DE LA VOCATION A L'ÉTAT ECCLESIASTIQUE
I. Jésus-Christ est le modèle des prêtres, l'exemplaire qu'ils doivent avoir devant les yeux, et exprimer en eux; aussi est-ce à eux qu'il a dit en la personne de ses apôtres, le soir de la Cène, et en leur conférant le sacerdoce : Exemplum dedi vobis ut quemadmodum ego feci, ita et vos faciatis. [Joan. xiu, 15.) Que s'ils sont obligés de l'imiter, sans doute que c'est au sujet du sacerdoce, et de la manière dont il est entré : tout était à lui, tout lui était dû. Moïse fut à la vérité un fidèle ministre, mais il ne fut qu'un serviteur: El Moyses quidem fidelis erat in tota domo ejus tanquamfamulus, dit l'apôtre saint Paul (Hebr. m, 5) ; mais Jésus Christ est venu comme le m.iître absolu, comme le fils unique, Chiistns vero tanquam fdius in domo sua. (Ibid., 6.)
Cependant, ô merveille 1 ô sujet de confusion pour tous les ministres présomptueux 1 il a eu respect pour le sacerdoce ; il a voulu qu'on écrivit et que nous sussions qu'il n'avait pas pris de lui-même celte haute dignité, et qu'il avait attendu que son Père l'y eût appelé. Voici comment saint Paul nous découvre ce mystère, qui doit également exciter notre admiration, notre confusion, notre imitation.
Tout pontife pris d'entre les hommes, et établi pour faire les fonctions du ministère sacerdotal, est choisi de Dieu, et tiré du rang des hommes, pour être leur médiateur et leur intercesseur auprès de ce même Seigneur, et lui offrir de leur part des d;ms et des sacrifices pour l'expiation des péchés. Voilà le premier motif de l'institution du sacerdoce : Omnis pontifex ex hominibus assumplus pro hominibus constituitur in iis quœ sunt ad Deum, ut offerat dona et sacrijicia pro peccatis. [Hebr. v, 1.)
En second lieu, il est institué afin qu'il y ait quelqu'un qui compatisse aux misères des pécheurs, qui ait du zèle et de la charité pour le salut de ceux qui sont dans l'ignorance et l'égarement, et qui s'acquitte de ce devoiravec l'humble compassion d'un homme qui sent au dedans de soi le môme fonds de misère dont il veut délivrer les autres : Qui condolere possit iis qui ignorant et errant, quoniam et ipse circumdalus est infirmitate. (Jbid.,2.) Enfin l'Apôtre ajoute une troisième raison de cette institution encore plus sublime, et qui est une suite des deux premières, que le prêtre par conséquent est destiné pourotfrir à Dieu des victimes, c'està-dire pour être le ministre de l'acte le plus saint de la religion, afin d'obtenir l'expiation de ses propres péchés, et de ceux de tout le peuple : El proplerea débet quemadmodum pro populo, ita eliam et pro semetipso offerre pro peccatis. [Ibid., 3.)
D'où saint Paul infère que personne par conséquent ne doit être si hardi, ni si ambitieux, que d'oser, de son propre mouvement, moitié la main >ur une chose si divine,
OEUVRES COMPLETES DE DK LA CIIETARD1E.
et se revêtir d'un tel honneur, mais attendre que Dieu l'appelle ace religieux emploi, ainsi qu'il arriva à Aaron : Nec quisquam sumitsibi honorent, sed qui vocalur a Deo tanquam Aaron. (UeOr. v, k.)
Que si celle doctrine et cet exemple ne vous louchent point assez; si l'Ecriture, après avoir dit comment Moïse reçut ordre de Dieu de disposer toutes les choses nécessaires pour la consécration des prêtres, et rapporter ensuite la vocation d'Aa^nn cl de ses enfa"lc. et leur onclion, sans qu'ils eussent songé a se procurer celte gloire : Locutusque est Dominns ad Mosem die eus : Toile Aaron rumfilii& suis, etc., iste est sermo quein jussit Dominus fieri (Exod. xxvm, 1 ; Levit. vin, 1, 5), n'est pas une règle assez l'or le pour vous retenir dans le devoir.
L'Apôtre va vous dire quelque chose de plus considérable encore, en vous présentant l'exemple de Jésus-Christ qui n'a pas voulu de lui-même s'honorer de la dignité de pontife, laquelle néanmoins lui était due en qualitéde Premier-né et de Fils unique, et qu'il a attendu que son Père l'en ait revêtu, et l'ait comme appelé au sacerdoce : Sic et Ckrislus non semelipsum clarificavit ut pontifex fieret, sed qui locutus est ad eum : Eilius meus es tu, ego hodie genui te (Hebr. v, ,5) ; l'établissant, ainsi que David avait prédit, prêtre éternel selon l'ordre figuré par Melchisédech ; Quemadmodum et in alio loco dicit : Tu es sacerdos in œtemum secundum ordinem Melchisédech (Ibid., G); et remplissant parfaitement en sa personne les trois fonctions pour lesquelles le sacerdoce a été établi sur la terre, et que l'Apôtre avait marqué en général, comme nous venons de voir.
