II. CE QUE NOUS DEVONS RECEVOIR
LEÇON II
Matière, forme, cérémonies et effets de la confirmation.
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Que signifie le mélange du baume et de l'huile dont on se sert dans ce sacrement?
L'union de la nature divine et de la nature humaine en Jésus-Christ, d'où a découlé toute notre sanctification, ainsi que l'Eglise nous l'apprend dans les prières du jeudi saint.
Pourquoi ces deux liqueurs?
Leurs propriétés figurent les effets qu'il produit, et les dispositions qu'il exige.
Montrez cela dans le baume.
1° Il exhale un parfum exquis; 2° il guérit les blessures: 3° il préserve de la corruption; 4° il distille goutte à goutte d'un petit arbrisseau qui le produit: et il faut que la vie de celui qui veui être confirmé, 1° soit en bonne odeur, et qu'il veuille à l'avenir la rendre encore plus exemplaire. (En effet, comme le baume, non-seulement est bon de sa nature, mais de plus, que par le parfum qu'il exhale au dehors, il profite à ceux qui s'en approchent; ainsi un fidèle confirmé doit nonseulement être bon pour lui-même, mais encore devenir utile au prochain, et sa sainte conversation respirer une si suave odeur de dévotion et de vertu qu'il en imprime les sentiments à tous ceux qui l'approchent, fortifiant les faibles, affermissant ceux qui sont tentés, devenant l'appui de ceux qui chancellent.) 2° La grâce de ce sacrement consolide en lui les plaies du péché déjà fermées par le baplême. 3° Elle lui donne la vertu de guérir les infirmités des autres sans les contracter, le rendant incorruptible au milieu de la corruption et de la contagion du siècle, en sorte que si le baptême donne la mort spirituelle, la confirmation embaume ; l'un fait mourir au monde, l'autre empêche qu'il ne corrompe. 4° Elle vient du sang de Jésus-Christ qui a découlé, comme un baume salutaire à tout le genre humain, de l'arbre de la croix. 5° Le Saint-Esprit qu'on y reçoit, fait distiller les larmes que répandent °es âmes vertueuses, et dans les consolations et sous le pressoir des tribulations. 6° L'humilité est la racine qui produit cette précieuse liqueur ou la plante mystique d'où découle une force si merveilleuse. 7° Comme le baume, par son propre poids, se met audessous de toutes les autres liqueurs, ainsi un Chrétien confirmé trouve sa force dans une profonde humilité de cœur, et non dans une confiance présomptueuse en ses propres vertus.
Quelles sont les propriétés de l'huile?
V Elle s'épanche beaucoup; 2° elle endurcit; 3* elle brûle et s'enflamme aisément: etee sacrement,!0 répand la grâce avec abondance, selon cette admirable expression de Jésus-Christ à ses apôtres, de demeurer en Jérusalem jusqu'à ce qu'ils eussent, été revêtus de la vertu du Très-Haut; 2° il prépare aux combats, et fortifie contre les ennemis de la foi ; 3" il communique le Saint- Esprit comme une vive source de lumière
et une pure flamme d'amour; k" il rend fervent dans la pratique de la piété et de la charité, et fait reluire, ainsi qu'une lampe deyant le Saint-Sacrement, en bonnes œuvres; échauffer le prochain en l'amour de Dieu; élever au ciel par de saints désirs; agir continuellement pour Dieu; se consommer dans l'exercice de la religion et de la piété : tous effets de ce feu divin, figurés par ceux du feu matériel.
Le saint chrême dont on se sert dans l'administration de la confirmation est-il bénit ?
Oui, et bénit par l'évêque, et bénit d'une façon spéciale et avec des cérémonies toutes mystérieuses, tant à raison de la révérence due à un si grand sacrement, par lequel, comme disent les saints, la chair est ointe et l'âme consacrée , qu'à cause de ses excellents effets, et duquel, par conséquent, il est très-convenable que la matière soit préparée par une consécration particulière.
Pourquoi l'évêque fait-il Vonction au front ?
1° Le front est la partie la plus visible et la plus découverte de l'homme, et nous devons faire une profession ouverte et une déclaration sérieuse et publique de notre religion; 2° il est le siège delà pudeur et de la hardiesse. Il faut bannir toute honte et toute crainte de paraître Chrétiens et gens de bien, et ne point rougir de l'Evangile, ni de la dévotion, ni des exercices de piété, malgré la dérision des impies et des incrédules, et, à l'imitation des apôtres après la Pentecôte, mettre bas tout respect humain, quand il est question de s'acquitter de ses devoirs enversuDieu; ne point userde lâches ménagements, ni de molles condescendances, ni biaiser dans ses obi igations, ni craindre le qu'en dira-t-on,vrai tambour du diable. Tout cela est indigne d'un homme qui a recula grâcede la confirmation ; 3° la tête est la partie la plus noble de l'homme, et qui conduit et gouverne tout le corps; et le capital de nos soins doit être de conserver la foi, d'où tout le reste dépend comme du premier mobile ; 4° ce fut sur la tête des apôtres que le Saint- Esprit descendit en langue de feu.
Pourquoi en forme de croix?
1° Ce sacrement tire toute sa vertu du Sauveur crucifié ; 2° il est un sceau spirituel ; 3°.un confirmé doit dorénavant mettre toute sa gloire en la croix de Jésus-Christ ; kc avoir l'amour des souffrances gravé dans le cœur; 5° trouver dans ce sacrement la force de les porter; 6° regarder son corps comme un temple consacré, qui ne doit plus être souillé par le péché, et à l'aspect duquel le démon n'a qu'à s'enfuir; 7" la croix est J'élendard sous lequel il doit désormais combattre et vaincre les ennemis de la foi ; 8° l'onction jointe à la croix, marque la grâce qui la rend légère, et que le Saint- Esprit dans ce sacrement nous est donné en tant queParaclet ou consolateur, pour nous soutenir au milieu des afflictions de cette vie.
