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Et

et factae sunt voces magna?

septiraus angélus tuba cecinit, in coelo dicentes : Factum i est regnura hujusj mundi Doraini nostri et Cbristi ejus, et regnabit in saecula saeculorum. Amen.

16. Et- viginti qualuor seniores qui in conspectu Dei sedent in sedibus suis, ceciderunt in faciès suas, et adoraverunt Deum dicentes :

17. Gratias agimus tibi, Domine Devis omnipotens, qui es, et qui eras, et qui venturus es, quia accepisti virtutem tuam niagnam, et regnasti.

18. Et iralae sunt gentes, et advenit ira tua, et tempus mortuornm judieari, et reddere mercedem servis tuis prophetis, et sanclis, et timentibus nomen tuum, pusillis et magnis, et exterminandi eos qui corruperunt terram.

19. Et apertum est templum Dei in cœlo, et visa est arca Teslamenti ejus, et facta sunt fulgura, et voces, et terrae motus, et grando magna.

Chap. XI. — 14. Le second malheur est passé, et voici le troisième malheur qui vien dra bientôt. i

Cap. VI. — 12. Et vidi cura aperuiss<n sigillum sextum, et ecce terrae motus magnus factus est, et sol factus est niger, tan quam saccus cilicinus, et luna tota facta est sicut sanguis.

13. El stellae de cœlo ceciderunt super terram, sicut ficus emittit grossos suos cum a vento magno movetur.

14. Et ccelum recessit sicut liber involutus, et omnis mons, et insulae de locis suis motae sunt.

15. Et reges terrae, et principes, et tribuni, et divites, et fortes, et omnis servus et liber, absconderunt se in speluncis, et in pétris montium.

16. Et dicunt montibus et pétris : Cadite super nos, et abscondite nos a facie sedentis super thronum, et ab ira Agni.

17. Quoniam venit dies magnus irae ipsorum, et quis poterit stare?

15. Et le septième ange sonna de la trompette, et on ouït de grandes voix dans le ciel, qui disaient : Le royaume du monde est maintenant devenu le royaume de Notre- Seigneur et de son Christ, et |il régnera aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.

16. Et les vingt-quatre vieillards, qui sont assis sur leurs trônes devant Dieu, se prosternèrent sur leur face, et adorèrent Dieu, disant :

17. Nous vous rendons grâces, Seigneur Dieu tout-puissant, qui êtes, et qui étiez, et qui devez venir, de ce que vous faites paraître votre grande force, et de ce que vous allez vous mettre en possession de votre royaume.

18. Et les nations se sont mises en colère, et votre colère est arrivée, et le temps de juger les morts et de rendre la récompense à vos serviteurs les prophètes et à vos saints, et à ceux qui craignent votre nom, aux petits et aux grands, et d'exterminer ceux qui ont corrompu la terre.

19. Et le temple de Dieu s'ouvrit dans le ciel, et l'arche de son alliance y parut, et il se fit des éclairs, des bruits et des tremblements de terre, et une grande grêle.

Chap. VI. — 12. Et lorsqu'il eut ouvert le sixième sceau, je. vis qu'il se fit un grand tremblement de terre, et que le soleil devint noir comme un sac fait de poil, et la lune parut comme de sang.

13. Et les étoiles tombèrent du ciel sur la terre, comme on voit tomber les figues fleurs du figuier lorsqu'elles sont secouées par un grand vent.

14. Et le ciel se retira comme un livre que l'on roule, et toutes les montagnes et les îles furent ébranlées de leurs places.

15. Et les rois de la terre, les princes, les capitaines, les riches et les hommes foris, les personnes libres et les esclaves se cachèrent dans les cavernes et les rochers des montagnes.

16. Et ils dirent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous de devant la face de celui quiestassis sur le trône, et de la colère de l'Agneau.

