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ttil lien rapporte, qu'ayant été plongé à Rome dans une chaudière d'huile bouillante, il en sortit plus pur et plus sain qu'il n'y était entré. Au reste son Evangile est extrêmement différent des autres : car saint Matthieu commence le sien de la même manière que s'il allait écrire l'histoire d'un homme, disant : Voici le livre de la- génération de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abrabam. Saint Luc le commence par le sacerdoce de Zacharie; et saint Marc par la prophétie de Malachie et d'isaïe. Le premier est désigné par la face d'un homme, b cause de la généalogie; le second par celle d'un bœuf, à cause du sacrifice; le troisième par celle d'un lion, à cause de la voix rugissante de saint Jean dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, et faites droites ses voies. Mais notre grand évangéliste saint Jean, semblable à l'aigle, vole vers le ciel, et s'élève jusqu'au sein du Père, disant: Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu. » Fuit autem Joannes et apostolus, et evangdista. et propheta. apostolus quia scripsit ad Ecclesias Ut magister; evangdista quia librum evangelii condidit, quod excepto Matthwo, alii ex duodecim apostolis non fecerunt; propheta, quia vidit in Pathmos insula, in qua fueral a Domitiano principe ob Domini martyrium relegatus, Apocalypsim, infmita futurorummysteria continenlem : refert autem Terlullianus, quod Romœ missus in ferventis olei dolium, purior, etvegetior, exiverit, quamintraverat. Sed et ipsum ejus Evangelium multum distat a cœteris. Matthœus quasi de homine incipit scribere: Liber generationis Jesu Christi Jilii David filii Abraham : Lucas a sacerdolio Zachariœ : Marcus a prophctia Malachiœ et Isaiœ. Primus habet faciem hominis propter genealogiam : secundus faciem rituli propter sacrificium : terlius faciem leonis propter vocem clamantis in deserto. Parate viam Domini, rectas facile semilas ejus. Joannes vero noster quasi aquila ad supcrna volât, et ad ipsum Patrem pervenit, dicens : In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum.
Apostolus Joannes posteaquam in oleum igncum demersus nihil passus est, in insutam relegatur. (Tertcl., Dej)rœsc.,o,ap.3().) Voici encore ce qu'il ajoute dans son livre Des auteurs ecclésiastiques : « Saint Jean l'apôtre que Jésus aima tant, fut fils de Zébédée, et frère de ce Jacques aussi apôtre, auquel Hérode, après la Passion du Sauveur, fit couper la tète : il écrivit son Evangile le dernier de tous, en ayant été prié par les évoques d'Asie, pour réfuter les erreurs de Cerinthe et autres hérétiques, et particulièrement l'impiété naissante des Ebionites, qui prétendent que Jésus-Christ n'avait pas été avant Marie : c'est pourquoi il se vit obligé d'expliquer sa génération éternelle. Or en la quatorzième année du règne de Domilien, . )ui le second après Néron persécuta l'Eglise, saint Jean fut relégué en l'île de Patmos, où il écrivit son Apocalypse, que saint Justin et saint Inérée ont interprétée ; mais Domitien ayant été tué, et ses cruels décrets annulés par le sénat, notre
L APOCALYPSE EXPLIQUEE
apôtre revint à Ephèse sous le règne de Nerva, où il vécut jusqu'au temps de Trajan, fondant et gouvernant toutes les Eglises d'A-ie. » Joannes apostolus quem Jcsus amavit plurimum, filius Zebcdœi, et frater Jacobi aposloli, quem Jlerodes j)ost Passionem Domini decollavit, novissimus omnium scripsit Evangelium, rogatus ab Asiœ episcopis, adversus Ccrinthum, aliosque hœreticos : et maxime lune Ebionitarum dogma consurgens, qui asserunt Christum ante Mariant non fuisse ; unde et compulsus est divinam ejus uativitatem edicere. Quarto decimo igitur anno, secundam post Neronem perseculioncm movente Domitiano, in Patmos insulam relegatus scripsit Apocalypsim, quam interpretatus Justinus et Irenœus linterfeclo autem Domitiano, et actis ejus ob nimiam crudelitatem a senatu rescissis, sub Nerva principe rediit Ephesum, ibique usque ad Trajamim principem, perseverans, tolas Asiœ fundavil rexitque Ecclesias.
Eusèbe môme, dans son Histoire, nous donne des marques de l'étendue du zèle de ce grand apôtre, et nous apprend des circonstances qu'il ne faut pas omettre ici. C'est au 23° chapitre, livre m : « Après la mort de Domilien, dit-il, saint Jean, revenu de l'île de Patmos à Ephèse, se transporta dans les provinces voisines, partie pour y établir des évoques, partie pour y fonder des Eglises entières, et leur donner leur forme, partie aussi afin de recevoir au clergé, ou en l'héritage du Seigneur, des hommes que le Saint-Esprit lui avait indiqués. » Cum post obitum tyranni (Domitiani) ex insula Patmos rediisset Joannes, ad finitimas quoque provincias rogatus se contulit, partim ut episcopos constitueret, partim ut Ecclesias intégras disponercl, ac formaret, partim eliam ut homines sibia divino Spirilit indicatos m clerum quemdam seu sortem Domini seponerct.
