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rite, que, devenant le vicaire et l'ambassa- "" deur de Jésus-Christ, il contracte l'obligation de l'imiter dans ses vertus, et d'être la copie de ce divin original : « Ordinandusco- J gitare secum débet ut iraitator Christi sit, cujus legatione fungitur; » d'exprimer en soi la charité de Jésus-Christ, sa douceur, sa patience, son humilité, son zèle, sa tempérance, sa chasteté.
Cette vérité importante se soutient dans l'ordination même actuelle ; car, lorsque l'évêque vient à la consécration des prêlres, il leur tient ce discours : Imitez, leur dit-il, ce que vous tenez entre vos mains, c'està-dire immolez-vous vous-mêmes avec Jésus-Christ : « Imitamini quod tractatis. » Et offrant le sacrifice mystique de Jésus- Christ qui n'e>t que le mémorial et l'expression de sa mort à la croix, souvenezvous de crucitier, ou plutôt de sacrifier voire chair avec la sienne, et de donner la mort à vos vices par la mortification, en la lui donnant mystiquement par la consécration : <i Quatenus mortis Dominicœ mysterium célébrantes, mortificare membra vestra a vitiis et concupiscentiis omnibus procu relis. »
Telle est la grande obligation des prêtres. Ils doivent imiter la victime sainte qu'ils offrent tous les jours à l'autel. C'est dans l'imitation d'un si excellent modèle que consiste leur bonheur et leur mérite. Est-ce trop pour eux? Quoi l dit saint Grégoire, une simple tille de treize ans, une sainte Agnès, a pu se sacrifier, et des prêtres ne le pourront pas ? Mais pourquoi ne pourrontils pas imiter Jésus-Christ dans le sacrifice qu'il a fait de lui-même, sinon parce qu'ils n'ont pas circoncis les convoitises de leur cœur, qu'ils ne sont pas morts à tous les désirs de la chair; car cette admirable martyre, continue saint Grégoire, n'eût jamais pu livrer son corps à la mort, si elle ne fût morte auparavant en esprit à tous les désirs de la vie : « Nec enim sancta heec, cujus hodie natalitia celebramus, mori pro Domino potuisset in corpore, si prius a terrenis desideriis mortua non i'uisset in mente.» (Lib. lin Evang. ,hom. 11.) Son âme, élevée au sommet de Ja vertu, méprisa également les tourments dont on la menaçuit et les promesses dont on la flattait : « Erectus namque in virtutis culmine animus, tormenta despexit, prœmia calcavit. » Invincible aux menaces des rois irrités et des magistrats armés, elle parut plus intrépide que l'exécuteur qui la frapna, et plus majestueuse que le juge qui la condamna : « Ante armatos reges et prsesides invicta stetit, feriente robustior, judicante sublimior. » Que diront à cela, continue ce grand pontife, les hommes forts et vigoureux? De petites filles ravissent le ciel à travers le fer et le feu, nous le perdons honteusement, nous laissant surmonter aux vices, nous laissant emporter à la colère, enfler à l'orgueil, renverser à l'ambition, souiller à la luxure : « Quid inter hœc nos barbali et débiles dicemus, qui ire ad régna
cœlestia puellas per ferrum videmus? quos ira superal, superbia inflat, ambitio perturbât, luxuria inquinat. >> Ne devrions-nous pas rougir de perdre, dans la paix de l'Eglise* le salut que nous aurions dû conserver au prix de notre sang dans les temps des persécutions? « Qui si adipisci régna cœlorum per bella perseculionum non possumus, hoc ipsum nobis turpe sit, quod Deum nolumus, saltem per pacem sequi. » On ne nous contraint pas à présent, l'épée sous la gorge, de renoncer à Jésus-Christ, ou de perdre la vie; maison nous impose l'obligation d'égorger nos convoitises : « Ecce nulli nostrum hoc tempore dicit Deus : Pro me morere ; sed illicita tantummodo in te desideria occide. «Quelle apparence que celui-là livrât son corps au glaive des tyrans* qui n'a pas le courage de le livrer aux douces rigueurs de la pénitence?« Qui ergo in pace subigere carnis desideria nolumus, quando in bellopro Domino ipsam carnem daremus ? C'est néanmoins ce que l'Eglise demande des prêtres dans leur ordination ; c'est à quoi les prêtres sont tenus; c'est en quoi ils doivent principalement imiter Jésus-Christ, notre souverain pontife, véritablement prêtre, parce qu'il est véritablement victime, dit saint Augustin : « Christus pro nobis sacerdos et sacrificium, et ideo sacerdos.quia sacrificium. h (Confes., lib. x, 43.) Et n'est-ce pas le Fils de Dieu qui, dans son Evangile* oblige ses ministres à l'imiter, à le suivre dans le sacrifice qu'il a fait de lui-même. Ecoutons-le, et pénétrons bien sa pensée.
Que celui qui prétend à la qualité de mon ministère, me suive, nous dit-il à tous : Qui mihi ministrat me sequatur. (Joan. xn, 26.) Qu'est-ce à dire? s'écrie saint Augustin ; c'est-à-dire qu'il m'imite, « id est, me iraitetur (S. Aug., ïoc.cit.);» qu'il suive mes pas, qu'il marche d;ms mes voies : << Vias ambulet meas, non suas. » Mais qu'est-ce que marcher comme a marché Je Fils de Dieu ? continue saint Prosper. « Quid est autem ambulare sicut ipse ambulavit? » si ce n'est pas mépriser la prospérité du monde, que Jésus-Christ a méprisée ; ne point craindre les maux qu'il n'a point appréhendés; faire les mêmes actions qu'il a faites; enseigner la même doctrine qu'il a prêchée; espérer les biens qu'il a promis; suivre le chemin étroit qu'il a frayé, pour parvenir au terme auquel il est parvenu : « Nisi contemnere omnia prospéra quee conlempsit, non timere adversa quee pertulit, libenter facere quœ fecit, docerequso docuit, sperare quse promisit, et sequi quo ipse praecessit. (De vita act. sacerd., cap. 21); » si ce n'est, en un mot, être humble comme lui, chaste comme lui, patient comme lui, charitable comme lui : car c'est ainsi que nous devons l'imiter.
Mais celte parole n'est pas encore épuisée : Si quis mihi ministrat,, me sequatur. Elle comprend l'obligation que les ministres de Jésus-Christ ont de sacrifier , c'est-à-dire d'exposer leur bien, leur, santé et leur vie
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môme; de n'épargner pour cela ni soins, ni peines, ni travaux, et de se consommer au service du prochain par une oblation totale d'eux-mêmes, a l'exemple de Jésus-Christ leur divin modèle; ce qui les engage à une très-grande sainteté.
