‹ Œuvres completesChapitre 139 sur 296 · DE LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION DE LA SAINTE VIEROE · texte numérisé non relu

DE LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION DE LA SAINTE VIEROE

'oi de Dieu, le travad, l'humilité, la religion. D'où vient que sortant du temple, elle

qu'il tenait sans cesse

(21 novembre.)

la très-

Comment se passa la jeunesse de sainte Vierge?

Dès l'âge de trois ans, ses parents l'offrirent à Dieu dans le temple et la lui consacrèrent, voulant bien lui faire ce sacrifice de détachement, luidonner cette aimableenfant, pour être élevée au pied de ses autels , et la sainte Vierge, déjà prévenue de la lumière céleste, consentit à l'offrande qu'on faisait d'elle, et dans une séparation parfaite de ses parents, de ses biens et de toutes les commodités delà maison paternelle, elle se dédia au service du temple matériel du Dieu vivant, elle qui en devait être le sanctuaire animé.

Quel jour arriva-t-il ?

Ce fut aujourd'hui, 2! de novembre, à ce qu'on tient. Il ne faut pas néanmoins confondre cette cérémonie avec certaine autre, qui ordonnait de présenter au temple les filles quatre-vingts jours après leur naissance, à quoi sans doute les parents de la sainte Vierge ne manquèrent, pas d'obéir, ainsi qu'aux autres lois de Moïse.

Cette offrande plut- elle beaucoup à Dieu ?

Oui, car il agréa exirêmement, 1° ce

qu'on lui offrait; 2" la personne qui le lui

offrait; 3° la manière dont on le lui offrait.

Que lui offrait-on ?

La sainte Vierge, c'est-à-dire la plus parfaite de ses créatures, son épouse bien-aimée, la Mère future de son Fils et de tous les fidèles : de façon que tous les Chrétiens et Jésus-Christ 'même furent en quelque sorte compris dans cette sainte et précieuse oblation.

Qui lui fit cette offrande ?

Saint Joachim et sainte Anne et la sainte Vierge elle-mêiiie toujours agréable aux yeux de Dieu et à l'imitation de son divin Fils, prêtre et victime.

Comment se fil celte offrande?

Dans les sentiments les plus purs, les plus saints et les plus tendres que la religion puisse inspirer.

Que peut-on aujourd'hui remarquer dans la Vierge ?

1° Sa séparation de tout ce qui est opposé à la sainteté, du monde, de la chair et du sang, des parents, des douceurs de la vie et des commodités de la maison paternelle; 2° son application à la pratique des vertus les plus héroïques et les plus propres à la conservation de l'innocence, à la retraite, la prière, le silence, l'obéissance, l'étude de la

parut consommée en foi, en amour, en chasteté, en obéissance, comme il parut lors de l'Annonciation, etc. ; 3° sa destination à l'exercice des plus saints emplois à ce qui concernait le temple, les autels, les vêtements sacerdotaux, les sacrifices et tout le reste du culte divin, et particulièrement l'instruction et l'éducation des personnes de son sexe, autres sanctuaires animés qu'elle préparait au Seigneur; k" sa consécration à des usages tout divins, à être un vase de sanctification ; car c'est là où elle voua la chasteté perpétuelle, où elle reçut le Saint-Esprit, où elle se disposa au mystère de l'Incarnation, qui devait s'opérer en elle, à être la Mère de Jésus-Chrisl, l'épouse du Père, et le temple de la sainte Trinité, profitant si bien dans une si bonne école, que quand elle en sortit, l'ange lui put dire : Je vous salue, Marie, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie sur toutes les femmes, le Saint-Esprit surviendra en vous, etc., comme donnant à entendre qu'il y était déjà venu, etc. Vues religieuses, qui obligent plusieurs communautés de renouveler aujourd'hui leurs vœux et de chercher dans la grâce de ce mystère l'esprit de leur profession et le zèle d'imiter la vie et les dispositions de cette Vierge des vierges pendant son séjour au temple, et particulièrement les ecclésiastiques qui vivent dans les séminaires.

Comment cela ?

Ils y viennent, 1° pour les mêmes desseins pour lesquels cet e Vierge des vierges et ce modèle des prêtres se présenta au temple, et par conséquent ils doivent s'y présenter avec ses mêmes sentiments, le jour de leur tonsure étant une vraie fête de la présentation pour eux; 2° pour réparer leurs manquements dans la réception de la tonsure et s»! renouveler dans l'esprit ecclésiastique, ainsi qu'un tidèle le jour de son baptême dans l'esprit du christianisme, mettant en usage un avis de l'Apôtre : Je vous avertis que vous ayez à vous renouveler dans la grâce de votre ordination. Il est vrai qu'ils sont entrés dans le clergé ayant l'usage de raison et qu'ils ont proféré leurs vœux de leur propre bouche : Bominus pars hœredilalis (Psal. xv, 5) etc. Mais ils sont souvent en cela de pire condition que les enfants, qui du moins n'ont pas d'indispositions volontaires à la vie chrétienne, comme eux à la vie ecclésiastique, ne sachant d'ordinaire rien et ne prétendant rien de la tonsure que le temporel ; disposition de leur cœur formellement opposée à la protestation qu'ils profèrent de bouche et la sainteté de l'état qu'ils embrassent; 3° pour s'y former aux fonctions sacerdotales par la retraite, la pénitence, la prière, la réception des sacrements, l'étude des saintes lettres, la prédication, l'exercice des cérémonies, la récitation des louanges de Dieu, et y consacrer leur corps par le vœu de chasteté, ; k" pour se disposer à la réception du Saint-

