CE QUE NOUS DEVONS FAIRE
recevoir, à l'exemple des premiers Chrétiens, ce qui fut figuré par la manne du désert, qui tomba pour la première fois tel jour que notre dimanche, et' sans quoi on ne le célèbre point dignement.
Que faut-il pour le sanctifier 1
Deux choses : fs'abstenirdesœuvresserviles ; 2° vaquer au servicede Dieu , e'est-à-diro se désoccuper des soins de la terre, et s« remplir des pensées du ciel: car sanctifier quelque chose, c'est l'employer à des usages saints, et à rien de profane, et c'est ce que nous devons faire et du jour du dimanche, et de nous-mêmes. Les anges et les hommes solenniseront le premier dimanche du monde dans la jubilation et dans les louanges du Créateur.
Qu appelez-vous des œuvres serviles ?
Mettant à partie péché qui travaille l'âme, et lui ôte son repos, ou ce qui porte au péché, comme les ivrogneries, cabarets, jeux, comédies, danses, bals, etc. , désordres qui éloignent plus de Dieu et du salut que les œuvres corporelles, d'elles-mêmes indifférentes, un jour de lête passé dans le travail étant un moindre mal, que passé dans le crime :ft ce sont des actions corporelles attachées à quelque métier ou profession mécanique et mercenaire, qu'on fait manuellement pour gagner sa vie, et à prix d'argent.
Celles qui sont pour le service de Dieu, pour l'entretien de la vie, ou pour quelque nécessité urgente, sont-elles défendues?
Non, 1" si elles sont nécessaires; 2° si on ne peut ni les prévenir ni les remettre; 3° si on les fait avec l'avis et la permission de sou pasteur; '*' et après avoir été à la Messe, s'il est possible.
Que doit alors observer un supérieur ?
1° de ne s'en rapporter pas absolument à ceux qui demandent ces permissions, mais aux personnes expérimentées et consciencieuses; 2J de ne la pas donner, s'il se peut, ajoute la paroisse en général, mais à ceuxlà seulement que la nécessité regarde; 3* de célébrer à heure commode , pour faciliter l'assistance au sacrifice ; 4° de les exhorter à faire quelque aumône aux pauvres, des biens qu'ils recueilleront ces jours-là, selon le sage et pieux conseil d'un Pape; 5° de prier particulièrement pour eux, afin qu'ils sanctifient ce jour par leur travail, ne Je pouvant par leur repos.
Que doit-on faire pour bien vaquer au service de Dieu, les jours de fêtes et dimanches ?
Entendre la Messe, et cela sous peine de péché mortel ; mais un bon Chrétien n'en demeure pas là.
Que fait- il encore ?
l"ll s'approche dessacrements ; 2" il écoulela parole de Dieu ou lit quelque bon livre, et s'en entretient dans sa famille ; 3° il prie et assiste aux Offices de l'Eglise, à la grande Messe, à Vêpres, à la Bénédiction, aux Processions, aux Saluts, etc.; k° il fait de bonnes œuvres, il visite les pauvres et les malades de la paroisse, surtout il donne l'aumône du gain de la semaine, s'il le peut; .">" il fait redire à ses enfants ce qu'ils ont
appris au catéchisme; 6° enfin il passe ce jour dans la prière, l'instruction, la louange «Je Dieu, et l'applica'tiort à son salut, et fait ainsi par son culte, que le dimanche est le jour du serviteur, comme il est le jour du Seigneur.
Qui pèche le plus ordinairement contre ce précepte ?
1° Les paysans ; 2° les artisans ; 3" les marchands , les plaideurs et gens de justice ; 5° les chasseurs et les joueurs; 6° les cabaretiers ; 7° ceux qui commencent des voyages sansnéeesité;8° les débauchés qui vontau bal, à la comédie, aux promenades, aux cabarets, oùsouvent ils mangent le gain de la semaine, et abandonnent leur famille ; 9° les mondains «t mondaines qui passent tout le matin à s'habiller, se parer, s'ajuster, pour ensuite s'aller montrer par vanité dans les églises et dans les rues ; 10° ceux qui suivent les foires et marchés ou apports; 11° les pères et mères, maîtres et maîtresses, et autres supérieurs qui n'ont pas soin de faire sanctifier ces jours à leurs enfants et domestiques, et qui les font travailler ; 12° les fainéants, qui passent ce jour dans une molle oisiveté, ou aux spectacles, jeux, danses, etc.
Que dites-vous de ces gens-là ?
Qu'ils sont bien éloignés, 1° d'entreprendre de grands travaux pour Dieu, s'il les leur commandait, puisqu'ils refusent de jouir du saint repos qu'il leur ordonne; 2° de sanctifier le jour du dimanche, puisqu'ils l'emploient à offenser Dieu, on en des occupations qui portent au péché, fardeaux dont Je démon surcharge ses esclaves (66).
EXPLICATION DES COMMANDEMENTS DE LA SECONDE TABLE, QUI REGARDENT LE PROCHAIN.
Pourquoi la seconde table qui enseigne à pratiquer l'amour du prochain, commencet-elle par celui que l'on doit aux pères et aux mères, et non par celui qu'on se doit à soimême ?
Il est vrai que dans l'ordre de la chanté >h\ prochain, il faut commencer par les plus proches, et par conséquent par nous-mêmes, nul ne nous étant plus pioche que nous, selon l'Ecriture, qui dit que : Celui qui n'est pas bon pour soi , ne. le sera pas aux autres. Dailleurs l'Evangile, ordonnant d'aimer le prochain comme soi-même , marque assez qu'il faut s'aimer soi-même; premièrement, puisque l'amour qu'on a pour soi doit être la règle et la mesure de celui qu'on est obligé d'avoir pour les autres, lesquels on ne saurait aimer comme soi-même, si on ne s'aime soi-même auparavant; mais les hommes étant assez, portés à s'aimer et à satisfaire à leurs nécessités, il n'est pas besoin de les y exciter, ce qui serait même dangereux pour
(GG) Il serait lion <le signaler ici tous l s avantages de la sanctification du dimanche, non-seulement pour la gloire de Dieu et le besoin de la religion. mais pour la paix et la félicité des familles, pour la sécuritértJebon ordre de la société, pourlasanlémêine de chaque individu aillant que pour sa prospérité particulière, Ce sont là des considérations qui font impression dans un siècle aussi matérialiste que le
plusieurs qui ne s'aiment que trop. C'est pourquoi l'Ecriture ne le leur commande pas expressément , mais elle le présuppose, et les laisse à leur propre inclination, qu'elle règle, rectifie et corrige souvent, leur ap-prenante s'aimer solidement, sans leur commander cet amour, sachant, ainsi que dit saint Paul, que nul ne se hait soi-même, ni sa propre chair.