Car, premièrement, pendant qu'il était dans sa chair mortelle, il a offert des prières à Dieu pour le genre humain, et des supplications ardentes, accompagnées de larmes; et en est venu jusqu'aux cris auprès de celui qui pouvait le délivrer de la mort, et qui l'a exaucé par le respect et la révérence dus à sa personne : Qui in diebus carnis suce preces supplicationesque ad eum quipossit illum salvum facerc a morte, eum clamore valido et lacrymis offerens exauditus est pro sua reverentia. (Ibid., 7.) Voilà comment notre Ponlife a accompli ce premier devoir sacerdotale : Omnis pontifex ex hominibus assumptus,pro hominibus constituitur in iis quœ sunt ad Deum ut offerat dona et sac.rip.cia pro peccatis. (Ibid., 1.)
Voici comme il accomplit le second, qui consiste en ce que le prêtre est établi, alin qu'il y ait quelqu'un qui soit touché de compassion pour les pécheurs accablés sous le poids de leurs infirmités, et qui se porte à les secourir avec d'autant plus de commisération, que le propre fardeau de la mortalité qu'il porte lui fasse sentir et lui apprenne par expérience quel est le fonds de la misère humaine : Qui condolere possit iis qui ignorant et errant, quoniam et ipse circumdatus est infirmitate. (Ibid., 2.) Car l'Apôtre nous enseigne «pie Jésus-Christ, par sa Passion et sa mort, a éprouvé la difficulté qui se rencontre dans l'obéissance, et en a
comme Fils de
donné l'exemple, lui qui Dieu, pouvait tout obtenir sans rien soufrir : Et quidem eum esset Filius Dei didicit ex iis quœ passus est obedientiam. (Ibid., 8.)
Enfin, le troisième devoir du prêtre, et pour l'accomplissement duquel le sacerdoce est institué, consiste à otfrir à Dieu des victimes pour l'expiation du péché : Et propterea débet quemadmodum pro populo, ita eliam et pro semetipso offerrepropeccato. (Ibid., 3.) Et l'Apôtre monlre que- Jésus-Christ, l'Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde, s'étant consommé sur l'autel de la croix, est entré dans la gloire par le sacrifice de la vie, et a été établi au'eur du salut éternel , pour tous ceux qui lui obéiront : El consummalus factus est omnibus obtemperantibus sibi causasalutis œternœ. (Ibid., 9.1 Trois devoirs accomplis parfaitement par Jésus-Christ, et qui lui ont acquis, avec le nom, la gloire d'être le pontife éternel des hommes :Appellatusa Deo pontifex. (Ibid., 10.)
De tout ceci, l'on peut voir que le sacerdoce était dû à Jésus-Christ, en qualité de premier-né; que Jésus-Christ cependant ne l'a pas pris de lui-même, et qu'il a attendu que son Père le lui ait dit et l'en ait revêtu; que le sacerdoce est une si haute dignité qu'elle a pu honorer Jésus-Christ ; que Jésus-Christ ne l'a reçu que pour en exercer les fonctions sur lui-même, et que pour être la victime du sacerdoce, dont il se revêtait ; enfin, que Jésus-Christ a excellemment rempli tous les devoirs attachés à la dignité sacerdotale , en priant pour tous les hommes, en expiant leurs péchés, en les réconciliant à Dieu, et en leur procurant le salut éternel.
II. Ajoutez à ce grand exemple la conduite que Jésus-Christ garda dans la vocation de ses apôtres.
Il est déjà certain, en général, que ce divin Sauveur n'a jamais rien fait que ce que son Père bien-aimé lui a inspiré do faire, lui a ordonné de faire, qu'il n'ait auparavant vu faire à son Père. Je ne fais rien, dit-il, que je ne le voie faireà mon Père : Nihil facio nisividero Patron facientem.(Joan.\. 19 )
Que si cela était vrai de toutes choses, jugez d'une des plus importantes de toutes, c'est-à-dire du choix, de la vocation et des emplois de ses ministres destinés à porter la gloire de Dieu, et à établir son royaume par toute la terre. Voici comme il s'en explique à ce Père souverainement honoré.
D'abord il lui déclare qu'il tient de sa main paternelle ses apôtres, et qu'il les a reçus de lui; ce qui marque en eux une vraie vocation divine : J'ai découvert votre gloire à ceux de ce monde que vous m'avez donnés, ils étaient à vous et vous me les avez donnés : Manifestavi nomen tuum hominibus quos dedisti mihi de mundo ; lui eranl, et mihi eos dedisti. (Joan. xvu, G.) Je ne prie pas pour le monde, je prie pour ceux que vous m'avez donnés, parce qu'ils étaient vôtres: Non pro mundo rogo, sed pro his quos dedisti mihi, quia tui erant.(Ibid., 9.) J'ai gardé ceux (pie vous m'avez donnés ; mon Père, je veux que ceux que vous m'avez donnés soient avec
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moi dans le lieu où je suis : (Juos dedisti mihi custodiii : Puler, quos dedisti mihi volo ul ubi sain ego, et illi sint mecum.
