‹ Œuvres completesChapitre 51 sur 296 · CE QUE NOUS DEVONS FAIRE. 3IS · texte numérisé non relu

CE QUE NOUS DEVONS FAIRE. 3IS

der; 3° faire. L'une conduit nos pensées; l'autre nos désirs, et la troisième nos actions.

Pourquoi appelez-vous ces vertus théologales ?

Elles regardent Dieu, et nous unissent immédiatement et intimement à lui : la foi regarde particulièrement le Père, l'espérance le Fils, la charité le Saint-Esprit.

Ce sont donc les plus excellentes d'entre les vertus ?

Sans doute, puisque les autres vertus s'occupent du bien de la raison, ou perfectionnent l'homme par rapport à la raison naturelle et à la sagesse, pour lui procurer un bonheur de même ordre; et celles-ci s'occupent du bien de Dieu, ou perfectionnent l'homme par rapport à la première et souveraine raison et à la sagesse originale et divine, et lui procurent un bonheur surnaturel et infiniment élevé au-dessus de ses prétentions : les unes s'occupent des moyens de parvenir à notre dernière fin, et celles-ci nous y attachent et nous y portent directement; et non-seulement leur infusion, mais aussi leur accroissement est un don de Dieu qu'il faut sans cesse lui demander dans la prière, ayant toujours en nous, ainsi que cette ancienne veuve, quelque vaisseau vide à présenter pour être rempli de l'huile mystérieuse qui sert de nourriture à ces divins dons.

Est-on obligé d'en faire souvent des actes ?

Oui, mais particulièrement : 1° quand ou a atteint l'usage de la raison ; 2° quand oi est tenté des vices opposés; 3° qu'on reçoit les sacie;nents; k" qu'on exerce quelque acte de religion qui l'exige; 5° que l'heure de la mort est venue.

Sur quoi sont fondées ces trois vertus ?

1° La foi se fonde sur la sagesse et sur la bonté de Dieu : car ce qui fait qu'on ne croit pas les hommes, c'est qu'on les soupçonne ou d'ignorance, ou d'erreur, ou de malice; mais Dieu étant la première vérité, la souveraine sagesse et la bonté même par essence, il est impossible ni qu'il se trompe, ni qu'on le trompe, ni qu'il trompe. 2° L'espérance s'appuie sur la fidélité et sur la toute-puissance de Dieu, bien différent des hommes qui manquent continuellement à leurs promesses; parce que, ou ils ne promettent pas avec un désir sincère de tenir, ou ils se repentent d'avoir promis, ou ils ne peuvent pas accomplir leur* promesses.

3° La charité s'enflamme dans la vue de la bonté, de la beauté et de la perfection de Dieu, les créatures nous rebutant (onlinueilement par leur malice, leur laideur, leurs défauts.

§ 1er ne la loi.

Qu'est-ce que la foi ?

Un don de Dieu et une vertu ou une lumière surnaturelle, par laquelle nous croyons avec certitude tout ce que Dieu a révélé à son Eglise, et qu'elle nous propose de croire de sa part.

Qu'est- elle au salut et à la vie chrétienne !

Ce que le fondement est à l'édifice, et la racine à l'arbre.

Pourquoi un « dan de Dieu? »

Elle est tellement l'effet gratuit de. sa pure miséricorde et libéralité, que nous lie pouvons la mériter, l'acquérir, ni l'avoir de nous-mêmes.

Peut-on la recevoir de ses parents, ou croire de soi-même?

Non, il faut que Dieu l'insoire et la donne par une impression de s;i grâ<c.

Pourquoi « une vertu ou lumière surnaturelle ? »

Parce que Dieu nous incline suavement par elle à croire tout ce qu'il a dit, nous éclairant intérieurement et nous élevant à la connaissance des choses qui sont audessus de la capacité naturelle de notre esprit, auxquelles nous ne pourrions atteindre ni acquiescer sans cette divine clarté et cette douce impression, non plus que voir sans lumière et sans œil, ou écouter sans oreille.

Pourquoi « par laquelle nous croyons en lui ? »

Parce que nous croyons les vérités de la foi, à cause que Dieu les a dites et révélées, et non quelque autre que lui, fondés sur son infaillible autorité, et nous confiant pleinement en lui.

Pourquoi « et à tout ce qu'il a révélé? »

Parce que croire Dieu en partie et non en tout, c'est ne le point croire du tout, ou ne le point croire à cause qu'il est véritable et infaillible en tout.

Pourquoi «. et ce- que l'Eglise nous propose à croire? »

Parce que Dieu veut que nous apprenions de l'Eglise ce qu"il a révélé, et que nous nous soumettions à son autorité et à son témoignage, lorsqu'elle nous déclare, et ce que Dieu a révélé, et le sens dans lequel nous le devons entendre : ainsi un voyageur croit son pilote; un apprenti son maître; un soldat son capitaine; un malade, son médecin ; un aveugle son guide.

Pourquoi « de sa part ? »

C'est lui seul qui se connaît, c'est lui seul qu'on doit croire, quand il nous parle de lui, dit saint Hilaire, et par l'organe de l'Eglise.

Les hérétiques ont-ils la foi, du moins en partie ?

Comment auraient-ils la foi surnaturelle et divine, puisque ne croyant pas ni tout ce que Dieu a dit, ni à cause qu'il l'a dit précisément; car ils n'acquiescent pas h l'autorité de l'Eglise qui le leur déclare; et n'en voulant prendre que ce qu'ils jugent à propos par l'examen qu'eux-mêmes en font, ils se font les arbitres de leur croyance, laquelle ne peut plus être qu'humaine et naturelle, attendu que la même raison qui les détermine à croire que Dieu a révélé cette partie des vérités qu'ils veulent bien croire, si elle était un mouvement du Saint-Esprit et un acquiescement au témoignage de l'Eglise, les porterait à croire le tout, et que,

selon l'Apôtre, qui pèche en un point, 'pèche en tout.

