‹ Œuvres completesChapitre 147 sur 296 · SUR LA PURIFICATION · texte numérisé non relu

SUR LA PURIFICATION

Quelle instruction tirez-vous de ce que la sainte Vierge se soumit à la loi de la purification, n'y étant pas tenue?

J'en tire trois, fort importantes et fort salutaires.

Quelle est la première ?

C'est d'obéir à Dieu, à l'Eglise, à mes parents, aux personnes qui sont au-dessus de moi, du moins dans les choses qui me sont commandées et auxquelles je suis tenu, puisque la sainte Vierge, la Reine des hommes et des anges, se soumet à des choses auxquelles elle n'était pas obligée. O Marie, l'exemple des vierges, rendez-moi participant de cette admirable vertu, par laquelle vous avez réparé la désobéissance d'Eve notre première mère. Hélas ! je devrais être soumis à tout le monde, et je ne veux obéir à personne.

Quelle est la seconde?

Cet exemple m'apprend a être véritablement humble, à ne vouloir pas me faire croire plus vertueux que les autres ; à n'affecter aucune singularité dans la dévotion, mais à marcher dans la voie commune de l'Eglise, me mettant au rang des simples fidèles, ne demandant aucun privilège ni exemption, ne me voulant distinguer de personne par vanité. O Marie ! vous étiez plus pure que les anges et vous avez voulu passer pour immonde. Hélas 1 je suis souillé de péchés et je veux paraîlre saint.

Quelle est la troisième ?

Je vois que la sainte Vierge cache en ce jour les grâces admirables qu'elle avait i eçues de Dieu ; qu'elle ne dit mot de sa virginité, de su pureté, de son intégrité; qu'elle ne se vante point d'être vierge et mère tout ensemble, au contraire qu'elle se soumet à cette loi ignominieuse, comme la moindre des autres femmes. Et moi, d'abord que j'ai la moindre grâce, le moindre bon sentiment, je le dis à tout le monde. O Marie 1 vous êtes un modèle admirable d'humilité, rendezmoi humble à votre imitation.

Pourquoi les parents devaient-ils offrir leurs premiers nés à Dieu dans le temple?

1° Par hommage à la souveraineté de Dieu de qui tous les biens découlent, et à qui les enfants sont plus véritablement redevables de leur vie et de leur être, qu'au père même et qu'à la mère qui les ont engendrés. Il est donc bien juste que les parents lui en fassent

une offrande eV protestent hautement! que c'est de lui qu'ils tiennent leurs enfants; 2° par religion, témoignant cette offrande, que ces enfants étaient consacrés à Dieu, dédiés à son culte, et'dévoués à son service, et qu'ils attendaient leur sanctification de sa grâce et de sa bénédiction, qu'ils lui demandaient par cette cérémonie , et c'est l'esprit dans lequel les Chrétiens devraient entrer.

Qu'apprenons - nous de ce que la sainte Vierge ne voulut présenter que l'offrande des pauvres ?

1° Qu'il ne faut jamais nous élever au delà de notre état et de notre condition, même sous prétexte de dévotion et de religion, puisque la sainte Vierge, quoiqu'elle fût de Ja race royale et sacerdotale, Gl le d'Abraham et de David , la Reine du ciel et de la terre, des hommes et des anges et la Mère de Dieu même, ne voulut point sortir de l'état humble où la Providence l'avait réduite par sa naissance, ni sous prélexe d'un plus grand zèle de la gloire de Dieu, offrir la victime des riches. O pauvreté de Marie ! ô humilité de Marie! que vous êtes admirable! que vous êtes édifiante ! que vous êtes instructive ! 2° c'est que Jésus-Christ, amateur de l'humilité, de la pauvreté et de l'obéissance, le voulut et l'ordonna ainsi, pour nous donner l'exemple en toutes choses de l'amour qu'il a eu pour ces trois excellentes vertus. Il a donc choisi une mère pauvre, humble et obéissante , afin que tout ce qui lui appartient et qui lui touche nous portât à l'imiter dans des pratiques si sanctifiantes.

Notre-Seigneur était-il obligé à la loi qui obligeait les parents à offrir leurs enfants dans le temple?

