‹ Œuvres completesChapitre 252 sur 296 · RETRAITE POUR LES ORD1NANDS. — EN · texte numérisé non relu

RETRAITE POUR LES ORD1NANDS. — EN

d'une véritable vocation? N'avons-nous point sujet de craindre qu'il ne nous arrive en cette occasion le même sort qu'à saint Jean? Ce grand apôtre dit, dans son Apocalypse, qu'il vit entre les mains de celui qui était assis dans le trône un livre scellé, contenant le destin de tout l'univers; et qu'un ange fort se mil à crier, d'une voix éclatante: Qui est celui qui est digne d'ouvrir ce livre, et de décacheter ses sceaux ?£ï ridi in dexlera sedentis super thronum, librum signatum ; et ridi angelum fortem prœdicantem voce magna : Quis est dignus apertre librum; et solvere signacula ejus't (Apocul. \, 1, 2.) Et que personne ne se trouvant digne d'ouvrir ce livre, il se mit à pleurer amèrement : Et ego flebam multum, quoniam nemo dignus inventus est. (Ibid., k.) Voici où nous en sommes. Une voix éclatante retentit à nos oreilles : Qui sera digue de s'élever au sacerdoce ? Quis ascendet in montent Domini, aut quis stabit in locosanclo ejus ? Regardons de tous côtés, et répandons des ruisseaux de larmes, voyant que personne n'en est digne: Et ego flebam mullum, quoniam nemo dignus inventus est. En effet, qui le sera, écoutez-le : c'est celui de qui les mains innocentes n'ont jamais fait d'actions criminelles ; de qui le cœur pur n'a jamais conçu de mauvais désirs: Innocens manibus et mundo corde (Psal. xxm, k), qui n'a jamais fait aucun vain usage de son âme, par aucun commerce détendu avec les créatures: Qui non accepit in vano animam suam. (Ibid.) Tel doilôtre celui qui prétend s'approcherdes autels, toucher de ses mains l'hostie sainte, recevoir dans son cœur la manne céleste, unir son âme à ce divin Epoux : Innocens manibus et mundo corde qui non accepit in vano animam suam. Or quel est celui-là ? Quis est hic et laudabimus eum ? (Eccli. xxxi, 9.) Le même prophète, parlant en la personne des prêtres du Nouveau Testament, dit ces belles paroles que nous proférons tous les jours dans la célébration du sacrifice ùe la Messe : Seigneur, jugez-moi, s'il est vrai que je ne sois pas entré dans votre sanctuaire revêtu de mon innocence :Judica me, Domine, quoniam e'jo in innocentia mea ingressus sum. (Psal. xxv.) Eprouvez-moi, mon Dieu, et sondez i iod cœur, examinez mes plus secrètes affections : Proba me, Domine, et tenta me : ure renés meos et cormeum (Ibid. ,"2), et vous trouverez que j'ai eu en aversion les assemblées des pécheurs, et. que je ne me suis jamais assis en la compagnie des impies: Odivi ecclesiam malignantium, et cum impiis non sedebo , que j'ai lavé mes mains avec les innocents: Lavabo inter innocentes manus meas; et par conséquent, qu'appuyésur votre miséricorde intime, je peux prétendre au bonheur de m approcher de vos autels: Et circumdabo altare tuum, Domine ; de joindre ma voix à celle des anges, déchanter vos divines louanges avec eux, et d'instruire les hommes de vos célestes vérités : Ut audiam vocemtaudis et enarrem universa mirabilia tua. Seigneur, j'ai aimé la beauté de votre maison et le lieu du séjour de votre gloire : Domine, dilcxi de-

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corcm domus luœ, et locum habitat ionis yloriœ luœ. N'enveloppez pas mon âme, ô mon Dieu ! dans la ruine des impies : Ne perdas cum impiis, Deus, animam meam, parce que je suis entré dans votre sanctuaire revêtu de la robe d'innocence : Ego autan in innocentia mea ingressus sum; mon pied ne s'est pas écarté de vos voies, c'est pourquoi ji> vous bénirai dans les assemblées des fidèles : Pesmeus stetit indirecto, in ecclesiis benediram te, Domine. Voyez la confiance du ministre innocent qui se présente : admirez son humble et sainte hardiesse en Jésus- Christ : Ego aulem in innocentia mea ingressus sum. (Psal. xxv, 5-12.) Voyez la bonté du maître saint qui le reçoit, et apprenez le motif qui lui fait ouvrir les bras : Me aulem propter innocentiam suscepisli, in hoc cognovi' quoniam voluistime. (Psal. xl, 13.)

