INSTRUCTION SUR LES VERTUS
LEÇON I
Des vertus en général.
Qu est-ce quune vertu chrétienne?
C'est une habitude sainte et surnaturelle, qui éclaire l'entendement, et qui donne inclination et facilité de faire le bien et d'éviter le mal.
D'où vient donc que les gens vertueux ne laissent pas de trouver de la peine à ces deux choses?
La nature corrompue y résiste.
Comment divise-t-on les vertus?
En cardinales, morales et théologales.
Quels sont leurs offices?
I" D'éclairer l'entendement de l'homme, pour connaître le vrai bien ; 2" de fortifier la volonté, pour le pratiquer; 3° de soumettre les [tassions à la raison, et la raison à Dieu ; h" d'élever l'homme, le proportionner, Je conduire et l'unir à sa dernière fin.
Quand les reçoit-on?
Lorsqu'on reçoit la grâce sanctifiante, dont elles sont la suite et l'apanage.
Quand les perd-on?
Quand on tombe en péché mortel, exceplé la foi et l'espérance, qui demeurent, pourvu qu'on n'y renonce pas spécialement.
Comment les accroit-on?
Par la prière, les bonnes œuvres, les actes intérieurs, la réception des sacrements.
LEÇON II
Des vurlus cardinales.
Combien y a-l-il de vertus cardinales?
Quatre : 1° la prudence; 2° la justice; 3° la force; k' la tempérance.
Pourquoi les appelez-vous cardinales?
Parce qu'elles sont le fondement et l'appui de toutes les autres, et que sur elles, comme sur quatre gonds, les portes de notre édifice spirituel s'ouvrent au bien et se ferment au mal.
Quel est Voffice de la prudence?
D'éclairer I entendement dens la fin, les moyens et les circonstances des choses concernant le sa lut, et de diriger les a ut ces vertus.
Et de la justice?
l)j régler la volonté, et la conformer à la
rectitude souveraine et première; de la porter à rendre à chacun ce qui lui appartient, à ne taire tort à pe-rsonne, à ne désirer jamais le bien d'autrui, et à aimer l'ordre.
Et de la Force?
D'arrêter la fougue des pissions, de réprimer la crainte, de soutenir dans les découragements et les inconstances, d'agir et de surmonter les obstacles, enfin de souffrir les adversités et la mort même pour la défense de la vérité ou de la vertu.
Et de la tempérance ?
De refréner les désirs sensuels et les appétits désordonnés, et de faire qu'on nese laisse aller aux plaisirs, même licites, qu'avec mesure et modération ; de sorte que par la prudence on choisit; par la force on possède; par la tempérance on use; par la justice ou distribue.
LEÇON III
Des vertus morales.
Qu 'appelez-vous vertxis morales?
Celles qui règlent et perfectionnent les mœurs.
Combien y en a-t-il?
Un très-grand nombre.
Dites les principales ?
L'humilité, la chasteté, la libéralité, la sobriété, la clémence, la douceur, l'obéissance, la patience, la persévérance et la religion.
Quels sont leurs offices ?
1° L'humilité résiste à l'orgueil, nous faisant voir ce que nous sommes; 2° la chasteté à la luxure, nous donnant l'amour de la pureté du corps et du cœur ; 3° la libéralité à l'avarice, nous faisant user chrétiennement de nos biens, et nous en détachant; 4° la sobriété à l'intempérance, nous faisant contenter des aliments nécessaires; 5° la clémence à la vengeance, nous portant à l'oubli des injures; 6° la douceur à la colère, nous rendant maîtres de nos ressentiments; T l'obéissance à la superbe, nous faisant soumettre à nos supérieurs; 8° la patience aux emportements, nous portant à souffrir nos maux avec résignation à la volonté de Dieu ; 9° la persévérance à l'inconstance, nous donnant la fermeté et la stabilité dans le bien.
LEÇON IV
De la religion.
Qu'est-ce que la religion?
C'est une vertu très-excellente qui nous porte à rendre à Dieu le cube qui lui est dû.
Que veut dire le mot de culte?
L'honneur et le respect intérieur et extérieur que Ja majesté et la sainteté de Dieu exigent de nous.
Comment devons-nous l'honorer?
Pleins d'une estime infinie, d'une vénération profonde et d'une entière démission de nous-mêmes.
Pourquoi devons-nous l'honorer?
Par reconnaissance, obéissance, nécessité.
Pourquoi par reconnaissance?
Il est notre bienfaiteur universel, à qui nous devons tout.
Pourquoi par obéissance ?
Il est notre maître absolu, de qui nous dépendons en tout.
Pourquoi par nécessité?
Il est notre souverain bien, en qui nous avons tout.
Comment lui rendons-nous cet honneur?
Par l'exercice des principaux actes de la vertu de religion, comme par autant de devoirs amoureux.
Quels sont-ils?