Non, parce qu'il élait le souverain législateur, qui n'était pas sujet à ces sortes de lois, de plus, il élait consacré à Dieu son Père d'une manière bien plus haute et plus excellente dès le moment de son incarnation, dans lequel il s'était offert à Dieu, comme une hostie de sainteté, qui devait être immolée à la gloire de son Père et au salut des hommes, ainsi celte oblation extérieure n'était que la ligure de ce qui s'était déjà passé au-dedans de lui-même.

Pourquoi donc voulut-il être offert à Dieu et racheté par sa Mèreï

C'était par l'amour de l'humilité et de la vie cachée , qu'il désira de paraître comme un enfant du commun, inconnu dans le monde, et qui n'avait rien en apparence audessus des autres. O Dieu, que nous sommes éloignés de cette sainte disposition ! puisque nous manifestons avec empressement tout ce qui nous élève, et que nous cachons avec soin tout ce qui nous abaisse.

Qu'est-ce que ce mystère nous apprend encore?

Que si nous voulons nous donner au Seigneur et nous consacrer à son service, il faut, pour rendre notre sacritice à Dieu, le lui offrir par les mains de Mûrie en la compagnie de Jésus, et en union de son offrande.

étant certain que dès lors nous fûmes tous offerts à Dieu le Père en la personne de son Fils Jésus-Christ, comme les membres en leur chef, et cela par les mains de Marie. Il fautdoncà présent renouveler notre offrande, et nous présenter de nouveau à lui, pour nous consacrer à son divin service.

Pourquoi est-ce que les femmes qui relevaient de couche, offraient un sacrifice à Dieu par les mains des prêtres ?

C'était, l°en expiation du péché dans lequel l'enfant qu'elles avaient mis au monde, avait été conçu ; si bien qu'elles offraient une hostie pour effacer ce péché ; 2° à dessein de consacrer à Dieu le fruit dont il lui avait plu bénir leur mariage, c'est pourquoi elles offraient quelque chose en holocauste au Seigneur ; 3° elles donnaient une offrande en manière de prix, pour racheier leur enfant, qui venait d'être purifié du péché et consacré à Dieu.

Qu'est-ce que tous ces sacrifices nous figuraient ?

Ils nous représentaient que Jésus-Christ serait la victime qui devait être immolée pour expier nos péchés, l'holocauste qui devait procurer une gloire infinie à Dieu, et l'hostie de qui le sang serait le prix de notre rédemption.

Comment donc se passa l'histoire de cette fête ?

La sainte Vierge, accompagnée, de ses parents, vint de Bethléem en Jérusalem, et portant l'Enfant Jésus entre ses bras, elle alla au temple y présenter son Fils à Dieu, et donner aux prêtres l'offrande marquée par la loi.

Quarriva-t-il encore de remarquable dans cette fête ?

Deux circonstances très-admirables et trèsmystérieuses, savoir, la rencontre deSiméon et d'Anne.

Quel était ce Siméon?

C'était un bon vieillard comblé de vertus et d'années, grand en mérite et en sainteté , qui soupirait depuis longtemps après la venue du Messie et du Libérateur du genre humain; le saint-Esprit habitait en lui, et il avait reçu réponse.de ce divin Esprit, qu'il ne verrait point la mort qu'avant il n'eût vu le Christ du Seigneur, le désiré de toutes les nations, l'attente de toute la terre, le soupir de toute la nature.

Hé bien qu'arriva-t-il ?

Ce saint homme, transporté par un mouvement du Saint Esprit, vint au temple recevoir la sainte Vierge, et tout hors de lui, tout ravi de joie, tout rempli d'une lumière divine, il prit le saint Enfant Jésus entre ses bras, il loua Dieu, il le bénit, il le remercia, et comme le cygne qui chante plus mélodieusement à sa mort que pendant sa vie, dans un souverain contentement d'esprit, les yeux élevés au ciel , il entonna ce beau cantique Nunc dimittis, que l'Eglise chante tous les jours dans son Office, et qu'elle a consacré par sa dévotion.

Que veut dire ce cantique ?