Pourquoi avec le pouce, qui est le doigt le plus fort ?
1° Le Saint-Esprit, qui est le doigt de Dieu, nous est conféré par ce sacrement; 2° nous y recevons une force extraordinaire.
' Pourquoi un bandeau sur le front ?
1° Par respect pour le saint chrême ;2" pour montrer le soin qu'on doit avoir de l'onction intérieure, dont l'exiérieure n'est que le signe ; 3° afin qu'on se souvienne mieux d'avoir été confirmé.
Qu est-ce que dit Vévêque en faisant Vonction?
1° Je te marque du signe de la croix ; 2° et je te confirme du chrême de salut; 3° au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit.
Que signifient ces paroles ?
Qu'on reçoit par ce sacrement , 1° le caractère ou la marque militaire des soldats de Jésus-Christ: Je te marque;^ la force pour combattre les ennemis de la foi : Je te confirme; 3° l'impression de la vertu des trois Personnes divines, qui agissent pour lors d'une façon très-spéciale sur celui qu'on confirme : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.
Pourquoi Vévêque lui donne-t-il un soufflet, disant : La paix soit avec vous?
Pour lui apprendre, 1° qu'il doit commencer à endurer les mépris, les injures ; 2" qu'il ne trouvera de paix que dans la patience ; 3° pour le faire ressouvenir qu'il a été confirmé.
Que concluez-vous de toutes ces instructions ?
Que ce sacrement n'est pas moins vénérable par la grandeur de ses effets, qu'auguste par la dignité de ceux qui le confèrent.
Prière. — Seigneur, en nous découvrant les mystères que renferment vos sacrements, vous nous instruisez des dispositions où nous devons être quand nous en approchons. Car si les symboles demandent d'être préparés par l'espèce de consécration qui leur est propre pour devenir les canaux de votre grâce, quelle doit être l'âme, destinée à lui servir comme de réceptacle et de bassin ? Faut-il que pour être d'une nature plus noble, nous soyons moins susceptibles de la sanctification dont nous sommes capables, et que pour avoir une volonté, nous soyons plus durs et plus rebelles à vos impressions que les éléments les plus insensibles?
LEÇON III
Nécessité de recevoir le sacrement de confirmation et de s'y préparer. — Force qu'il confère. — Pourquoi il ne se réitère pas.
Ce sacrement est-il nécessaire à salut ?
On peut se sauver sans l'avoir reçu, mais jugez combien il nous est utile par la grandeur de ses effets et par la multitude de nos besoins.
Que dites-vous de celui qui délibérément ne veut pas le recevoir?
CATECHISME DE BOURGES. — PART
Qu'il pèche très-grièvement , si c'est : 1° par défaut de foi en ce sacrement; 2° par mépris ; 3" par une négligence criminelle et scandaleuse ; 4° dans un temps de persécution et de tentation contre la foi ; 5° s'il demeure parmi des impies et des libertins; 6° qu'il se prive d'un grand secours contre les tentations, surtout à l'heure de la mort: 7° qu'il s'ôte un sujet de récompense dans l'éternité.
A qui serait semblable un Chrétien si imprudent ?
A un soldat qui aimerait mieux s'exposer tr«ut désarmé aux coups, que de se couvrir d'an bouclier. L'histoire ecclésiastique impute Ja perte d'un célèbre hérésiarque, à la négligence qu'il eut de recevoir ce sacrement de lumière et de force. D'ailleurs, s'i] n'est pas absolument nécessaire à salut, il est néanmoins nécessaire à la perfection du salut et à la consommation de l'œuvre de Dieu en nous, dit saint Thomas , qui, par cette raison, veut qu'on le donne aux moribonds mêmes, afin qu'au jour du jugement ils ressuscitent parfaits dans l'être spirituel, assurant que le défaut de sa réception est un détriment à la perfection des âmes : et que les confirmés reçoivent un nouveau degré de grâce en ce monde, de gloire en l'autre, et de perfection en tous les deux, de quoi les non confirmés sont privés. C'est la doctrine remarquable de ce grand saint.
Qui néglige le plus ordinairement de se faire confirmer ?
1° Les vieillards; 2° les gens de qualité; 3° les pauvres.
Qui doit procurer ce sacrement aux autres ?
1° Les curés doivent y porter leurs paroissiens; 2° les pères et les mères leurs enfants ; 3° les maîtres et maîtresses, leurs domestiques.
Comment doit-on se présenter à ce sacrement?
1° Avec un extérieur humble et modeste, et une résolution d'en conserver la grâce, renonçant non-seulement ce jour-là aux vanités, mais y renonçant pour toujours ; 2° avec de saintes dispositions.
Pourquoi?
1° Oji ne s'en approche qu'une fois en la vie ; 2° le caractère qu'il imprime ne s'efface plus ; 3" on reçoit par lui le Saint Esprit; V" les effets qu'il (produit sont très-excellents; 5° on profite des sacrements à proportion des dispositions qu'on y apporte ; 6° il n'est guère possible que celui-là conserve longtemps la grâce de la confirmation, qui ne s'est pas préparé avec soin pour la recevoir; 7° on a un besoin extrême de la grâce qu'il confère; 8° si on le reçoit mal, on déchoit du droit d'obtenir de Dieu dans l'occasion les secours spéciaux pour parvenir à la tin de ce sacrement, et surmonter les obstacles qui se trouvent dans la pratique des vertus auxquelles il engage, quoique sa miséricorde ne refuse pas les giâi es générales el nécessaires.