1° L'adoration; 2° l'oblation ; 3° le sacrifice; 4° la prière; 5° le vœu.
Comment l'honorons-nous par ces actes?
En le reconnaissant, 1° par l'adoration, comme premier principe ; 2° par l'oblation, comme souverain seigneur de toutes choses ; 3° par le sacrifice, comme arbitre de la vie et de la mort; 4° par la prière, comme source de tous biens ; 5° par le vœu, comme lin dernière.
Qu'est-ce que reconnaître Dieu comme premier principe ?
C'est le reconnaître comme première cause de notre être.
Et comme dernière fin ?
C'est le reconnaître comme celui qui nous a fait pour lui et en qui nous trouvons notre parfait bonheur; d'où il suit que Dieu étant premier principe et dernière tin, n'a pu ni dû faire le monde qu'en vue de sa propre gloire, et qu'il est la dernière fin de la créature raisonnable, en tant qu'il l'a faite pour lui et. qu'elle n'aura jamais sa dernière perfection, que quand elle s'unira a lui, et qu'il y mettra la dernière main par la couronne de gloire qu'il lui imposera.
A quoi cela nous engage-t-il?
1° A bien faire nos actions; 2° a les lui rapporter toutes ; 3° à prendre les moyens les plus propres pour parvenir à une lin si excellente.
De l'adoration.
En combien de manières pouvons-nous adorer Dieu ?
Extérieurement.
Comment extérieurement ?
En nous humiliant et nous prosternant de corps devant lui, comme ont fait tant de saints, à qui l'assiduité de se prosterner devant son infinie Majesté, avait fait venir au front, aux coudes et aux genoux, des calus durs comme une peau de chameau.
Et intérieurement?
En le reconnaissant et l'honorant au fond du cœur, comme notre Créateur et souverain Seigneur, et sans doute que l'adoration extérieure et intérieure jointes ensemble, font un acte parfait d'adoration.
Faites un acte d'adoration?
Mon Dieu, prosterné devant vous, je reconnais (pie vous m'avez donné l'être, que vous me le conservez et que vous pouvez me l'ôler, et que je dépends tellement de vous, que si vous m'abandonniez un seul
moment, je retomberais dans le néant dont vous m'avez tiré.
Peut-on adorer ainsi quelque autre que
Non, ce serait faire une idolâtrie, et transférer à la créature l'honneur réservé au seul Créateur.
Comment appelez-vous cet honneur?
Le culte de latrie, ou de sujétion el de servitude entière et parfaite.
Quand faut-il adorer Dieu ?
V Sitôt qu'on a l'usage de raison et qu'on en a la lumière; 2° le matin et le soir ; 3° quand on passe devant le saint Sacrement, qu'on l'élève, ou qu'on le reçoit ; k" qu'on entend jurer ou blasphémer ; 5° à l'heure de la mort.
Qu'est-ce qu'adorer Dieu en esprit et en vérité ?
C'est lui rendre nos devoirs intérieurs par les humbles et respectueux mouvements de notre entendement et de notre volonté, et par l'observation fidèle de ses lois : ne nous contentant pas, comme les Juifs, des cérémonies extérieures, ni comme les lâches Chrétiens, de beaux discours, sentiments, désirs et résolutions, sans en venir à l'exercice des vertus, et à la pratique des bonnes oeuvres.
Faut-il adorer Notre -Seigneur Jésus- Christ?
Oui, parce qu'il est Dieu.
Et son humanité sacrée ?
Oui, parce qu'elle est unie à la Divinité.
Et ses vêtements, sa croix et ses images?
Oui, par rapport à sa divine personne, dont ces choses rappellent le souvenir, et représentent l'amour.
De r honneur dû aux saints, de leur invocation et intercession.
Devons-nous honorer les saints qui sont au ciel ?
Sans doute, puisque même nous honorons les justes de la terre et que l'Eglise cjndarune ceux qui, par mépris ou par erreur, rejettent cette dévotion, comme si elle n'était ni bonne, ni utile.
L'honneur qu'on rend à la sainte Vierge, aux anges et aux saints, peut-il être appelé adoration?
, Non, à moins qu'on ne prenne le mot d'adoration pour un simple respect religieux, comme il est souvent pris dans le langage ordinaire et même dans l'Ecriture.
Comment appelle-t-on le culte qu'on rend à lu sainte Vierge?
Hyperdulie, c'est-à-dire un honneur particulier et de préférence, qu'on lui rend à cause de sa grande dignité de Mère de Dieu, qui l'élève au-dessus des anges et des saints, et de l'union plus étroite qu'elle a eue avec la Divinité.
Et celui qu'on rend aux bienheureux?
Dulie, c'est-à-dire un honneur qu'on leur rend, à cause de leur excellente sainteté, et de la gloire qu'ils possèdent dans le ciel.
Pourquoi doit-on honorer la Vierge, les anges, les bienheureux ?