La femme n'est-elle pas plus proche au mari que le père et la mère ?
Il semble qu'oui, et par cette raison le commandement de l'aimer devrait précédée celui d'aimer les parents, mais la femme n'étant pas distinguée du mari et ne faisant avec lui qu'une même chair et une même personne, est renfermée dans l'amour qu'on se doit à soi-même , lequel marche devant tous les autres : ce qui est si vrai , que le commandement d'aimer nos parents, nous engage à ce devoir, par le motif de l'amour de nous-mêmes, puisqu'il nous en propose l'accomplissement, comme un moyen de nous procurer, non quelque petit intérêt, mais le plus grand de tous, et celui duquel teus les autres dépendent, qui est la conservation et la durée de la vie ; car que sert à l'homme d'avoir toute sorte de biens en abondance, si la vie lui manque.
Tous les commandements , même de la seconde table, ne tendent- ils pas au bonheur de l'homme et à le garantir de toute sorte de maux ?
Oui, et ainsi quand Dieu ne lui parlerait point de lui-même, et ne lui promettrait aucune récompense dans les commandements particuliers, il suffirait qu'ils sont destinés tous ensemble à son propre bien et à sa vraie félicité, et qu'ils sont les moyens uniques d'y parvenir, pour lui faire voir qu'il n'y est pas oublié, et qu'ils sont encore plus des. exercices de charité pour lui-même que pour les autres.
Quelle doit être cette charité envers le prochain, qui nous est si recommandée par les préceptes de la seconde table ?
Entière et parfaite, qui ne consiste ni flans des œuvres extérieures, sans une vraie affection intérieure, ni en des sentiments intérieurs d'affection, sans des effets extérieurs ; mais en tous les deux ensemble : Dieu qui n'est pas content de la foi sans les œuvres , ni des œuvres sans la foi , ne pouvant l'être d'un amour stérile.
Pourquoi entre tous les commandements qui regardent la charité du prochain , Dieu n'at-il parlé de récompense qu'à celui-ci?
Parce qu'il n'est pas seulement le premier et le principal de la seconde table, mais encore qu'il les renferme tous par l'extension de la cliarilé, c'est pourquoi il était conve-
nôtre, et il est facile de montrer invinciblement ces vérités par le contraste hi leux que nous offrent les profanateurs du dimanche dans leur impiété et leurs débauches, etc. Les Chrétiens fidèles doivent les recouiman er à la miséricorde infinie d^ Dieu, é*it^r leur compagnie et leur exemple, s'attacher de toutes leurs forces à la praiique de la religion, et ne manquer à aucun Office paroissial du dimanche.
nable de l'imprimer particulièrement dans les esprits, en y ajoutant une récompense qui e«t la première et la plus précieuse de toutes, c'est-à-ilire la vie même , le fondement de tous les autres biens et de tout le bonheur de l'homme : en effet, celui qui n'a pas île charité pour ses père et mère qui le touchent de si près, et qui sont les premiers dans l'ordre de ceux qui , selon l'esprit de l'Evangile et l'instinct de la nature, en doivent ressentir les effets, en aura-t-il pour les autres hommes qui sont plus éloignés de lui , et à qui il n'est pas si obligé ; en aura-l-il même pour Dieu, le vrai auteur de sa vie, et le premier Père, de qui les père et mère sont les images , qui se lésa associés dans la production et création des enfants, et qui sont cette promesse d'une vie temporelle pour ceux qui honoreront leur père terrestre, promet la vie éternelle à ceux qui honoreront ce Père céleste? Doctrine qui découvre que ce commandement appartient en quelque façon à la première table, puisqu'il regarde la piété due à Dieu , et le fondement de la religion. D'ailleurs l'amour et l'assistance du prochain élant la preuve de l'amour de Dieu , comment celui qui ne témoigne point d'affection pour le prochain, qui le touche de si près, et qu'il voit devant ses yeux, dit saint Jean, en téraoignera-t-i! à Dieu qu'il ne voit pas? La disposition de ce commandement est donc l'effet d'une souveraine sagesse, puisqu'il sert comme de passage des préceptes de la première table à ceux de la seconde, dont sans doute il est le principal, et que de la première branche de la charité, qui est l'amour de Dieu, il passe à la seconde, qui est l'amour du prochain, ou plutôt, il l'y transporte et l'y répand.
IV* commandement. — Père et mère honoreras, etc.
Que nous est-il défendu par ce précepte ?
De maltraiter nos parents.
Que nous est-il ordonne ?
1° De les aimer ; 2° de les honorer ; 3° de leur obéir ; 4° de les assister et servir.
Pourquoi tant de devoir à leur égard ?
Ils nous tiennent la place de Dieu, et après lui nous tenons d'eux ce que nous sommes ; de sorte que Dieu nous ayant mis au monde par eux, leur a communiqué son autorité sur nous, et nous a obligés à une partie delà reconnaissance que nous avons pour lui. En effet, Dieu s'est servi d'eux pour nous donner : 1° l'être et la vie ;. 2* une âme spirituelle et raisonnable ; 3° c'est par leur soin que nous avons reçu le saint baptême ; 4° et l'entrée dans l'Eglise catholique, apostolique et romaine; 5" une bonne et sainie éducation ; 6° été instruits dans les principes de la religion, formés aux bonnes mœurs, élevés dans les sciences, civilisés pour la société humaine, et mis en état de passer honnêtement cette vie, et de faire des œuvres dignes du salut éternel. Cela ne mérite-t-il pas que nous les honorions ? or il faut remarquer qu'encore que nous devions les aimer et les craindre, le précepte ne dit pas : vous aimerez, eu vous
craindrez votre père et votre mère ; mais vous les honorerez : la raison est qu'on peut les aimer sans les craindre, et les craindre sans les aimer ; mais non les honorer sincèrement, sans les craindre et les aimer tout à la fois. Nous leur devons donc, honneur à cause de celui qu'ils nous représentent : obéissance, à cause de leur autorité : secours, à cause des biens que nous avons reçus d'eux : amour, à cause que nous sommes une même chose avec eux.