Ensuite, quand il est question de ce choix important , Jésus-Christ consulte son Père dans la prière ; il monte au haut d'une montagne, figure de la hauteur de cette dignité, de la perfection qu'elle exige, du lieu d'où elle descend: il passe la nuit en oraison, il s'informe des desseins de son Père, il s'entretient, il convient avec lui, il apprend sa volonté : cela l'ail et le jour venu, il descend de la montagne; il appelle à lui ceux qu'il lui plaît ; il les choisit, il en désigne douze d'entre eux en particulier, auxquels il impose le nom d'apùtres, et qu'il prend pour être toujours auprès de lui : Asccndit in montent orare, et erat pernoctans in oratione Vei, et cum die* factus esset vocavit ad se quos voluit ipse, et elegit et fecit ut essent ex ipsis duodecim cum illo quos et apostolos nominavit. (Luc. vi, 12, ,13.) De sorte que la vocation des apôtres est le fruit de la prière du Sauveur, et l'exécution des volontés de son Père. Aussi, quand quelques-uns, d'ailleurs bien intentionnés , mais non appelés de Dieu à l'apostolat, voulaient suivie ce divin Maître, et le priaient même instamment de souffrir qu'ils l'accompagnassent, ;il les renvoyait , et refusait de les recevoir : Magister sequar te quocunque ieris (Luc. ix, 57), « et cœpit, illum deprecari ul esset cum il io ; noluit aequiescere, sed remisit. » Voilà pour la vocation au sacerdoce.
Et quant aux emplois, aux dignités, au rang, il est certain que s'il avait quelque prérogative à accorder, c'eût été à saint Jean, son disciple bien-aimé, et à saint Jacques, son frère, à qui il fit tant de faveurs ; cependant, quand il s'agit de leur donner la place qu'ils lui demandaient dans son royaume, il leur déclara que ce n'était pas à lui à la ieur accorder, et que cela regardait son Père, à. qui il appartenait d'en disposer : Non est meum dore vobis, sed quibus paratum est a Pâtre meo. (Marc, x, 40.J
De là vient que saint Paul écrit partout qu'il a été appelé de Dieu dans le ministère séparé et choisi pour ce haut emploi. Voici en quels termes il s'en explique aux Romains : « Paul serviteur de Jésus-Christ, appelé à l'apostolat pour prêcher l'Evangile de Dieu, ayant reçu par Jésus-Christ la grâce et la vocation à l'apostolat : » Paul us servus Jesu Chrisli, vocatus apostolus, segregatus tu Evangelium perquem accepimus gratiam et aposlolatum. [Rom. i, 1, 5.
Il lient le me « Paul, appelé à l'apostolat de Jésus-Christ par la volonté de Dieu : » Paulus vocatus apostolus JesuChristi pervoluntateni Dei. (ICor. i, 1.)
Il s'en explique encore plus distinctement aux Calâtes : « Paul, fait apôtre, non par le minis ère des hommes, ni par leur mission, tuais par Jésus-Christ et par la \olonlé de bien le Père : » Paulus apostolus non ab homhiibus, neque per hominem, sed pcr Jesuin Cltrislum et JJeum Palrem. (Gai. i, 1.)
Rien plus, il ne se contente pas de uire que sa vocation à l'apostolat est un effet de la
mie langage aux Corinthiens
volonté de Dieu, il ajoute qu'il a été élevé par un commandement exprès do Dieu et de Jésus-Christ : Paulus apostolus Jesu Christi secutulum imperium Dei Salvatoris nosiri, et Jesu Christi spei nostrœ. (Tim. i, 1.)
111. C'esi ce que Jésus-Christ a fait, c'est ce que les apôtres ont publié, c'est ce que nous devons imiter, à quoi nous devons nous conformer. Et voici les raisons pressantes que les saints Pères nous en donnent, et qui vous obligent à ne point entrer dans l'état ecclésiastique, à moins que vous ne soyez bien assuré que Dieu vous y appelle.
