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INSTRUCTIONS SUR LES FETES

INSTRUCTION I

SUR l'aVENT.

Qu'est-ce que VAvent ?

L'est un temps consacré par l'Eglise à la dévotion et à la pratique des bonnes œuvres, pour se préparer à célébrer dignement la grande fête de Noël.

Toute l'année ne doit- elle pas être employée en de semblables exercices?

Oui, toute notre vie doit être consacrée au service de Dieu et employée à l'affaire de notre salut, mais i! y a des temps plus expressément destinés à la piété, auxquels l'Eglise redouble ses saintes pratiques , et excite ses enfants à un renouvellement tout singulier de ferveur et de zèle.

En quoi remarquez-vous que l'Eglise destine plus particulièrement le temps de ï Avait à la dévotion?

C'est parce que nous voyons diverses pratiques de grande édification, qui s'observent parmi les fidèles durant ce saint temps.

Quelle est la première pratique?

C'est la prédication de la parole de Dieu, qui se fait tous les jours, et même en plusieurs églises, où accourent les personnes désireuses de se nourrir des vérités célestes qu'on y annonce et qu'on y explique.

A quoi cela nous oblige-t-il?

A nous rendre assidus nux instructions et aux prédications, à proliler de tant de vérités qu'on y dira, de tant de mystères qu'on y expliquera, de tant d'avis importants qu'on V donnera, et de tant de bons sentiments qu'on inspirera, et cela pour honorer le Verbe éternel, qui vient lui-même revêtu de la chair, nous enseigner les vérités célestes, et les faire retentir à nos oreilles.

Quelle est la seconde pratique?

C'est le jeûne qui s'observe dans la plupart des communautés régulières, et même parmi des personnes dévotes, quoique engagées dans le monde, qui jeûnent exactement, ou qui font une abstinence fort édifiante jusqu'à Noël.

A quoi cela doit-il nous porter?

A les imiter, ou du moins à vivre dans la tempérance et la sobriété beaucoup plus qu'à l'ordinaire, et à nous abstenir plus sévèrement que jamais de tout festin* grand repas, ou excès de bouche, quelque léger qu'il paraisse, en l'honneur de celui qui, donnant la vie et la nourriture à tous les animaux, et repaissant jusqu'au plus petit oiseau, est réduit à se repaître d'un peu de lait pour l'amour de nous entre les bras d'une Vierge.

Quelle est la troisième pratique?

L'est l'oraison plus longue et plus assidue; en effet, les prières de l'Eglise se multiplient et s'accroissent en ce temps de grâce et de bénédiction; l'Office ecclésiastique est

plus long, les génuflexions plus ordinaires, les cérémonies plus mystérieuses, le chant plus dévot et plus tendre.

A quoi cela nous engage-l-il?

A vaquer plus que nous n'avons fait jusqu'ici à la prière, à faire plus assidûment l'oraison, à visiter les églises, à assister aux Offices, à marcher en la présence de Dieu, enfin à contempler les grands mystères que l'Eglise nous met devant les yeux, imitant la sainte Vierge, qui, au rapport de l'évangéliste, méditait sans cesse, et repassait en son cœur toutes les merveilles qui s'opéraient à la naissance de son Fils.

Quelle est la quatrième pratique?

C'est le recueillement, le silence et la privation des compagnies et des visites mondaines; aussi voyons-nous que la plupart des communautés religieuses dans lesquelles le vrai esprit du christianisme et de la primitive Eglise semble s'être retiré comme dans un asile sacré, et où il s'est heureusement conservé, se privent de parler en ce temps-ci; on ferme les grilles et les parloirs, on se relire des occupations du dehors pour rentrer en soi-même, et s'appliquer plus en paix h la considération des fêtes qui s'approchent.

Qu est-ce que cela inspire ?

Un grand désir de se taire pour imiter le silence de Jésus Enfant, du Verbe éternel qui ne parle pas; à l'honorer dans le grand mystère qui s'approche, plutôt par les actes intérieurs produits au fond du cœur, que par des paroles extérieures; il faut en ce temps beaucoup méditer et peu discourir.

Pourquoi l'Eglise retranche-t-elle les noces pendant l'Avent ?

Peur toutes les raisons que nous venons de rapporter, afin que nous puissions plus librement et sans aucun obstacle vaquer à la prière, au jeûne, aux œuvres de piété, aux exercices de la pénitence, sans en être distraits par les soins du monde.

Quelles réflexions faut-il faire là-dessus?

Qu'il est bien juste en etlët que les noces de la terre disparaissent, puisque les noces de l'Agneau immaculé s'approchent, et puisque Dieu veut épouser notre nature dans le mystère de l'incarnation, et nous donner le sacré baiser d'une paix éternelle. No songeons donc qu'à nous unir à lui par amour et pour jamais, et ne parlons plus des mariages du monde, qui tirent toute leur gloire, toute leur dignité et toute leur sainteté de l'union de Dieu à notre nature, et de Jésus- Chrisl avec son Eglise et avec chaque âme en particulier. Il faut que l'ombre cesse devant la lumière, et la figure devant la vérité.

Le temps de l'Avent est donc un temps de pénitence ?

ŒUVRES COMPLETES DE DE LA ClIETARDIE.

Sans doule, puisque l'Eglise est en jeûne, en prière, en retraite, en silence; puisqu'elle se couvre de la couleur violette, qui est le symbole de la pénitence, qu'elle retranche ses (antiques d'allégresse, comme le Gloria in excelsis Deo, le Te Dcum, etc.

