‹ Œuvres completesChapitre 138 sur 296 · V. CE QUE NOUS DEVONS MEDITER · texte numérisé non relu

V. CE QUE NOUS DEVONS MEDITER

lant pas l'honorer, y fut contraint par un prodige; 16° le tyran Maxime qui avait usurpé l'empire, quelque barbare qu'il fût, le respecta, il écouta ses remontrances, il l'admit à sa table, il souffrit que l'impératrice sa femme lui apprêtât à manger de ses propres mains et le servit à table, où il trouva bon qu'il préférât un simple prêtre qui l'accompagnait, au rang auguste d'empereur qu'il tenait, et il périt pour n'avoir pas voulu suivre ses conseils; 17° enfin consumé par le travail et par la pénitence, revêtu d'un cilice, couché sur la terre, couvert de cendres, les yeux attachés au ciel, indifférent pour la vie ou pour la mort, plein d'une sainte confiance, qui mil en fuite le démon, il rendit son âme à Dieu, que les anges enlevèrent au paradis, et dont divers saints encore vivants entendirent la musique céleste, particulièrement saint Severin, archevêque de Cologne. Saint Ambroise fut transporté en esprit aux obsèques et à la mort précieuse de ce saint, qui quelque temps encore après apparut avec saint Janvier à saint Paulin moribond, et deux mille moines, qui reconnaissaient ce grand saint pour leur Père, honorèrent ses funérailles.

Ce saint fut donc en grande vénération ?

Sans doute, comme on peut voir par les vœux et les pèlerinages de tous les fidèles du monde à son tombeau, des rois, des empereurs et des Papes; parles indulgences qui y étaient attachées, par cette basilique si célèbre et si auguste qu'on bâtit à sa mémoire, par la gloire que les évêques, les archevêques et les souverains se sont faite de se dire du corps de son clergé, d'en porter l'habit et de jurer d'en conserver les privilèges, par les biens immenses dont on enrichit son église, qui en possèdent jusques en Italie, en Angleterre, etc.. par la multitude d'oratoires et de temples qu'on lui érigea dans tous les endroits de la chrétienté, par les favorables secours dont tout le royaume et la religion lui ont été plus d'une fois redevables, par cette fameuse date d'années, qu'on comptait autrefois, ab obilu Martini ; par le choix que l'Eglise latine tilde lui au concile de Florence, pour donner sa fête à célébrer à l'Eglise grecque en signe de communion, par l'honneur que quatre archevêques ou évêques se sont fail d'écrire l'histoire de la Vie et de ses miracles. Sévère Sulpice, sou disciple, l'envoya à saint Paulin, évêque de Noie, qui la porta à Home, et la répandit dans toute l'Italie et dans lTllyrie. Enfin par les nombreuses assemblées au jour desafêle, et dont la lie de ces derniers siècles n'a presque rien retenu, que le désordre inséparable de ces grands concours de peuples. Autrefois on commençait l'Avent dès le lendemain de la saint Martin, et on prétend qu'il est le premier confesseur pontife de qui on a chômé la fête et célébré l'Office propre.

Quelles vertus faut-il particulièrement demander dons celte fête?

1° L'humilité ou l'amour de la vie pauvre, abjecte et cachée, qui fut comme le propre caractère de ce saint; 2° l'oraison, car nous

lisons dans sa Vie,

les bras et les yeux élevés au cie\ et qu'il avait un esprit infatigable dans la prière; 3° la religion au saint sacrifice, car ce saint célébrait avec tant d'ardeur, qu'on vit quelquefois un globe de feu sur sa tête, lorsqu'il était à l'autel ; k° l'horreur de l'hérésie, qui a osé brûler ses saintes reliques et jeter ses cendres au vent.

Page 1