Voici ce qu'il signifie : Seigneur, laissez

SUPPLEMENT AU CATECII. DE BOURGES. -■ 1NSTRUCT. SIR LES EETES.

aller maintenant votre serviteur en paix, parce que mes yeux ont vu le Sauveur que vous avez destiné pour être découvert à tous les peuples , et qui doit être la lumière des nations, et la gloire de votre peuple d'Israël.

Que signifiait ce bon vieillard saint Sitnéon?

1* Les sentiments dévots et les dispositions religieuses dans lesquels nous devons mourir; 2° et les dispositions d'une âme sainte, qui reçoit Jésus-Clirisl par viatique, et qui, par un saint dégoût des choses du monde , et dans un désir ardent de celles du ciel, se détache de toutes les créatures visihles pour se perdre en Dieu.

Quelle était celte Anne, dont vous] avez parlé?

Une sainte prophétesse, qui, après avoir vécu sept ans en mariage, avait passé le reste de ses jours dans l'état de viduité. Elle était lorsâgée de quatre-vingt-quatre ans, qu'elle avait presque tous consumés eu jeûnes, prières et bonnes œuvres, demeurant dans le temple jour et nuit, et servant le Seigneur avec une incomparable piété.

Que fit-elle alors?

Elle survint .dans l'endroit du temple, où la sainte Vierge présentait l'Enfant Jésus, et transportée d'un secret mouvementdu Saint- Esprit, elle se met à louer Dieu, et à bénir le Seigneur, et ravie hors d'elle, elle parlait de lui à tous ceux qui attendaient la rédemption d'Israël.

Comment communier â la grâce de ce mystère ?

Purifiés du péché, allons à l'Eglise pour y offrir Jésus avec Marie, pour le recevoir avec Siméon, et pour le remercier avec Anne. C'est-à-dire que nous devons participer aux sentiments religieux de Marie, quand elle fit son offrande ; aux dispositions de Siméon, quand il y reçut le saint Enfant entre ses bras; et aux mouvements d'Anne, quand elle publiait le bienfait dont Dieu venait de combler le genre humain, en lui donnant Jésus-Christ son Fils bien-aimé.

Quelles sont les prières de l'Eglise dans la bénédiction des cierges ?

L'Eglise, par la bouche du prêtre, demande à Dieu que, comme ces cierges brûlent d'un feu matériel, ainsi nos cœurs soient embrasés d'une vive flamme de charité ; que la lumière du Saint-Esprit, figuré par cette lumière extérieure, dissipe les ténèbres de nos vices, et l'aveuglement que le péché cause en nous ; elle demande qu'après la nuit obscurede ce monde, nous parvenions à la jouissance de celle lumière éternelle, qui ne s'éteindra jamais, et que comme saint Siméon, éclairé d'une clarté céleste, reconnut Jésus- Christ pour le vrai Messie, ainsi, qu'éclairés de la splendeur du Saint-Esprit, nous connaissions Jésus-Christ, et le servions fidèlement.

Dites-nous en français les oraisons que l'Eglise fait en l'office de ce jour ?

Voici la prière qu'elle adresse à Dieu le Père.

Dieu éternel et tout-puissant ! prosternés humblement devant vous, nous supplions votre Majesté sainte, que comme votre Fils unique revêtu de notre nature, fut aujourd'hui présenté dans le temple, ainsi vous nous fassiez la grâce d'être présentés devant vous avec des esprits purifiés, nous vous le demandons au nom de Jésus-Christ votre Fils unique Noire- Seigneur, qui vit et règne avec vous et le Saint- Esprit en unité de gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Dites-nous l'autre oraison?

Voici la seconde, qu'elle adresse à Jésus- Christ, en ces termes:

O Seigneur Jésus-Christ, qui paraissant aujourd'hui entre les hommes, couvert de notre chair mortelle, avez été présenté au temple : vous que le vénérable vieillard Siméon, éclairé de votre esprit, reconnut, reçut entre ses bras, et bénit : faites, s'il vous plaît, qu'étant instruits el éclairés de la grâce de ce même Esprit- Saint, nous vous connaissions véritablement, et vous aimions fidèlement, o Jésus, vrai Dieu et vrai homme! qui vivez et régnez avec le Père et le Saint-Esprit en unité de gloire et de majesté dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Pourquoi cette fête n'a-t-elle point d'octave?