1. La première raison est qu'on ne peut savoir ni conclure qu'un homme est certainement appelé au sacerdoce, pir aucune bonne qualité qu'il ait en lui. Qu'il soit savant, pieux, chaste, zélé, exemplaire; qu'il ail conservé son innocence de baptême ; • pie son inclination se porte au bien, qu'il soit adroit et propre aux fonctions et ministères extérieurs, on ne peut point de là nécessairement conclure, ni dire : 11 est donc infailliblement appelé pour être prêtre; car est-ce que tous les gens de bien doivent l'être ? est-ce que tous ceux qui ont reçu des dons et des vertus de la main libérale de Dieu doivent aussitôt être consacrés, et que la concession de ces grâces emporte avec elle la vocation au sacerdoce? Il s'ensuivrait de là que bien des personnes du sexe auraient en elles des signes d'une vocation à l'état ecclésiastique, ce qui visiblement est une fausse conclusion, et vient par conséquent d'un faux principe ; il faut donc quelque cho^e de plus, et outre tous ces excellents avantages, la vocation divine est nécessaire; car, où les conjectures humaines sont trop courtes, il faut avoir recours à une lumière supérieure, à un secours d'en haut. Mais que sera-ce de ceux qui prétendent avec ardeur à l'état ecclésiastique, et qui n'ont ni l'innocence, ni l'esprit de pénitence, ni les dons, les vertus, les talents nécessaires au sacerdoce? peut-on croire qu'ils aient les marquesd'une telle vocation?
Cela se vit encore clairement dans la vocation de saint Mathias à l'apostolat, préférablement à Joseph ; celui-ci était si vertueux et si parfait qu'on lui donnait le surnom de juste : Et staluerunt duos : Joseph qui vocabatur Barsabas, qui cognominutus est justus. (Act. i, 23.) Il était parent de Jésus- Christ selon la chair; il avait toujours été en la compagnie des apôtres depuis le baptême de saint Jean, toujours à la suite de Jésus- Christ, témoin de sa glorieuse résurrection, actuellement en retraite dans le cénacle; en un moi, il possédait toutes les conditions requises par saint Pierre pour cet emploi : Oportet ergo ex his viris qui nobiscum sunt congregati in omni t empare quo intravit et exivit inter nos Dominas Jésus, incipiens a baptismale Joannis usque in diem qua assumptus est a nobis, testent resurrecliotUt ejus nobiscum fieriunum ex islis. (Ibid., 21, 22.) Cependant le soit ne tomba pas sur lui, mais sur saint Mathias : Et dederunt sortes eis : et cecidit sors super Mulhium, et annumeralus est cum undecim aposiolis.(lbid., 2G )
OEl'VHES COMPLETES DE DE LA CI1ETARME.
Ce fut celui-ci que Dieu choisit, et non les hommes, pour remplir la place que Judas avait laissée vide, et exercer le ministère dont il élait déclin : Açcipere locum minislerii }mjus,el aposlolatus,de quo prœvaricalus est Judas ut abiret in locum suum. (Act. i, 25.) Cette assemblée, la plus auguste qui l'ut jamais, où la Mère de Dieu tenait le premier rang de sainteté, où les apôlres de Jésus- Chiist tenaient le premier rang d'autorité, ne s'arrogea pas le droit de faire ce choix important, ni de nommer un disciple, quelque saint qu'il leur parût; ils comprirent que c'était un droit réservé à Dieu qui seul pénètre le cœur humain; ils se mirent en prières et lui demandèrent qu'il fît connaître sa volonté : Et oranles diaerunt : Tu, Domine, qui corda nosti omnium, ostcnde quem elegeris ex his duobus unum açcipere locum ministcrii hujus. (Ibid., 24.)
Ce qu'ils tirent alors s'était l'ait autrefois. Le même esprit qui inspira les nouveaux disciples, avait inspiré les anciens. Nous voyons que dès l'établissement du peuple de Dieu, Moïse, prêt à quilter son emploi, ne songea pas à mettre quelqu'un à sa place ; il élait saint, ami de Dieu, plein des mystères et des secrets divins; il avait fait des prodiges infinis ; sa conversation familière avec le Seigneur n'avait jamais eu d'égale ; il avait pénétré par la lumière prophétique dans tous les siècles à venir; cependant il n'entreprit pas de pénétrer l'esprit de l'homme, ni île résigner son ministère à quelqu'un de ses parents qu'il en jugeait digne : « Seigneur Dieu , » disait-il, « qui pesez les esprits à la balance de votre sanctuaire, qui pénétrez les plus secrets et les plus sombies replis du < reur de6 hommes, et qui en êtes le maître absolu, jetez les yeux sur quelqu'un qui puisse conduire cette multitude, de peur que le peuple du Seigneur ne demeure comme un troupeau sans pasteur inProvideat Dominus Deus spiritum omnis carnis homincm qui sit super multiludinem hanc, ne sit populus Domini sicul oves absque paslore. (i\utn. xxvn, 16, 17.)
Et pour passer des temps plus reculés aux plus récents, car l'esprit de Dieu est tel, dit saint Chrysostome, il parcourt en un moment tous les siècles, le présent, le passé, le futur, « Taies enim sunlprophetœ, omnia tempora percurrunt prœsentia, praeterila, futura. » Le grand saint Bernard, nommé le dernier des Pères, ne suivit-il pas une semblable maxime? car, consulté par un homme de bonne foi s'il devait embrasser l'état ecclésiastique, cet abbé si célèbre et si éclairé lui répond qu'il peut bien faire des conjectures, mais au fond pour savoir, dit-il, si Dieu vous appelle oui ou non au sacerdoce, qui saurait le connaître si ce n'est l'esprit même de Dieu qui pénètre le plus creux des abîmes, ou celui à qui il lui plaira de le révéler? o Utrum autem vocalio tua l)ei sit, qnis scire possil, excepto spiritu qui scrulaïur etiam alla Dei, vel si cui forte révélaient. » Dieu seul sait donc le secret de la vocation au sacerdoce, ou celui à qui il lui plaît de le manifester.