Pour mieux comprendre encore cette doctrine, il faut remarquer avec saint Augustin, que le Fils de Dieu ne parle pas ici d'un ministère corporel que des serviteurs peuvent rendre, tels qu'ont été ceux des apôtres, de sainte Marthe, de saint Joseph, de la sainte Vierge même; service et devoirs exlérieurs que Judas lui a pu aussi rendre quelquefois avec le reste des disciples : Si quis tnihi ministrat, vie sequatur ; mais d'un autre ministère bien plus excellent, et dont le Fils de Dieu s'est lui-même chargé venant en ce momie, comme il le déclare par ces paroles : Filius hominis non venit ministrari, sed ministrare, et dure aniinam suant redemptionem pro multis. (Matth. xx, 28.) Voilà Je seul ministère d'importance, de consommer sa vie, et de donner jusqu'à son sang pour le salut du prochain : Et dare aniinam suam redcmptionem pro multis.
Si donc, dit-il, quelqu'un entreprend l'office de pasteur, s'il prétend entrer dans le ministère sacerdotal, se charger du salut des autres, me sequatur, qu'il me suive. Mais voici un autre mot qui demande son explication. Qu'est-ce à dire, qu'il me suive? me sequatur. C'est-à-dire, qu'il m'imite dans le sacrifice que j'ai fait de moi-même pour procurer aux âmes la vie éternelle.
En effet, lorsque ce souverain Pasteur établit saint Pierre chef de son troupeau, il lui tint ce discours : Pierre, m'aimez-vous? paissez mes brebis : Petre, amas me? pasce agnos meos, pasce oves meas. (Joan, xxi, 15- 17.) El saint Pierre, à peine fut-il, en vertu de ces paroles, revêtu de ce glorieux emploi, qu'aussitôt Jésus-Christ ajouta, conime une suite nécessaire de cette charge, qu'il s'attendît par conséquent à répandre son sang, et à mourir en croix, ainsi que lui-même avait fait : Cum esses junior, cingebas te, et ambulabas ubi volebas ; cum autem senueris, alius te cinget, et ducel quo tu non vis. Uoc autem dixit, significans qua morte clarificalurus esset Deum. (Ibid., 18, 19.) Et voilà l'interprétation de ces paroles : Si quis mihi ministruverit, me sequatur. C'est pourquoi Notre-Seigneur, dans le même endroit où il commet à saint Pierre le ministère pastoral, lui dit qu'il le suivît, sequereme ; suivez-moi jusqu'à la croix, jusqu'au supplice ; ce qu'il répéta une seconde fois à l'occasion de saint Jean, dont il parla d'une manière obscure, et comme s'il n'eût pas dû souffrir la mort par le martyre; car, s'adressant .derechef à saint Pierre, il ajouta : Sic eumvolo manere, donec veniam, quid ad te? tu me sequere (Ibid., 22) ; pour marquer que suivre Jésus- Christ n'est rien autre chose que de l'imiter dans le sacrifice qu'il a faitde lui-même pour le salut des hommes. C'est là le vrai ministère sacerdotal dont il parle : Si quis mihi mi ait tr averti, me sequatur. C'est le minis-
tère dont il avait expliqué les devoirs les plus essentiels, quand il avait assuré qu'il était venu, non pour être servi, mais pour servir, et pour donner son sang afin de procurer le salut des Ames -.Non venit ministrari, sed ministrare, et dare animant stiam redcmptionem pro multis. Telle est la perfection à laquelle les pasteurs sont appelés ; tel est le divin exemplaire sur lequel ils doivent so mouler : * Apposita est forma cui imprimatur, » dit saint Grégoire.
Nous voyons une semblable doctrine en plusieurs endroits de l'Evangile, particulièrement en un qu'on peut dire servir de flambeau à celui-ci.
Notre-Seigneur ayant un jour demandé à ses apôtres ce que les hommes disaient de lui, et pour qui ils le prenaient, et les apôtres lui ayant répondu que les uns disaient qu'il était saint Jean-Baptiste, les autres Elie, d'autres un des anciens prophètes revenu au monde, Notre-Seigneur ajouta : Et vous, qui croyez-vous que je sois? Sur quoi saint Pierre, au nom de tous, ayant fait cette célèbre confession de foi, par laquelle il le reconnut pour le véritable Fils unique de Dieu, Notre-Seigneur lui répliqua qu'il était heureux de ce que le Père céleste lui avait révélé cette grande vérité; et, continuant son discours, il l'établit pour pierre fondamentale de son. Eglise, et l'assura que tout ce qu'il lierait et délierait sur la terre, serait lié et délié dans le ciel , c'est-à-dire qu'il lui donna, et à ses successeurs, le premier et principal ministère de son Eglise ; car, selon que l'observe saint Léon, comme ce que saint Pierre crut en Jésus-Christ dure éternellement, aussi ce que Jésus-Christ établit dans saint Pierre subsiste toujours : « Et sicut permanet quod in Christo Petrns credidit, ita permanet quod in Petro Christus instituit. » (Serin, in Ann. pontif.) Cependant, après une si authentique profession de foi, après une si célèbre collation du ministère sacerdolal, le Fils de Dieu prédit que le sceau de son sacerdoce sera sa mort à la croix ; que c'est en épanchant son sang pour le salut du monde, qu'il remplira les lonclions de son ministère : Venit ministrare, non ministrari, et dare animant suant redemptionem pro multis. A cette parole saint Pierre est surpris, il se trouve scandalisé; il n'a pas cru acheter l'honneur de son sacerdoce à un si haut prix ; il craint que sa société au pontificat de Jésus-Christ ne l'engage à une société de martyre avec lui ; le mystère de la croix est une nuit obscure pour lui, une énigme inintelligible; à travers les humiliations de la nature humaine, la bassesse d'un corps corruptible, sous un extérieur méprisable, il avait connu la gloire du Fils unique du Père, la majesté du Verbe incréé, les grandeurs de l'Homme-Dieu ; il, avait percé celte obscurité, et, éclairé d'une lumière divine, il avait vu le mystère de l'Incarnation, et avait confessé la vérité qui lui avait été révélée; il avait dit : Vous êtes le Christ, le Filsdu Dieu vivant : TuesChistus Filius Vei vivi. (Matth. xvi, 1(3.) Mais le
