hommes, tels qu'ils sont maintenant, c'est-à-dire, misérables et pécheurs, et qui ne le connaît pas ne connaît rien, ou ne connaît rien utilement.

L'Incarnation.

De quoi le corps adorable de Jésus-Christ fut-il formé?

Du plus pur sang de la très-sainte Vierge, par l'opération du Saint-Esprit.

Et l'âme bénite de Jésus-Christ ?

Elle fut créée des mains de Dieu comme le chef-d'œuvre de sa puissance, de sa sagesse et de son amour ; comme l'objet de ses complaisances éternelles, comme l'ouvrage le plus parfait qu'il ait produit.

Qui s'unit à ce corps et à cette âme?

La seconde personne de la très-sainte Trinité, le Verbe éternel qui descendit dans le sein de Marie sans quitter le sein du Père; ainsi le rayon vient sur nous sans se détacher du soleil.

En combien de temps s'opéra ce mystère?

En un seul instant et dans un même moment , le Verbe s'unit hypostatiquement à ce corps et à cette âme , en sorte qu'il n'y a jamais eu de temps auquel Marie n'ait été mère que d'un homme ; et c*est ce que nous entendons quand nous disons que le Verbe s'est fait chair et qu'il s'est fait homme, ce que les plus anciens Pères enseignent quand, entre autres choses, ils nomment Marie un second paradis terrestre, où a été planté l'arbre dévie; un autre ciel où habite le Très-Haut, lelemple et le palais animés du Roi des anges, le sanctuaire préparé pourrie Seigneur, la demeure propre à recevoir le Dieu vivant.

Combien y a-l-il de natures en Jésus-Christ?

11 y en a deux, la nature divine et la nature humaine.

Ces deux natures sont-elles confondues en Jésus-Christ ?

Non, elles sont seulement unies en lui.

Combien y a-l-il de volontés en Jésus- Christ ?

Deux, la volonté divine, et la volonté humaine.

Combien y a-t-il de personnes en Jésus- Christ ?

Il n'y en a qu'une, savoir la personne du Verbe.

Dieu le Père s'est-U incarné ?

Non, c'est Dieu le Fils, la seconde personne de la très-sainte Trinité.

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