CE QUE NOUS DEVONS CROIRE
dues au péché, en tant qu'elles empêchent de nouvelles transgressions pour lesquelles on serait puni, comme quand on restitue, qu'on entend la Messe, qu'on jeûne, etc. ; 3° elles sont ordinairement suivies de bénédictions temporelles et spirituelles.
Des dons du Saint-Esprit.
Qu appelez-vous les dons du Saint-Esprit ?
Des grâces spéciales qui nous rendent dociles et prompts à suivre les inspirations de cet Esprit divin, qui nous facilitent le chemin de la perfection, et qui nous donnent des vues sublimes.
Combien y en a-t-il ?
Sept.
Expliquez leurs effets ?
1° La sapience, ou la sagesse, donne une connaissance sublime et savoureuse des biens éternels et divins, et fait juger du mérite des choses par le rapport qu'elles ont à eux.
2° L'intelligence, ou l'entendement fait pénétrer les vérités de foi, et les mystères de la religion, autant qu'il est expédient pour le salut et pour les emplois qu'on a dans l'église, et auxquels Dieu destine.
3° La science fait envisager les choses naturelles par rapport au salut, et à la fin pour laquelle Dieu lésa créées, et découvre la manière d'en user pour sa gloire et pour notre sanctification.
4° Le conseil fait discerner au besoin ce qu'on doit dire, faire et éviter, pour se bien conduire au service de Dieu, et pour se conformer en toutes choses à la rectitude, et à la vérité souveraine.
5° La piété donne un cœur filial et d'enfant envers Dieu, et fait qu'on l'aime et qu'on le révère comme son père très-cher et très-honoré.
6° La force fait qu'on ne désiste jamais du bien commencé pour la crainte des travaux ni de la mort : car elle rend courageux dans les saintes entreprises, ferme contre les tentations, inébranlable aux ennemis de la religion et du salut, et disposé à tout faire, tout quitter et tout souffrir pour Dieu.
7° La crainte fait respecter souverainement la majesté de Dieu, et appréhender de lui déplaire, et d'être séparé de lui, comme le plus grand des malheurs. En effet , 1° lorsque le Saint-Esprit répand en nous ses lumières ; qu'il nous fait connaître les vérités et goûter les biens éternels, il est appelé esprit d'intelligence, de science et de sagesse ; 2° lorsque dans les perplexités il nous fait prendre le bon parti par les moyens prudents qu'il nous suggère, et surmonter les obstacles aux bons desseins par le courage qu'il nous donne, il est appelé esprit de conseil et de force ; 3° lorsqu'il nous communique la vraie et solide dévotion envers Dieu, accompagnée d'une amoureuse appréhension de lui déplaire, il est appelé
dues par la bonté de Dieu, et on les appelle ressuscitées.
esprit de piété et de crainte de Dieu (22).
Quand reçoit-on particulièrement ces dons?
A la confirmation, eu chacun les reçoit dans un certain degré, et quoiqu'il soit rare de les voir tous éclater dans un seul fidèle, il ne l'est pas de les trouver dans une communauté ou assemblée de fidèles bien unis à Dieu.
Pourquoi les attribue-t-on au Saint-Esprit?
Parce qu'il procède par voie de volonté et d'amour, d'où tout don procède.
A quoi servent encore ces dons ?
1° Ils chassent le péché ; 2" ils disposent à la perfection ; 3° ils rendent propres à la vie active et contemplative.
Comment chassent-ils les démons?
l"La crainte bannit l'orgueil; 2° le conseil, l'avarice; 3° lasapience, la luxure ; k" la piété, l'envie; 5° l'entendement, la gourmandise ; 6° la science, la colère ; 7° la force, ia paresse.
Comment disposent-ils à la perfection ?
1° La sagesse nous rend prudents ; 2° l'entendement, prévoyants ; 3° le conseil, avisés ; à" la force, courageux; 5° la science, discrets; 6° la piété, miséricordieux; 7° la crainte, humbles.
Comment rendent-ils propres à la vie active et contemplative?
La vie active doit avoir, 1° la science, pour discerner; 2° la piété, pour opérer ; 3° la force, pour supporter ; 4° le conseil, pour diriger ; et la vie contemplative qui ne s'occupe que de Dieu ; 5° la crainte, pour honorer sa majesté ; 6° l'entendement, pour connaître sa vérité; 7° la sapience, pour goûter sa bonté.
Quelle différence y a-t-il entre les dons et les vertus?
Les dons sont comme des impulsions qui font agir avec promptitude, facilité, force, élévation : les vertus sont des habituues qui font agir avec [dus de lenteur, de peine et de médiocrité. Par les dons on vogue à pleines voiles, par les vertus on va à rames. Les vertus soumettent les appétits de la convoitise à la raison, et les dons rendent les puissances de l'unie souples aux mouvements de Dieu.
Des fruits du Saint-Esprit.
Qu 'appelez-vous les fruits du Saint-Esprit ?