Pour donner à entendre qu'elle dure toute l'année, ou plutôt toute la vie, et que l'obligation de purifier son cœur, son esprit, ses intentions, ses affections, son âme, son corps, durent tout le temps que nous sommes en ce monde, et que nous ne devons pas seulement communier à ce mystère une fois l'an ni une fois en la vie, mais toujours. Il eu est de la pénitence et de la mortification, comme du feu, dit saint François de Sales, il est bon douze mois de l'an, ce n'est qu'au ciel où tout est si pur, et où on est tellement purifié, qu'on ne se souille jamais, et qu'on n'a plus besoin de se purifier.

INSTRUCTION V

SUR LA SEPTUAGÉSIME.

.1 quoi connaissez-vous que l'Eglise nous porte à la pénitence en ce temps-ci?

Il est certain que lesdix-sept joursqui restent d'ici au Carême, ne nous sont donnés que pour nous préparer à entrer dignement dans la sainte quarantaine. L'Lglise retranche aujourd'hui ses cantiques d'allégresse et de joie, comme VAlteluia, le Gloria in excelsis et le Te Deum laudamus, elle ne se sert plus d'orgues ni d'instruments mélodieux, elle prend le violet, qui est le symbole de la pénitence, et qui nous fait ressouvenir des cendres, dont les vrais pénitents ont toujours couvert leurs lêtes en signe de douleur et de tristesse. Cette couleur mêlée de rouge et de noir nous réprésente les coups et les meurtrissures de Jésus-Christ reçut en sa Passion, qui rendirent son corps adorable tout livide et tout noir. O plaies sacrées de mou Sauveur, de qui découla le baume salutaire, qui sert de remède et de contre-poison aux blessures mortelles que le péché a laites à nos âmes, que vous m'êtes chères. Enfin les prières

de l'Eglise deviennent à présent plus longues et plus lugubres.

En quoi remarquez^vous encore cet esprit de pénitence ?

Je vois que l'Eglise, dans son Office, nous fait lire l'histoire de la création du monde, et de la chute du premier homme, elle nous met devant les yeux sa désobéissance, son orgueil, sa gourmandise, sa punition. Elle nous représente iecilice dont Dieu le revêtit après l'avoir chassé du paradis terrestre, l'arrêt de mort prononcé contre lui et contre toute sa postérité ; les misères dans lesquels il tomba, les effets funestes du péché originel dans le désordre et la corruption du genre humain, la dépravation horrible du monde entier, le débordement des vices et des péchés, qui inondèrent toute la terre. O Dieu, quels grands sujets de réflexions ! quels grands motifs de pénitence 1 L'Eglise prêche ces importantes vérités, et les hommes ne l'écoutent pas. Dieu tonne, et les hommes s'endorment.

Continuez à nous exprimer l'esprit de VE- (jlisc ?

L'Eglise nous met encore devant les yeux tout l'univers plongé dans le vice et dans le péché, le regret que Dieu conçut d'avoir formé l'homme sur la terre, le zèle ^qu'il inspira à Noé de prêcher la pénitence, et de construire un arche, qui en fût la figure, le déluge universel que Dieu envoya pour noyer tous les hommes et pour ensevelir dans les eaux leurs crimes et leur mémoire. Tout périt à l'exception de huit personnes, qui se sauvent du naufrage par le moyen d'un bois, symbole de la pénitence. Ensuite l'Eglise nous fait voirie peuple de Dieu opprimé dans l'Egypte, et qui gérait sous la tyrannie de Pharaon, célèbre peinture de la tyrannie intérieure que le diable et le péché exercent sur l'homme après sa chute. Le passage de la mer Rouge, la ruine des Egyptiens, la demeure des Israélites dans le désert pendant quarante années 1 Oies grands sujets de méditation 1 ô les admirables instructions 1 Oh 1 que le monde est insensé de préférer les vanités aux véritésl

Quels sont encore les objets de piété que r Eglise nous offre en ce temps-ci?