C'est] de cette dernière sorte que saint Pierre, patriarche d'Alexandrie, tint ferme contre Achillas et Alexandre ; car ce martyr, alors en prison pour la foi, avant chassé de sa communion Arius, diacre, ces deux prêtres le vinrent trouver en faveur de cet ecclésiastique, pour le prier de s'adoucir envers lui ; mais ce saint évêque leur répondit qu'Arius était un loup qui voulait s'introduire dans le bercail, et qu'il ne l'y recevrait point; qu'au reste ceux qui lui parlaient lui succéderaient en la chaire patriarcale d'Alexandrie, mais qu'ils se gardassent bien d'admettre cet impie, et que Jésus-Christ s'était apparu à lui la nuit précédente avec sa robe déchirée, et que, lui en ayant demandé la raison, il lui avait dit : Arius a déchiré mon Eglise qui est ma robe. « Cui in carcere cum Achillas et Alexander presbyteri deprecatores Arii venissent, respondit noclu apparuisse sibi Jesum veste discissa, causamque rei sciscitanti dixisse î Arius vestem rneam, quœest Ecclesia, dilaceravit; quibus etiam preedicens fore ut sibi in episcopatu succédèrent, prœcepit ne unquam Arium in communionem reciperent, quem Deo mortuum esse sciret. >< Cependant cet ordre fut mal exécuté. Après le martyre de ce bienheureux patriarche, Achillas qui, selon que saint Pierre l'avait prédit, lui succéda à l'épiscopat, reçut Arius, et lui conféra l'ordre de prêtrise : «. Postea vero cum Petrus martyrium pertulisset, Arius ah Achilla veniam precatus, ad diaconi officiurn rediit, et ad presbyterii dignitatem promotus est. » De cette ordination précipitée, contre l'ordre et la révélation de Dieu, et de cette promotion au sacerdoce sans vocation, s'ensuivit la plus grande des hérésies qui fut jamais, et la mère de toutes les autres.
Il estdonç vrai que Dieu seul s'est réservé la vocation de ses ministres; que c'est une dépendance du droit qu'il a privativement à tout autre de sonder le fond des cœurs, et que, quelque vertu qu'un homme ait, on ne peut point conclure qu'il est appelé à l'état ecclésiastique, si Dieu ne le révèle par une lumière extraordinaire, ou ne le fasse connaître par les voies sûres qu'il a établies dans son Eglise.
C'est ce qu'a reconnu une seconde fois saint Bernard, lorsque écrivant au Pape Honoré, sur l'élection d'Albéric, faite du consentement et du clergé et du peuple, il lui mande que, si on veut avoir égard à son avis, il a toujours connu Albéric pour un homme d'une loi saine et d'une doctrine pure : « De qua re si et nostra quœritur aut curatur sentenlia, novimus hominem sanœ fidei, et doctrinal hactenusexstitisse(epist. 13); «éclairé dans les affaires temporelles et spirituelles : « In divinis pariler et humanis prudentem esse; » et j'espère, ajoute-t-il, qu'il sera un vase honorable en la maison de Dieu, et utile à sa gloire, aussi bien qu'à toute l'Eglise de France : « Et speramus in domo Dei foie vas in honorem, et utilem fulurum non solum illi, sed et omni Gallicanœ Ecclesiœ. » Mais voici la clause : Si toutefois Dieu l'a
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élu, s'il l'appelle à cet emploi : « Si tamen ipso elegiteum. » Telle esi la condition qu'il y met, sans quoi, avec toutes ces bonnes qualités il ne répond pas de sa promotion.
Mais qu'aurait dit ce Père si pieux et si plein de l'esprit ecclésiastique, de ceux qui ne sont remarquables par aucun de ces avantages, et qui ne laissent pas d'aspirer au sacerdoce? qui n'ont ni la doctrine, ni l'expérience nécessaire à la conduite des Ames? qui, loin de donner un préjugé qu'ils seront la lumière du monde, et des vases d'honneur utiles à Dieu et à l'Eglise, font craindre qu'ils ne soient des astres sans clarté et des vaisseaux d'ignominie, et qui n'apportent souvent au clergé qu'un désir aveugle d'y entrer, que des vues intéressées, qu'une vie immortitié? Si la science ne suffit pas pour établir sûrement une vocation, l'ignorance, quel signe sera-t-elle? si la vertu ne suffit pas. une vie de mauvaise édification sulfira-t-elie? Sans doute, qu'entrer ainsi dans le sanctuaire, dit le même saint Bernard, que s'approcher des autels, la conscience encore chargée de crimes ,. c'est s'attirer un terrible jugement sur la terre : « Judicium multiplex accepturi, quod et tam gravissimas conscientias gerunt, et nihilominus sese in sanctuarium ingerere non verentur. » [Le convers. ad cler., cap. 201.)