mystère de la croix l'arrête ; chose admirable 1 saint Jean-Baptiste et saint Pierre, les deux saints les plus élevés de l'Evangile, favorisés de tant de révélations, connurent sous un vil extérieur les grandeurs du Verbe incarné; mais les humiliations de sa croix et de son sacrifice furent un ahîrue qui les éblouit : l'un refusa de le baptiser, ne comprenant pas jusqu'où allaient ses abaissements ; l'autre le reprit de ce qu'il prédisait une mort aussi ignominieuse que cellequ'il voulait souffrir pour la rédemption des pécheurs : Et apprehcndens eum Petrus, cœpit increpare eum dicens : Absit a te, Domine, non erit tibi hoc. (Malth.xw, 22,23.) Qu'est-ce que lui répondit Noire-Seigneur, ou plutôt quelle importante instruction saint Pierre n'altira-t-il pas sur tous les ministres futurs, qui dans la suite des siècles devaient exercer Je sacerdoce et travailler au salut des âmes? Car Notre-Seigneur, après l'avoir repris de ce qu'il comprenait si mal le devoir Je plus essentiel du sacerdoce qui est de s'immoler soi-même, et de donner sa vie pour son troupeau, charité pastorale, qui surpasse toutes les autres en excellence et en perfection ; il appela aussitôt ses disciples autour de lui, et nous appela nousmêmes en leur personne, pour nous donner celte importante instruction : Tune convocata turba eum discipulis suis, dixit ad omnes (Marc, vm, 34) : voici la condition la plus essentielle pour ceux qui prétendent entrer dans les emplois de l'apostolat, intimée à tous présents et à venir, proférée en présence du peuple même, afin que personne n'en prétende cause d'ignorance : Si quis vult postme venire, abneget semetipsum, et tollat crucem suam quotidie, et sequalur me (Ibid.) , et le reste que nous lisons en cet endroit ; ce qui veut dire, en un mot, que celui qui prétend être un disciple du Fils de Dieu, doit se regarder comme une victime destinée au sacritice : JEstimati sumus sicut oves occisionis (Rom. yiii, 36) ; et suivre Jésus-Clirist jusque sur le Calvaire, suivre ses pas, et imiter sa vie laborieuse et ses vertus sacerdotales. Tel est le modèle que nous devons imiter, et le haut degré de sainteté qu'exige la qualité de pasteur : Bonus pastor dat animam pro ovibus suis.(Jban. x, 11.) Rien moins que cela. Jésus-Christ fa accompli. Conformons-nous à cet original ; sacrilions parents, amis, emplois honorables , dignités, fortune, établissement, temps, repos, talents, biens, santé et entin la vie même. Ayons honte de mourir d'une mort naturelle, causée par quelque infirmité de notre constitution : que notre mort soit une suite de notre zèle; mourons pour avoir trop travaillé à une mission, pour nous être exposés au mauvais air d'un hôpital, pour avoir été trop longtemps au confessionnal, pour avoir excessivemenlfaligué, jeûné, veillé, prié, souffert; qu'on dise de nous ce qui est écrit de tant de saints : « Confeclus laboribus obdormivit in Domino. » L'heureuse fin, la bonne mort 1 quelle est conforme à celle de Jésus-Christ ! Mais
quelle récompense aurons-nous pour nous être ainsi immolés? pour avoir tout sacrifié, et nous être sacrifiés nous-mêmes, à l'exemple de saint Paul, qui disait : lmmolor supra sacrificium. (Philip, h, 17.) Vous nous commandez de vous suivre, ô mon Seigneur Jésus 1 et de vous imiter dans les vertus les plus difficiles, et jusqu'à notre propre destruction, si nous voulons entrer dans votre ministère : Si quis mihi ministrat, me sequatur. Mais nous vous osons demander avec le même saint Pierre : Ecce nos reliquimus omnia, et secuti sumus te, quid ergo erit nobis? (Matth. xix, 2.) Nous quitterons tout, nous nous exposerons à tout. Cependant, '< Eccequod dictum est: »-Si quis mihi ministrat, me sequalur, ûil saint Augustin. « Quid esl, me sequatur,nisi meimitetur?» Oui, mais quel fruit en retirerons-nous, quelle récompense? « Quo fruetiij qua mercede, quo prœmio? » La demande est juste. Voici la réponse, ou plutôt la promesse magnifique : Et ubi sutn ego, illic et minister meus erit. (Joan. xn, 26.) Il esl vrai, le chemin que je vous montre est rude à la nature, l'obligation que je vous prêche est grande ; mais jetez les yeux sur 13 couronne qui vous attend : Vous serez où je serai : Ubi ego sum, illic et minister meus erit. O récompense inestimable 1 être où sera le Fils de Dieu 1 peul-on être bien où il n'est pas ? ou peuton être mal où il est? » Ubi enim bene erit sine illo, aut quando esse maie poterit eum illo? «continue saint Augustin. C'est ainsi que sera récompensé le fidèle ministre de Jésus-Christ; il sera où sera Jésus-Christ; le disciple sera où sera le maître ; et le Père honorera celui qui aura été le digne ministre du Fils, c'est-à-dire qui, à son exemple, n'aura pas épargné son sang et sa vie pour le salut des âmes, qui comme lui se sera consommé au service de l'E.
chain, qui pourra ministrari, sed ministrare, et dare animam redemptionem promultis. Celui qui remplira de cette sorte les devoirs de son ministère, sera honoré de Dieu le Père : « Sic ministranlem Christo honoritieabit eum Pater honore illo magno, ut sit cura Filio ejus, et rîunquam deticiat félicitas ejus. » Car en effet, quel plus grand honneur pourra recevoir le fils adoptif, ' que de se voir associé avec le Fils naturel, non pour lui être égal dans la divinité, mais pour être fait participant de sa gloire : « Nam quem majorera honorem aecipere poterit adoplatus, quarn ut sit ubi est unicus; non œqualis faclus divinitati, sed consociatus œternitali. » C'est toujours saint Augustin au raêrae endroit : Honorificabit eum Pater meus. (Jbid.) Quelle gloire à des vermisseaux comme nous, d'être honorés à la face du ciel et de la terre, et d'être honorés de Dieu même : Honorificabit eum Pater meus.
Que peut-on se figurer par cette promesse, sinon trois choses? Un prince est dit combler d'honneur un sujet, ou quand il lui fait du bien, ou quand il l'établit dans un grand emploi, ou quand il lui donne publiquement
a.ise et du prodire avec lui : Non veni
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do grandes louanges, ainsi qu'Assuérus en usa à l'égard de Mardocliée : Sic honorificabitur quemcunque rex voluerit honorari. (Esth. vi, 9.)
Or, c'est ainsi que le Fils de Dieu, qui porte écrit sur soi le Roi des rois, et le Souverain des souverains, en usera comme il le promet dans son Evangile, à l'égard de ses ministres fidèles ; de quels biens ne les comblera-t-il pas? Super omnia bona sua constitua eum. (Matth. xxiv^ 47.) Quels grands emplois ne leur donnera-t-il pas? Vos qui secuti eslis me, scdebitis super thronos judicantes duodecim tribus Israël. (Matth. xix, 28 ) Ou, comme dit le Psalmiste, il les fera asseoir dans des lits de justice, pour tirer vengeance des nations impies, et juger les rois et les monarques : Exsultabunt sancti in yloria, lœtabuntur in cubilibus suis : exaltationes Dei in gutture eorum, >>t gladii ancipites in manibus eorum : ad faciendam vindiclam in nalionibus, increpationes in popu- Lis ; ad alligandos reges eorum in compedibus, et nobiles eorum in manicis ferreis : ut faciant in eis judicium conscription, gloria hœc est omnibus sanctis ejus. (Psal. exux, 5-9.) Enfin, quelles louanges, quels éloges ne recevront-ils pas de la bouche de Dieu même, en présence des anges et des hommes ? Tune laus erit unicuique a Deo.
(/ Cor. iv, 5.)
C'est le sens renfermé dans ces paroles du Sauveur: Si quis mihi minislraverit, honorificabit eum Pater meus. (Joan. xn, 26.) Mais, pour parvenir à ces sublimes récompenses, il faut imiter Jésus-Christ dans ses humbles vertus ; il faut exprimer sa sainteté en nous; il faut pour vivre avec lui dans le ciel, s'immoler comme lui sur la terre, et remplir ces paroles : Exemplum dedi vobis, ut quemadmodum ego feci, ita et vos faciatis. (Joan. xin, 15.)