Et ce fut là, pour revenir à ce que dit saint Jérôme, que cefidèledisciple de Jésus- Clirist, la soixante-huitième année après la Passion de son Maître, rendit son âme au Seigneur, et fut enterré proche la même viile d'Ephèse : Confectus senio sexagesimo octavo post Passionem Domini anno, mortuus juxta earndem urbem sepultus est.
Saint Jean ayant donc rendu compte de ce qu'il était, eUde ce qu'il avait souffert pour la foi, et ayant encouragé les fidèles à la patience par l'exemple de la sienne et par l'association qu'il veut avoir à leurs travaux, continue son récit d'autant plus recevable, qu'il était scellé du témoignage authentique du sacrifice qu'il avait fait de lui-même.
10. J'ai été en esprit un jour de dimanche, et j'ai entendu derrière moi une voix, comme d'une trompette, qui disait: — Je fus, dit-il, ravi en esprit un jour de dimanche, jour du Seigneur, consacré à l'adoration de ses ouvrages, dont la consommation est ici décrite, elle premier de la semaine, qui va donner naissance à la découverte des événements qui dureront pendant cette semaine de temps destinée aux travaux de cette vie,
OEUVilES COMPLETES DE DE LA CHETARDIE.
et qui se termineront au grand jour du repos : Septem proptcr mysterium hebdomadis et Sabbali[S. Hier. I. xiv,in Isa. lui.) El f ai entendu derrière moi une voix forte comme d'une trompette : rien n'est plus capable de surprendre qu'un bruit inopiné, qui retentit tout d'un coup derrière nous ; ce qui montre qu'on allait révéler à notre apôtre les choses qui devaient arriver après lui, audivi post me, et se terminer au jugement dont une trompette sera le signal, et qui disait :
11. Ecrivez dans un livre ce que vous voyez, et envoyez-le aux sept Eglises qui sont en Asie, et je me retournai pourvoir la voix qui me parlait.
12. Et m étant retourne', je vis regardant ■derrière moi sept chandeliers d'or.
13. El au milieu des sept chandeliers d'or, quelqu'un qui ressemblait au Fils de l'homme, vêtu d'une longue robe, et quiétait ceint audessous des mamelles d'une ceinture d'or.
lk. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche et comme la neige, et ses yeux brillaient comme la flamme du feu.
15. Et ses pieds ressemblaient à de l'airain luisant qui est dans la fournaise, et sa voix comme le bruit de plusieurs eaux.
16. Et il avait en sa main droite sept étoiles, et de sa bouche sortait une épée à deux tranchants, et son visage éclatait comme le soleil, lorsqu'il est en sa plus grande force.
Tout ceci est mystérieux, selon les Pères. Ce nombre de sept, si souvent répété, nous dispose aux sept différents âges de l'Eglise, qui seront ci-après développés, et nous insinue que ce qui sera décrit dans l'Apocalypse, concerne le temps de celte vie laborieuse, qui n'est qu'une semaine réitérée, et qui nous conduit à l'octave bienheureuse, figurée, disent les saints, par celle de la transfiguration arrivée le huitième jour, où tout se terminera; étant très-convenable que l'on confiât à l'Eglise une l'ois fondée, et pour affermir sa loi, le dépôt sacré des prophéties de tout ce qui lui devait arriver, suit dans son progrès, soit dans sa fin. Cette robe sacerdotale, signifie notre humanité dont Jésus-Christ s'est revêtu, qu'il a offerte pour nous en satrifiee à la croix ; et tout ensemble la dignité de Souverain Pontife, qu'il exerce encore.dans le ciel s,elon l'Apôtre. Cette ceinture d'or au dessous des mamelles, ou du cœur, siège de la cliarité, et non audessus des reins, siège de la convoitise qui n'était pas en Jésus-Christ, le chœur des saints, qui éprouvés ainsi que l'or dans la lournaise et nourris de la doclrine des deux testaments, entourent Jésus-Christ comme un riche ornement. Ces pieds embrasés, son dernier avènement par le l'eu et les souffrances des hommes apostoliques (surtout des derniers), poriant l'Evangile par tout l'univers. Celle épée à deux tranchants, non à la main, ni au côté, mais sortant de sa bouche, la sentence de ce juste Juge qui porte son exécution avec elle, aussi bien que la parole de Dieu qui va se prêcher,
