‹ Œuvres completesChapitre 171 sur 296 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le dessein qu'on eut, il y a quelques années, dans les trois éditions consécutives de ce livre, fut de prémunir les nouveaux réunis, contre l'abus que les ministres faisaient alors des prophéties de ['Apocalypse, qu'ils assuraient devoir s'accomplir incessamment sur la ruine du siège pontifical et de l'Eglise catholique. Celui qu'on a à présent, en le publiant de nouveau, ne vient pas d'une persuasion qu'on ait trouvé le vrai sens de ce livre scellé, on est bien éloigné de cette présomption : mais de ne pas laisser tomber avec la vaine espérance des hérétiques, une explication qui peut servir à l'édification et à la consolation de plusieurs personnes, qui ont du goût pour ces sortes d'ouvrages. On a laissé les autres représentations qui n'ont pas semblé avoir ce double avantage. On y a ajouté diverses figures , non point faites à plaisir, ainsi qu'on en voit en beaucoup d'autres livres; mais désignées sur l'idée exacte et naturelle que le texte sacré nous en donne , et fort utiles à l'intelligence de cette interprétation.

Abrégé de cette explication.

L'Apocalypse , selon les Pères, est une prophétie de tout ce qui doit arriver de plus remarquable et de plus grand dans l'Eglise, depuis l'Ascension du Fils de Dieu , jusqu'à son retour sur la terre : et comme il y a déjà près de dix-sept siècles d'écoulés de cet intervalle, pendant lesquels il s'est passé des événements très-considérables, il ne se peut l'aire qu'une grande partie des prédictions

de ce livre divin , ne soit déjà accomplie : et ce serait beaucoup que de les marquer, e', de distinguer le passé de l'avenir, sans y chercher d'autre dénoûment que les faits rapportés dans l'histoire : c'est le dessein de celte interprétation. Liber Apocalijpsis totum hoc tempus complectitur, quod a primo adventu Christ i , usque in sœculi finem , quo erit secundus ejusadventus, excurrit. (S. Auo., lib. xx De civ. Dei, c. 8.)

Les prédictions de VApocalypse ne consistent pas simplement en des paroles mystérieuses, ainsi que celles des anciens prophètes, qui sous des termes obscurs enveloppaient les choses à venir : c'est un ramas de visions, où comme dans des tableaux énigmatiques , les événements futurs sont dépeints. C'est pourquoi saint Jean l'intitule (c. ïjApocalypse ou Révélation, plutôt que prophétie ; or en voici l'ordre et la suite. L'apôtre après avoir rendu témoignage de lui-môme, do sa qualité, de son exil, do lieu, et du temps auquel il avait souffert pour la foi ; du commandement que Jésus-Christ lui avait fait, de mettre par écrit ses visions, et de la manière dont il les avait eues, aussi bien que du jour : commence au chapitre quatrième à nous les développer en la manière suivante.

Première partie de /'Apocalypse, qui ne contient que les préparatifs aux visions *a«vanles.

Une porte s'ouvre dans le ciel , et une voix

dit à saint Jean d'y monter (cap. iv), pour

Toir les choses qui doivent arriver dans la suite.

Il aperçoit un trône dans lequel est assis l'Ancien des jours, environné d'un iris (figure du Saint-Esprit), ayant à ses côtés vingtquatre vieillards assis aussi en des trônes, représentant d'une part les patriarches chefs de l'ancien peuple, et de l'autre les apôtres chefs du nouveau : sept anges devant le trône préposés au gouvernement de l'univers pendant les sept âges du monde réparé : quatre animaux mystérieux , ayant la face, Fun d'un lion, l'autre d'un bœuf, le troisième d'un homme, et le dernier d'un aigle, parsemés d'yeux de tous côtés, c'est-à-dire, outre les évangéiistes, quatre insignes patriarches, Abraham, Moïse, David, et Elie, tous brillants des lumières prophétiques dont Dieu les éclaira, qui doivent servir d'introducteurs aux visions suivantes, et les expliquer à saint Jean.