Pourquoi une récompense à ce commandement ?
Afin qu'on ne crût pas que les choses que l'on fait le plus par un mouvement naturel, en dussent être privées, quand on les exécute par un principe de conscience, et un désir d'obéir à la loi de Dieu.
Pourquoi une longue vie ?
Il est convenable que la vie soit prolongée à celui qui honore ceux de qui il la tient.
Quelle récompense l 'Ecriture promettait-elle aux Juifs qui s'acquittaient de ces devoirs ?
l'Une longue vie ; 2° une postérité heureuse ; 3° une bonne réputation ; k° des richesses. Que promet-elle aux Chrétiens?
La grâce en ce monde, et la gloire en l'autre, sans néamoins les exclure des autres avantages, selon qu'il est expédient à leur salut.
Quelle malédiction prononce- t-elle contre les méchants enfants ?
Que celui, dit-elle, qui maudit son père ou sa mère, soit puni de mort. Que celui qui cause de l'affliction à son père, et qui a de l*aversion pour sa mère, vive sans prospérité, et que sa mémoire, demeure éteinte et ensevelie dans l'oubli. Que les corbeaux arrachent les yeux de celui qui se moque, de son père, et qui méprise les douleurs que sa mère a souffertes en le mettant au monde : que les aigles s'assemblent pour le dévorer ; c'est-à-dire que la terre refuse son sein, ou la sépulture à ce dénaturé qui ne respecte pas le premier sein qui l'a enserré. Qu'est-ce qu'aimer ses parents ?
C'est leur vouloir et faire tout le bien qu'on peut.
Qui ne le fait pas ?
1° Ceux qui les haïssent ; 2" qui les injurient ; 3° qui les frappent ; 4-° qui désirent leur mort ; 5° qui n'ont point de compassion de leurs maux, et qui ne les consolent point ; 6° qui ne prient, et ne font point prier pour eux après leur mort.
Qu est-ce qu'honorer ses parents ?
C'est les estimer et leur rendre tous les devoirs que la bienséance et la révérence paternelle exigent d'un enfant bien né.
Qui ne le fait pas ?
1° Ceux qui ne les croient pas ; 2' qui no les craignent pas ; 3° qui les blâment et les contredisent ; k° qui publient leur défauts, ou qui les leur reprochent ; 5° qui ne prennent pas en bonne part leurs avis et corrections ; 6° qui les méprisent ; ,7" qui ne les saluent pas, et qui ne leur parlent pas avec respect ; 8" qui ne leur demandent pas
pardon quand ils îes ont offensés ; 9° qui dérobent leur bien.
Qu'est-ce qu'obéir à ses parents ?
C'est faire promptement et avec joie ce qu'ils commandent.
Qui ne le fait pas ?
Ceux, l°qui ne font pas ce qu'ils disent; 2° qui le font, mais en se fâchant, en murmurant, en se dépitant ; 3° qui disposent d'eux-mêmes sans leur participation ; 4° qui n'exécutent pas leurs testaments.
Boit-on obéir à ses parents en des choses où Dieu est offensé ?
Non, il faut plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes, qui sont moins nos pères que Dieu, et au père céleste qu'au terrestre.
Qu est-ce qu'assister ses parents ?
C'est leur rendre tout le secours qu'on peut.
Qui ne le fait pas ?
Ceux qui refusent de les aider : 1° de leurs biens ; 2° de leurs conseils ; 3° de leurs prières ; 4° de leurs services.
En quel temps particulièrement doit-on les assister ?
l°Dans leur pauvreté ; 2" dans leurs maladies ; 3° dans leur vieillesse, supportant les chagrins et les intirmilées de cet âge, avec la même tendresse qu'ils ont supporté les faiblesses de notre enfance ; 4° dans toutes leurs nécessités spirituelles et corporelles; 5° à l'heure de la mort.
Quels secours leurs doivent-ils alors ?
1° Les servir ; 2° les consoler et encourager; 3" les porter à Dieu; 4° avertir de bonne heure le curé ; 5° leur procurer les sacrements ; 6" leur fermer les yeux.
Et après leur mort ?
Ils doivent, 1" les faire inhumer honorablement, mais sans faste ni vanité ; 2° prier et faire prier pour eux ; 3° faire de bonnes œuvres pour le salut de leur âme ; 4° exécuter leur testament ; 5° avoir leur mémoire en vénération.
Que doivent les pères à leurs enfants ?
1° L'éducation ; 2° l'instruction ; 3° le bon exemple ; 4° la correction ; 5" l'amour ; 6" ne leur point faire embrasser de vocation par des motifs humains et intéressés ; 7° ne leur point donner de jalousie, par des préférences indiscrètes ; 8" veillersur leurs déporlements; 9" les offrira Dieu, etprier pour eux.
Quels sont les péchés des parents à l'égard de leurs enfants ?
1° leur donner une trop grande liberté ; 2" les laisser dans l'oisiveté ou dans les mauvaises compagnies, ou lire les méchants livres ; 3° leur inspirer par paroles ou actions, des sentiments de vengeance, d'avarice, de vanité, de sensualité, d'impiété, d'ambition, et semblables maximes du siècle corrompu ; 4° négliger de les faire instruire de bonne heure à la vertu et à leurs emplois; 5° les engager clans un état dangereux au salut, ou les empêcher a'embrasser un état déplus grande perfection ; G" les maudire et faire contre eux des imprécations ; 7° enfin ne veiller pas à ce que les semences du bien proviennent en eux les semences du mal,
et ne point regarder leur éducation comme leur affaire principale.