Seconde considération. — L'apôtre saint Paul, après avoir montré en sa personne combien la vie des ministres de l'autel doit être sainte, par ce motif puissant, que le modèle de la sainteté d'un prêtre n'est autre que la sainteté de Dieu même : Eslote imitatores Dei (Ephes. v, 1), nous en apporte un second qui n'est pas moins considérable, lorsqu'il nous dit que la sainteté des prêtres doit servir de modèle de sainteté au reste des fidèles.
Ces deux motifs sont coiTenus encore dans ces autres paroles du même apôtre : Eslote imitalores mei, sicut et ego Christi. (1 Cor. xi, 1.) Car, en disant qu'il est l'imitateur de Jésus-Christ, il nous découvre cette grande vérité, que le modèle de la sainteté d'un prêtre n'est autre que celle du Fils de Dieu même : Sicut et ego Christi. Et en disant au peuple qu'il imitât la vie des ministres de Jésus-Christ, il nous a assez appris que la vie d'un prêtre doit servir aux peuples de modèle de sainteté : Eslote imitalores mei. Il inculque encore cette doctrine en un autre endroit, où il exhorte les fidèles à se conformer à lui et à faire tout ce qu'ils avaient entendu de lui et vu en lui : Quœ
audistis et vidistis in me, hœc agite. (Philip. vi, 9.)
Si bien qu'un prêtre doit se regarder comme un exemplaire de vertu exposé aux yeux des peuples, un modèle de modestie, d'humilité, de patience, de charité, de chasteté, de pénitence, de mortification ; or quel degré de perfection n'exige-t-il pas?
Car si la maxime de la philosophie est véritable « Propler quod unumqnodque taie et et illud magis ; » et cette autre : « Quod est primum in unoquoque génère est régula et mensura cœlerorum ; » ne s'ensuit-il pas que tout ce qu'il y a de piété, de vertu, de perfection dans les simples fidèles, doit se trouver éminemment renfermé dans les prêtres ? Quel avantage pour eux t Heureuse l'âme, dit un saint Père, qui doit servir de modèle de sainteté aux autres 1 Félix Ma anima, quœaliis forma est sanctitatis (Petr. Blés., n,274): mais quelle obligation pour eux!
Le même apôtre, écrivant à un prélat de l'Eglise, lui prêche fortement ce devoir: Montrez-vous en toutes choses exemplaire, et en toutes sortes de vertus et de bonnes œuvres, en doctrine, en intégrité de vie, en sagesse, en un mot en tout : In omnibus exemplum te prœbe bonorum operum. in doclrina, in integritate, ingravitale. (TH. n, 7. ) Soyez encore une fois un modèle de perfection aux fidèles, dans vos discours et dans votre conduite ; en charité, en foi, en chasteté : Exemplum esto fidelium inverbo, in conversatione, in charitate, in fide, in castilate. ( I Tim. iv, 13.) Que ces vertus emportent de devoirs! que ce peu de mots renferme de choses 1
L'apôtre saint Pierre ne nous presse pas moins là-dessus, lorsqu'il veut que le pasteur soit le modèle de la religion de tout le troupeau : Je vous supplie, dit-il, ô prêtres de Jésus-Christ, moi qui suis prêtre com me vous de ce divin Sauveur, témoin de ses souffrances et plein d'espérance de me voir un jour associé à son bonheur, je vous supplie, dis-je, autant que je le puis, de paître et de conduire le troupeau qui vous est commis : Seniores, obsecro, consenior et lestis Christi passionum, qui et ejus quœ in futur o revelanda est gloriœ Communicator, pascite qui invobis est gregem Dei. (IPetr. y, 1, 2.) Mais comment rempliront-ils un devoir si important et si indispensable? un devoir que ce grand apôtre les exhorte d'accomplir par tout ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré? C'est, continue-l-il, en devenant des exemplaires de vertu exposés à la vue de tous les fidèles: Forma factigregis ex animo. (Ibid., 3.) ('/est à ce devoir bien rempli, qu'est attachée la promesse magnifique qui suit, que, lorsqu'au dernier jour le prince des pasteurs apparaîtra, nous recevrons une couronne immortelle de gloire : El eum apparuerit princeps paslorum, percipictis immarcescibilem gloriœ cor onam. (Ibid., 4.) Car, selon saint Chrysostome, qu'est-ce que signifie ce mot : Forma facti gregis ex animo ? (Ibid.. 4) sinon que nous devons être des modèles de perfection et de sainteté: Forma,
dit ce savant interprète, hoc est exemplar vitœ utque montrai ( n, 274).
Cette obligation est si indispensableraent attachée à notre office, que l'Eglise ne nous confère aucun ordre qu'elle ne nous l'impose très-étroitemeiit, tant ce devoir est inséparable de la dignité. On nous promet et nous promettons;, on donne, et nous donnons ; les conventions sont réciproques. Prenons un exemple seulement de chaque ordre en général, tant des ordres sacrés que des ordres mineurs, atin que nous apprenions que toute ordination emporte inséparablement un engagement si saint.
Et, premièrement, le concile de Trente et le Pontifical veulent qu'on n'admette personne, dans le clergé, de qui la piété et la pureté de mœurs ne donnent lieu de se promettre qu'un jour l'Eglise sera édifiée par l'éclat des bons exemples qu'il donnera et par les instructions salutaires qu'il répandra : « Atque ita pietale et castis moribus conspicui, ut preeclarum bonorura exemplum et vitœ monita ab eis possinl exspectari. » (Sess. 23, c. Ik.) C'est ce qu'on a droit d'attendre d'eux, quand on les reçoit dans la milice cléricale : les bons exemples, ou plutôt une vie exemplaire : « Prœclarum bonorum exemplum , » et de salutaires instructions, qui sont infructueuses si elles ne sont précédées et autorisées par une vie irréprochable : « Et vitœ monita. »
A l'ordinaiion du lecteur, c.ir ne prenons qu'un des ordres que nous estimons moindres, et que les personnes peu éclairées comptent presque pour rien, tant l'aveuglement sur ces vérités est surprenant; quand, dis-je, l'évêque ordonne le lecteur, il lui représente qu'il doit être placé dans un lieu éminent, lorsqu'il lit dans l'église les Livres saints au peuple, atin d'être mieux vu et entendu des fidèles : « ldeoque dum legitis, in loco alto ecclesiœ stetis, ut ab omnibus videamini et audiamini; » mais, au reste, que cette élévation extérieure n'est que la ligure de l'élévation intérieure de leur âme et du haut de^ré de vertu où ils doivent être parvenus : « Figurantes positione corporali vos in alto virtutum gradu debere conversari, » atin qu'ainsi exposés encore plus aux yeux de l'âme qu'aux veux du corps, ils présentent à tous ceux qui les voient et qui les écoutent un modèle excellent d'une vie toute céleste : « Quatenus cunctis a quibus audimini et videmini, cœleslis vitœ forniam prœbeatis. »
Voilà ce que l'Eglise exige d'un lecteur; voilà notre obligation dès ce premier pas de noire entrée en l'état ecclésiastique. O Dieu 1 que nous sommes éloignés de cet esprit!