A cause, 1" de leur sainleîé ; 2° de leur gloire; 3° de l'amitié que Dieu leur porte ; k° du pouvoir qu'il leur donne ; 5° du secours que nous en relirons.
Comment les honore-t-on?
1° Les saluant, 2U les invoquant, 3° les priant, k° les remerciant, 5° les imitant, 6" les louant.
Prions-nous Dieu et les saints en la même manière ?
Non, nous prions Dieu comme le seul qui peut nous assister par lui-même : et nous prions les saints d'intercéder pour nous auprès de Dieu.
L'invocation des saints n est-elle pas semblable à celle de Dieu, ni leur intercession à celle de Jésus-Christ 1
Non, l'Eglise y met une extrême différence , puisqu'elle nous apprend que les saints prient, chose infiniment éloignée de celui qui donne : et qu'ils prient par Jésus- Christ, chose qui les met infiniment audessous de celui qui est écouté par luimême.
En quel sens est-ce donc qu'on prie quelquefois les saints, non de prier, mais de donner et de faire ; et qu'on les remercie non d'avoir obtenu, mais d'avoir accordé et donné?
On attribue assez souvent les grâces reçues non-seulement au souverain qui les distribue, mais encore aux intercesseurs qui les obtiennent. Car au reste Jésus-Christ est seul médiateur de propiliation etde rédemption, et les saints ne sont auprès de lui, ou par lui, que des médiateurs d'intercession. Ainsi la sainte Vierge intercéda pour l'époux de Cana, les apôtres pour la Chananéenne, les Juifs pour Jairus, etc.
Pourquoi Dieu veut-il qu'on honore le* saints?
1° Ils l'ont honoré. 2° Ils ont servi Jésus- Christ. 3° Ils ont été humbles, k" Il les a luimême honorés et couronnés. 5*11 les loue de sa propre bouche.
Quels sont les saints que nous devons plus honorer ?
Ceux que nous savons être élevés dans un plus grand degré de grâce, de sainteté, de gloire, d'union à Dieu, ou à qui nous sommes le plus obligés. Tels sont : l°la sainte Vierge; 2° saint Joseph et saint Jean-Baptiste; 3" les apôtres ; k° les martyrs ; 5° nos patrons; G* ceux qui nous ont obtenu quelque assistance ou faveur particulière; 7° ceux dont la vie ou les vertus nous touchent, ou nous édifient davantage, ou pour qui nous avons plus d'attrait.
Peut-on leur offrir des vœux?
Non, c'est à Dieu seul.
On s' exprimenéanmoins vulgairement ainsi ?
On veut seulement dire par là qu'on fait vœu à Dieu de faire une telle chose, si par les mérites et intercessions d'un tel saint, il nous accorde une telle grâce.
Peut-on leur offrir le sacrifice?
Non, cela est aussi réservé à la Divinité, qui a couronné les saints.
Qu'est-ce donc de faire dire des Messes en l'honneur des saints ?
C'est, 1° offrir à Dieu le sacrifice pour le remercier des grâces qu'il leur a faites, et des victoires qu'ils ont remportées par son secours: et le prier de se laisser flécljir en notre faveur par leur intercession, et en vue des services qu'ils lui ont rendu; 2° se souvenir d'eux à l'autel, et lesy nommer comme detidèles serviteurs deDieu ;3°nousy réjouir «levant Dieu de la gloire qu'il leur a donnée, et des vertus qu'il conlinue d'opérer encore par eux.
Des reliques.
Faut-il honorer leurs reliques, et particulièrement leurs corps ?
Oui, et avec raison, 1" puisqu'ils ont été les membres vivants de Jésus-Christ; 2° les temples animés du Saint-Esprit; 3° qu'ils seront un jour glorieux en paradis ; k" que Dieu, par leur moyen, nous fait beaucoup de grâces, et renouvelle les miracles opérés par la frange de la robe, les mouchoirs et la ceinture de saint Paul, le corps mort d'Elisée, etc.; 5° qu'ils ont été à leurs âmes saintes d'excellents instruments pour glorifier Dieu par la chasteté, la pénitence, le travail ; 6° qu'ils ont servi à rendre leur sainteté visible et exemplaire en ce monde.
Quels sont ceux qui semblent mériter le plus d'honneur?
Les corps 1° des martyrs, 2° des vierges, 3° des grands pénitents, h" des hommes apostoliques.
Que prétendaient les premiers fidèles, faisant à Dieu l'oblation sainte du corps et du sang de Jésus-Christ aux tombeaux et sur les reliques des martyrs ?
1" S'exciter à l'imitation de leurs vertus; 2° s'associer à leurs mérites ; 3° être secourus par leurs prières, ainsi que s'exprime saint Augustin ; k" montrer d'où tout martyre prend sa source, et que c'est dans le sacrifice du Sauveur que les martyrs ont puisé la force de devenir des victimes; 5° et notre communion avec eux.
Pourquoi allume-t-on quelquefois des cierges devant les reliques des saints ?