tuer l'impie , comme parle le prophète, juger l'un et l'autre peuple, l'ancien et le nouveau, l'ange et l'homme ; et enfin exécuter les arrêts de sa justice, contre les déserteurs de la milice divine. Ce chef et ces cheveux blancs, la sagesse de ce [Juge, ou de cet Ancien des jours, qui lui est coéternelle, et qui émane de lui ainsi que les rayons du soleil, et laquelle va découvrir les secrets de tous les siècles futurs. Ces yeux brillants d'une flamme vive, l'examen rigoureux qu'il fera des consciences. Celte voix comme de plusieurs eaux, l'assemblée générale de tous les hommes appelés à la foi par le baptême, et convoqués au grand jour du jugement. Enfin ces sept étoiles en la main droite de Jésus-Christ, qui représentent les sept Eglises d'Asie, à qui saint Jean allait écrire, ne sont-elles pas aussi les symboles et des sept anges préposés au gouvernement de l'univers, et des sept âges de l'Eglise mis à la disposition de Jésus-Christ? Fundata per Apostolos Ecclesia; quali vel cursu dilalanda, vel fine perficienda essel, ad roborandos contra mundi adversa fidei prœdicatores oporluit revelari. Poderis tunica talaris est vestis sacerdotalis Christi... per quam sacerdolium ejus ostenditur quo se pro nobis in allari crucis obtuiit hosliam palri. Moyses secundum hune typum vestiluit Pontificem. in veste sacerdolali ista, sacerdotium traditum.... at earum quœ habet passionem. Mammœ duo Teslamenta. Zona chorus sanctorum, ut aurum igné probatorum, et per passiones conflalorum. Beatus quoque Joannes in Apocalypsi vidit Filiumhominis preecinelum zona aurea, id est, sanctorum caterva.Vidit podere hoc est lalari veste indutum utpole. Pontificem secundum ordinem Melchisedech in coelestibus : zona autem aurea prœcinctum, non circa lumbos ut cœteri mortalium, adeomprimendas carnis illecebras. Mamillœ duo teslamenta per quœ fidèles nutriuntur. Mamillas duo Teslamenta dicit quibus sibi eonnexum sanctorum corpus imbuit : zona aurea chorus sanctorum concordi charitate Domino adhœrens, et Teslamenta compleclens , servantes, ut ait Apostolus,unilalem Spiritus in vinculo pacis. Pedes similes auricalcho, passiones ecangelizantium, Ecclesiam firmantium, per quos ambulat prœdicatio. Et pedes ignitos propter adveniens in' fine lemporum succensionis incendium. Caput Christi Deus. Aquœ mullœ populi, per donumbaptismi, etc. Gladius bis aculus de ore emicans, verbum judicans populum hinc veterem, inde novum, et puniens milites desertores. Et j)ercutiet terrain virga oris sui, et spirilu lubiorum suorum interficiet impium : et erit justifia cingulum lumborum ejus, et fides cinclorium renum ejus. Anliquus dierum sedit,vestimentum ejus candidum quasi nix, et capilli capitis ejus quasi lana muncla. Multitudo populorum multorum ut multitudo maris sonantis ; et tumultus lurbarum sicul sonitas aquarum mullarum. (Ueda, init. I.itn Apoc. ;S. Iren., lib. iv adv. Uœr., c. 37.; S. Victor, Ponlif. in ordine subdiac; And. C^esar.; S. Viçtoriis.; Isa, vu, Van. vu, Isa. xvn, 12.]
L'APOCALYPSE EXPLIQUEE
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17. Et Fayant va, je tombai à ses pieds comme mort, et il mit sa main droite sur moi, en disant : Ne craignez point, je suis le premier et le dernier.
18. Je suis vivant et j'ai été mort, et voilà que je suis maintenant vivant aux siècles des siècles, et je tiens les clefs de la mort et de l'enfer. C'est donc Jésus-Christ ressuscité et dans la gloire, le maître de la vie et de la mort, celui qui tient les clefs du paradis et de l'enfer, l'arbitre souverain du sort de tous les hommes, qui parle ici, et j qui ajoute :
Ecrivez donc les choses que vous avez vues, les choses qui sont, et qu'il faut qui se fas-
sent ensuite. — Voici ce que contient le Livre de l'Apocalypse, l'histoire de l'Eglise et de tous les temps qui allaient suivre celui de saint Jean, et quœ oportet fieri post hœc, et que cet apôtre va voir, et consignera la postérité. Pour cet effet on commence cetlo interprétation par le ive chapitre, le W et le nic ne concernant que les Eglises d'Asie en particulier. Aquœ quas vidisti, populi sunf, et gentes, et linguœ. Septem sunt angeli quorum est maxima potentia, primogenili anrjelorum : principes, per quos Deus omnibus hominibus providet. Angeli, oculi Dei : quibus cura nostri omnium concredita est.
(Apoc. xvn,13; S. Clem. Alex., lib. vi Strom., anle fin.; Basil., in ps. xxxm.)