Les pères et mères se damnent-ils pour mal élever et instruire leurs enfants ?
Sans doute, et ils en rendront un compte rigoureux à Dieu : plusieurs en cela semblables aux bêtes, ne les formant qu'à la vie animale.
En quoi consiste cette éducation ?
1° A les nourrir, vêtir, et élever selon leur condition ; à leur faire apprendre un métier ou vacation qui leur soit propre, et qui n'intéresse point le salut.
Et cette instruction ?
A leur apprendre : 1" le catéchisme ; 2° la prière ; 3° la crainte de Dieu ; 4° l'horreur du péché ; 5° à les envoyer à l'école sous un maître bien sage et vertueux.
El ce bon exemple ?
A s'abstenir tellement de tout mal, et à pratiquer tellement le bien devant eux, qu'on leur inspire dès leur tendre enfance l'horreur du vice, et l'amour de la vertu.
De la correction fraternelle.
Et celte correction?
A les reprendre de leurs vices, défauts, imperfections.
Comment faut-il faire la correction ?
Avec, 1" douceur; 2° prudence; 3° charité; 4" fermeté ; 5Q dessein de profiter, à celui qui reprend; 6° à propos, ou en temps propre; 7° en particulier, du moins pour la première fois, et quand la faute n'est pas publique.
Comment faut-il la recevoir?
Avec, 1° humilité; 2° patience; 3° reconnaissance ; 4° désir de s'amender.
Est-on obligé de faire la correction?
Sans doute : car, 1° le devoiry engage ceux qui sont supérieurs; 2° la justice, ceux qui veillent au bien public; 3° la charité, ceux qui ont de l'amour pour leurs frères; 4° le zèle, ceux qui ont l'honneur de Dieu en recommandation.
Pourquoi les reprend-on si peu?
1" On ne s'y croit pas obligé; 2° on est soi-même répréhensible; 3" on est flatteur ou craintif; 4" la correction est inutile, et quelquefois nuisible.
Pourquoi celui qui reprend profite-t-il si peu des corrections qu'il fait?
Il reprend, 1° impétueusement, impérieusement, aigrement, avec menaces; 2° inconsidérément et à contre-temps; 3° trop souvent; 4° pour des choses trop légères, ou non assez fondées; 5° sans préméditer comment il s'y doit prendre, ni prier, ni s'humilier, ni diriger et purifier son intention, ni proportionner la réprimande à la faute ; 6° sans un vrai désir de profiter au prochain ; 7" ni avoir égard à ses dispositions. Dans un homme de bien, dit saint Augustin, la langue crie et reprend, mais le cœur aime et compaiit.
Pourquoi celui qui est repris profile-t-il si peu des corrections qu'il reçoit?
Il croit qu'on le reprend, 1° par passion, haine, correction, envie, antipathie; 2° par prévention et sur de faux rapports; 3" qu'on
excède; 4° peu de gens sont humbles, patients, mortifiés.
Quelles vertus rendent la correction utile? 1* La prudence et la prière doivent la précéder; 2° la douceur et le zèle l'accompagner ; 3' la charité et l'humilité la suivre.
Quelle est ta conduite ordinaire des gens de bien là- dessus?
i" De reprendre quelquefois par leurs paroles, souvent par leur silence, toujours par leur bon exemple; 2° d'excuser et supporter les défauts d autrui autant qu'ils le peuvent et le doivent, et de gémir des leurs propres; 3° d'aimer mieux être repris, que de reprendre ; k" d'avoir un ami charitable qui veille sur eux elles reprenne.
Qu entend-on encore par le mot de père et de mère ?
Tous supérieurs, 1° ecclésiastiques ; 2° politiques; 3 domestiques, qui ont autorité, et que nous devons honorer chaeun selon son degré.
Qui sont les supérieurs ecclésiastiques?
Le Pape, les évèques, les curés, etc.
Que doivent-ils aux fidèles ?
1" La prière ; 2° la doctrine; 3° l'exemple.
Que leur doivent les fidèles?
i' L'honneur; 2* la croyance; 3° l'imitation.
Qui sont les supérieurs politiques?
Les rois, les seigneurs, les magistrats, etc.
Que doivent-ils à leurs sujets?
1" Le bon gouvernement ; 2° la protection; 3U la justice.
Que leur doivent les sujets?
1° Le respect; 2" la soumission; 3° le tribut; maxime chrétienne publiée par les apôtres, Néron même régnant.
Qui sont les supérieurs domestiques?
Les maîtres et les maîtresses.
Que doivent les domestiques à leurs maîtres et maîtresses?
1°. Respect; 2° obéissance; 3° service; V' fidélité. .
Que doivent les maîtres et maîtresses à leurs domestiques?
1° Récompense; 2' bon exemple; 3" affection; k° soin ; 5° correction, mais modérée et sans passion.
Quelles vertus sont nécessaires aux domestiques pour remplir leurs devoirs?
Patience, pénitence, joie, vue de Dieu, désintéressement, amour du travail.
Et les maîtres et maîtresses, comment s'acquittenl-ils bien des leurs?
S'ils observent, 1" la prudence, en leur commandant; 2° la force, en les supportant;
(67) On comprend que ce qui est dit sur les devoirs des seigneurs n'a plus d'application, puisque les seigneur s p 'existent plus dans notre France. Mais il n'en est pas moins vrai, que dans les degrés intérieurs de la société, le peuple se laisse facilement ciiirainer par l'exemple et parle» discours de ceux qui .'ont placés dans un rang plus élevé. Il s'ensuit que les Lmilles cl les individus qui possèdent l'aristocratie de la fortune, du savoir, du tal-nt, dis dignités et même du nom, sont obligés à une <onuiiite qui serve de mo.lele honorable et chrétien a tous ceux qui se trouvent au-dessous d'eux.
Il convient d'ajouter à ces inflexions que, dans
3° la tempérance, en les reprenant; k" la justice, en les récompensant : vraies vertus d'un supérieur, qui, s'y assujettissant, donnera encore plus sur lui-même, que sur les autres; et deviendra le domestique de sa famille le plus soumis et le pius absolu : tel doit être l'empire d'un maître chrétien.