Pour montrer, 1° qu'ils ont été la lumière du monde; 2° qu'il faut suivre leur doctrine et imiter leurs exemples; 3°que Dieu, devant lequel ils vivent, les a revêtus de gloire au ciel, où ils brûlentàjamais comme des astres lumineux; 4° que leur mémoire n'est pas éieinle parmi nous.
Pourquoi y brûle-t-on de l'encens?
Pour témoigner que leur vie exemplaire a été la bonne odeur de Jésus-Chrisl, et que nous devons, à leur imitation, répandre un parfum semblable dans l'Eglise.
L'honneur qu'on rend aux saints ne préju- (lirie-t-il point à celui quon doit rendre à Dieu ?
Pas plus que l'amour qu'on témoigne au prochain à l'amour qu'on doit à Dieu, l'un n'étant que l'extension de l'autre, et ayant le même principe et le même motif. Ajoutez que dans le culte que nous rendons aux
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saints, nous n'ôtons à Dieu aucune des perfections qui sont propres a son essence infinie, et nous n'attribuons a la créature aucune des qualités ou des opérations qui ne peuvent convenir qu'à Dieu.
Des images.
Et leurs images ?
On peut et on doit s'en servir non-seulement pour l'ornement, pour la mémoire et pour l'instruction, mais aussi pourles honorer el leur rendre du respect et de la vénération, en rapportant ce culte aux originaux qu'elles nous représentent : de façon que quand nous rendons honneur à l'image d'un martyr ou d'un apôtre, notre intention n'est pas tant d'honorer l'image, que d'honorer l'apôtre ou le martyr, en présence et par le moyen de l'image qui nous en rappelle l'idée : ainsi saluer quelqu'un au travers d'un cristal, n'est pas saluer le cristal; nous ne servons donc pas les images, mais nous nous servons des images.
L'usage en est-il utile?
Oui, les images des saints produisent de très-bons effets : car, 1° elles remettent en mémoire les vertus des saints ; 2° elles portent à se réjouir pt à bénir Dieu de leur gloire, à implorer leur intercession, et à désirer d'être avec eux ; 3° elles servent de livres aux personnes grossières; 4° elles excitent la dévotion ; 5° elles détournent du péché ; 6° elles rendent sensibles les mystères et les exemples qui nous sanctifient.
Qu est-il défendu à l'égard des images?
1° De les mépiiser.oud'en blâmer l'usage; 2° de les honorer avec superstition ; 3" d'y croit e aucune divinité de vertu pour laquelle on doive les révérer; k° de leur demander aucune grâce; 5° d'y attacher sa confiance; 6° de leur rendre aucun honneur qui ne se rapporte aux originaux; 7° de s'imaginer qu'on puisse représenter par elles la nature divine; 8°ou que l'une ait plus de vertu que l'autre.
Qu est-ce donc quele culte quon leur rend?
Un témoignage extérieur et sensible du pieux souvenir qu'elles excitent, et l'effet simple et naturel du langage muet qui est attaché à ces dévotes représentations, dont l'utilité est d'autant plus grande, qu'il peut être entendu de tout le monde : en effet, qui n'est touché de voir Jésus-Christ dans une crèche, entre les bras d'une Vierge, couronné d'épines, cloué à la croix, montant au ciel, etc ; de voir un saint Etienne lapidé, un saint Barthélémy écorché, un saint Laurent sur le gril, etc.
Pourquoi les images, peintures, sculptures, etc., n'étaient elles pas en usage parmi les Juifs?
Ce peuple était grossier et enclin à l'idolâtrie, qui inondait alors toute la terre, quoique cependant Dieu eût ordonné qu'on en mît dans le temple, et jusque sur l'arche d'alliance.
Quelle différence y a-t-il entre les idoles dis païens el les images des fidèles?
1° L'idole est l'image d'un faux dieu, et un
simulacre d'une créature indigne de tout honneur religieux, que les gentils néanmoins croyaient être la Divinité, ou renfermer la Divinilé, ou représenter la Divinité. 2° L'honneur que leur rendaient les païens se terminait à ces statues qu'ils adoraient du culte de latrie, auxquelles ils offraient des sacrifices, et rendaient les honneurs divins. 3° Ils leur adressaient des prières et des vœux, i° Ils en attendaient la concession des biens et la délivrance des maux. 5° Le culte du démon était le fonds de l'idolâtrie, et la créature adorée à la place du Créateur. Or rien de tout cela ne se trouve dans l'honneur que nous rendons aux saintes images, ainsi que l'Eglise a souvent enseigné, lors de la condamnation des hérétiques iconoclastes.
Que répondre à itn hérétique ou à un impie qui accuse d'idolâtrie ceux qui devant la croix se découvrent, fléchissent les genoux, la saluent, etc.?