Cap. v. — Il voit ensuite dans la main droite de l'Ancien des jours, un livre cacheté de sept sceaux, contenant le secret des mystères divins, et de tous les événements futurs qui doivent être manifestés. Un ange publie à haute voix, s'y a quelqu'un capable d'ouvrir ce livre scellé, où étaient écrits les destins de l'univers; mais personne ni au ciel, ni sur la terre, ni sous lerre , n'est digne de le regarder, loin d'entreprendre de l'ouvrir. Saint Jean , ou plutôt la nature humaine en sa personne, pleure amèrement de se voir exclue des secrets divins, qui se terminent au salut éternel, sans que personne puisse l'y admettre ; mais un des vingt-quatre vieillards (que rien n'empêche de conjecturer être le premier homme, qui par sa désobéissance affligea tout le genre humain) s'approche de lui et le console, l'assurant que le lion de Judas qui a vaincu le péché, la mort et le démon; le tils de David ouvrira ce livre, et en détachera les sceaux. L'apôtre lève les yeux, et voit au milieu du trône, et au milieu des quatre animaux, et des vingt-quatre vieillards, l'Agneau debout, et comme mort, Jésus-Christ ressuscité, portant les cicatrices de sa Passion; ayant sept cornes, figure des sept combats qu'il doit rendre dans les sept âges de son Eglise, qui vont être décrits, et sept yeux, qui sont les connaissances qu'il en a, et par lui-même, et par les sept anges, dont il se servira dans l'administration et le gouvernement de son peuple, et qu'on peut appeler ses yeux, pendant ces sept persécutions futures. L'Agneau s'approche du trône, et reçoit de la main de celui qui y était assis, le livre scellé qu'il décacheté , et pour lors tout le ciel est en fêle, et retentit des louanges de Dieu.

Jusque-là ce n'est encore que l'appareil, et comme la disposition du grand théâtre, pour parler ainsi, où se doit passer la catastrophe du monde, qui va être décrite sous des emblèmes mystérieux , partagés en sept tableaux ou peintures différentes, premièrement par l'ouverture des sept sceaux ; et en-

uite, après un silence de demi-heure qui

se fit au ciel et qui marquait une cessation de visions sous certains signes, par le son des sept trompettes , qui recommencent à représenter les mêmes choses, mais sous des emblèmes différents.

Seconde partie de /'Apocalypse, qui comprend une description des sept âges , ou états de VEglise dans la suite des temps, c'est-à-dire depuis le siècle de saint Jean, jusqu'à la fin du monde.

(Cap. vi , 1 ; — vin, 7.) L'Agneau ouvre le premier sceau, et saint Jean voit un cavalier monté sur un cheval blanc, la couronne en tâte, et l'arc à la main, qui vient de remporter la victoire , et de triompher de ses ennemis ; la première trompette sonne, et il tombe du ciel une grêle horrible, mêlée de sang et de feu , qui consume la plus grande partie des riches plantes , et des plus beaux arbres de la terre : c'est le premier âge de l'Eglise, ou le temps des martyrs. Ce cavalier avec cet équipage guerrier, exprime les combats qu'elle rendit : cette couronne est la couronne du martyre, dont elle fut ornée : cet habit blanc représente la candeur et, l'innocence de ces bienheureux temps, qui durèrent trois siècles et plus, c'est-à-dire jusqu'à Constantin, et cette grêle mêlée de feu et de sang, les cruelles persécutions qui enlevèrent ce qu'il y a de plus saint sur la terre.

(Cap. v, 3; — vin, 8.) On ouvre le second sceau, la seconde trompette sonne, et voilà un second spectacle : un cavalier sur un cheval roux, ayant un glaive à la main, va mettre tout le monde en guerre, et en dissension ; une montagne embrasée tombe dans la mer, corrompt une partie de ses eaux, les change en sang, et grand nombre de navires et d'hommes périssent: c'est le second âge de l'Eglise, ou celui de l'hérésie, qui succéda à celui des persécutions. L'Eglise jouissait à peine de la paix que Constantin lui avait procurée, qu'une guerre intestine s'excite parmi ses fidèles. Les ariens, macédoniens, nestoriens, eutychiens, monothélites , pélagiens, iconoclastes, etc., dont l'orgueil et l'esprit de schisme et de dispute est fort naturellement dépeint par ce glaive .et cette montagne de feu, divisent les fidèles, corrompent la doctrine de l'Eglise catholique et universelle, devenue par la conversion des gentils comme une mer répandue par toute la terre. Il s'élève une effroyable tempête, dans laquelle plusieurs fidèles, et des Eglises particulières tout entières, font un funeste naufrage.