Nous avons prouvé ailleurs qu'il n'y a aucun ordre en particulier à qui cet engagement ne soit annexé. C'est pourquoi , atin de n'user pas de redites, passons au diaconat.
Le prélat qui vous le confère demande à Dieu, dans votre ordination, que vous possédiez en telle abondance toutes sortes de vertus : la modestie, la pudeur, l'innocence,
la chasteté,, le zèle ; que vous soyez à tous un exemplaire achevé de perfection et de sainteté; car comment peut-on autrement interpréter ces paroles : « Abundet in eis totius forma virtutis, auctoritas modesta, pudor constans, innocentiœ puritas, et spiritualis observantia disciplina?. » Il ajoute qu'il faut que l'observance des commandements de Dieu brille tellement dans toute votre conduite, et surtout que votre chasteté jette un si vif éclat, que le peuple se sente ému, à la vue d'un si bel exemple, de vous imiter : « In moribus eorum prœcepta tua fulgeant, ut tuœ castitatis exemplo, imitationem sanctam plebs acquirat. »
Combien s'éloignent d'une si sainte idée les ecclésiastiques scandaleux, de qui la vie déréglée est une école, non de la vertu, mais du vice! Aussi voyons-nous dans la dégradation du diacre, figure de cette éternelle dégradation qui se fera, au jour du jugement, des ecclésiastiques indignes de leur état, que l'Eglise ne leur reproche rien avec des termes plus terribles que d'avoir été des occasions de scandale aux autres, loin de leur avoir été des modèles de sainteté. Nous vous dépouillons, dit-elle au diacre, de cette élole que vous aviez reçue exempte de toute souillure, parce que votre conduite n'a pas été exemplaire; que vous n'avez pas mené une vie édifiante, et qui pilt porter les fidèles à la vertu : « Stolam candidam quam acceperas immaculatam juste a te amovemus, quia exemplum conversalionis fidelibus non prœbuisti, ut plebs Christi posset inde imitationem acquirere. »
Que si l'Eglise tient ce langage au diacre, que ne dit-elle point au prêtre dans tout ce qu'elle lui adresse pendant son ordination? Il suffit d'en rapporter un moi, l'ayant fait ailleurs avec étendue. Elle demande à Dieu de renouveler dans leurs entrailles l'esprit de sainteté : « Innova in visceribus eorum spiritum sanctitatis ; » qu'ils soient des modèles achevés en toutes sortes de vertus et de perfections : « Eluceat in eis totius forma jusliliœ. »
Les saints Pères ne sont pas moins forts ni moins exprès à nous représenter cette vérité; il suffit de rapporter quelques-uns de leurs sentiments et d'en faire une simple lecture, pour en édifier notre piété.
Saint Chrysostome assure que la vie d'un prêtre doit être si pure, si irréprochable, si exempte de tout soupçon, si réglée et si uniforme, que tout le monde le regarde comme un. modèle excellent de vertu :
« Sacerdos débet bujusmodi vitam habero immaculatam atque compositam, ut omnes in illum, et in illius vitam, veluti in exemplar aliquod excellens inlueanlur. » (Houï. 10 in I Epist. ad Tim., init.) Il ajoute, au même endroit, qu'elle doit servir de règle au. reste des fidèles : « Vita clerici débet esse veluti régula ac norma bene recteque vivcndi. »
11 prescrit ailleurs à un ecclésiastique cette même obligation en ces termes : Que l'éclat de votre vie soit une école commune
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de verlu et un exemplaire parfait de sainteté, un tableau exposé à tous les fidèles, afin qu'ils vous iruiient et vous copient : « Sit communis omnium schola, exemplarque virtutis vitre tuœ splendor, omnibus proposita ad imitandum. » Que ce soit comme un original et un premier dessein, qui renferme tout ce qu'il y a de bon et de vertueux dans tous les fidèles : « Velut primitiva quaedam imago, omnia in se habens quœ bona atque honesta sunt. »
11 enseigne, en un autre endroit, que Dieu nous a choisis pour être comme de grands luminaires dans son Eglise, pour servir de maîtres au reste des fidèles, pour converser avec les hommes en la manière que font les anges du ciel avec ceux dont ils sont les guides et les protecteurs sur la terre : « Idcirco nos ille elegit, ut simus quasi luminaria , ut magistri cœterorum efliciamur, ut veluti angeli cum hominibus versemur in terris. » Et il ne craint point d'avancer que si notre vie était telle que notre profession l'exige, si elle jetait les rayons de sainteté dont elle devrait briller, il ne serait point besoin de prédications ni de paroles, tant nos bons exemples parleraient haut : « Nihil opus esset verbis, si in hune modum vita nostra sanetitalis luce fulgeret. >>
Saint Jérôme, écrivant à un prêtre, lui mande que tout le monde a les yeux attachés sur lui : « In te omnium oculi diriguntur; » que sa maison et sa conduite sont exposées à la vue d'un chacun; qu'elles sont une école publique : 'c Domus tua et conversalio tua quasi in spécula constituta, magistra est publicœ disciplina?; » que tout ce qu'il fera passera en loi, et qu'il n'y a personne qui ne se croie permis ce qu'il ne s'interdira pas : « Quidquid feceris,id omnes facieudum putant. »
Pour nous arrêter ici, car on ne tarirait jamais une matière dont les saints Pères ont si souvent et si éloquemment parlé, nous ne pouvons rien apporter de mieux ni de plus à propos, que les paroles du concile de Trente, qui renferment tout ce que nous avons dit jusqu'ici là-dessus, et lesquelles nous devrions savoir par cœur et méditer souvent.
Il n'y a rien, disent les évoques de cette auguste assemblée, il n'y a rien qui instruise davantage les fidèles, et qui les purte plus efficacement à la vertu, que la vie et Jes exemples de ceux qui se sont consacrés au service des autels : « Nihil est quod alios magis ad pietalem et Dei cullum instruat, quam eorum vita et exemplum qui se divino minislerio dedicarunl (Sess. 2, De refor.) Car, comme par leur élat ils sont séparés des choses du siècle, et élevés au-dessus des autres, le reste des fidèles les regarde comme leur miroir et leur exemple , et chacun se porte à imiter ce qu'il voit en eux : « Cum enim a rébus saeculi in altiorera sublaii locutn conspiciantur , in eos tanquam in spéculum reliqui oculos conjiciunt, ex iisque sumunt quod imiienlur. » Telle est l'excellente doctrine des apôtres ,
des saints Pères de l'Eglise; telle est l'instruction importante qu'on nous a donnée en nous consacrant prêtres; telle est l'étroite obligation qu'on nous a imposée.
Plaise à Dieu que nous entrions bien dans ces vues religieuses, et que nous comprenions bien à quoi nous engage l'état que nous embrassons et le nom que nous portons.