Ce qu'un habile homme de leur parti, et converti véritablement, leur répliqua unjour; qu'ils font souvent plus que cela devant une infâme prostituée, sans avoir scrupule de lui déférer l'adoration due à Dieu. Le grand Constantin, vrai destructeur de l'idolâtrie, serait, aussi bien que sa pieuse mère sainte Hélène, redevenu bientôt idolâtre, puisqu'au moment où il abattait tant d'idoles, avec de si expresses défenses de les adorer, il en aurait érigé lui-même, laissant une partie de la vraie croix en Jérusalem, pour yêêtre adorée, disent saint Paulin et les autres historiens de ce temps-là, et exposée à la vénération des peuples, particulièrement tous les ans à la fête de Pâques, et même aussi souvent que l'évêque, qui l'adorait le premier, ajoutent les mêmes auteurs, le jugeait à propos. L'Eglise n'attribue donc aucune vertu aux images, que celle d'exciter en nouslesouvenir des originaux, ainsi que fait lecrucifix.de celui qui nous a aimés jusqu'à se livrer pour nous à la mort, pour parler avec l'Apôtre : tant que l'image exposée à nos yeux fait durer un si précieux souvenir dans notre âme, nous sommes portés à témoigner par quelques marques extérieures jusqu'où va notre reconnaissance, et nous faisons voir en nous humiliant en présence de l'image, quelle est notre vénération pour son divin prototype, ainsi l'honneur que ,nous rendons aux images se Fapporte tellement aux originaux, que, par le moyen des images que nous boisons, et devant lesquelles nous nous mettons à genoux, nous adorons Jésus-Christ et honorons les saints, dont elles sont la ressemblance. Car qui ne voit que prosternés devant la croix : Nous adorons celui qui a porté nos crimes sur le bois? Que si nous inclinons la tête devant le livre de l'Evangile, si nous nous levons par honneur quand on le porte, si nous le baisons avec respect, toutcet honneur ne se terrainet-il pas à la vérité éternelle qui nous y est propo-ée. Oui peut appeler idolâtrie ce mouvement religieux qui nous fait découvrir et baisser la tête devant l'image de la croix, en mémoire de celui qui a été crucifié pour
l'amour de nous? Quel aveuglement de ne pas apercevoir l'extrême différence qu'il y a entre eux, qui se confiaient aux idoles, par l'opinion qu'ils avaient que quelque divinité ou quelque vertu y était pour ainsi dire attachée; et ceux qui déclarent, comme nous, qu'ils ne veulent se servir des images que pour élever leur esprit au ciel, afin d'y honorer Jésus-Christ ou les saints, et, dans les saints, Dieu même, qui est l'auteur de toute sanctification et de toute grâce.
On peut dire en général que si les hérétiques voulaient bien comprendre de quelle sorte l'affection que nous avons pour quelqu'un s'étend sans se diviser à ses enfants, à ses amis, et ensuite par divers degrés à ce qui le représente, à ce qui reste de lui, à tout ce qui en renouvelle la mémoire; s'ils concevaient que l'honneur a un semblable progrès , puisque l'honneur en effet n'est autre chose qu'un amour mêlé de crainte et de respect; enfin s'ils considéraient que tout le culte extérieur de l'Eglise catholique a sa source en Dieu même, qu'il y retourne, ils ne croiraient jamais que ce cuite que lui seul anime, pût exciter sa jalousie; ils verraient au contraire que si Dieu, tout jaloux qu'il est de l'amour des hommes, ne nous regarde pas comme si nous partagions notre cœur entre lui et la créature, quand nous aimons notre prochain pour l'amour de lui ; ce même Dieu, quoique jaloux du respect des fidèles, ne les regarde pas comme s'ils partageaient le culte qu'ils ne doivent qu'à lui seul, quand ils honorent par le respect qu'ils ont pour lui, ceux qu'il a honorés lui-même.
§ II. — De la prière.
Qu'est-ce que la prière ?
Une élévation de notre âme à Dieu pour lui rendre nos devoirs, nous nourrir de ses célestes vérités, lui demander nos besoins.
Comment lui rendrons-nous nos devoirs ?
Par des actes d'adoration, d'admiration, d'amour, de louange, de remercîment, de contrition, de résignation, de bénédiction, et autres mouvements religieux dont notie cœur, comme un encensoir sacré, doit sans cesse exhaler le parfum précieux de Dieu.
Comment lui demandons -nous nos besoins?
Lui exposant , 1° notre disette ; 2° notre impuissance; 3" sa bonté; 4" ses promesses; 5° ses richesses ; 6° les mérites de son Fils : car c'est ainsi, disent les saints, que notre prière devient l'interprète de notre indigence^ et la médiatrice de nos nécessités, et que, parmi merveilleux contre-poids, faisant monter en haut la misère, nous faisons descendre en bas la miséricorde.
Est-il nécessaire de prier?