Quelles instructions tirons-nous de là?

Que pour profiter d'un si saint temps et des grâces qui y sont attachées, il frut entrer dans toutes ces pratiques et demander à Dieu de grands sentiments de dévotion et de pénitence.

Pourquoi le temps de i Aient a-l-il été institué?

Pour trois raisons importantes.

Quelle est la première?

C'est pour nous faire considérer à loisir, et nous faire méditer en paix le bienfait inestimable de l'incarnation du Verbe éternel, fait chair dans les entrailles d'une Vierge pour ie salut du genre humain; quand nous serions toute notre vie à contempler un si grand mystère et un excès d'amour si incompréhensible, nous y serions encore trop peu.

Quelle est la seconde raison?

C'est afin de nous préparer à la grande fête de Noël qui s'approche, et nous mettre en état de profiter des grâces extraordinaires qui y sont attachées, et que Dieu verse en abondance dans les âmes qui s'y sont saintement disposées pendant ce temps; car enfin, c'est une maxime certaine qu'on reçoit la grâce des mystères à proportion des dispositions qu'on y apporte. Il est donc très-important de n'attendre pas à met re notre cœur en état de recevoir Jésus-Christ le Roi des rois, la veille qu'il y voudra venir.

Quel sentiment cela doit-il nous donner?

Une sainte envie de purifier notre cœur et de l'orner de la pratique excellente des vertus et des bonnes œuvres, afin de nous mettre en étal de recevoir le plus dignement que nous pourrons le Roi de gloire et de majesté, et de ne le pas mettre encore une fois loger dans une vile étable au milieu des botes, c'est-à-dire au milieu de nos passions déréglées et animales.

Quel est le troisième motif pour lequel l'Eglise a institué l'Avent ?

C'est afin d'enflammer nos cœurs en l'amour de l'humanité sainte de Jé-us-Christ ; en effet, qui n'aimerait Jésus Enfant, Jé>us dans une crèche, Jésus entre les bras de Marie, Jésus adoré des pasteurs, Jésus reconnu des mages. Il faudrait être plus dur qu'un rocher et plus insensible que le marbre pour ne se sentir pas attendri, voyant Jésus Enfant nous tendre les bras et nous demander notre cœur?

Qu'est-ce que cela inspire?

Un amour tendre envers l'Enfant Jésus; c'est en la sainte enfance de Jésus, que nous trouverons un remède à notre orgueil, à notre fausse sagesse du monde, et a notre désobéissance; c'est en cette enfance que nous renaîtrons encore une fois et que nous deviendrons innocents, hum-

bles, simples, candide.1:, purs, sincères, doux et obéissants; car si nous ne devenons comme des enfants, nous n'entrerons pas au royaume des cieux, ainsi que l'assure Jésus-Christ dans son Evangile.

Pourquoi l'Avent est-il composé de quatre semaines ?

C'est en l'honneur des quatre avènements du Fils de Dieu, et ce serait bien passer l'Avent que d'employer chaque semaine à honorer chaque avènement en particulier.

Quel est le premier avènement de Jésus- Christ ?

C'est lorsqu'il est venu du sein de son Père pour se revêtir de notre chair au jour de son incarnation.

Le Verbe éternel, venant s'incarner, a-t-il quitté le sein de son Père et cessé d'être dans le ciel ?

Non, le Verbe éternel étant Dieu même, se trouve partout par son immensité, et lorsqu'on dit qu'il est descendu dans le sein d'une Vierge, on veut seulement signifier par là qu'il y a produit un effet nouveau, qu'il y a marqué sa présence d'une manière toute spéciale, et qu'il s'y est uni à notre nature d'une façon toute merveilleuse.

Quel est le second avènement de Jésus- Christ ?

C'est lorsqu'il vient en notre cœur par la grâce de la justification, ainsi qu'il le dit lui-même dans son Evangile : Si quelqu'un m'aime, dit-il, il gardera mes commandements, et mon Père l'aimera, et nous viendrons chez lui, et nous ferons notre demeure dans son cœur. [Joan. xiv, 21.)

Qu'est-ce que cela nous inspire?

Un désir aident de recevoir Jésus-Christ dans notre cœur, de vivre dans sa grâce et de mourir mille fois plutôt que de l'offenser, puisque par le péché nous chassons Dieu de notre cœur'et que nous mêlions le démon en sa place.

Quel est le troisième avènement de Jésus- Christ ?

C'est quand il vient frapper à notre porte à l'heure de la mort, qu'il vient nous chercher pour nous emmener avec lui , nous avertissant dans l'Evangile qu'il viendra quand nous n'y penserons pas.

A quoi cela nous oblige-t-il?

A nous tenir toujours sur nos gardes pour n'être pas surpris de l'heure inopinée de la mort, à l'avoir souvent devant les yeux, à nous ceindre les reins, c'est-à-dire à retranchez les convoitises de la chair, et à avoir toujours en main la lampe des bonnes œuvres allumée, c'est-à-dire è reluire par le bon exemple des vertus, en attendant l'Epoux de nos âmes qui doit bienlôt venir pour nous guérir et nous emmener au banquet des noces de l'Agneau, si nous sommes trouvés dignes de le suivre.

Quel est le quatrième avènement de Jésus- Christ ?

C'est lorsqu'il viendra au grand jour du jugement et qu'il descendra du ciel, comme il assure lui-même, dans tout l'éclat de sa divinité, et dans une infinie majesté, ac

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