Sont-ils obligés à les instruire et à les re~ prendre quand ils offensent Dieu?
Oui, ils pècheutgranJement s'ils ne le font.
Doit-on retenir à son service des gens vicieux et débauchés?
Non, il faut les avertir charitablement de leurdevoir, els'ilsy manquent, les congédier.
Doit-on entrer ou demeurer au service des maîtres débauchés, vicieux, impies, ou dans des emplois criminels, et presque incompatibles avec le salut ?
Non, il faut s'en retirer, quelque utilité temporelle qu'on y trouve.
Est-ce un grand mal aux maîtres de retenir les gages des serviteurs?
Oui, c'est une injustice cruelle, et qui crie vengeance devant Dieu: en un mot, si leurs domestiques doivent I s aimer, respecter, obéir, servir avec affection, et conserver leur bien, ils doivent réciproquement les nourrir, les instruire, les reprendre, les former, les souffrir en patience, les assister en leurs maladies, les occuper avec discrétion et charité, et leur payer leurs gages et salaires avec équité.
Quels sont les devoirs des pasteurs à l'égard de leurs paroissiens?
Us doivent: 1° résider en leur paroisse; 2° les instruire et catéchiser fêtes et dimanches ; 3" prier Dieu et célébrer la sainte Messe pour eux ; h" les reprendre quand ils offensent Dieu ; 5° leur donner bon exemple ; 6° les assister dans leurs besoins spirituels et temporels ; 7° leur administrer les sacrements; 8° les consoler dans leurs afflictions, maladies, etc., surtout à l'heure de la mort, et recommander leur âme à Dieu après leur décès : en un mot, instruire, conduire, reluire; trois obligations d'un supérieur spirituel.
Quels sont les devoirs des seigneurs enve. * leurs sujets ?
Ils doivent, 1° les conserver en paix; 2" leur rendre justice ; 3° empêcher et punir les scandales; k" piocurer que les lois de Dieu et de l'Eglise soient observées (67).
Que doivent les tuteurs à leurs pupilles ?
1° Les faire élever et instruire comme s'ils étaient leurs enfants; 2° faire profiter leur
la coneclion des enfants, l'essentiel est de ne pas les décourager; d'user de patience «t de s'attacher suroiilà gagner leur conliance pleine et entière. 11 faut savoir les pienlre par le cojurel leur insinuer la pratique de la religion, si puissante pour refréner les plus dangereuses liassions. Gardons-nous de le* abandonner à eux-meme-. sous prétexte qu'ils won 6 iucuriigibles, mais avec un pl.m sage, des précautions minutieuses, des lon-cils paternels qui ne doivent jamais exclure la fermeté, ni entraîner a u.ic moite, condescendance; enlin, avec la prié e et l'exemple, il est impossible qu'on n'obtienne pas les plus heureux succès.
bien par des voies légitimes, et en prendre soin comme du leur propre; 3" en rendre compte avec fidélité.
A quels devoirs est- on tenu à l'égard des vieillards?
On doit, 1° les honorer; 2" les écouter; 3" les supporter; 4.° s'abstenir de tout mépris, raillerie, reproche; 5° leur rendre les services qu'on peut; 6* enfin on peut réparer ia désobéissance de la jeunesse aux parents charnels, par l'obéissance de la vieillesse, seconde enfance, aux pères spirituels.
V« commandement. — Homicide point ne ser >s, etc.
Quelle suite y a-t-il entre ce commandement e* le précédent?
Les commandements de la seconde table se rapportant tous à la charité du prochain, après avoir établi ce qu'elle oblige de faire pour les pères et mères qui sont les plus proches de tous, et les premiers dans l'ordre de ia charité, la suite naturelle porte à parler de ce qu'on doit aux autres hommes, et avant toute chose de ce qui touche la vie qui est le principal des biens de l'homme et le fondement de tous les autres -.c'est pourquoi il a été fort à propos de mettre pour le second commandement de la seconde table qu'on ne tuera point, c'est-à-dire qu'on ne fera rien de contraire à la vie du prochain, et qu'on fera ce qu'on pourra pour la conserver.
Que nous est-il ordonné par ce précepte? 1° D'avoir soin de la vie, de la renommée, et du salut du prochain ; 2° de pardonner Jes injures, et de bien vivre avec tout Je inonde.
Que nous est-il défendu ?
D'attenter à la vie, 1° naturelle; 2° civile; 3* spirituelle dii prochain; c'est-à-dire de l'aire aucun tort: 1" à son corps; 2° à sa réputation; 3° à son âme; qu'on lue par le péché, aiguillon par lequel le démon a introduit la mort.
Comment fait-on tort à la vie du prochain? 1° Par les coups et les violences ; 2" les meurtres; 3° les empoisonnements; 4° les avortements; 5° les homicides; G" les excès débouche; 7" le mauvais usage de la médecine; 8" le refus de l'aumône.
Quelles personnes sont sujettes à ces crimes? Ceux qui se laissent alfer, 1° à la haine; 2° à la colère; 3° à la vengeance; 4° aux querelles; 5° aux inimitiés; 6° aux duels; 7° à la luxure; 8" à l'intempérance; 9" à l'inhumanité envers les nécessiteux; 10° au désespoir qui les porte à attenter à leur propre vie, ou à s'exposer témérairement, ou à souhaiter leur propre mort et celle d'autrui ; 11° ceux qui, mettant coucher les petits enfants avec eux, les étouffent.
Est-il permis de se défendre ?
Oui, pourvu qu'on ne passe pas au delà de ce qui est nécessaire pour empêcher le mal qu'on nous veut faire injustement.
Quelle peine encourent ceux qui mettent la main sur les ecclésiastiques et autres personnes consacrées à Dieu?
Outre le sacrilège.
ils tombent dans 1 excommunication.
Comment fait-on tort à la réputation du prochain?
1° Par les soupçons et jugements téméraires; 2° les médisances; 3° les détractions; 4° les injures; 5° les outrages.
Qu'est ce que juger témérairement du prochain ?
C'est juger sans aucune raison suffisante qu'il est coupable de quelque mal.
Et médire?