(Cap. vi, 5; — vin, 10.) A l'ouverture du troisième sceau, et au son de la troisième trompette, un cheval noir paraît, et le cavalier qui le monte pronostique une famine qui le suit, dont la noirceur, selon le prophète, est le symbole. Un phénomène malfaisant tombe dans les fontaines et les fleuves, et rend les eaux amères comme de l'absinthe, d'où s'ensuit une grande mori-alilé. C'est le troisième â^e de l'Eglise : les

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nations barbares, c'est-à-dire les Goths, les leur cruauté. Un ange de l'abîme ou un

Huns, les Vandales, etc., quittant leurs sombres et noires forêts, attaquent l'empire romain, ravagent les provinces, désignées dans Y Apocalypse par les eaux, et mettent la désolation partout : les clairs ruisseaux de la doctrine et de la piété sont troublés par les idolâtries, les erreurs et les superstitions de ces nations infidèles et impies. Mais le vin et l'huile sont conservés, c'est-àdire le remède à tant de maux, puisque Jésus-Christ, ce pieux Samaritain, les guérit de leurs erreurs, et les convertit à la foi.

(Cap. vi, 7; — vin, 12.) Le quatrième sceau, et la quatrième trompette font paraître un homme comme mort, monté sur un cheval pâle, que l'enfer suit ; qui porte dans les quatre parties du monde, la guerre, la peste et la famine : il est terrible par divers monstres qu'il traîne après lui, et il fait mourir une infinité de gens. D'ailleurs, le soleil perd une grande partie de sa lumière, et la lune et les étoiles s'obscurcissent si fort que la terre en devient toute sombre. C'est le quatrième âge de l'Eglise, où le mahomélisme, el principalement l'empire turc, nommé la Mort, parce qu'il éteint le nom Romain, auquel il succède, occupant ses provinces, et détruisant Constantinople, ou la nouvelle Rome, reste illustre de l'ancien empire, dont la ruine est le signal des approches de l'Antéchrist , production du mahométisme, el de la fin du monde. Il afflige la terre de tous les fléaux les plus épouvantables: il traîne à sa suite un grand nombre de nations féroces qui désolent tout. D'autre part, la religion du soleil de justice est considérablement affaiblie par le schisme et l'esclavage des Grecs ; l'Eglise, si souvent comparée à la lune, perd une partie de sa clarté, et la foi diminue sensiblement sur la terre.

(Cap. vi, 3 ; — x, 1.) A l'ouverture du cinquième sceau, et au son de la cinquième trompette, une étoile du ciel tombe : c'est le symbole de la chute de Luther, prêtre et religieux, et de son apostasie, la plus grande qui soit encore arrivée dans le monde chrétien : on lui donne la clef du puits de l'abîme qu'il ouvre, d'où sort une fumée si épaisse et si noire, que le soleil en est obscurci, et l'air troublé. Luther s'arroge l'autorité du ministère, il fait revivre les hérésies anciennes, qui depuis longtemps! étaient, avec leurs auteurs, ensevelies dans l'enfer: de cette fumée naissent des sauterelles qui piquent comme des scorpions, figure des hérétiques. Ces insectes sont armées en guerre, ils mènent un bruit semblable à celui de plusieurs combattants, et ils portent des couronnes de faux or sur leur tête ; ils ont des faces d'homme, des cheveux de femme,; et des dents de lion.

L'interprétation est aisée : ce sontjles guerres excitées par nos hérétiques, leur révolte contre les puissances légitimes, leur fausse liberté évangélique, leur indépendance de de toute autorité, leur apparence honnête et réformé'-, leur vie sensuelle el efféminée, et

démon, qui se nomme en hébreu, en grec ou en latin, exterminateur, les conduit, parce qu'en effet, pour mieux démolir l'Eglise et en saper jusqu'aux fondements, ils réunirent contre elle, avec la haine des Juifs et les erreurs judaïques, qui ont pullulé dans le sein de la réforme prétendue, tout ce qu'il y a eu de méchant dans le schisme des Grecs, et de corrompu dans la communion latine. D'ailleurs pour mieux mériter ce nom, ils exterminèrent l'exiérieur de la religion, par le renversement des temples et des autels, par l'abolition du sacrifice, des cérémonies, et de presque tous les sacrements ; et l'intérieur, en posant jdes principes qui en détruisent toute la doctrine. Saint Jean entend sous l'autel les plaintes des martyrs et des saints, contre l'impiété de ces sacrilèges, qui, autant qu'ils ont pu, ont anéanti leur culte, leur intercession, leur invocation, brûlé leurs images et leurs reliques.