2. La seconde raison qui montre la nécessité de la vocation, se prend du côté de la grâce. Il est certain que nous avons besoin d'une grâce abondante dans notre profession pour en exercer saintement les fonctions, pour y vivre exemplairement, pour travailler utilement à la sanctitication des âmes, pour surmonter courageusement toutes les tentations, obstac es et difficultés qui se rencontrent dans l'exécution et la pratique de lant de grandes obligations.
De là vient que l'Apôtre joint toujours ensemble la grâce et le ministère, ei qu'il ne les sépare jamais : c'est par Jésus-Christ, dit-il , que nous avons reçu la grâce et l'apostolat : Pcr quem accepimus graliam et apostolaium. (Rom. i, 5.) Et ailleurs, écrivant à son disciple Tiniothée : Je vous avertis, lui [mande-t-il , de renouveler en vous la grâce qui vous a été communiquée par l'imposition de mes mains : Admoneo te ut fesuseïtes gratiam quœ data est tibi per impositionem manuum mearum. (Il Tint, i, G,)
Dans l'Eglise, dans nos ordinations, nous voyons que non-seulement on joint à la collation de l'ordre l'infusion de la grâce; (car qu'est-ce qu'un caractère sans grâce?) mais le Saint-Esprit même qu'on nous confère, je ne sais combien de fuis, ainsi qu'on a remarqué ci-dessus : « Accipe Spiritum sanctum, » nous dit-on.
La raison de cela est que, pour s'acquitter avec, bénédiction de tant de devoirs attachés au sacerdoce ; que pour rendre à Dieu un culte aussi parfait que doit être celui que rendent à Dieu les prêtres de la nouvelle alliance, pour immoler une hostie aussi sainte, pour travailler à une œuvre aussi excellente qu'est celle de coopérer au salut
du prochain, pour remellro les péchés, pour sanctifier les âmes, pour chanter les louanges de Dieu, pour prêcher ses divines vérités, pour résister et détiuire les œuvres du diable, du monde et de la chair, il faut être établi dans un grand degré de perfection, dans des dispositions extrêmement religieuses, ce qui ne se peut sans une grâce abondante; autrement, et si nous sommes en mauvais état, nous feions autant de profanations que nous administrerons de .sacrements; nous succomberons aux tentations de dégoût, de lassitude, de paresse qui nous attaqueront dans l'exercice de nos emplois; nous nous exposerons à un nombre infini de pièges et de périls capables de nous perdre, et par conséquent nous avons besoin d'un secours puissant [tour nous acquitter comme il faut des emplois de notre ministère.
Or, ce père de famille de l'Evangile donnera-t-il le salaire à ceux qui vont dans sa vigne sans son ordre, sans sa mission, sans l'avoir consulté, sans sa permission, contre sa volonté? qui vont dans sa vigne, non pour y travailler, mais pour s'en approprier les fruits; qui, loin de la cultiver, la laissetil en friche ; qui souvent, au lieu de la garder, y laissent introduire toutes sortes de passants ?
Seront-ce des récompenses ou des châtiments que ces gens-là doivent attendre ? des faveurs ou des rigueurs, des secours ou des abandons, que doit espérer un pasteur, ou plutôt un mercenaire, qui de lui-même s'ingère dans la bergerie, qui en usurpe le gouvernement, qui ne cherche dans les brebis que son utilité temporelle?
Par quel endroit serait tenu ce père do famille à récompenser de tels serviteurs? serait-ce par justice? mais ils font un tort extrême à l'Eglise, à qui rien ne préjudicie lant qu'un ministre non appelé, qu'un pasteur mercenaire qui, ne cherchant dans le clergé qu'à satisfaire son avarice ou sou ambition, fait bien voir qu'il n'est pas entré par la porte do la vocation, et qu'il ne mérite pas le nom de disciple de Jésus-Christ.
Tel fut ce scribe présomptueux qui voulut s'ingérer de lui-même dans le ministère : Seigneur, disait-il à Jésus-Christ, je vous suivrai partout où vous irez : Domine, sequar te quoeunque ieris (Mat th. vm, l9j; mais le Seigneur lui répondit : Les renards ont des tanières et les oiseaux des nids, mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête : Vulpes foveas habent, et voluercs cœli nidos ; Filius autem hominis non habet ubi caput reclinet. (Mallh. vin, 20.)