Oui : car, 1° Dieu l'a commandé et recommandé ; 2° les nécessités du corps et de l'âme qui nous accablent; 3° les dangers et périls qui nous environnent; k" les attaques continuelles des ennemis de notre salut qui nous pressent; 5" l'impuissance où nous sommes de résister, et de faire aucune bonne œuvre par nous-mêmes; 6° les devoirs qu'exige de nous la majesté de Dieu ; 7" les bienfaits
innombrables que nous recevons sans cesse •le sa libéralité; 8* les infinis péchés dont nous sommes redevables à sa justice; 9" et les misères de cette vie sous lesquelles nous gémissons, sont autant de motifs qui nous engagent à vaquer assidûment à l'oraison , et qui nous iont voir qu'un Chrétien qui demeure un temps notable sans prier, manque à l'un des plus importants devoirs de la religion, et se prive d'un des principaux moyens Je salut.
Combien y a t-il de sortes de prières?
Il y a, 1° les prières publiques de l'Eglise dans la célébration du sacrifice, de l'Office divin, des processions, litanies, etc. ; 2° celles que chacun peut faire en son particulier, et à sa dévotion, pour soi ou pour autrui.
Devons-nous assister aux prières de l'Eglise ?
Oui, puisque nous sommes les membres du même corps, il est juste que nous nous intéressions aux biens qu'il espère, et aux maux qu'il craint.
Qu ont-elles d'excellent et de privilégié pardessus les autres?
1° Elles sont ordonnées du Saint-Esprit qui conduit l'Eglise; 2° Jésus-Christ a promis de se trouver au milieu de ceux qui sont assemblés en son nom ; 3° étant unies par le lien de la charité, elles ont le mérite de tous les particuliers qui prient en commun ; 4° elles sont présentées à Dieu par l'organe des ministres publics de la religion; 5° elles se terminent à rendre à Dieu trois excellents devoirs de religion : à s'instruire de sa parole, à lui présenter nos besoins, à louer sa grandeur. En effet, on y trouve partout, ou instructions, ou prières, ou louanges ; trois actes qui ont rapport aux trois vertus théologales, lesquels, selon l'Apôtre, composent tout l'édifice spirituel de notre salut : car l'instruction est l'aliment de la foi, la prière est la production de l'espérance, et la louange l'effusion de la charité : l'Eglise donc écoute celui en qui elle croit, elle prie celui en qui elle espère, elle loue celui qu'elle aime. Les ileux premiers actes ne regardent que cette vie, et le dernier subsistera dans l'autre, où la vue de Dieu dissipera l'obscurité de la foi, sa présence remplira le vide de l'espérance, sa possession donnera la consommation à l'amour.
En combien de façons peut-on prier?
De cœur et de bouche.
Comment nomme- 1- on la prière qui se fait seulement de cœur et d'esprit ?
L'oraison mentale.
El celle qui se fait de cœur et de bouche ?
L'oraison vocale.
Où faut-il prier Dieu (GO) ?
1° Partout, puisqu'il y est; 2° à i'église, puisqu'il nous y écoute; 3' en secret, puis-
qu'il nous y voit ; 4" dans le cœur, puisqu'il nous y parle.
Quand faut -il prier ?
Toujours et sans interruption, mais surtout pendant le service ot le sacrifice divin : à quoi la présence du Fils de Dieu sur l'autel, les reliques des saints, les images dévoles, l'exemple des fidèles, la décence du lieu, les sacrées cérémonies, le chant des psaumes, etc., ne sont pas de médiocres aides.
Quand encore ?
1° Le soir et le matin ; 2" avant et après le repas ; 3° les dimanches et les fêtes; k" dans la tentation ; 5° la tribnlation; G" les périls; 7° les maladies; 8° les besoins et nécessités ; 9° les atfaires importantes ; 10" quand on doit recevoir les sacrements ; 11° quand on délibère sur la vocation ou état de vie qu'on embrasse ; 12° à l'heure de la mort.
Pourquoi les prières du matin et du soir sont-elles si recomihandables parmi les Chrétiens ?
Il est juste, 1° de remercier Dieu chaque matin et chaque soir des secours qu'on a reçus pendant la nuit et pendant le jour; 2» de demander pardon des péchés qu'on y peut avoir commis ; 3° d'offrir à Dieu le matin les actions de la journée, et le soir le repos de la nuit ; 4° d'implorer sa grâce pour employer saintement l'un et l'autre; 5" et son secours conire nos ennemis visibles et invisibles, nous mettant, veillant ou dormant, sous sa sainte protection.
Et la prière avant et après le repas ?