(Cap. vi, 12.) La sixième trompette retentit, et voilà une armée infinie d'ennemis terribles et épouvantables, qui désolent l'univers, et qui font mourir la troisième partie des hommes; comme c'est un mystère futur, on n'entreprend p&s de l'expliquer : on s'abstient même de faire des conjectures sur la proximité ou l'éloignement de cette sixième plaie, qu'on peut voir et lire, mais qu'il serait téméraire de vouloir approfondir.

Après la' description du sixième âge de l'Eglise, et avant le seplième, c'est-à-dire entre la sixième et la septième persécution, saint Jean voit arriver des choses extrêmement considérables : 1* La conversion des Juifs ; 2° un ange qui annonce la fin du monde (c. vu) ; 3° la venue et la prédication d'Enoch et d'Elie (ex); 4° le règne de l'Antéchrist, qui fait mourir ces deux prophètes, mais ils ressuscitent, et montent au ciel. (C. xi.)

Enfin le dernier sceau s'ouvre, la septième trompette sonne, et voilà le jugement dernier, et Jésus-Christ qui descend du ciel accompagné des anges et des saints. (C. vi, 12 ; — xi, 3.)

Troisième partie de /'Apocalypse, dans laquelle suint Jean reprend les persécutions du démon et de l'empire romain, contre l Eglise naissante, qui triomphe de l'un et de l'autre, ou l'histoire des sept premiers siècles.

Saint Jean ayant rapporté les sept âges de l'Eglise, à commencer depuis l'Ascension de Jésus-Christ, jusqu'au jour du jugement dernier, reprend une des principales parties de sa prophétie, et revient à son temps pour décrire l'établissement de l'Eglise et la destruction de l'idolâtrie et de l'empire romain, suivant ce que l'ange qui venait d'annoncer la fin du monde, lui avait ordonné, qu'il fallait qu'il prophétisât derechef aux rois et aux nations. (C. x, 11.)

(Cap. xn.) Un grand spectacle paraît au ciel • une femme revêtue du soleil, la lune

sous ses pieds et couronnée de douze étoiles, gémit dans les douleurs de l'enfantement : c'est l'Eglise, Epouse du soleil de justice, dont la durée n'est pas-sujette au changement et dont les douze apôtres sont la gloire, qui enfante dans les angoisses de la persécution, car elle était telle au siècle de saint Jean, auquel il faut se remettre : un dragon roux et horrible, paraît aussi dans le ciel, ayant sept têtes couronnées, et dix cornes, et traînant de sa queue la troisième partie des étoiles du ciel, lesquelles il renverse en terre : c'est le démon, cet esprit sanguinaire et homicide dès le commencement, qui entraîne les mauvais anges dans sa rébellion, et qui se faisait adorer comme le souverain des cieux. Eortifié de ses complices, de sept principaux tyrans, et de dix persécutions que ces sept têtes et ces dix cornes signitient, il prétend engloutir l'enfant de cette femme, ouïe christianisme naissant, qu'il prévoyait devoir dominer dans le monde, détruire les autels et établir le culte du vrai Dieu : mais l'enfant que cette femme a mis au monde, est enlevé au trône de Dieu : Jésus-Christ avec l'Eglise des premiers-nés, s'élève au ciel : et pour lors cette femme, ou l'Eglise militante, se voit exposée à la rage du serpent, qui met en usage ses dix cornes et ses sept têtes contre elle. Cette femme, ou l'Eglise ainsi persécutée par le dragon, s'enfuit dans le désert, asile ordinaire des premiers tidèles pendant plus de trois cents ans, et lors de la fureur des tyrans idolâtres contre elle. Malgré tant de cruautés, le christianisme se répandant partout, le démon commence à décheoir de sa divinité prétendue, et à n'être plus regardé pour le monarque du monde. Saint Michel et les bons anges combattent contre cet ambitieux, qui est précipité et reconnu pour le séducteur du genre humain. Désespéré de se voir ainsi détrôné, il va poursuivre la femme, ou l'Eglise jusque dans les déserts les plus reculés, ou les empereurs idolâtres envoient massacrer les fidèles, particulièrement sous le règne de Dioclétien : mais la terre, c'est-à-dire la puissance temporelle, protège la femme : Constantin vient au secours des Chrétiens, et arrête la fureur du démon, qui, voyant l'empire partagé, Constantin adorateur du vrai Dieu d'une part en Occident, et les tyrans idolâtres à Rome, et en Orient de l'autre, change la persécution en guerre. Maxence est le premier qui attaque de nouveau l'Eglise, et déclare la guerre à son protecteur : il est vaincu par le signe salutaire de la croix. Maximin l'imite et le surpasse en cruauté; il est surmonté par le secours des anges. Licinius, dernier rejeton de la persécution de Dioclétien, a le même sort, il est défait par la vertu de la croix, sur le bord .du Bosphore, où l'on élève un trophée à" saint Michel, et le dragon vaincu s'arrête sur le bord de la mer.