C'est se plaire à dire du mal de quelqu'un, qui est véritable , mais à ceux qui le savent.
Et détracter?
C'est dire du mal du prochain, qui est véritable, mais à ceux qui l'ignorent.
Et outrager?
C'est faire injure à quelqu'un en sa présence.
Qui porte les- hommes à tomber dans ces péchés ?
1° La haine ; 2° la vengeance; 3° l'envie; 4° la jalousie ; 5" la malice ; 6e le dépit ; 7° la colère; 81 l'antipathie.
A quoi sont tenus les détracteurs et les médisants ?
A rétablir la réputation du prochain quand ils l'ont détruite ou diminuée.
Cela est-il aisé?
Non , surtout quand c'a été par des libelles diffamatoires, des plaidoyers injurieux, des vers et des chansons satiriques, etc.
Que doit-on faire quand on entend médire?
l° Reprendre celui qui médit: 2° excuser celui dont on médit ; 3U changer de discours ; 4° se taire ; 5° montrer une mine triste ; 6" se retirer de là, suivant qu'il est à propos ; 7° la vraie charité envers le prochain exalte ses vertus, cache ses défauts, excuse les actions et les personnes.
Pourquoi?
Parce que le diable est sur la langue de celui qui médit, et dans l'oreille de celui qui l'écoute avec plaisir : l'un met comme le feu à la maison de son voisin, chauffe.
Qui doit refréner la langue?
Le respect doit la refréner à supérieurs; la charité, à l'égard des égaux; la compassion, à J'égard des inférieurs. La vue de nos propres défauts ; la crainte de Dieu, à l'égard de tous.
Comment fait-on tort à l'âme du prochain?
l° Par les mauvais discours ; 2" les mauvais
exemples; 3° les sollicitations au mal;
4°fromission des soins qu'on
l'autre s'y
'égard
des
est obligé
(l eu
prendre, ou des avis qu'on est tenu de donner : tel est un médecin qui n'avertit pas son malade du péril où il est, afin qu'il pourvoie à sa conscience; 5° par les scandales?
Qu'est-ce que le scandale?
Une parole ou une action déréglée, qui de soi porte au péché mortel. Par exemple: l° avancer des maximes contre la foi ou les bonnes mœurs; 2° apprendre aux autres le mal qu'ils ignorent ; 3* avoir des tableaux, images, figures ou livres déshonnêles;
5jO
4° souffrir le pèche" quand on peut l'empêcher, surtout quand on y est engagé par son rang; 5" inspirer à ses enfants le luxe, la vanité, la vengeance, l'impiété; jurant devant eux; ne priant pas Dieu; raillant de la dévotion ; travaillant les fêtes et dimanches, ne gardant abstinence ni jeûnes aux jours ordonnés; faisant la débauche, etc. ; 6° les nudités de gorge et de bras dans les filles et femmes, leurs habits et gestes immodestes, leur air trop libre, et leur afféterie, sont aussi de grands sujets de chute et de scandale pour les autres.
Suffit -il de se confesser de ces péchés ?
Il faut de plus réparer lu tort qu'on a fait au prochain, et se mettre en état de ne lui en plus faire, ôtant toute occasion de scandale, crime d'autant plus détestable, qu'on tue, non le corps, mais l'Ame du prochain, et qu'on lui ravit, non une vie périssable, mais éternelle.
VI' et IX' commandements. — Luxurieux point ne seras, elc. — La leiume ne convoiteras, etc.
Que nous est-il ordonné par ces deux commandements?
D"être chastes de corps et d'esprit ; c'est-àdire, 1° de haïr et fuir to'Jt plaisir charnel hors l'état de mariage ; 2° de régler selon Dieu ce qui est permis hii cet état.
Que nous est-il défendu ?
Toute espèce d'impùdicité, soit, 1° pensées volontaires ; 2° désirs ; 3° paroles ; 4° actions contre la pureté.
Les pensées déshonnétes sont- elles toujours péché?
Non, quand on les repousse.
Quand donc le sont-elles?
1° Lorsqu'on y consent avec désir d'effectuer le péchi; 2° qu'on s'y arrête volontairement pour y prendre plaisir, quoique sans désir d'en venir à l'exécution ; 3° qu'on néglige de les rejeter, ce qui peut quelquefois n'être pas mortel.
Quels sont les moyens pour conserver la chasteté?
V L'humilité ; 2° le travail ; 3° la sobriété ; 4° la modestie des yeux, des habits et du toucher; 5° la retraite; 6° la prière; T la fuite des occasions; 8° les bonnes lectures ; 9° la fréquentation des sacrements; 10° la dévotion envers la sainte Vierge ; 11° résister d'abord à la tentation; 12° considérer souvent l'usage que Jésus-Christ a fait de son corps et de sa chair.
Qui fait tomber dans ce détestable péché?
t" L'orgueil; 2° l'oisiveté; 3° l'intempérance; 4" l'immodestie; 5" les mauvaises compagnies; 6° les amitiés particulières; 7° la comédie et les romans; 8° le désir de plaire et d'être aimé; 9° le luxe des femmes; 10° la danse et le bal.
' Du luxe. )
Qui doit obliger une femme chrétienne à renoncer au luxe, et à la vanité des habits?
La considération, 1° du christianisme qu'elle déshonore^" des sacrements qu'elle profane ; 31 des âmes qu'elle damne; 41 du
bien qu'elle dissipe; 5° du scandale qu'elle cause ; G" des péchés qu'elle commet; 7° des désordres où elle s'engage; 8° du temps qu'elle nerd; 9° des créanciers et domestiques qu'elle ne paye pas; 10* des pauvres qu'elle ne secourt pas ; 11° des enfants qu'elle n'élève pas comme il faut; 12° de Dieu qu'elle irrite ; 13° des sainis dont elle s'attire l'indignation ; 14° des anges à qui elle est en horreur; 15° des diables dont elle est l'esclave et l'hameçon. Ajoutez à cela qu'elle s'ajuste souvent au delà de, sa condition et de ses facultés, et toujours au ir épris de sa religion, de l'Ecriture et des bons exemples. Que si une fleur des champs qui passe et pourrit en un moment, est plus magnifiquement vêtue que ne l'é ait Salomon dans toute sa gloire, ainsi que nous l'apprend celui qui revêt toutes choses; jugez de la vanité des habits que le monde estime tant.