II. Comme les saints Pères sont animés du même esprit qui dicta l'Ecriture aux prophètes, aussi doit-on s'attendre que leurs sentiments seront semblables.

Us ont réfléchi sur cette maxime de l'Apôtre, qui veut que celui qu'on choisit pour entrer dans le ministère soit aans crime, que sa vie soit pure et irréprochable : Qui sine crimine est (Tit. i, 6) ; et ils ont assuré qu'il ne faut pas seulement que cette intégrité commence lorsqu'il est reçu dans le clergé et consacré au culte des autels, mais qu'il doit avoir religieusement conservé son innocence depuis son baptême, et que c'est ainsi qu'il faut entendre l'Apôtre : « Non tamen eo tempore quo quis ordinandus sit, sine crimine sit, » dit saint Jérôme; « sed ex eo tempore quo in Christo renatus est, nulla peccati conscientia remordeatur. » Telle est la véritable interprétation de ces paroles de l'Apôtre, selon ce grand docteur. Aussi voyons-nous que, toujours constant à lui-même, il écrivait à un jeune homme, lequel se destinait au service des autels, et qui s'y préparait par les exercices laborieux de la pénitence, dans un des monastères du désert, qu'on peut dire avoir souvent été des espèces de séminaire pour les clercs ; qu'il se comportât si saintement dans cette communauté, qu'il menât une vie si pure dans la solitude où il était, qu'enfin il pût mériter d'être élevé à la cléricature : « lia a^e et vive in monasterio, ut clericus esse merearis;» et surtout donnez- vous bien de garde, lui mande-t-il, de souiller votre jeunesse par aucune impureté: «Eladolescentiam tuam nulla sordecommacules; » et pourquoi cela? afin que comme une vierge pudique, vous alliez à l'autel pour vous y unir au céleste Epoux : « Ut ad àllare Christ! quasi virgo de thalamo procédas. »

Saint Augustin, en Afrique, fait mention de cette même discipline que saint Jérôme rapportait comme établie en Orient; et l'un et l'autre tombent dans le même sens sur ce passage de saint Paul, où l'Apôtre exige que celui qui se présente pour être admis au clergé, soit sans crime, sine crimine, dit saint Augustin ; il n'entend pas qu'un homme doive n'avoir jamais déplu à Dieu;