Troisième considération. — Après avoir vu l'obligation que nous avons de vivre saintement : premièrement, par rapport à Dieu dont nous devons imiter la sainteté; en second lieu, par rapport aux fidèles qui doivent imiter la nôtre ; c'est-à-dire, à raison du modèle que nous devons imiter et que nous devons être, il sera utile de nous convaincre encore de cette vérité, la considérant par rapport à nous-mêmes , et en tant que nous sommes consacrés à Dieu et que nous participons à la qualité de Christ, que le Sauveur possède éminemment et par excellence. Il est appelé l'oint du Seigneur ou Nazaréen, c'est-à-dire consacré à Dieu, non d'une onction extérieure et matérielle, mais d'une onction spirituelle, intérieure et permanente, qui n'est autre que l'effusion du divin Esprit, qui inonda son âme et son humanité, au moment de sa conception, et qui le consacra prêtre du Très- Haut, ou l'onction sainte de la Divinité et du Saint-Esprit, que le Verbe de Dieu reçut selon la chair à laquelle il s'était uni : Unxit te Deus, Leus tuus, oleo lœtitiœ prœ consortibus luis. (Psal. xliv , 8 ; Hebr. i, 8.) Car c'est de cette onction, comme d'une plénitude de grâce, que les rois, les prophètes et les prêtres ont été oints dans la suite des siècles, et que toutes les grâces ont découlé comme du chef sur les membres, de la source dans les ruisseaux, de la tige dans les branches. Ainsi le soleil éclaire tous les astres, la mer envoie ses eaux dans tous les fleuves, qui rapportent ensuite dans son sein ce qu'ils ont reçu d'elle.
De là vient le nom et la gloire du Chrétien, d'avoir été oint dans le baptême en qualité d'enfant de Dieu.; dans la confirmation, en qualité de soldat de Jésus-Christ ; et enfin, dans l'ordre, en qualité d'organe du Saint-Esprit, de prêtre et de ministre des autels du Dieu vivant; tous titres qui nous obligent à vivre saintement, à participer à l'onction de Jésus-Christ, doublement oint, et par l'épanchement de la grâce, qui consacra son âme dans son incarnation , et par l'etfusion de son sang, qui couvrit son corps dans sa passion ; participons à l'une et à l'autre de ces onctions ; soyons victimes comme Jésus-Christ dans son oblation entrant dans ce monde; soyons prêtres comme Jésus-Christ dans son immolation sur le Calvaire, en sortant de ce monde.
En effet, ne doutez pas que vous ne soyez tenus de mener une vie sainte, parce que vous avez été consacré à Dieu par la prêtrise : « Consecrandi, filii charissimi, in presbyteratus officium, » vous a dit l'évoque, et consacrés, non-seulement d'une huile matérielle
et extérieure qui, ayant oint votre corps et votre chair, vous oblige de les conserver l'un et l'autre dans la pureté et sainteté; mais par l'effusion de la grâce du Saint- Esprit, dont votre âme a" été bénite et consacrée, pour n'en faire plus aucun usage qui ne soit saint.
Un des plus ordinaires motifs dont Dieu s'est servi dans l'ancienne Loi, pour porter les lévites et les prêtres à mener une vie sainte, était de leur faire représenter qu'ils étaient consacrés à son culte et au service des autels, et, par conséquent, qu'ds ne fussent pas si malheureux que de se souiller jamais d'aucun péché, ce qui serait détruire ce qu'il y a de plus essentiel dans l'institution du sacerdoce. Voici les termes de l'Ecriture : El le Seigneur dit a Moïse : Parlez de ma part aux prêtres, aux enfants d'Aaron, et les avertissez qu'ils aient à être saints, parce qu'ils sont consacrés à moi, qui suis leur Dieu : Dixit quoque Dominus ad Moïsen : Loquere ad sacer dotes filios Aaron, et dices ad eos : Sancti erunt Deo suo, quia consecrali sunt Deo suo (Levit. xxi, 6) ; qu'ils soient saints, c'est-à-dire, non-seulement exempts des souillures du péché, mais de plus, ornés de vertus éminentes et, riches en bonnes œuvres , comme observe saint Cbrysostome : « Sanctum non facit sola mundatio peccatorum, sed quaedam eminentia magna virtutum, praesentiaSpiritus, etbonorum operum opulentia. » Qu'ils soient donc saints, parce qu'ils sont consacrés à leur Dieu. « Sint ergo sancti, quia consecrati sunt Deo suo.» Qu'ils soient saints, parce que je suis saint: Sint ergo sancti , quia ego sanctus sum (Levit. xix, 2) : étant convenable que le ministre porte les livrées du maître, et que rien n'en approche qui ne soit digne d'une si grande majesté. C'est donc une raison qui vient de Dieu même. Les ministres des choses saintes doivent vivre saintement à cause qu'ils lui sont consacrés par l'huile sainte qu'on a répandue sur eux au jour de leur ordination : Sancti erunt Deo suo, quia consecrali sunt Deo suo. Cette effusion a causé en eux des impressions de grâce et de sainteté ; elle en a chassé l'infection de la convoitise et du péché.
Mais voici une seconde raison qui ne semble pas moins forte, et qu'on peut dire être une suite de la première. Dieu ordonne à Moïse de dire à ses prêtres qu'ils vivent saintement, parce que c'est lui, leur Seigneur et leur Dieu," auteur et amateur de toute sainteté, qui les a sanctifiés lui-même, et qui conserve et entretient celle sainteté en eux : Sint ergo sancti, quia ego sanctus sum, Dominus qui sanctifico illos. (Jbid.) Car il est visible que les prêtres, ainsi consacrés et sanctifiés de la main de Dieu même, et lequel nourrit en eux cette sanctification qu'il y a une fois produite, sont tenus de mener une vie qui réponde à cette grâce, et à faire des actions qui soient proportionnées à cette vie; et malheur a eux, s'ils vont se souiller ensuite dans l'ordure du vice et du péché.