Certaines actions vertueuses qu'on fait avec plaisir et perfection, dont le Saint-Esprit est comme la semence ou la racine ; ou
(22) On peut étendre l'explication de ces dons en faisant lemarquer surtout f|ue la sagesse nous fait comprendre notre lin dernière, et apprécier toutes choses à leur juste valeur, en donnant la préférence à l'éternité. L'intelligence nous donne une esiimeet une admiration sans bornes pour tout ce que Dieu a daigné nous révéler et pour les voies merveilleuses dont il se sert pour sauver les âmes. La science nous montre les créatures dans leurs rapports avec Dieu, et en nous faisant discerner les moyens de salut, nous démontre la vanné, 1 instabilité vie toutes les choses humaines. Le conseil nous inspire, à l'occasion, les censées et les résolutions qui nous aident à triompher des vices et pour pratiquer la vertu. La force ne nous laisse pas abattre par les difficultés cl les obstacles ; elle nous communique
plutôt certains sentiments habituels, doux et pieux, qui sont les productions d'une vertu parfaite, que le Saint-Esprit a comme cultivées en nous, et conduites à maturité.
Combien y en a-til?
Douze (23).
Expliquez-les ?
1° Charité, ou union amoureuse au souverain bien ; 2° joie dans la possession de ce bien qu'on aime ; 3° paix, que l'inquiétude de perdre, ou le loisir d'acquérir tout autre bien ne trouble plus; k" patience parmi les maux, que la douceur du bien qu'on goûte surpasse ; 5° bénignité, ou effusion du bien dont on est plein ; 6" bonté, qui aime à bien faire, et ne rien recevoir que ce qu'on ne peut donner ni ôter; 7° longanimité, dans la paisible quoique ennuyeuse attente de voir ce bien, et qu'on possède, et qu'on désire ; 8" mansuétude, d'une humeur égale à l'égard du prochain fâcheux, dont un hôte si doux console ; 9° foi, aux biens que Dieu promet, ayant pour arrhes celui qu'on tient ; lfr modestie, qui donne des bornes à tout, excepté à l'amour du bien immense dont on jouit; 11° continence, qui retranche tout plaisir, pour n'en avoir qu'un ; 12° chasteté , qui renfermejusqu'aux désirs de tout autre bien, que de celui qu'on a.
A qui sont contraires ces fruits ?
Aux oeuvres de la chair, ou aux malheureux germes de la convoitise, et qui sont, suivanl|ladoctiine de l'Apôire, l°dissensions ; 2" chagrins; 3° disputes; 4° colères ; 5° inimitiés ; C°jalousies;70 impatiences ; 8° querelles ; 9° infidélités ; 10° luxe ; 11° débauches ; 12° impudicité.
Des béatitudes.
Qu est-ce que les béatitudes ?
Certaines actions très-parfaites et trèsexcellentes, qui causent dès cette vie un avant-goût du bonheur et du repos éternel des saints, et portent avec elles le caractère de l'octave bienheureuse qui nous est promise, et où celte semaine de jours aboutit.
Quel avantage ont ceux qui les possèdent ?
llssont comme bienheureux^dès ce monde, tant ils trouvent de joie dans la récompense de la vertu sur la terre même.
Combien y en a-t-il? '
Huit.
Dit es -les ?
1" « Bienheureux les pauvres d'esprit, car
le courage dont nous avons besoin et fixe la légèreté de notre cspiil ; elle nous fait supporter généreusement les peines, les douleurs, les travaux, les mortifications et même les tourments. La piété, nous inspire un tendre amour pour Dieu, et elle s'épanche délicieusement dans les act> s les plus doux au service de Dieu, avec le plus vif désir de lui plaire et la crainte la plus amère de l'otlenser. La crainte nous rend vigilants et attentifs; elle nous montre la réparation de Dieu comme le plus grand des malheurs, en sorte qu'un redoute même l'apparence du péché.
("25) On peut voir, dans l'épîlre de saint Paul aux Galalt-s, la belle cnumération des fruits du Saint-Esprit.
lejroyaumedescieuxestàeux.» (Matth.v, 3.)
D'où naît cette béatitude ?
Du détachement parfait de tout bien créé, et du désir de ne posséder que Dieu, ce qui fait jouir une ârue d'un droit d'autant plus acquis sur le ciel, qu'elle se dépouille davantage de celui qu'elle pourrait avoir sur la terre.
2° x Bienheureux les débonnaires, car ils posséderont la terre. » (Jbid., k.)
D'où vient celte béatitude ?
De la douceur véritablement humble d'une âme sainte, qui exerce un empire d'autant plus absolu sur le cœur des hommes même terrestres, qu'elle l'ambitionne moins, ce qui lui fait déjè goûter par avance l'autorité que les saints auront un jour sur les pécheurs.
3° « Bienheureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. » (Ibid., 5.)
Qui sont ceux-là ?
Ceux qui, sincèrement affligés de se trouver dans l'exil de ce monde si longtemps éloignés de Dieu, d'y être sujets à tant de péchés, et d'y voir la terre si chargée d'injustices et de crimes, commencent d'autant plus à entrer dans la consolation éternelle des bienheureux, qu'ils s'éloignent davantage de la consolation temporelle des méchants.
4° « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. » (Ibid., 6.)
Qui sont ceux-ci ?
Ceux qui travaillent avec ardeur à leur sanctification, et qui se sentant d'autant plus attirés à Dieu, qu'ils s'en approchent davantage, commencent à goûter ce bonheur qu'on ne possédera si agréablement toujours, que parce qu'on le désirera sans cesse.
5* « Bienheureux les miséricordieux, car on leur fera miséricorde. » (Ibid., 7.)
Et ceux-ci?
Ceux qui, pour s'être chargés des misères d'c'ulrui, se trouvent déchargés des leurs propres, et qui, sentant non le mal qu'on leur fait, mais le mal qu'on se fait en voulant leur en faire, participent déjà à la charité et à l'impassibilité des bienheureux (24-).
6°« Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu.» (Ibid., 8.)
Qui sont ceux-ci?
Ceux qui, purifiés comme l'or dans le creuset, du *marc de toutes les affections charnelles, trouvent leur bonheur à voir dans la lumière de la foi , celui qu'ils doivent éternellement envisager dans la lumière de la gloire.
7° «Bienheureux les pacifiques, car ils seront appelés enfants de Dieu. » (Ibid., 9.)
Et ceux-ci?
Ceux qui, paisibles en eux-mêmes, et patients à l'égard du prochain, réconcilient les hommes avec les hommes , avec Dieu et avec eux-mêmes, imitant ainsi Jésus-Christ, et participant à sa qualité de roi pacifique et de médiateur, et faisant déjà par avance avec
les saints du ciel, l'office d'intercesseurs sur la terre.
8" « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des deux est à eux. » (Ibid., 10.)
Qui sont ceux-là ?
Ceux qui, ayant acquis la justice, en deviennent les défenseurs et les martyrs, qui se servent de la patience pour défendre la vérité ou la vertu, et qui sont tellement absorbés dans la sainteté, qu'on ne peut plus les attaquer sans être impie.
A qui ces béatitudes sont-elles opposées?
A celles des pécheurs, qui sont : 1° richesses ; 2° honneurs; 3° plaisirs; 4° libertinage; 5" dureté envers les misérables; 6* intérêt, ou amour-propre; 7" guerres et violences; 8° vengeance. Au lieu que celles de Jésus-Christ sont, 1° pauvreté; 2° humilité ; 3° pénitence ; k" religion ; 5° charité envers le prochain; 6° pureté d'intention-, 7° douceur ; 8° patience.
Y a-t-il delà différence entre les fruits et les béatitudes ?
Autant qu'il y en a entre le plaisir que donne un fruit savoureux, et le plaisir que cause la santé parfaite : les fruits font goûter la douceur qui se trouve dans l'acquisition de la vertu, et les béatitudes font jouir du bonheur qui se trouve dans sa possession.
Des grâces gratuites.
Qu 'appelez-vous grâces gratuites?
Certaines vertus que Dieu communique à qui il lui plaît, pour le salut et l'utilité du prochain.
Combien y^en a-t-il ?
Douze.
1° La sagesse, qui est un talent de parler excellemment des plus hauts mystères de la religion ; 2° la science, qui en est un d'expliquer intelligiblement les principes de la foi et des bonnes mœurs ; 3* la foi, qui donne une ferme confiance d'obtenir de Dieu des choses même extraordinaires, fondée sur la vérité de ses promesses ; k" le don de guérir les maladies, distinct de celui qui naît de la grandeur de la foi ; 5° le don de faire des miracles et des prodiges ; 6° le don de prophétie, qui fait prédire l'avenir, ou expliquer le sens obscur de l'Ecriture ; 7° le don de discernement des esprits, qui fait connaître les diverses qualités de personnes, pénétrer les secrètes dispositions du cœur, et distinguer les mouvements du démon, de la nature et de la grâce ; 8° le don des langues, ou de parler divers idiomes, ou de se l'aire entendre au cœur; 9° le don de l'interprétation du langage étranger et barbare ; 10" l'aptitude ou la dextérité à s'acquitter avec grâce et bénédiction du ministère dont on est chargé ; 11° l'adresse charitable et ingénieuse à servir les pauvres, les malades et les pèlerins; 12" le don de gouvernement, de direction ou de conduite.
Pourquoi traiter ici de toutes ces choses ?
(2i) On doit comprendre aussi dans cette béali- res, la clémence, la charité tnémc envers les entu e tous ceux qui pratiquent le pardon des injii- neinis.
OEUVRES COMPL. DF. DE LA ClIETARDIE. '*
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1* Elles appartiennent à l'ouvrage de la justification; 2° elles sont des effets du Saint- Esprit habitant dans nos âmes; 3° elles servent à l'intelligence 'de cet article du Symbole : « Je crois au Saint-Esprit. » Et comme ajoute le Symbole du concile : « Je crois au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant qui procède du Père et du Fils, et qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils, et lequel a parlé par les prophètes. »