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ce serait vouloir exclure du ministère tous les hommes, car quel est celui d'entre eux qui n'a pas commis des fautes dans sa vie? « ApostolusPauIusquaudoclegitordinandos, vel presbyleros, diaconos, et quicunque ordinandus est ad prœposituram Écclesiae, non ait : Si quis sine peccalo est, hoc enim si diceret, omnis homo reprobaretur, et nullus ordinaretur. » Mais il a écrit qu'il fallait qu'il lût sans crime : Sed ait sine crimine. Or, qu'est-ce qu'un crime, sinon une méchante action, (elle qu'un adultère, une fornication , une impudicilé, un larcin, une fraude ? « Sicuti est adulterium, aut aliqua imraunditia, fornicationis, furlum, fraus. » Quiconque est coupable de ces sortes de crimes, ne doit pas être ordonné : « Quolibet horum implicatus, ordinari non débet. » Que s'il s'en trouve quelqu'un souillé dès avant son ordination, il faut lui refuser l'ordre s'il ne l'a fias, ou lui en interdire les fonctions s'il l'a déjà reçu : « Vel si jam ordinatus ante tempus, vef si posl tempus suée ordinationis, aliquid eorum admisisse convincitur, suscepti gradus officio privabitur.» Saint Thomas fait une question digne de remarque, et qui vient extrêmement à ce sujet. Il demande d'où vient que nous ne lisons point dans l'Ecriture qu'Adam ait offert à Dieu des sacrifices, lui dont l'âme éclairée de tant de lumières, connaissait si parfaitement l'excellence de la divinité et les devoirs dont la créature est tenue envers le Créateur, entre lesquels le sacrifice tient le principal rang, puisqu'il est une publique protestation que Dieu est l'arbitre souverain île la vie et de la mort. Deus creavit de terra hominem, creavit Mis scientiam spiritus , sensu implevil cor illurum , et bona et maia ostendit Mis ; posuit oculumsuum super corda illorum, osiendere Mis magnaiia operum suorum, ut nomen sanctificalionis cotlaudent , et gloriari in mirabilibus illius, ut magnaiia enarrent operum ejus; addidit Mis disciptinam , et testamentum œternum constituit cum Mis, ej, jusiitiam eljudicia sua ostendit Mis. [Eccii. xvu, 1-6., 1 seq.) Obligation de religion, dont ians doute il instruisit ses enfants, qui tous deux offrirent des sacrifices , tandis que le Père lui-même s'en abstint. Le juste Abel, le premier prêtre du monde nouvellement créé, connut si parfaitement jusqu'où allait l'engagement de l'homme à offrir le sacrifice à son divin auteur, que non-seulement il lui immola une victime étrangère, mais qu'il devint lui-même une victime , dit saint Cyprien : « Merito Abel dum in sacriticio Dei talis esset, poslmodum Deo sacriticium factus est; » et néanmoins Adam ne le fit pas. -Pourquoi cela , d'autant plus que l'oblation du sacrifice est de droit naturel? C'est, dit saint Thomas, qu'il n'était pas convenable que celui qui était la source par laquelle le péché s'était répandu, parût être la source de la sanctification par laquelle le péché est remis : « Ne quia in ipso notatur origo peccati , simul eliam in eo sanctilicationis origo signiticaietur. » (2-2, q. 85, a. 1 ad 2.) Comme si celui qui, par sa

prévarication, avait perdu l'innocence originelle , n'eût pas été digne d'oll'rir à Dieu des sacrilices, et qu'il s'en fût privé par esprit de pénitence et par une crainte religieuse envers la Divinité offensée.

Or cette raison ne doit-elle pas exclure des autels ceux que leur crime a dépouillés de l'innocence baptismale, qui les avait remis aux droits de la justice originelle ? estil à propos qu'ils soient des sources de grâces, après avoir été des sources de péché? ne doivent-ils pas se retirer du ministère en vue de leur indignité, et par respect pour la sainteté de celui qui rejette les présents des pécheurs? particulièrement, puisque, selon la doctrine du même saint, la perle de l'innocence baptismale dans chaque Chrétien en particulier, cause en lui les mêmes effets que la perle de la justice originelle causa dans tout le genre humain: « Vulnera inflicla toti humanœ natures ex peccalo' priini parentis.... In unoquoque peccatum actuale consequntur. »

111. L'Eglise, cette colonne de vérité qu'on peut dire être la fidèle disciple de l'Ecriture, comme les saints Pères sont les fidèles disciples de l'Eglise, n'a garde de s'éloigner de ce qu'elle a appris à l'école de l'Ecriture, ni les saints Pères de ce qu'ils ont appris à la sienne. En effet, si nous étudions sa conduite, nous trouverons qu'elle exige une parfaite innocence dans ses ministres.