L'Ecriture leur défend-elle ces vains ajustements?
Oui, et très-expressément : voici ce qu'en dit saint Pierre, le chef de l'Eglise, et le vicaire de Jésus-Christ en terre : Que les femmes soient soumises à leurs maris, afin que ceux qui ne croyent pas à la parole de l'Evangile, soient gagnés sans le ministère de la parole par la pieuse conversation et les bonnes mœurs de leurs femmes, considérant la modestie et la chasteté qu'inspire le christianisme. Qu'elles renoncent à la frisure des cheveux, aux ornements d'or et a la somptuosité des habits. Et qu'elles s'appliquent à l'embellissement de leur intérieur, on de leur âme, qui n'est pas sujette à la corruption comme le corps, par la pratique de la douceur et de la modestie, qui font les riches beautés que Dieu prise. Car c'est ainsi qu'autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu avaient accoutumé de se parer, demeurant soumises à leurs maris ; ainsi Sara obéissait à Abraham, qu'elle appelait son Seigneur, de qui vous êtes filles selon l'esprit : si vous faites de bonnes œuvres comme elle. [1 Pctr. vin, 1-6.)
L'apôtre saint Paul ne s'en explique pas moins fortement : Que les femmes, dit-il, soient vêtues honnêtement ; qu elles se parent avec modestie et pudeur, et non avec des cheveux frisés, ni avec des ornements d'or, des pierreries ou des robes riches et précieuses, mais comme il est bienséant à des femmes qui font profession de montrer de la piété par la pratique des bonnes œuvres. (I Tim. il, 9, 10 )
Après cela, qu'une femme chrétienne et qui a envie de se sauver, voie si en conscience elle [jeu t contrevenir h cette doctrine. Qu'elle considère que Dieu revêtit Eve notre première mère d'un ci lice, quand il la mit liors le paradis, pour lui laite comprendre quel vêtement lui convenait, et dans quel esprit elle devait se couvrir. Et qu'elle sache que selon le sentiment des premier»
saints de l'Eglise, qui avaient appris beaucoup de choses de Notre-Seigneur par les apôtres et les hommes apostoliques, c'est le diable, qui a appris aux femmes tout ce luxa el toutes ces inventions dont elles se [tarent
avec tant d'artifice, pour plaire aux hommes par leurs attraits.
Pretextata, dame romaine, ayant orné d'ajustements mondains par ordre de son mari une vierge de qualité, mais vouée à Dieu, la nuit suivante elle vit en songe un ange, qui d'une voix terrible lui dit que ses mains sacrilèges pour avoir osé profaner ainsi une vierge de Jésus Christ sécheraient sur-le-champ, et que par les cruelles douleurs qu'elle sentirait, elle jugerait de la grandeur de son crime ; qu'au bout du mois elle serait traînée en enfer, et que si elle ne cessait sur l'heure d'ajuster cette fille, elle perdrait aussitôt son mari et ses enfants. Prédictions qui s'accomplirent à la lettre. C'est une histoire rapportée par saint Jérôme, qui fait voir combien ces vanités déplaisent à Dieu ; car c'est une vérité constante qu'on connaît au visage et aux habits d'une fille, si elle a Dieu dans le cœur.
De la danse el du bal.
Qui doit éloigner de la danse el du bal une personne qui craint Dieu?
Toutes sortes de pieuses considérations: car, où les sept péchés capitaux règnent-ils avec une licence plus effrénée? L'orgueil, par les désirs de paraître et de l'emporter au-dessus des autres en beauté, esprit, adresse, qualité, etc. L'envie, par la tristesse de se voir surpassé par d'autres en jeunesse, bonne grâce, estime, beaux habits, etc. L'avarice, par la convoitise des richesses qu'on y voit et de l'argent qu'on y joue? La paresse, par le dégoût qu'on y conçoit de la dévotion, et l'impossibilité morale où on se met d'en pratiquer les exercices. La colère, par les querelles, jalousies, inimitiés, meurtres, qui souvent y prennent naissance. La gourmandise, par les grands repas qui terminent ces assemblées si opposées à la tempérance chrétienne. La luxure, qu'on peut dire y être dans son trône, et faire sentir sa tyrannie à toutes les facultés de l'homme charnel ; car en ces lieux-là : 2° Que de pensées sales dans l'esprit; que de désirs criminels dans le cœur; que de représentations déshonnêtes dans l'imagination ? Combien les yeux sont-ils souillés de regards lascifs ? l'odorat, de parfums sensuels? l'oreille, de paroles libres, de chansons libertines, d'airs dissolus, de son d'instruments qui amolissent l'âme et excitent les flammes impures? les mains, par les attouchements? le pied et la jambe, par les mouvements indécents; tout le corps enfin par des postures, gestes, situations immodestes ? Joignez à cela ces habits somptueux,) ces vains ajustements, ces parures éclatantes, ce luxe, ces frisures, ces nudités, ces conversations enjouées, ces discours libres, ces desseins délibérés de donner de l'amour, et d'en prendre, ces idées impies et impures qu'on en rapporte avec soi. Toutes ces choses ne sont-elles pas l'extinction de la piété dans un fidèle? En effet :
3* Ne semble-t-on pas mettre sa gloire à y oublier la grâce des sacrements et les sa-
crements eux-mêmes, qui nous sanctifient.
Le baptême, par la profession publique des pompes de satan? La confirmation, par la désertion de la milice chrétienne? L'Eucharistie, par la profanation du corps qui lui sert de sanctuaire? La pénitence, par les plaisirs sensuels auxquels on se livre?