L'Eglise, pour nous encourager encore de plus en plus a la pénitence, et pour confondre notre lâcheté, nous en présente un modèle achevé, en la personne de l'apôtre saint Paul : elle nous le dépeint, comme il s'est lui-même dépeint, dans les souffrances et dans les opprobres, dans la faim et dans la soif, dans la pauvreté et dans la nudité, dans les persécutions et dans les tourments, affligé, battu, flagellé, emprisonné, lapidé, accablé de misères», et au milieu de tant de maux et de peines, châtier encore son corps, et faire des mortifications volontaires, et nous exhorter à la pénitence. O lâcheté des Chrétiens ! ô endurcissement des pécheurs, de préférer la volupté à la vertu, le temps à l'éternité, la terre au ciel, la créature au Créateur, les joies temporelles aux biens éternels.

Achevez de nous instruire de l'esprit de l'Eglise?

L'Eglise, de plus, commence dès aujourd'hui à envisager le sacré temps de laPassion, et dans les dimanches suivants, elle dit que les gémissements de la mort l'ont environnée, elle nous assure par la bouche du Sauveur, qu'il y a bien des gens appelés, mais qu'il y en a peu de sauvés, elle nous parle de la récompense des bons, et de la punition éternel des méchants. Elle nous montre un aveugle sur un grand chemin, à qui Jésus-Christ ouvre les yeux; elle nous fait écouter ce divin Maître, qui prêche à ses disciples une doctrine nouvelle, qui leur apprend à porter la croix, à renoncer à soi-même, à quitter tout, à mourir à tout, à souffrir tout, et qui leur dit qu'il va en Jérusalem, et qu'il y sera pris, lié et garotté, moqué, soufflette, couvert de crachats et d'opprobres, couronné d'épines, flagellé et crucifié. Voilà les spectacles que l'Eglise nous invite à venir voir. Voilà les grands tableaux qu'elle étale à nos yeux. O spectacle religieux 1 ô céleste objet de Jérusalem terrestre, que vous êtes différents de ceux que Babylone présente à ses enfants 1

Qu est-ce que cela nous prêche?

La pénitence, car la récompense des bons ouvriers, qui ont cultivé cette vigne mystique de l'Evangile, est un motif pour nous obliger à couper et retrancher les inclinations vicieuses que notre cœur, comme une terre maudite, pousse incessamment au dehors.

Cet aveugle sur un grand chemin, nous représente l'homme charnel et aveugle, qui marche dans la voie large de perdition. Le Sauveur, qui prédit sa passion, sa croix, sa mort, nous impose l'obligation de souffrir et défaire pénitence. Les vérités sévères qu'il nous prêche, doivent modérer et refréner nos convoitises, et nous obligera crucifier notre chair. Enfin le Calvaire, l'Evangile, l'apôtre saint Paul, l'Eglise, tout crie, tout publie, tout prêche hautement la pénitence, et les Chrétiens se laissent aller à la dissolution. Le monde passe, s'écrie saint Augustin, et on s'attache à lui. Que ferait-on s'il demeurait, il est amer et on l'aime, que serait-ce s'il était doux?

Mais pourquoi dites-vous que les exercices de piété se renouvelaient parmi les anciens Chrétiens à la Septuagésime ?

Cela est si vrai, que même c'était le jour auquel on commençait dans les églises les instructions solennelles des calhécumènes, qui duraient septante jours, c'est-à-dire jusqu'à Pâques, on les introduisait pour cet effet dans la nefde l'église, afin de les catéchiser, et de les instruire des mystères de la religion, et de leur en inspirer la sainteté, non-seulement par des paroles, mais encore par la vue de la ferveur et du zèle des premiers Chrétiens, de leur modestie dans l'église, de leur charité et de leur assiduité à la prière, de leur respect pour les choses saintes, de leurs veilles, de leurs aumônes, de leur pénitence, de leur dévotion, surtout de la faim qu'ils avaient d'écouter la parole de

SUPPLEMENT AU CATECIl. DE BOURGES. — ltNSTRUCT. SUR LES FETES.

Dieu, de chanter ses divines louanges, et do participer aux sacrements. O Dieu ! les beaux spectacles ! ô les exemples admirables ! O que nos églises ont changé de face, et sepiante jours passés, c'est-à-dire le same.li de Pâques venu, on leur administrait le saint baptême.

INSTRUCTION VI

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