17. Parce que le grand jour de leur colère est venu. Et qui est-ce qui pourra subsister (en leur présence)?

EXPLICATION

On a dit ci-dessus que le sixième sceau découvre par anticipation ce qui n'eût dû être manifesté qu'à l'ouverture du septième, et on en a dit la raison qu'il serait inutile

de répéter ici : il est seulement visible que l'ouverture de ce sceau et le son de cette trompette conviennent tout à fait, puisque l'un et l'autre parlent de la fin du monde,

rie la résurrection des morts et du jugement dernier, qui suivrontimmédiatemeni la septième persécution, ou .plutôt qui l'accompagneront, tant il y aura peu d'intervalle entre eux deux. Tout le reste de l'ouverture de ce sceau est de ce caractère et a une relation manifeste aux signes du dernier avènement du Fils de Dieu, comme lui-même les rapporte dans son Evangile : les expressions sont semblables et les figures aussi, mais la manière dont ce sceau et cette septième trompette le font est différente : par l'un, on voit la joie des saints de la venue du règne de Jésus-Christ, et par l'autre les terribles effets de cet avènement et la consternation des méchants.

Vv. Le second malheur a passé, et voici le troisième malheur qui vient incontinent : ce second malheur est la sixième persécution, et ce troisième qui vient est la dernière, conformément à ce qu'on a dit au commencement de la cinquième.

15. Et le septième ange sonna de la trompette, le voilà ce dernier âge du monde.

Et on ouït de grandes voix dans le. ciel qui disaient : Le royaume de ce monde est maintenant devenu le royaume de Notre-Seigneur et de son Christ, et il régnera aux siècles des siècles : cette joie extrême que témoignent les bienheureux dans le ciel, de la connaissance qu'ils ont de la fin du monde, nous découvre le désir où toutes les créatures sont, dans l'attente du royaume futur de Jésus-Christ, de quoi il est plus amplement parlé à la fin de Y Apocalypse et dans les Livres saints : Toute créature gémit, dit l'apôtre saint Paul, et est, pour ainsi dire, dans les douleurs de l'enfantement, jusqu'à présent : nous-mêmes, qui avons les prémices de l'esprit, nous gémissons au dedans de nous, dans l'attente de l'adoption des enfants de Dieu, etc. Notre-Seigneur, dans la prière qu'il a donnée à son Eglise, après la gloire du nom de son Père, qui doit précéder toutes choses, nous fait demander la venue de ce royaume.; enfin saint Jean nous représente les désirs et les gémissements de l'Épouse dans l'attente du royaume de son Époux, etoù, se laissant emporter à l'amour de cet empire si attendu, il convie tout le monde à soupirer sans cesse après ce règne fortuné ; c'est par où finit son Apocalypse, et avec raison, puisque c'est a la tin du monde où l'Apocalypse aboutit et que ce royaume commencera à paraître.

Mais pour faire voir que l'ouverture de ce sceau et le son de celte trompette prédisent la même chose et marquent également, quoique différemment, le jour du jugement et !a tin du monde, il n'y a qu'à faire attention à leurs expressions. Voici ce que fait retentir le son de la trompette : « Le temps de votre courroux est venu, ô Dieu tout-puissant, et le temps de juger les morts, où vous devez récompenser vos serviteurs et vos saints, et ceux qui craignent votre nom, petits et grands, et où vous devez exterminer ceux qui ont corrompu la terre. »

Et voici ce que nous apprend l'ouverture

de ce sceau : Et je vis qu'il se fit un grand tremblement de terre, et que le soleil devint noir comme un sac fait de poils, et la lune parut toute comme du sang, les étoiles tombèrent du ciel sur la terre, comme on voit tomber les figues dufiguer, lorsqu'il est ébranlé par un grand vent : et le ciel se retira comme un livre que Von roule, et toutes les montagnes et les îles furent ébranlées de leurs places : et les rois de la terre, les princes, les capitaines, les riches et les hommes forts, les personnes libres et les esclaves, se cachèrent dans les cavernes et les rochers des montagnes, et ils dirent aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous, et cachez-nous de devant la face de celui qui est assis sur le trône, et dérobez-nous à la colère de l'Agneau, parce que le grand jour de leur colère est venu : et qui est-ce qui pourra subsister en leur présence ?