11 est aussi du devoir d'un fidèle de se montrer Chrétien dans une action où plusieurs se montrent moins qu'hommes, et de ne la pas faire en bête, et pour contenter sa sensualité : mais 1° pour remercier Dieu de la vie et des aliments qu'il nous départ ; 2" pour le prier d'y donner sa bénédiction ; 3° d'écarter les embûches de l'ancien ennemi du genre humain, qui séduisit nos premiers parents, par un fruit défendu ; 4° d'élever nos cœurs, et de faire saintement cette action, où la nature se porte avec tant d'épanchement ; 5° de lui demander pardon de nos fréquents péchés de gourmandise. Saint Grégoire rapporte qu'une religieuse fut possédée du démon pour avoir 'mangé du fruit d'un jardin par gourmandise, et sans faire dessus le signe de la croix ; et souvent il arrive de fâcheux accidents parla, dont la prière préserverait ou ferait faire un bon usage, et c'était une coutume des premiers Chrétiens de chanter lors du repas des hymnes et cantiques à la louange de Dieu, ainsi que- le Sauveur après la cène.
Comment peut-on parvenir à prier toujours ?
Donnant chaque jour règlement quelques heures à l'oraison ; 2° marchant en la pré-
(GO) Outre les moments consacrés uniquement à l.i prière soit mentale . soit articulée, il y a encore une sorte de prière dansles occupations mêmes auxquelles on se livre chaque jour. Il faut, pour cela, qu'on ait soin d'offrir à Dieu sou travail, et qu'on
persévère dans l'intpntion de lui plaire en le faisant. AlO'S, 0" reste uni à Dieu e1. on continue léellcneni à le prier, quand même on ne réciterait aucune formule de prière, pourvu que l'intention ne soit pas révoquée.
scncodeDieu; 3* faisant ses actions pour lui plaire ; 4° s'unissant d'intention à toutes les prières publiques et particulières qu'on fait sans cesse dans l'église ; 5° se servant souvent d'oraisons jaculatoires ou de mouvements et élévations vers Dieu, particulièrement, quand l'horloge sonne ; 6° multipliant les bonnes œuvres, lesquelles ont aussi leur langue.
Après avoir prié pour nous-mêmes, pour qui devons-nous prier ?
1° Pour tout le monde, pour toute sorte d'élats et de personnes; 2" pour l'Eglise; 3r pour notre Saint-Père le Pape, pour notre prélat, et nos autres pasteurs et pères spirituels; h" pour notre roi, pour les seigneurs et magistrats; 5° pour nos parents et amis ; 6" pour nos bienfaiteurs; 7° pour nos ennemis ; 8° pour les pécbeurs ; 9° pour les âmes du purgatoire ; 10* [tour les personnes affligées, les pauvres, les malades, les prisonniers, etc. ; 11° les prêtres doivent prier pour les peuples, les curés pour leurs paroissiens, les confesseurs pour leurs pénitents, les pères et mères pour leurs enfants, etc.
Quels biens devons-nous demander ?
Ceux qui tendent à la gloire de Dieu, à notre salut, et à celui du prochain, par exemple : 1° l'éloignernent du péché ; 2° l'extirpation des vices; 3° la pratique des vertus ; 4° !a persévérance dans le bien ; 5" la propagation delà foi; 6° la vie éternelle, etc. Car, selon saint Augustin, ce que la foi croit, l'espérance le demande, et la charité l'obtient.
Peut-on demander les biens temporels, comme la santé, la subsistance, etc. ?
Oui, pourvu qu'on les désire : 1° pour une bonne lin ; 2° selon le bon plaisir de Dieu ; 3° avec soumission à sa volonté ; 4° qu'on ne veuille que le nécessaire, le désir des vanités et superfluités, ne pouvant être fondé sur la qualité d'enfant de ceiui qui ne les refuse qu'à cause qu'il est père. Demandons les biens qui nous rendent bons, et nous les obtiendrons.
Pourquoi Dieu accorde t-il^souvent des richesses aux pécheurs ?
Dieu accorde souvent dans sa colère, ce qu'il refuse dans sa bonté : Il accorda au démon la permission de tenter Job.il refusa à saint Paul la délivrance d'une tentation.
De la manière de prier.
A qui doit-on ordinairement adresser sa prière ?
A Dieu le Père.
Au nom de qui doit-on prier ?
Au nom du Fils.
Par qui doit-on prier ?
Par le Saint-Esprit.
Comment faut-il prier afin d'être exaucé ?
1° Avec une conscience pure et libre de pécbé;2° avec dévotion; 3° humilité; 4° contiar.ee ; ou persévérance.
Pourquoi avec une conscience libre de péché?
L'oraison est une élévation de notre âme
vers Dieu, et un entretien familier avec cet époux céleste : et le péché est un poids, un lien et une lèpre.
Qu'est-ce que prier avec dévotion ?
C'est prier avec un esprit attentif, fervent et recueilli.
Q' est-ce qu'une prière faite avec distraction et dissipa'ion, inquiétude, interruption, lâcheté et tiédeur, dans une posture indécente, etc. ?
Une irrévérence devant la majesté de Dieu.
Qu'est-ce que prier arec humilité?
(Test reconnaître qu'on est indigne de la grâce qu'on demande.
Et avec confiance ?