Qu'est-ce que cela veut dire, s'écrie saint Augustin? quoi, Seigneur, vous invitez sans cesse vos auditeurs à quitter tout, à renoncer à tout, à se détacher de tout el à vous suivre? «Miraris hoc, quid est hoc quod magistro bono Domino in Jesu Christo invitante discipulos quibus daret regnum cœlorum, displicuit tam paratus? » (Hom. 8, De verbo Domini.) D'où vient donc que vous rejetez celui qui se présente à vous avec lant de zè!e? 11 y en eut même à qui vous refusâtes
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le temps d'aller jusque chez eux renoncer à leur hi^n et ensevelir leur père ; vous blâmez relui qui refuse, vous excitez celui qui diffère, et en voici un qui se porte avec ardeur à vous suivre, et vous le rebuiez? « Alius differebat, et culpatus est ; alius non audiebat, at excitatus est : alius se obtulit, ut eum sequeretur, et reprobatus est, quid tam promptum, quid tam impigrnm, quid tam paratum, quid ad tantum bonuiu aptissimum sequi Dominuru quoeunque ierit?»
D'où vient une telle conduite ? C'est que le Seigneur voyait dans le cœur de ce disciple dissimulé des tanières, il y voyait des nids: « Video ibi foveas, video nidos ; » il y voyait l'amour du bien, il y voyait le désir de la gloire : « Vulpes foveas hubent in corde luo, quia dolosus es : volatilia cceli habent nidos in corde luo, quia elatus es.» Et; c'est comme s'il lui eut dit: Mon cher enfant, pourquoi demandez-vous à me suivre? vous n'êtes pas propre à être mon disciple, nos mœurs ne s'accorderaient pas ensemble; vous cherchez auprès de moi des richesses, vous y cherchez des applaudissements ; vous voulez faire des miracles pour y trouver vos intérêts, pour donner essor à votre vanité : « Dolosus et elalus, non me sequeris. » Je ne trouve en vous ni détachement des choses de la terre, ni mépris de l'estime du monde; votre foi n'est pas assez humble, votre cœur est trop élevé, afin que j'y puisse reposer ma tête : «Non habes fidei locum ubi se inclinantem doctorem humilitatis recipias, quia in discipulatu Christi non illius gratiam, sed suam gloriam requirebat': tpsa reclinatio capitis, non erectio, humiliatis magistra est. » (Lib. xn Cont. Faust., cap. 48; serm.6, De verb. Dom.) D'ailleurs, vous ne savez pas à quoi vous vous engagez en disant que vous me suivrez partout où j'irai. Toute cette excellente doctrine est de saint Augustin.
Que si le Seigneur n'est pas tenu de nous donner sa grâce par justice, y sera-L-il obligé par fidélité.? Mais où est-ce que Dieu a promis de récompenser ceux, qui s'ingèrent d'eux-mêmes dans le ministère? On trouve bien qu'il a protesté qu'il les arrachera du sacré terroir de l'Eglise et de la terre des vivants, parce que toute plante que Dieu n'y met pas de sa main en sera extirpée: Omnis plantatio quamnon plantavitPater meus eradicabitur. (Matth.xv, 13.) Ontrouve bien qu'il les menace de sa malédiction. Ma malédiction tombera sur vous, dit le Seigneur par le prophète Isaïe, déserteurs plutôt qu'officiers de ma milice : « Vœl lilii deserlores, » parce que vous prenez un dessein sans me consulter : Ut facerelis consilium et non ex me; vous entreprenez un ouvrage dontjenesuispasauleur :Ut ordiremini tetam, et non per spiritum meum; vous ajoutez péché sur péché, sans daigner vous informer de mes volontés : Ut adderetis peccatum super peccatum, et os vieum noninterrogaslis. {ha. xxx, 1, 2.) On trouve bien qu ils se souillent d'un crime dont ils auront peine à se laver. Ils se sont eux-mêmes ingérés dans le gouvernement de mon peuple, dit
le Seigneur par le prophète Ozée, sans que je le leur aie dit ; ils se sont faits les princes des prêtres, et tout cela à mon insu : Ipsi regnaverunt et non ex me, principes exsiilerunt, et non cognovi. Voici ce qui leur arrivera : ma colère s'allumera contre eux , Iratus est furor meus in eos. Quel en sera le terrible effet sur eux? c'estque leur iniquité ne sera jamais lavée : Non poterunt mundari, (Ose. vin, 4, 5.) Mais on ne trouve point que Dieu leur ait promis en aucun endroit sa bénédiction, sa grâce, sa gloire.
3° La troisième raison que les saints nous apportent pour établir cette vérité fondamentale, semble encore plus considérable.
Ils disent que c'est une audace sans exemple que d'entrer dans la maison d'un grand du monde, d'un prince, d'un roi, du moindre des hommes si vous voulez, pour prendre la direction et le maniement de ses affaires, de son bien, de son domestique, se donner des émoluments, des emplois honorables, de la gloire, et se procurer divers avantages, contre Je gré et la disposition du père de famille.