Nous pouvons encore tirer de l'Ecriture un troisième motif pour nous convaincre de l'obligation que nous avons de vivre saintement à cause que nous sommes les oints du Seigneur ; car nous voyons que Dieu commanda de nouveau à Moïse de représenter à ses prêtres que leur consécration les y engageait, parce que, par celte cérémonie, ils avaient été séparés du reste du peuple, députés au service de ses autels, destinés à à son culte, et comme envoyés vers lui de la part des enfants d'Israël, pour lui rendre les devoirs religieux, dont les soins et les embarras de cette vie empêchaient les laïques de s'acquitter parfaitement ; qu'ils ne devaient plus se mêler dans le commerce du monde, le trafic, la culture des terres; mais uniquement s'occuper à instruire les peuples de la loi du Seigneur, à chanler ses divines louanges, à lui offrir* dss-sacrifices, à recevoir les vœux des fidèles, à les purifier de leurs péchés, à leur imprimer des sentiments de religion, par leurs sacrées cérémonies et leurs fonctions saintes, à vaquer à l'oraison. Voici les paroles de Dieu à Moïse: Vous me consacrerez les lévites qui me sont présentés, à moi qui suis leur Dieu, et vous les séparerez du reste des enfants d'Israël, afin qu'ils me servent au nom du peuple, et qu'ils me rendent le culte qui m'est dû, par l'exercice de leur ministère dans le tabernacle : Consecrabis Levitas oblatos Domino, ac separabis de medio filiorum Israël, in tabernaculo fœderis. (Num. vin, 14.) Ce passage nous instruit de deux importantes vérités : l'une, que d'être consacré à Dieu, n'est rien qu'être transféré d'un usage profane à un usage saint, d'être séparé de cœur et d'affection du monde et des créatures : Consecrabis Levitas oblatos Domino, ac separabis de medio filiorum Israël ; l'autre, qu'être consacré à Dieu, c'est être destiné et député pour servir au service divin et aux exercices de la religion, surtout en qualité de ministre public, et de supplément de la piété des peuples, tels que sont les prêtres et les ministres des aulels : Consecrabis Levitas oblatos Domino, ut serviant mihi pro Israël in tabernaculo fœderis. Et par conséquent, quel sacrilège est-ce à un vase de sanctification, quelle impiété de devenir ensuite un vase d'iniquité, de faire servir son corps au péché, de rendre son âme un instrument du crime? Qu'ils soient saints à leur Dieu, estil écrit en un autre endroit, et qu'ils ne souillent point son nom adorable, parce qu'ils offrent de l'encens au Seigneur et qu'ils lui présentent des pains; et par conséquent, qu'ils vivent saintement : Sancti erunt Deo suo, et non polluent nomen ejus, incensum enim Domini et panes Dei sui offerunt et ideo sancti erunt. (Levit. xxi, 6.)
Enfin, nous ne tirons pas un médiocre argument de l'obligation que ces prêtres avaient de vivre saintement, de plusieurs autres endroits de l'Ecriture, où il est expressément porlé que les lévites appartenaient d'une manière toute particulière à
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Dieu, qu'ils étaient à lui par un titre spécial, qu'ils étaient son lot et son héritage, qu'il était le leur, et qu'ainsi ils devaient vivre saintement, parce qu'ils lui étaient consacrés, et que cette consécration les rendait saints : Consecrabis levitas oblatos Domino, ac separabis de medio filiorum Israël, ut sint met, et serviant mihi pro Israël in
tabernaculo fœderis Eruntque levitœmei.
Ego Doniinus qui sancti fico illos. (Num, vm, 3.) Passade dans lequel sont renfermées toutes les considérations précédentes, que les prêtres doivent être saints, parce qu'ils sont consacrés à Dieu, parce qu'ils sont séparés du monde, parce qu'ils sont députés au culte de Dieu, parce qu'ils sont à Dieu, parce qu'ils sont sanctifiés de Dieu, qui cause et qui conserve cette sainteté entre eux. (Xum. ni, 12.)
Que si la consécration des prêtres de l'ancienne loi les obligeait à vivre saintement, combien la consécration des prêtres de la nouvelle alliance les y engage-t-elle d'une manière incomparablement plus étroite et plus forte ?
La consécration n'était par elle-même qu'extérieure et matérielle ; la nôtre est intérieure et spirituelle; celle-là oignait le corps, celle-ci l'âme.
Leur consécration par elle-même était vide et destituée de grâre; la nôtre est accompagnée de la grâce sanctifiante, qui nous fait prêtres du Dieu vivant et ministres de Jésus-Christ.
Leur consécration ne donnait que le pouvoir de purifier quelques souillures légales et charnelles, et d'admettre les Juifs dans le temple. La nôtre nous confère la puissance divin-e de purifier l'âme dés Chrétiens de la lèpre du péché, des taches spirituelles, et de les introduire dans le paradis.
Leur consécration ne leur donnait que le droit d'offrir à Dieu des animaux en sacrifice, des bœufs et des brebis, et de distribuer leur chair au peuple ; le nôtre nous communique le pouvoir miraculeux d'offrir en holocauste Jésus-Chribt, la victime du salut du inonde, de le produire sur nos autels, et de dispenser aux hommes son corps adorable et son sang précieux.
Leur conséir;:tion ne les députait qu'aux fonctions d'un ministère impariait, corporel, extérieur; de porter des vases servant au culte divin, de brûler de l'encens, de mettre des pains sur une table d'or, de toucher les vaisseaux sacrés, les ornements, et le reste des vêtements sacerdotaux ; la nôtre nous établit et nous destine aux fonctions d'un ministère tout céleste et divin ; à toucher le Saint des saints ; à le porter en nos mains, à le recevoir dans notre estomac; à conférer la grâce, à justifier les pécheurs, à sanctifier les âmes, à fermer l'enfer, à ouvrir le ciel.
Cependant, cette consécration obligeait les anciens prêtres à vivre saintement : Purifiez-vous, leur disait-on; soyez saints, vous qui portez les vases du Seigneur : Mundamini, qui fer lis vasa Domini. (Isa. lu,
il.) Soyez saints, leur criait-on, parce que vous offrez de l'encens et des pains au Seigneur : Sancti erunt l)eo suo, et non polluent nomen ejus ; incensum enim Domini et panes Dei sui offerunt , et ideo sancti erunt. Soyez saints, soyez purs, vous qui abordez ses autels, qui entrez dans son sanctuaire, qui vous présentez devant le Seigneur, de peur que vous ne mouriez sur-le-champ, pour oser exercer un ministère si redoutable en mauvais état : Sacerdotes qui accédant ad Dominum sanctificentur, ne percutiat eos. Non tangent vasa sancluarii, ne moriantur in sanctuario meo, cum polluerint illud. (Exod. xix, 22.)
A quelle sainteté ne seront donc pas t enus les prêtres du nouveau testament, si élevés au-dessus du sacerdoce ancien ? Nous, dit saint Chrysostome, qui sommes appelés à une vie bien plus pure, qui devons rendre à Dieu un culte bien plus sublime, et qui avons de bien plus grands combats à rendre : « Et hœc quidem ab antiquis sacerdotibus sanctitas et perfectio exigebatur; quid ergo nos ad majorem vocati vitam, qui ad excellentiusfastigium ascendimus, etinmajoribus exercemur palaestris? »
Nous, continue ce grand docteur, qui devons imiter la vie des anges et vivre sur la terre comme ces substances spirituelles vivent dans le ciel : « Quique sicut supernas virtules inlellectuales et incorpore® illaa vitam instituere tenemur. »
Vous, consacré par un évêque, qui représente Jésus-Christ dans sa gloire, envoyant perpétuellement l'Esprit-Saint sur son corps mystique.
Vous qui, dans votre consécration, recevez l'onction de la grâce sanctifiante, répandue dans votre âme avec une abondante profusion ; grâce qui vous rend semblable à Dieu, qui vous fait enfant de Dieu, qui vous communique la nature de Dieu, et qui vous est une arrhe de la gloire de Dieu.
Vous qui, dans votre consécration, recevez une source d'un nombre infini de grâces actuelles, ou plutôt un droit de recevoir au besoin tous les secours qui sont nécessaires pour exercer avec fruit et bénédiction les fonctions sacrées ; toutes les lumières, toutes les connaissances, touie la force pour conserver la grâce sanctifiante reçue ; pour parvenir à la fin de l'ordre conféré ; pour s'acquitter avec bénédiction du ministère, pour surmonter les obstacles, peines et tentations qui peuvent se rencontrer dans l'exécution et la pratique de tant d'emplois et d'offices, si importants et si difficiles.