1. L'évêque, député de l'Eglise pour imposer les mains h ceux qui se présentent à l'ordination, suppose en eux cette exemption de crimes si désirée. Seigneur, dit-il à Dieu, faites par votre miséricorde infinie que ces ecclésiastiques ici présents soient ornés de toutes sortes de grâces et de vertus, d'une pudeur qui ne se démente jamais, d'une autorité que la modestie tempère, d'une innocence qu'aucun péché ne ternisse : « Abundet in eis loti us forma justitiœ, pudor constans, auctoritas modesta, innocentiœ puritas.» Que dordinands sont éloignés de posséder ces grands avantages I Dépouillés des vertus les plus communes et les plus nécessaires ,. parce que les mauvaises habitudes les ont suffoqués; d'autorité, parce qu'ils sont dépourvus de sainteté ; d'innocence, parce que les vices la leur ont ravie auparavant qu'ils en aient su le prix ; et cependant, pleins d'ardeur pour une autorité qui ne doit être le prix que de la vertu.

2. Quand l'Eglise, par les mains de l'évêque, nous met l'étole sur le cou, ne nous dit-elle pas ces paroles : Que le Seigneur vous revête de la robe d'innocence : « Stola innocentiœ induatte Dominus? » Comment cela s'accorde-t-il avec celui qui se trouve encore revêlu des haillons du péché?

3. Pour connaître davantage l'esprit de l'Eglise, et le puiser non-seulement dans les paroles qu'elle emploie lors de l'ordination de ses ministres, mais encore dans celles dont elle use dans leur dégradation, nous voyons que la principale raison qu'elle apporte, pourquoi elle en vient à celte extrémité avec eux, pourquoi elle ne veut plus

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les reconnaître pour ses officiers, c'est qu'ils ont dépouillé l'innocence <iui l'avait mue à les honorer de cette dignité qu'elle leur ôte à cause de cela. Malheureux prêtre, dit-elle, nous vous arrachons de dessus les épaules celle robe sacerdotale, symbole de la charité, et cela avec sujet, parce que non-seulement vous avez renoncé à celte vertu, mais de plus que vous avez dépouillé toute innocence : « Veste sacerdotali charitatem signante, te merilo expoliamus, quia ipsam et omnem innocentiam exuisti ; » d'où il s'ensuit que celui-là n'est pas digne de la robe sacerdotale, qui n'est pas orné de la robe d'innocence.

4. La tradition ancienne est parfaitement conforme à la discipline présente ; car, selon Jes lois de la primitive Eglise, dès là qu'un homme avait besoin de faire pénitence, dès là était-il exclu du ministère. L'Eglise a donc toujours exigé l'innocence dans ses minisires. Celui qui a besoin du remède de la pénitence, dit saint Innocent pr, n'est pas digne de recevoir l'honneur de l'ordination : « Ubi pœnitentiee remedium necessarium est, illic ordinationis honoreui haberi non posse, decernimus. -» Que les choses ont changé ! il faut bien à présent tenir un autre langage, il faut prendre le contre-pied et dire : Celui qui ne s'est pas servi du remède de la pénitence, n'est pas digne d'être honoré du sacerdoce : « Ubi pœnitcntiœ remedium adhibitum non est, illic ordinationis honorem haberi non posse decernimus. »

dail comme une disposition à la cléricature : « Ex pœnitentibus quainvis sit bonus, clericus non ordinetur, » dit un concile.

Ceux enfin qui, par une satisfaction longue et publique, avaient entièrement achevé le temps prescrit pour l'expiation de leurs péchés, et qu'on avait réconciliés solennellement à l'Eglise, n'étaient pas néanmoins admis aux ordres. « Post nitiditatem et reconciliationem, nulli unquam laico liceat honorem clericatus adipisci ; » et la raison qu'en rend le souverain Ponlife : c'est qu'encore qu'ils soient purifiés de leurs péchés, ceux-là ne doivent pas se mêler de toucher les vases de sainteté, ayant été eux-mêmes des vases d'iniquité : « Quia quamvis sint omnium peccalorum contagione mundali , nulla tamen debent gerendorum sacramentorum instrumenta suscipere, qui dudum fuere vasa vitiorum ; » raison qui peut convenir même à la pénitence secrète. Par ces importantes règles, voyez combien peu de prétendants sont dignes du sacerdoce, auquel néanmoins ils aspirent avec tant d'ardeur ; peut-être ne sont-ils pas irréguliers par aucun défaut extérieur, ils ont l'intégrité du corps, mais que de défauts intérieurs! Combien ces espèces d'irrégularités spirituelles sont-elles plus désagréables à Dieu, et plus ignominieuses à l'Eglise que les corporelles I Les pénitents de ce temps-là n'étaient pas ho- dignes d'être admis au clergé; mais quels

Et non-seulement les pénitents, en général, étaient exclus du clergé, mais même, en particulier, ceux qui avaient eu l'humilité de confesser publiquement leurs péchés.