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Esprit, à la production du corps de Jésus- Christ, à travailler au salut des âmes, et par conséquent celte fête leur doit être une grande occasion de se renouveler dans l'esprit de leur profession, de se préparer à la grâce de l'ordination et de se présenter à Dieu comme des victimes qui veulent premièrement faire un sacrifice d'eux-mêmes à l'imitation de la sainte Vierge, avant que de sacrifier Jésus-Christ, qui, entrant dans ce monde, se présenta à son Père, pour se mettre en la place de toutes les victimes anciennes : offrande qu'il exécuta sur l'autel de la croix d'une manière sanglante, qu'il continue de faire tous les jours sur la terre d'une manière mystique, et qui remplit encore son sacerdoce au ciel, où il se présente à son Père pour nous, couvert du sang, non d'une victime étrangère, mais du sien propre.

Combien demcura-t-elle dans h temple?

Depuis l'âge de trois ans, jusqu'à l'âge de quinze ans environ, qui fut le temps à peu près auquel on la donna pour épouse à saint Joseph, et qu'elle conçut Jésus-Christ dans ses chastes entrailles.

Qu'apprenons-nous de là ?

A nous disposer aux grâces de Dieu, particulièrement à la sainte communion et à la vocation, par la retraite, la prière et la pureté de vie.

A quoi s'occupait la très-pure Vierge pendant son séjour au temple ?

Voici ce que nous en apprenons des saints. Elle était soumise à celles qui lui avaient été données pour maîtresses, elle travaillait aux ornements du temple et aux vêtements sacerdotaux, elle vaquait à la prière, elle soupirait après la venue du Messie, elle était visitée des anges, et même admise par une faveur spéciale, ainsi que quelques Pères l'écrivent, à visiter les saints lieux, destinés à mettre l'arche d'alliance, de sorte qu'elle pratiqua pour lors trois excellentes vertus, l'obéissance, le travail et la dévotion.

Que fit-elle de notable pendant ce séjour ?

Elle se disposa à devenir le temple du Saint-Esprit, la Fille du Père, la Mère du Fils : elle y fit vœu de virginité perpétuelle, et elle consacra à Dieu son corps aussi bien que son âme. Si bien que c'est par elle que la dignité des vierges a commencé ; les prémices de cet état saint, dont elle a été l'apôtre, lui appartiennent. Marie a la première sur la terre levé l'étendard d'une entière pureré, sans en avoir eu de modèle que dans le ciel où se trouve l'Epoux des vierges, dit saint Ambroise, ce qui depuis a été admiré de tous les hommes, et imité d'un nombre infini de personnes de l'un et de l'autre sexe, qui se sont fait une gloire de suivre les traces de cette Reine des vierges, laquelle a pratiqué si excellemment celte vertu, qu'elle n'a jamais eu de pensée contraire à la pureté, ni ressenti la moindre révolte uans ses passions, et qu'elle a pu l'allier sans la perdre avec sa glorieuse maternité.

Que joignit-elle à la virginité?

OEUVBES COMPL. Di: DE LA CllÉTAHDfr:

La retraite, la prière, l'humilité.

Où alla-t-el!e demeurer à la sortie du temple?

A Nazareth, ville de Galilée, qui était une province de la Terre sainte, ou de la Judée, et apparemment la patrie de saint Joseph.

Qu'apprend-on de ce mystère ?

1° Que les pères et les mères doivent offrir de bonne heure leurs enfants à Dieu; 2° que nous devons nous détacher des personnes les plus chères pour l'amour de Dieu; 3° et nous donner à Dieu de bonne heure, et dès notre tendre jeunesse; 4° qu'il faut se préparer pour connaître les desseins de Dieu sur nous, et demander la grâce de la vocation à laquelle il nous destine.

Cette fête est-elle ancienne dans l'Eglise?

Oui, surtout en Orient, et nous devons la célébrer avec une dévotion d'autant plus grande, que ce fut la piété d'un de nos plus sages rois qui l'introduisit en France, secondant en cela le zèle et la religion du Souverain Pontife qui vivait lors, lequel la répandit dans tout l'Occident.

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