Peut-on la prouver par des arguments philosophiques et des démonstrations évidentes ?

Non, la foi serait sans mérite, si elle était redevable de sa soumission à la raison humaine; mais on peut l'établir par des motifs si convaincants, et elle est si conforme au bon sens et aux premiers principes de la lumière naturelle, que tout esprit raisonnable doit s'y rendre; d'où vient que les premiers Pères disaient aux païens que l'âme était naturellement chrétienne.

Peut-on répondre aux objections qu'on fait contre la religion ?

Oui ; car encore que la foi ne puisse clairement être prouvée par la raison à cause de son élévation, elle ne peut pourtant pas être détruite par la raison à cause de sa vérité.

Qu est-il requis à la vraie foi ?

1° Une ferme confiance ; 2" une confession constante; 3° une volonté prompte de mourir plutôt que d'y renoncer.

Quelle doit-elle être?

1° Humble, comme celle de Marie; 2° aveugle, comme celle d'Abraham; 3° fervente, comme celle de la Cananéenne; 4" féconde, comme celle du Centenier; 5° forte, comme celé de saint Etienne, etc.

Des di/férenles sortes de foi.

Qu'est-ce que la foi habituelle ?

L'habitude même de la foi infuse avec le baptême.

Et l actuelle ?

L'acte même qu'on en fait.

Et la foi vive?

Celle qui est animée et opérante ?par la charité, telle que l'ont ceux qui sont en état de grâce, qui la conservent et l'augmentent, 1° par la prière et la demande ; 2° par les actes fréquents ; 3° par les bonnes œuvres.

Et la foi morte? <

Celle des pécheurs qui n'ont ni le sentiment de la charité, ni le mouvement des bonnes œuvres.

Pout-on être agréable à Dieu, ou être sauvé, ou faire quelque chose digne de la vie éternelle, sans la foi vive ?

Non , nul membre n'est utile, ni animé, s'il n'est uni à son chef, et s'il n'en reçoit les influences et la direction.

Suffit-il de croire pour être sauvé?

Il faut encore faire, la foi étant une habitude, et un arbre qui demande d'agir et de produire, il faut donc avoir la charité, qui est l'âme de la foi, et l-s bonnes œuvres qui sont les fruits de la cliari é, pour parvenir au salut qui est le prix des bonnes œuvres, ou de la foi vivante par la charité, et opérante par les bonnes œuvres : car Jésus- Christ n'est pas seulement un rédempteur, aux mérites duquel nous nous devons fier, mais encore un législateur, aux lois duquel nous devons nous soumettre, un docteur qu'il faut écouter et croire, un modèle et un guide qu'il faut imiter et suivre.

CATECHISME DE BOURGES. — PART

Qui devons-nous croire ?

Dieu, son Ecriture, son Eglise, nos parents et nos supérieurs, quoique d'une manière différente, et chacun dans son degré.

Qui ne doit-on pas croire ?

Le mon. le, le diable, la chair, soi-même, son propre esprit et sen liment.

Quels sont les effets de la vraie foi selon l'Ecriture ?

1° Elle éclaire l'esprit; 2° elle purifie le cœur; 3° Elle justifie ; 4-° elle fait entant de Dieu ; 5° elle incorpore à l'Eglise ; 6° elle triomphe du monde ; 7° elle imj être tout eu Dieu ; 8° elle est toute-puissante ; 9" elle fait mépriser la terre; 10° elle distingue le Chrétien de l'infidèle.

Des ■péchés contre la foi.

Quels péchés sont opposés à la foi ?

1° L'intidélilé ; 2° l'apostasie ; 3° l'hérésie; &■" l'erreur; 5° le doute volonlaire.

Qu'est-ce qu'être infidèle ?

C'est n'avoir jamais eu de foi.

El apostat ?

C'est avoir renoncé à la foi dans tous ses points.

Et hérétique?

C'esi soutenir avec opiniâtreté une erreur condamnée par l'Eglise, comme contraire à quelque point de foi.

Qui fait donc le formel de l'hérésie?

Deux choses : l'erreur et l'opiniâtreté contre le jugement de l'Eglise, n'étant plus permis de soutenir un dogme contre sa décision, sans s'éloigner de la véri é, se séparer de son unité, et s'exclure du salut.

Et être dans l'erreur?

C'est tenir un dogme faux pour véritable, sur lequel néanmoins l'Eglise n'a pas encor*1 prononcé.

Et dans le doute ?

C'est hésiter et vaciller dans la foi sans se déterminer.

De la tradition.

Qu'est-ce que la parole non écrite?

Ce sont certaines vérités qui ne se trouvent pas formellement dans la Bible, mais qui ont été enseignées de vive voix par Noire-Seigneur et les apôtres, et qui se sont conservées dans la tradition.

Qu'est-ce donc que la tradition ?

Une doctrine uonnée de main en main , fondée en l'Ecriture , consignée dans les •écrits des saints Pères, toujours reçue et crue dans l'Eglise, et inviolablement 'conservée jusqu'à nous.

Combien de sortes y en a-l-il ?

Il y a des traditions, 1° divines, qui regardent la foi comme l'existence, et le nombre des livres canoniques, leur véritable sens, le baptême des enfants, la perpétuelle virginité de la Mère de Dieu, la matière et la forme des sacrements, etc.; 2° apostoliques, qui regardent la doctrine, la discipline et les mœurs que les apôtres ont introduites, comme le changement du jour du sabbat, le culte des saints et des images, le Carême et les Quatre-Temps, le signe de la croix, les cérémonies du sacrifice et des sacrements, la

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