‹ Œuvres completesChapitre 58 sur 296 · III. CE QUE NOUS DEVONS FAIRE · texte numérisé non relu

III. CE QUE NOUS DEVONS FAIRE

étaient sortis, venaient présenter du pain pour servira la consécration, en témoignage qu'ils étaient unis au corps de Jésus-Christ, et qu'ils voulaient demeurer dans cette union avec lui et avec tous les fidèles, qui ne sont qu'un pain entr'eux et avec Jésus-Christ, et recevoir l'Eucharistie, pour être établis et confirmés dans cette vérité; 2" qui faisaient dans l'église des repas de charité , qu'on nommait Agapes; 3U qui offraient de leurs biens à l'Eglisi-.

Pourquoi offre-t-on du pain et du vin à la Messe des morts ?

Offrir à Dieu du pain et du vin, dont notre vieest soutenue : c'est, 1" lui offrir cetle vie même; 2° confesser qu'on la tient de lui ; 3" déclarer qu'on est prêt à la lui rendre, quand il lui plaira; k" qu'on n'attend que le moment qu'il la redemandera.

Pourquoi bénir l'eau, le pain, l'huile, la cire, etc., puisque toute créature de Dieu est bonne et bénie par la main de Dieu qui l'a faite, comme dit saint Paul ?

Il est vrai , mais comme ajoute le même Apôtre, elle ne laisse pas d'être encore sanctitiée par la parole de Dieu et par la prière. D'ailleurs nous voyons que Jésus-Christ même bénit souvent le pain dans l'Evangile.

Quelle prière est-ce que l'Eglise fait en bénissant ces diverses choses ?

Elle demande à Dieu plusieurs sortes de grâces et de secours pour ceux qui s'en serviront avec foi et piété.

Quand a-t-on commencé à donner du pain bénit à la Messe, comme on fait aujourd'hui?

Quand on a cessé d'y communier selon l'ancienne coutume.

Pourquoi le donne-t-on ?

1° en mémoire de l'Eucharistie, dont il est le supplément ; 2° en signe de communion entre les fidèles ; 3" et de la charité qui les doit tous unir ensemble; ka en témoignage de l'ancienne ferveur des premiers Chrétiens.

Comment le doit-on manger ?

1° Avec respect et dévotion ; 2° en s'unissanl d'esprit à tous les fidèles Chrétiens, les saints Pères ayant remarqué dans le pain un composé de plusieurs grains de blé réduits en un, symbole de tous les Chrétiens réduits en un seul corps, pour s'offrir à Dieu en unité d'esprit.

Quels sont les manquements qu'on fait dans l'usage du pain bénit ?

1° Le mêler avec les viandes communes:

2° en donnant île gros morceaux aux uns, et de petits aux autres; 3" permettre que le-> enfants le profanent et le donnent aux bêtes; ka le manger sans révérence ni piété; ^disputer qui l'aura le premier.

Pourquoi fait-on baiser la paix ?

Pour marquer la réconciliation des fidèles avec Dieu et avec le prochain, pour n'être plus tous qu'un en Jésus-Christ, disposition nécessaire, afin de présenter nos dons à l'aulel, et de participer à ce mystère de paix.

§ VI. — De la communion générale.

Serait-il à désirer que les paroissiens corn-

maniassent tous ensemble à la grand Messe, et de la main de leur pasteur ?

Oui, et c'était l'ancienne et première coutume, dont le rétablissement serait de grande édification.

Pourquoi ?

Parce que la communion est plus agréable à Dieu, quand elle se fait ainsi en commun.

D'où vient cela?

A cause de la société fraternelle, qui est une des choses signifiées par le mot de communion.

Ce mot ne veut-il pas dire participation au corps de Jésus-Christ ?

Oui, mais il veut encore dire, la communion des fidèles, dont le corps de Jésus- Christ est le lien, le centre et le signe.

§ VII. — Des Vêpres.

Que célèbre-t-on encore dans les églises paroissiales les dimanches et fêtes ?

On chante l'Office des Vêpres, c'est-à-dire, l'Office du soir.

Est-ce bien fait d'y assister?

Oui, c'est un devoir de bon Chrétien , auquel on ne doit point manquer tant qu'on peut.

Pourquoi ?

1° L'Eglise n'a ordonné les Vêpres, "qu'afin que le peuple y assistât; c'est lui qu'on y appelle, et pour qui on les sonne et qu'on les chante; 2° on a sanctifié la matinée en assistant à la Messe, il est juste de sanctifier l'après-dîner en assistant à Vêpres; 3" un ouvrier pour se procurer une substance temporelle, ne se contente pas de travailler le matin seulement : que ne devons-nous pas faire pour l'entretien de notre vie spirituelle; k' la psalmodie élève à Dieu.

Quelles raisons nous rendent cet Office recommandable ?

