‹ Œuvres completesChapitre 173 sur 296 · L'APOCALYPSE EXPLIQUEE. - AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

L'APOCALYPSE EXPLIQUEE. - AVANT-PROPOS

nutlo sapientium sceculi apud Grœcos usurpation. Unde mihi videntur quemadmodum in aliis verbis quœ de Ilœbrœo in Grœcum LXX interprètes transtulerunt , ita et in hoc magnopere esse conatos , ut proprietatem peregrini sermonis exprimèrent , nova novis rébus verba fing entes, et sonare cum quid tectum et velatum , ablato desuper operimento, ostenditur et profertur in locum. Hoc ut manifestius fiât accipile exemplum. Moi/ses cum Deo revelata et aperta facie loqucbatur, id est, absque velamine , ad populum autem loquens , quia vullum ejus attendere non valebat, velamen ponebat in facie. Ante Arcam quoque Testamenti vélum oppensum erat , quod cum fuisset reductum, ea quœ ante abscondita fuerant , prodebantur, et ut ipso verbo ular, recelabuntur. Apocalypsis nomine occultorum mysteriorum patefactio designatur. (Andr., César. , inApoc, c. i.)

L'Apocalypse est certainement un livre prophétique, qui comprend ce qui doit arriver de plus considérable, depuis Jésus- Christ jusqu'à la consommation des siècles, selon la commune doctrine des Pères et des docteurs de l'Eglise : Liber Apocalypsis totum hoc lempus complectitur, quod a primo adventu Christi usque in sœculi finem, quo erit secundus ejus Adventus , excurril , dit saint Augustin au chap. 8 du livre xxeZ)e la cité de Dieu. Il faut donc consulter l'histoire, pour entrer dans l'esprit de saintJean, 121 ne recourir au sens mystique, qu'après avoir établi le sens historique et littéral , suivant cette règle de notre saint en plusieurs endroits, particulièrement sur le second chapitre d'Abdias. « Nous devons, » dit-il, « suivant notre coutume lorsque nous expliquons les prophètes, poser l'histoire pour fondement, après quoi nous pourrons donner le sens mystique. » In interpretatione prophetica debemus nostrum morem sequi, ut primum hisloriœ fundamenta jaciamus, deinde sequamur intelligent iam spiritalem.

Saint Jérôme nous apprend que saint Jean, dans son Apocalypse, avait décrit dans ses emblèmes mystérieux tous les secrets des siècles à venir. Fuit autem Joannes prophète, vidit enim in Patmos insula, in quafuerit a Domitiano principe, ob Domini martyrium, relegatus , Apocalypsim infinita futur orum mysteria continentem. Le vénérable Bède, de qui la doctrine n'est qu'un précis de celle des anciens, assure que saint Jean dans son Apocalypse, ne fait que décrire sous différentes ligures , tous les événements et les temps futurs de l'Eglise, à commencer dès la naissance du Sauveur : Quœ et qualis futura esset Ecclesia, récapitulât a Christi nativitate , eadem aliter dicturus. Totum enim lempus Ecclesiœ variis in hoc libro figuris repetit. Elenim fundata per apostolos Ecclesia, quali vel cursu dilatanda, vel fine perficienda esset, ad roborandos contra mundi adversa, fidei prœdicatores ,, oportuit reveluri.

Mais pourquoi chercher des preuves étrangères, puisque Jésus-Christ, l'auteur

de cette divine révélation , ordonne à saint Jean, dès le commencement, qu'il écrive les choses qui doivent arriver dans la suite des temps, lesquelles commençaient déjà à s'accomplir. Scribe ergo quœ vidisti, quœ sunt, et quœ oporlet ficri post hœc, quasitdiceret : scribe, quœ sunt Ecclesiœ ventura ; et qu'il ne scelle point ce livre prophétique , parce que ses prédictions allaient incessamment commencera s'accomplir. El dicit mihi, Ne signaveris verba prophetiœ hujus , lempus enim prope est, ecce venio cito.

Saint Jean devait donc écrire l'histoire de l'Eglise, écrivant les emblèmes de VApocalypse : Scribe quœ sunt, et quœ oportet fieri cito. En voilà le commencement : Et quœ oportet fieri post hœc. En voilà toute la suite. El ne fermez point le livre de celte prophétie; Et ne signaveris verba prophetiœ hujus. Parce que le temps de son accomplissement commence déjà : Tempus enim prope est. Et que ces événements vont sans cesse, et sans retardement arriver: Deus Spirituum prophetarum misit angelum suum ostendere servis quœ oportet fieri cito. Jésus- Christ même voulait que ses prophéties fussent annoncées et proposées à ses serviteurs, comme nous avons vu dès les premières paroles : Apocalypsis Jesu Christi, quam dédit illi Deus palam facere servis suis : et qu'on s'appliquât à méditer et à pénétrer leurs sacrées ténèbres, selon le don que le Seigneur daignerait leur en communiquer, et les lumières dont il les éclairerait : promettant des récompenses à ceux qui s'emploieraient à un travail si grand et si noble : Bealus qui legit et audit verba prophetiœ hujus : et surtout s'ils purifiaient leur vie par la pratique des saints et religieux sentiments qu'inspire la lecture de tant d'oracles divins , et serval en quœ in ea script a sunt.

On va donc commencer, mais encore une fois avec frayeur, et faisant au lecteur la même prière que saint Jérôme faisait en ces termes dans une semblable entreprise : Demandez pour moi la grâce de Jésus-Christ, afin qu'animé du même esprit qui a inspiré aux prophètes la connaissance de l'avenir, je puisse entrer dans leurs sacrées obscurités, et entendre le langage de Dieu. C'est dans son avant-propos Sur Isaie, c. l : Mihi imprecare gratiam Christi, ut eodem spiritu quo prophetœ fulura cecinerunl, possim in nubem eorum ingredi , et caliginem, et Dei nosse sermonem.

D'aulant plus que comme il s'explique dans la Préface, Sur Osée : « Si dans l'explication de tous les prophètes nous avons besoin de l'assistance du Saint-Esprit, afin que ce même espritquiles a fait écrire, nous les fasse interpréter; et si dans Isaïe nous trouvons un livre scellé, que les scribes et les pharisiens, qui se vantent d'avoir la clef des Ecritures, ne peuvent lire, tant il est cacheté, et qu'il n'y ait que le seul lion de la tribu de Juda, que Dieu le Père a marqué de son sceau, qui puisse nous en découvrir les mystères; avec combien plus de fondement entreprenant l'explication de ï'Apoca-

lypse, devons-nous recourir à la prière, et dire avec saint Pierre, Seigneur, expliqueznous celle énigme. » Si in cxplanationibus omnium prophclarum sancti Spiritus indigemus adventu, ut cujus instinctu scripti sunt illius revelatione pandantur. Et in Isaia signatum librum legimus, guem scribœ et pharisœi, qui legis litleras nosse se jactant, non possunt légère quia signatus est : nullusque invenire potuil nisi leo de tribu Juda quem §ignavit Dcus Pater, qui ejus posset reserare mysteria : quanlo magis in explanalione

Apocalypsis orandus est Dominus , et cum Petro dicendum : Edissere nobis parabolam istam.

Voici encore comme il s'explique ailleurs: Liber in Apoc'alypsi septem sigillis signatus oslenditur, quem si dederis homini scienli littcras et légat, respondcbit libi, Non possum, signatus est enim. Quanti hodie putant senosse litleras ? tencnt signatum librum, nec aperire possunt, nisi ille reseraveril , qui habel clavem David, et nemo claudit, claudit et nemo aperit. (S. Hier., Ad Paulin.)

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