D'où naît en vous une telle ardeur de la prélature, leur dit saint Bernard :« Unde tanlus prœlalionis ardor?» d'où vient une si imprudente ambition : « Unde ambitionis imprudentia tanla?» Quelle est cette folle présomption qui vous aveugle jusqu'à ce point: « Unde vesania tanla praesumptionis humanee? » Quelqu'un de vous serait-il assez osé que d'entrer effronlémenl dans la famille du plus petit prince du monde, d'en prendre les charges, les offices, les émolumenls, de gérer ses affaires, de disposer de ses droits, de s'en établir l'intendant, et cela sans ordre : «Audeat ne aliquis vestrum terreni alicujus reguli non prœcipienle, aut etiatn probibente eo, occupare minisleria, praeripere bénéficia, negolia dispensare. » Et vous osez faire cela dans la maison de Dieu, et abuser de la patience avec laquelle il souffre des vases qui doivent être les objets éternels de sa colère : « Nec tu Deum putes quœ in magna domo sua, a vasis irae aptis, in interitum sustinet approbare. » Est-ce que la maison de Dieu est une maison d"intrusion, et non de sanctification ? est-ce qu'une semblable irrégularité convient à celle qui est la mère de l'ordre : Domum luum, Domine, decet sanctiludo, non intrusio (Psal. xcii, 3), dit un Père.
Sans doule, il est de l'autorité d'un père de famille de choisir ses domestiques, de sa sagesse de leur partager les emplois, de sou habileté de les former, de sa justice de les récompenser ou de les punir. 11 est donc visible que c'est entreprendre sur les droils do Dieu ; que c'est blesser toutes ses perfections ; que c'est violer toutes les règles de la justice, quand on usurpe la dignité sacerdotale, que l'on entre dans le ministère pour dispenser [nul ce qu'il y a de plus grand et de plus sacré dans la famille deJésus-Christ, sans que Dieu y ait appelé, sans qu'il ait choisi ses ministres, sans qu'il ait rendu son ministre tel qu'il doit être pour s'acquitter de ses emplois, selon la doctrine do
1037 RETRAITE POUR LES ORDINANDS. — ENTRETIEN IV. DE L'INNOCENCE CONSERVEE. HttS
l'Apôtre : (Jui et idoneos nos fecil ministres Novi Testamenti. (II Cor. ni, 6.)
Enfin, c'est pécher contre le respect qu'on doit à Dieu; c'est pécher contre sa providence, contre son domaine, en s'établissant son domestique malgré lui : Sed estis cites sanctorum et domestici Dei. (Ephcs. il, 19.) C'est pécher contre la religion qui rend à Dieu le culte qui lui est dû, et qui ne le peut faire par des ministres intrus et sans vocation, Dieu d'ailleurs ne voulant point recevoir de sacrifice que de ceux qu'il a appelés à la sacriticature.
k' Une dernière raison de ecttecondoite, et qui doit achever d'établir cette importante vérité, se tire des noms et des titres glorieux que l'Ecriture, l'Eglise et les saints donnent aux prêtres.
Saint Ambroise les appelle les guides et les directeurs du troupeau de Jésus-Christ : « Duces et redores gregis Christi. »
Saint Chrysostome les nomme les vicaires de Jésus-Christ : « Sacerdotes Christi viearii sunt. »
Pierre de Blois dit qu'ils sont les conseillers de Jésus-Christ : « Consiliarii Dumini. »
Us sont, selon saint Prosper, les dispensateurs de la maison du Roi des rois : « Dispensatores regiaedomus. »
Ils sont, selon saint Augustin, les hommes d'atfaires de Ja maison de Dieu : «■ Korum quaeDei sunt negotiatores. »
Selon saintDenis, lesambassadeurs de Dieu et les interprètes de ses volontés : « Nuntii et interprètes divinorum judiciorurn. »
Selon saint Ignace, les apôtres et les envoyés de Jésus-Christ : « Christi apostoli. »
Selon PierreDamien, les officiers et lescapitainesde la milice de Jésus Christ :« Sacerdos dux et antesi^nanus exercitus Domini. »
Tous ces titres emportent avec eux autant de raisons, et sont autant de motifs puissants pour nous convaincre que nui ne doit s'ingérer dans le ministère, s'il n'y est appelé, et s'il n'y est établi de Dieu.
Se fait-on guide et directeur d'i sans qu'il le veuille? Devient-on
m homme grand vicaire d'un évoque sans son choix? général d'une armée sans la participation du prince? son ambassadeur et son envoyé sans ses lettres de créance?
Voyez donc quelle est votre vocation, dit un apôtre véritablement appelé : Videtevocationem veslram ( / Cor. i, 2G), ait vocalus Apostolus.
Considérez si votre oblation publique à l'évêque est l'effet de votre vocation secrète, continue saint Bernard : « Consideremus et nos, an vocati venerimus. » Si la voix que nous avons entendue est bien la voix de Dieu qui nous appelle : « Et vocati a Deo, cujus nioiirum hœc vocatioest. »