L'exlrême-onction, par les taches qu'on y contracte? L'ordre, par le mépris qu'on y fait des lois de l'Eglise. Le mariage par les adultères qu'on y médite et que souvent on y complote? Or quoique ces dérèglements ne se rencontrent pas tous à la fois, ni toujours, ni en un égal degré dans toutes les assemblées mondaines, et qu'elles soient plus ou moins scandaleuses, cepeudant on peut dire qu'il n'y en a presque point qui ne soit très-dangereuse, et ce qui est plus déplorable, c'est qu'on veutbien se persuader qu'il ne s'y passe rien que d'innocent; que ce sont des divertissements honnêtes qu'on déguise sous des nomsspécieux de commerce du monde, de divertissements de gens de qualité, de galanteries, de passe-temps, tandis qu'on viole impunément les plus saintes lois du christianisme, qu'on se remplit de l'esprit du monde formellement opposé à celui de l'Evangile, et qu'on y apprend très-souvent à devenir impie et sans religion.
VIIe et IXe commandements. — Les biens d'autrui lu ne prendias, etc. — Biens d'autrui ne désireras, etc.
Que nous est-il ordonné par ces deux commandements ?
1° De nous contenter du bien que Dieu nous a donné ; 2° d'avoir soin de celui du prochain comme du nôtre propre ; 3° de souffrir avec patience la pauvreté, quand il lui plaîl de nous l'envoyer.
Que nous est-il défendu ?
V De prendre, 2° de retenir, 3° de désirer le bien d'autrui, 4° de lui faire, 5° de lui procurer, 6° de lui souhaiter aucun dommage. Telle est la perfection de la loi de Dieu.
Qui viole ces deux commandements?
1° Les larrons, 2q les voleurs, 3° les sacrilèges, k" les avares, 5" les envieux.
Qui sont les larrons?'
Ceux qui dérobent en cachette.
Et les voleurs ?
Ceux qui enlèvent le bien d'aulrui publiquement et avec violence.
Et les sacriïéges ?
Ceux qui prennent une chose consacrée à Dieu.
Et les avares ?
Ceux qui convoitent ou qui s'attachent dérèglement aux biens de la terre.
El les envieux?
Ceux qui voient à regret les richesses d'autrui, et qui les convoitent.
Qui pèche encore contre ces préceptes?
1° Les acheteurs, qui achètent à vil prix de ceux qui ne savent pas vendre, ou gui ont volé ce qu'ils vendent; 2° les vendeurs, qui vendent trop cher ou à faux poids et
fausses mesures, ou qui donnent de mauvaises marchandises: 3° les joueurs qui trompent; k° les mauvais pauvres; 5° les usuriers, qui se font payer plus qu'ils n'ont prêté; 6° les gens de justice qui ne font pas leur devoir; 7° ceux qui débitent la fausse monnaie ; 8* qui différent ou refusent de payer leurs dettes ou le salaire des domestiques et des ouvriers; 9° qui n'exécutent pas les testaments dont ils sont chargés ; 10° qui détiennent les biens, litres et papiers d'autrui ; 11° '|ui, par ignorance de leur part ou par négligence, font tort à autrui : tels peuvent être Tes avocats, juges, nutaires, procureurs, médecins, etc.; 12" qui souhaitent le malheur d'autrui pour en (profiter, comme les soldats qui désirent la guerre ; les juges, les procès; les médecins, les maladies; les riches, la disette; 13" qui étant commis au partage et à la dislributiou des tailles, chargent injustement les uns plus que les autres ; 14° les ouvriers qui ne travaillent pas fidèlement ; 15" les domestiques qui usent du bien de leurs maîtres, ou qui en dispensent sans son consentement; 1G° les enfants de famille qui dérobent chez leurs parents.
De la restitution.
A quoi sont tenus tous ces gens-là?
A restituer et réparer le plus tôt qu'ils pourront, tout le tort qu'ils ont fait au prochain, môme s'il se peut, avant de se confesser, sans quoi leur conscience ne saurait être en sûreté.
Qui donc est obligé de restituer?
1" Tous ceux dont on vient de parler; 2° ou qui ont été cause du tort que d'autres ont fait, pour l'avoir commandé ou conseillé ; 3° pour avoir recelé ; 4° ou indûment profité ; 5° ou n'avoir pas empêché le dommage, y étant tenus; en un mot, qui prennent ou retiennent injustement le bien d'autrui et lui portent préjudice, ou ne le réparent pas après lui en avoir causé.
A qui faut-il restituer?
A ceux à qui on a fait tort, ou, s'ils sont morts, à leurs héritiers, ou, à leur défaut, aux pauvres, ou faire prier Dieu pour eux, afin que cela profile sinon à leur corps, au moins à leur âme.
Qui porte les hommes à ces excès injustes?
1° L'orgueil; 2° l'avarice; 3° la vengeance; h" l'ambition; 5° les mauvaises compagnies; G" la fainéantise; 7° la débauche; 8° l'amour déréglé des divertissements et du jeu.
Du jeu.
Est-il permis de jouer ?
Oui; pourvu que ce soit, 1° peu souvent ; 2" peu de temps; 3° peu d'argent; k° pour se délasser ; 5° pour se récréer ; 6° pour recouvrer la santé ou les forces ; 7° pour se rendre plus propre au travail; 8° et non aux jeux de hasard ou défendus.
Quels péchés commettent les joueurs?
Souvent, 1° ils jurent ; 2° ils se parjurent ; 3° ils blasphèment; i° ils font des imprécations; 5° ils trompent; G° ils mentent; 7° ils se querellent et se battent ; 8° ils s'attristent
des perles, ou se réjouissent du gain excessivement ; 9° ils perdent le temps (bien plus précieux que l'argent qu'ils gagnent; 10° ils prodiguent leur bien ; 11° ils ruinent leur famille et dérangent leurs domestiques; 12° ils omettent la Messe et les Offices; 13° ils dérobent pour jouer; 14° les ecclésiastiques et autres personnes consacrées à Dieu ajoutent, à ces dérèglements communs, des péchés qui leur sont propres, ainsi que les pères et mères de famille, les magistrats et personnes publiques, les femmes, les domestiques, etc.; 15° enfin ils s'ôtent le moyen de payer leurs dettes, d'élever leurs enfants, de faire de bonnes, œuvres, et surtout de donner l'aumône, à quoi ces deux commandements obligent, car il ne suffit pas, pour le bien observer, de ne point faire tort an prochain, il faut de plus l'aider dans son besoin.
De l'aumône.