Vous qui, dans votre consécration, avez reçu ce sacré caractère, celte illustre marque de votre appartenance à Dieu, qui vous orne, qui vous distingue, qui vous donne droit d'exercer tant de grandes fonctions, et qui ne s'effacera jamais de votre âme» pendant toute l'éternité.
Vous qui, dans votre consécration, recevez la personne adorable du Saint-Esprit avec tous ses dons divins, pour être son tabernacle animé, son sanctuaire vivant, à qui on
dira, ou plutôt sur qui on le fera descendre plus d'une fois, quand on dira : « Accipe Spirilum sanctum ad robur, etc. Accipe Spiritum sanctum : quorum remiseritis peccata, etc. Requiescat super vos Spiritus sapientiœ etintellectus, Spiritus consilii et fortitudinis, Spiritus scientiœ et pietatis, et replens eos Spiritu timoris tui. »
Vous qui, dans votre consécration, recevez tant de pouvoirs surnaturels et célestes, de prêcher la parole de Dieu, d'admini>trer les sacrements, de remettre les péchés Quis potest dimittere peccala,nisi solus Deus? (Marc. n,7) de produire Jésus-Christ sur nos autels, d'offrir le sacrifice auguste de son corps et de son sang, de le recevoir en vous, de le dispenser aux fidèles, de le toucher, de le porter : « Verbum prophelae est. » Mundamini qui fertis vasa Domini (Isa. tu, 1), dit un Père, « quanto mundiores esse oportelquiin manibus et corpore portant Christum, quibus apostolus ait(/ Cor. vi, 20) : Glorijîcate et portate Deum in cordibus vestris. Vous qui ne portez pas seulement des vases sacrés pleins du sangdes victimes mortelles offertes en sacrifice, mais qui vous-mêmes êtes des vases sacrés, qui contenez le sang adorable de l'agneau immaculé, toujours vivant et toujours immortel, et qui recevez sans cesse en vous l'effusion de cette immortelle liqueur.
Vous qui, par votre consécration, avez été séparé du commerce du monde, député à des usages saints, destiné à rendre à Dieu un culte tout religieux, et appliqué tout entier à travailler au salut des âmes ; de sorte que tout ce que vous employez de vous-même à d'autres usages, vous le dérobez aux saints •exercices de votre profession : « Cui Deus porlio est, «dit saint Ambroise, « nihil débet curare nisi Deum ; et quod ad alia officia confertur, hoc religionis cultus decerpitur. »
Vous enfin, qui, par votre consécration, êtes devenu le partage et l'héritage de Dieu, et de qui Dieu est devenu le sort et le patrimoine, ainsi que le nom même que vous portez vous l'apprend, au témoignage de saint Jérôme : « Propterea vocantur clerici, vel quia de sorte sunt Domini, vel quia ipse Dominus sors, id est, pars clericorum est. » Et par conséquent, qui, par cela, êtes obligé de vivre saintement, puisque vous devez être tel, que vous méritiez de posséder Dieu à jamais, et d'être à jamais possédé de Dieu, suivant la remarque de ce même docteur : « Qui autem vel ipse pars Domini est, vel Dominum partem habet , taleiu se exhibere débet, ut et ipse possideat Dominum, etpossidealur a Domino. »
D'ailleurs, combien de fois avez-vous été béni et consacré dans vos ordinations? et comme si ce n'était pas encore assez, combien de fois y avez-vous reçu le pouvoir de répandre la bénédiction sur les fidèles, et sur toutes les créatures, d'attirer sur celles que vous bénirez, la bénédiction de Dieu; en sorte que, participant à la gr;ke d'Abraham, vous avez été fait le dépositaire des bénédictions divines et célestes ; et, par
conséquent, combien de fois avez-vous contracté l'obligation de vivre saintement?
En effet, vous n'y avez peut-être pas fait attention ; parcourez toutes les cérémonies dans lesquelles l'évêque vous a imposé les mains, et vous verrez qu'il n'y en a aucune où vous n'ayez été consacré, où vous n'ayez été député à un usage saint.
Dans la tonsure, l'évêque prie Dieu qu'il daigne bénir ceux auquels il vient de la donner, et de ne pas permettre qu'ils profanent jamais par une action profane l'habit religieux dont il les a revêtus : « Adesto, Domine, supplicalionibus nostris, et hos famulos tuos quibus in tuo sancto nomina habitum sacrae religionis imponimus, benedicere digneris. » Mais n'y devenez-vous pas le partage de Dieu, et Dieu n'y devient-il pas votre partage ? Chose admirable 1 le premier pas qu'on fait dans le sacerdoce de la loi nouvelle, égale la plus haute élévation du sacerdoce ancien : Eruntqus Levitœ mei.
(Num. m, 12.)
Dans l'ordre du portier, l'évêque tient le même langage; il s'adresse à ceux qui l'assistent, et les exhorte à se joindre à lui, pour obtenir tous ensemble de Dieu, qu'il veuille bien départir sa sainte bénédiction à ceux qu'il vient de consacrer à son culte : « Deum Patrem omnipotentem , fratres charissimi, suppliciter deprecemur, ut hos famulos suos, quos in officium ostiariorum eligere dignatus est, benedicere dignetur. Domine sancte, Paier ornnipolens, œterne Deus, benedicere dignare hos famulos tuos. »
Le lecteur, tout de même, est béni et consacré par celui qui" l'ordonne, pour n'être pi us destiné qu'à des usages saints. Mes chers frères, qui êtes ici présents, dit l'évêque, prions le Dieu tout-puissant qu'il répande sa sainte bénédiction sur ceux que nous venons d'ordonner lecteurs ; ô Seigneur, Dieu éternel, qu'ils soient, s'il vous plaît, consacrés pour jamais à votre culte! « Oremus, fratres charissimi, Deum Patrem omnipotentem, ut super hos famulos suos, quos in ordinem lectorum dignatur assumere, benedictionem suam clementer effundat.
Domine sancte, Paier omnipoUns, œterne Deus, benedicere dignare hos famulos tuos in officium lectorum. »
Dans l'ordination de l'exorciste , voici comme il s'exprime: Prions Dieu, notre Père tout-puissant , mes très-chers frères, mais prions - le en toute humilité, qu'il veuille répandre sa bénédiction sur ces ordinands et les consacrer en l'office d'exorciste. O Seigneur Dieu, continue-t-il , Père éternel et tout-puissant, bénissez vos serviteurs ici présents, afin qu'ils s'acquittent dignement de leurs emplois : « Deum Patrem omnipotentem, fratres charissimi, supplices deprecemur, ut hos famulos suos in officium exorcistarum benedicere dignetur; » puis il ajoute : « Domine sancte, Pater omnipotens, œterne Deus, benedicere dignare hos famulos tuos in officium exorcistarum. »
Dans la collation de l'ordre des acolytes, il semble que l'Eglise redouble sur eux ses