(Cap. xiii-xvni.)— C'est pour en voir sortir 'empire idolâtre que Constantin avait éteint, et qui est de uouveau suscité par Julien, septième persécuteur, et figure de la grande

apostasie de l'Antéchrist : ce qui fait que les prophéties de ces deux événements mêlés ensemble, rendent l'endroit obscur, les choses prédites du premier, ne devant entièrement s'accomplir que sous le second. Les prestiges et les sortilèges se renouvellentsous Julien, l'idolâtrie revient au monde, et domine, et l'Eglise est plus affligée que jamais sous cet apostat. Jésus-Christ, l'Agneau de Dieu, paraît, et console du haut du ciel son peuple : il se rit des complots insensés de ce nouveau Pharaon, qui sera bientôt submergé dans une mer de son sang, et sur lequel on chantera l'ancien cantique de Moïse. Dieu envoie des anges ou divers grands prédicateurs pour s'opposer à cet impie, qui multiplie le nombre des martyrs, mais il va périr en peu de temps. L'empire, idolâtre et incorrigible, et toujours attaché à ses anciennes superstitions, ruisselle le sang de tous côtés, et celui des martyrs est vengé. En effet, les nations barbares ravagent les provinces de l'empire romain persécuteur et idolâtre, et sept anges par l'effusion de leurs sept fioles, vont lui porter sept coups mortels, qui l'abattront sans ressource. Julien est frappé à mort, et tous les magiciens massacrés. Rome perd l'empire de la mer : les provinces du nord et du midi, de l'occident et de l'orient, se démembrent de leur capitale : l'Italie est envahie, et enfin le trône de la bête, Rome est prise, saccagée et brûlée par Alaric et les Goths.

Un de ces sept anges vient développer toute cette grande catastrophe à saint Jean, qui ne l'avait encore vue qu'avec beaucoup d'obscurité. Pour cet effet, il le transporte en esprit dans un désert, afin de lui découvrir avec moins de distraction, et sous une forme plus intelligible la ruine de Rome et de son empire idolâtre : ce qu'il fait d'une manière très-distincte et très-singulière.

Cette surprenante vision est terminée par un ange lumineux qui vient du ciel, et qui publie la chute de Rome, dont la ruine est rapportée dans toutes les circonstances, et décrite avec une magnificence sans égale.

Quatrième partie de /'Apocalypse, contenant ce qui doit arriver depuis la destruction de l'empire romain et de l'idolâtrie, jusqu'à la venue de l'Antéchrist et la fin du monde.

(Cap. xix-xxj.) — Après de si grands événements, l'empire romain détruit, l'idolâtrit» abolie, le vrai Dieu reconnu, les nations barbares converties, les noces do l'Agneau se célèbrent, le ciel est en fête, et la terre en joie, par l'établissement de l'Eglise dans tout l'univers, où la foi et la piété fleurissent à l'envi, et où le trône de Dieu est fondé pour toujours. Un ange enchaîne l'ancien serpent qui séduisait le genre humain, et l'emprisonne dans l'abîme, où il sera détenu jusqu'à la fin du monde. Cependant la parole de Dieu se prêche, et se répand dans tout l'univers: les peuples entiers se convertissent, et tons les hommes sont appelés au souper de l'Agneau : c'est co qui se passe sur la

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