Qui peut nier que tout cela ne s'eniende du jour du jugement, et qui pourrait snns violence le rapporter aux premiers siècles de l'Eglise? Jésus-Christ, dans son E angile, prédisant la fin du monde et le jour du jugement, se sert des mêmes expressions, des mêmes comparaisons et des mêmes teriDis; et enfin tout y est si conforme, qu'il serait inutile de s'amuser à prouver une vérité si claire.

Ce qui suit ne s'écarte point de cette idée ; au contraire, il la confirme : Et le temple de Dieu s'ouvrit dans le ciel, et l'arche de son alliance y parut, et il se fit des éclairs, des bruits et des tremblements de terre, et uni: grande grêle. Car ce ciel ouvert et cette arche d'alliance qui y paraît, particulièrement pour les Juifs, ainsi que paraîtra pour nous la croix dans les airs, qu'est-ce autre chose que Jésus-Christ, l'arche vivante du Seigneur, avec les anges et les saints et toute l'Eglise triomphante, qui va descendre en terre pour récompenser les justes et pour exterminer les méchants qui ont corrompu la terre, comme on vient de voir? Arca incarnationis ejus loto panditur orbi. (Beda, lib. il, cil in Apoc.) Au reste, la découverte de l'ancienne Arche d'alliance, qui doit être cachée jusqu'à la fin du monde et trouvée par Llie, est une marque de la conversion des Juifs réservée' à ces derniers temps, suivant ce qui est écrit au 11° Livre des Machabées, chapitre n: « Jérémie voyant que les Juifs observaient l'endroit où il cachait l'arche d'alliance, les blâma et leur dit que ce lieu demeurerait inconnu jusqu'à ce que Dieu rassemblât son peuple dispersé et lui d' vînt propice, et qu'alors le Seigneur découvrit ait ces choses; que la majesté du Seigneur apparaîtrait, et qu'on verrait la nuée comme du temps de Moïse, »etc. Ut autem cognovit Jeremias, culpans illos dixit : Quod iynotus erit locus, donec congregel Deus cougregationem populi, et propilius fiât ; et tune Dominus ostendet hœc, cl apparebit majestas Domini, et nubes erit sicut et Moysi. Paroles de ce prophète après que, par ordre de Dieu, il eut fait cacher sur le mont Oreb l'arche d'alliance, qui constamment n'a plus

L'APOCALYPSE EXPLIQUEE

paru depuis, ni après le retour de la captivité de Babylone dans le second temple, ni lor- de la prise de Jérusalem par les Romains, non plus que la nuée.

Quant à ces foudres, ces tonnerres, ces tremblements de terrp, que signifient-ils? sinon les épouvantables accidents qui doivent précéder et accompagner la venue du jus'e Juge?

On peut ajouter qu'ils servent en cet endroit pour donner une grande idée de ce dernier jour, et pour étonner et épouvanter l'esprit de ceux qui les lisent, afin qu'ils se préparent à voir ce que ce cbaos doit enfanter de terrible et de grand , et être comme ine fin et une clôture aux visions précédentes et un préparatif aux suivantes.

Tout ceci montre combien on a eu raison d'avancer dès le commencement de celte interprétation :

Premièrement, que les sept sceaux et les sept trompettes découvraient les événements qui devaient arriver dans l'Eglise, à commencer depuis l'ascension de Jésus-Christ jusqu'à la fin des siècles.

En second lieu, que les sept sceaux ayant été décachetés les premiers, avaient aussi premièrement représenté les sept états de l'Eglise dans les sept âges du monde, et cela sous certains, signes.

Troisièmement, qu'après un silence d'une demi-heure, les sept trompettes avaient de rechef commencé à représenter ces mêmes sept âges sous sept autres différents symboles ; et qu'ainsi les sept trompettes n'étaient que la répétition des mêmes événements déjà découverts par l'ouverture des sept sceaux, selon la remarque du vénérable Bède (lib. i, c. 8) : Hucusque de apertionc sex sigillorum: nunc vero récapitulât ab origine eadem aliter dicturus.