C'est ce que nous apprenons du concile de ISicée, qui nous porta les mœurs de l'Eglise persécutée, et la bonne odeur de ce premier esprit qui l'anima : c'est une maxime établie, une loi reçue, dit le concile, que l'entrée de l'état ecclésiastique est fermée à ceux qui ont confessé leurs péchés : « Qui confessi sunt peccala sua, ecclesiasticus ordo non recipit. » Plaise à Dieu que l'Eglise d'à présent ne reçoive que ceux qui se sont bien entièrement confessés de leurs péchés, et qui les ont parfaitement déplorés, et que nous pratiquions cette loi renversée: « Qui confessi non sunl peccala sua, ecclesiasticus ordo non recipit. ».

Ceux qui, par leurs larmes et leurs œuvres satisfactoires , pouvaient être comptés au nombre des véritables pénitents, ne le pouvaient être au nombredes ordinands : « Hi qui ex pœnitentibus sunt, ad sacros ordines HSpirare non audeant, » dit un grand Pape. Qu'heureux serait le sort de l'Eglise d'aujourd'hui, si elie n'en recevait aucun qui n'eût longtemps pleuré el expié ses crimes I Plût à Dieu que celle loi ici lût bien en vigueur : -< Hi qui ex pœnitentibus non sunt, ad sacros ordines aspirare non audeant. »

Ceux qui même se distinguaient des autres pénitents par leurs austérités n'étaient pas reçus au clergé, parce qu'enfin c'était l'innocence et non la pénitence qu'on refl-

étaient les pénitents de ce temps-là ! Quelles humiliations, quelles prosternations, quels jeûnes ne pratiquaient-ils pas ! Revêtus de sacs et de cilices, couverts de cendres, couchés aux portes des églises, et cela pendant beaucoup de temps I Encore à présent, quand l'Eglise les réconcilie, elle se sert de termes qui font assez voir son esprit. Seigneur, ditelle, Dieu éternel et tout-puissant, nous prions votre majesté sainte de répandre les effets de votre miséricorde sur vos pauvres serviteurs, qui se sont macérés par une longue et affreuse pénitence: « Majestatem tuaru supplices deprecamur, omnipotens a?terne Deus , ut bis famulis tuis longo squalore pœnitentiae maceratis, miserationis luœ veniam largiri digneris. »

Les moines mêmes, qui s'étaient consumés dans les jeûnes, veilles, mortifications, oraisons, à peine suffisaient pour faire un bon clerc : « Vix bonus monachus bonum clericum facit. » Que prétend donc celui qui, d'une part, a perdu son innocence, et qui, de l'autre, j n'a fait aucune pénitence ?

Que de sujets d'humiliation, de confusion, de crainte, de scrupules bien fondés 1 Que si vous avez perdu votre innocence, du moins travaillez à la recouvrer par la pénitence; car l'Eglise est composée de deux sortes de personnes, selon saint Ambroise, ou de ceux qui n'ont pas grièvement offensé Dieu, ou de ceux qui sont résolus de ne le plus offenser : « Ex duobus enim constat Ecclesia, aut ut pecoare nesciat, aut ut pe<care desinat. >> Elle s'augmente par la naissance des baptisés; elle se multiplie par la

résurrection des pécheurs ; deux portes pour entrer à la vie : * Augeraur regenerandis, cresciraus reversis. » Si leseaux lavent, les larmes purifient : « Lavant aquœ, lavant lacrymœ » C'est le langage de l'Eglise dans la réconciliation solennelle des pénitents.

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