C'est appuyer sa demande sur la bonté infinie de Dieu, et sur les mérites de Jésus- Christ son Fils bien -aimé.
El avec persévérance ?
C'est continuer à [trier, et ne pas se rebuter, quoiqu'on n'obtienne pas assez lot ce qu'on demande à Dieu. Car, pour sûrement être exaucé, il faut prier avec tant de clameurs, de larmes et d'instances, qu'on puisse dire en toute humilité avec saint Augustin : Seigneur, quelles prières de vos serviteurs exaucez-vous, si vous n'exaucez pas celleci ?
Pourquoi diffère-t-il quelquefois de les accorder ?
Afin : lu De faire estimer ses dons ce qu'ils valent, l'homme ne prisant guère ce qui coûte peu ; 2° de les rendre davantage nôtres, car ce qui nous coûte beaucoup de travail, semble être mieux à nous, et acquis plus légitimement, on le garde plus aisément, on s'en sert plus utilement ; 3" de nous procurer un double avantage, l'effet de nos désirs, et l'habitude de la prière. Ainsi les frères de Joseph eurent le blé qu'ils demandaient, et l'argent qu'il leur avait coûté pardessus.
Pourquoi refuse-t-il quelquefois ?
On demande : 1" mal ; 2° des choses nuisibles ou inutiles ; 3° ou opposées aux desseins de sa providence sur notre sanctification ; k" pour exercer et éprouver notre foi ; 5° on ne sait ce qu'on demande, non plus que les enfants de Zébédée: on voit le présent et le plaisant, et non le futur et le fâcheux ; 6° c'est toujours un grand présent que Dieu se rende présent à notre esprit dansla prière.
Qui doit nous consoler alors ?
i" La pensée que nos prières ne sont pas perdues, et que s'il ne nous accorde pas ce que nous désirons, il nous accordera ce que nous déviions désirer; 2° ce que Dieu donne vaut mieux que ce que l'homme demande ; 3° nous devons être plus aises que Dieu fasse sa volonté que la nôtre ; 4° le refus fait connaître la volonté de Dieu par une voie plus assurée et plus avantageuse pour nous, quoique plus mortifiante que la concession de ce que nous souhaitons ; 5° si nous ne sortons pas de l'oraison exaucés, nous en sortons meilleurs; 6° le malade demandant a saint Pierre de l'argent, cl recevant, non.
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de l'argent, qu'il demandait, mais la santé, qu'il ne demandait pas, pouvait-il se plaindre de n'avoir pas été exaucé?
De quelles saintes' pratiques faut-il accompagner la prière pour la rendre efficace ?
1° Du jeûne ; 2" de l'aumône; 3° du pardon des injures ; 4.° de la pureté de vie ; 5° de la médiation de la sainte Vierge et des saints, h qui nous avons plus de dévotion ; G° enfin, pour oblenirde Dieu ce que nous demandons de lui, il faut lui accorder ce qu'il demande de nous.
Peut-on bien prier par soi-même?
Non, il en faut demander la grâce à Dieu.
Quels sont les effets de la prière ?
Voici ce que l'Ecriture nous en dit : 1° elle humilie devant Dieu ; 2° elle atlire ses miséricordes; 3°ellefortifiedansla tentation ; k° elle console dans la tribulation ; 5° elle obtient la grAce de bien vivre, et de persévérer dans la vertu ; 6° elle unit à Dieu ; 7° elle apaise sa colère et désarme sa justice ; 8° elle obtient la rémission des péchés ; 9° elle chasse l'ennemi qui ne peut soutenir les clameurs intérieures d'un cœur qui gémit et qui prie. C'est un son guerrier qui l'effraye, dit un Père; 10° elle est, aussi bien que le sacrifice, latreutique, satisfactoire, impétratoire, eucharistique, et elle produit •un bien infini dans l'âme de l'homme qu'elle sanctifie et qu'elle comble de mérites ; 11° enfin nous y trouvons l'accomplissement de tous nos désirs, car comme l'homme venant au monde nu et dépourvu de tous biens corporels, a reçu de l'auteur de la nature des mains, par le moyen desquelles il se pourvoit de tout ce qui lui manque; ainsi, dit saint Chrysostome, naissants dépourvus de tous les biens spirituels, Dieu nous a donné l'instinct et la grâce de la prière, comme un moyen général de nous procurer tous nos besoins, de nous obtenir la possession de tout bien, et la délivrance de tout mal, et de nous unir à notre dernière fin. En effet, que reste-t-il à un malheureux, né sans biens, et dépourvu d'industrie, que de mendier son pain : et à un ouvrage défectueux, que de recourir à son ouvrier, pour être achevé, et c'est ce qui s'appelle être touché de Dieu : Les prédicateurs touchent, en formant quelques bons sentiments dans le cœur, et Dieu, en reformant le cœur. Les hommes touchent en nous disant quelque bonne chose, et Dieu en nous faisant être une bonne chose.