En quatrième lieu, on a ajouté que l'oii" verture du premier sceau exprimait, par ce cavalier monté sur un cheval blanc, portant une couronne en tête et remportant victoire sur victoire, l'état florissant du premier âge de l'Eglise primitive, ornée de la couronne du martyre, et on l'a avancé après saint Augustin et le vénérable Bède (in Apoc. vi) : In primo sigillo, decus Ecclesiœ primitif œ.

Et qu'enfin les six premières trompettes, aussi bien que les six premiers sceaux, représentant ces mômes divers événements qui devaient arriver dans les six premiers âges de l'Eglise, le septième serait le dernier et donnerait naissance au repos éternel des saints : d'où vient que le premier jour de celte révélation fut un dimanche, commençant la semaine laborieuse de cette vie et se terminant au repos de l'autre ; et c'est encore ce que nous enseigne le même docteur au même lieu :Sextubœ priores sœculi pressentis œlatibus comparalœ, rarios bellorum Ecclesiœ denuntiavere concursus ; septima vero Sabbati «terni nuntia,

victoriam tantum et imperium veri régis indicat.

Eu effet, bien des Pères ont cru que comme Dieu avait employé six jours à la création du monde, et que, selon l'Ecriture, mille années devant le Seigneur sont prises pour un jour: de même le monde ne durerait que six mille ans : Quotquot enim diebus hic factus est mundus, tôt et millenis annis eonsumetur, dit saint Irenée. (Lib. v, c. 28.) Saint Jérôme (Epist. ad Cyprian.) rapporte ce même sentiment : « Quia mille anni ante oculos tuos tanquam dies hesterna quœ preeteriit.»(Psal. lxxxix, h.)Et apostolus Petrus : « Unum vero hoc non lateat vos, charissimi, quia unus dies apud Dominum, sicut mille anni, et mille anni, sicut dies unus.» {Il Pelr. m, 8 ) Et ex Epistola quœ nomine Pétri aposloli inscribitur, mille annos pro una die solitos appellari, ut scilicet quia mundus in sex diebus fabricatus est, sex millibus tantum credatur subsistere.

Saint Justin avait dit la même chose : Quando quidem nonnulli de mundi statu conjecturis ducti, dixerunt sex mille annis illum duraturum esse, et quidem ex mullis Scriplurœ locis id verum conjicere licet.

Nous recueillons la îmême chose d'André de Cesarée sur ces paro'es mêmes de YApocalypse : « Et reges septem sunl, quinque ceciderunt, » etc. Beatus Hippolytusper hosce reges sœcula accepit, e quibus jam quinque prœterierunt : sextum in quo Apostolus hœc vidit, adhuc decurrit : septimum autem, ut ille opinatur, post elapsa sex annorum millia tandem se prodet, et parum durabit.

Saint-Hilaire, sur saint Matthieu (c. xvn), semble être de ce même sentiment, interprétant ces paroles : «Et post dies sex transfiguratus est. » Nam post dies sex gloriœ Dominicœ habitus ostendilur; sex millium scilicet annorum temporibus evolutis, regni cœleslis honor prœfiguratur.

Ainsi on n'a rien avancé en toutes ces choses qui ne soit puisé dans la doctrine des plus saints et savants interprètes.

Reste à développer l'accomplissement de l'ange, qu'il fallait que saint Jean prophétisât de rechef aux rois et aux nations diverses choses, lesquelles il n'avait touché qu'en général, ou qui ne lui avaient été montrées qu'en gros par l'ouverture des sept sceaux et le son des sept trompettes: Oportet te iterum prophetare gentibus, et populis et Unguis et regibus mullis. Car on va voir dans cette troisième partie qui suit une description des persécutions du démon et de l'empire romain idolâtre contre l'Eglise naissante, (iui triomphera de l'un et de l'autre. Le démon, déchu de sa prétendue divinité, sera renfermé dans l'abîme, et l'empire romain détruit par les Barbares. Ce qui ne so peut écrire sans remonter encore une fois à la naissance du christianisme.

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