DE LA FÊTE DE L* ASSOMPTION
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Pourquoi la sainte Ticrge demeura- t-elle sur la terre après l'ascension de son Fils ?
Pour la consolation de l'Eglise naissante, raffermissement de la foi des fidèles ; elle était la preuve vivante du mystère de l'Incarnation, tout le monde accourait pour la voir, l'admirer et l'honorer.
Où demeurait-elle?
En Jérusalem avec sainte Madeleine et plusieurs filles et femmes vertueuses, sous les soins de saint Jean. Ensuite elle se retira quelque temps à Ephèse, où cet apôtre bienaimé, à qui Jésus-Christ l'avait confiée et donnée pour mère, résidait, et d'où il gouvernait toutes les Eglises d'Asie.
A quel âge mourut-elle ?
On tient qu'elle avait soixante-trois ans, c'est-à-dire qu'elle avait quinze ans lorsqu'elle conçut Jésus-Christ , qu'elle vécut trente-trois ans avec lui jusqu'à son ascension, et qu'elle demeura après sou ascension quinze années sur la terre dans l'attente de monter au ciel, de s'unir à Dieu pour une éternité, et de jouir à jamais de la présence de son bien-aimé Fils.
Mourut-elle avec douleur, et par l'effort d'une maladie naturelle?
Non, ce fut par un trait d'amour qui Ja sépara de ce monde pour l'unir à Dieu , et par une douce impression du mystère de la mort et Passion de son Fils, le glaive de douleur qui transperça son cœur sur le Calvaire lui tint lieu de peine à la mort.
Que doit-on demander?
Que si nous n'expirons pas comme elle par un effort d'amour, du moins nous souhaitions cpie l'amour accompagne, adoucisse et sanctifie notre mort.
Devait elle être sujette à la mort ?
Il est certain que n'ayant point, contracté le péché dont l'aiguillon est la mort, elle ne devait pas, par cette raison, être sujette à sa punition, comme elle ne le fut p.^s aux autres peines portées contre les femmes, telles que les douleurs de l'enfantement et la sujétion servile à un mari, ainsi qu'observe saint Thomas après saint Augustin, lorsqu'ils rendent raison pourquoi elle fut plutôt instruite du mystère de l'Incarnation que saint Joseph, et indépendamment de lui.
Pourquoi voulut-elle donc la subir?
Ce fut en esprit 1° de conformité à son Fils bien-aimé, et d'union à tous ses mystères ; 2° de soumission aux ordres de Dieu, n'ayant pas voulu se dispenser d'aucune loi commune, quelque humiliante qu'elle fût; 3° de religion, étant bien aise de faire le sacrifice entier d'elle-même, de voir détruire son être, et de l'immoler à la souveraine majesté de Dieu, comme une victime d'amour et une hostie de louange; k" une mort aussi sainte et aussi précieuse que la sienne lui devait être une plus grande grâce que n'eût été l'exemption de mourir; 5° on aurait autrement pu douter de la vérité de la nature humaine en elle.