1° Ce fut aux Vêpres du monde que noire roi pacifique vint annoncer au genre humain, comme la colombe à Noé , que la colère de Dieu était cessée; 2° ce fut à l'heure de Vêpres que le Sauveur institua l'Eucharistie, qu'il s'offrit en croix, et qu'il accomplit de cette sorte ce qui était figuré dans l'ancienne loi par cette hostie qu'on immolait tous les jours sur le soir; 3" les premiers Chrétiens avaient une grande dévotion à l'heure des Vêpres; ils la célébraient avec le luminaire et l'encens, etils l'accompagnaient d'une prière fervente , pour sanctifier le commencement de la nuit; 4° on faisait autrefois à la fin de Compiles l'aspersion de l'eau bénite, et chacun se relirait en silence, pour s'aller reposer jusqu'à l'heure des Vigiles; 5" l'Office de Vêpres signifie la fin du monde et le règne à venir du Fils de Dieu; 6° l'heure de Vêpres est propre pour consacrer à Dieu la nouvelle semaine qu'on va commencer. Car celui qui nous commande de nous reposer le dimanche, nous ordonne de travailler les autres jours, et nous avons besoin de son secours pour faire l'un et l'autre saintement; 7° le chandelier à sept lampes exposé dans le temple, marquait la

sanctification des sept jours de la semaine, et l'obligation de n'en profaner aucun, de les consacrer tous à Dieu par l'exercice de la piété et des bonnes œuvres, ce qui n'est pas demeurer sans travail, mais le changer. Ainsi le jour du travail aura son repos, et le jour du repos son travail, et la vie du Chrétien sera et une imitation de celle de Dieu qui travaille en se reposant, et qui se repose en travaillant, et une figure du bonheur de l'homme en qui Dieu prendra un jour son repos, comme il fait à présent par lui son ouvrage.

§ VIII. — De la dévotion à la paroisse.

Qu'est-ce que les j)aroisses ont encore de recommandable ?

Elles marquent plus expressément la société du peuple Chrétien, ou du troupeau fidèle; assemblé dans un même bercail, conduit par le même pasteur, et nourri des mêmes aliments.

Qu ont-elles encore ?

Elles sont comme la source de l'instruction et des sacrements.

Comment de l'instruction?

Par le catéchisme.

Et des sacrements ?

Parce qu'on y administre le baptême , l'Eucharistie, la pénitence, le mariage, ou y conserve le saint chrême et les saintes huiles, on y fait la première communion, et la communion pascale ; de là nous vient le viatique et l'extrême-onction : enfin, là est la sépulture commune des fidèles.

Cela fait donc beaucoup à la société chrétienne ?

Sans doute, car 1° on y renaît ensemble par le baptême ; 2° on y reçoit l'instruction et les sacrements de la même source ; 3* on y attend en commun la résurrection des morts; k° quel désordre serait-ce si chaque soldat ne se rangeait pas sous son étendard, et ne voyait son capitaine qu'une fois l'année, si les brebis n'avaient ni pasteur, ni bercail arrêté; 5° on s'édifie, et on se forlifie les uns les autres, comme on l'expérimente sensiblement.

Est-ce une bonneœuvreque de contribuer à la décoration des églises paroissiales, à la propreté et netteté des autels , à la décence des vêtements sacerdotaux et des vaisseaux sacrés, etc. ?

Plus qu'on ne saurait croire ; Dieu en est beaucoup glorifié, les paroissiens édifiés, et les peuples invités à le* fréquenter.

Que faut il demander à Dieu dans celte vue ?

De bonscurés et de bons prêtres, puissants en paroles et en exemples, qui ne cherchent que la gloire de Dieu, et le salut des âmes.

Donnez , Seigneur, de saints prêtres à votre Eglise; puisque vous lui donnez une si sainte hostie, proportionnez les sacrificateurs au sacrifice : et n'étant plus en peine, comme le fut Isaac, où nous prendrons une victime digne de vous être offerte, ne per-, mettez pas que nous manquions de prêtres dignes de vous l'offrir. .

!j l\. — Des couleurs dont se serl l'Eijlise dans ses Offices.

Pourquoi l'Eglise se sert - elle dans ses Offices, du rouge, du violet ou hyacinle , du blanc ou du vert ?

Ces quatre couleurs, que le souverain pontife de l'ancienne Loi portait aussi dans ses vêlements sacerdotaux , représentent, selon saint Jérôme et les Hébreux, les quatre éléments , le feu, l'air, l'eau et la lerre, et en eux l'univers entier, et toutes les créatures pour lesquelles le prêtre allant à l'autel, parle à Dieu, comme l'organe public de la religion. D'ailleurs les martyrs, les confesseurs, les vierges et les simples fidèles, sont comme les éléments mystiques de l'Eglise, et composent l'universalité des saints et du monde spirituel , que le prêtre porte et rassemble en lui. Enfin leverl, dontonse sert le dimanche, est le symbole de l'espérance , et du repos que nous attendons. Le violet, à cause de la cendre, est d'usage dans le temps spécialement consacré à la pénitence, et par celle raison on s'en servait autrefois à la fête des confesseurs, 'dont les travaux ont presque égalé les soulfrances des martyrs ; et nous voyons encore qu'au jour de Saint- Martin, premier saint non martyr, dont on ait célébré la fête, on se sert de violet dans son Eglise; mais après tout on a étendu l'usage de ces couleurs à diverses fêles et mystères, n'étant pas moins que les cérémonies, un langage instructif et mystérieux, qui conserve les idées communes des fidèles, et qui représente la pourpre des martyrs, les lis des vierges, la cendre des confesseurs, la gloire des mystères, l'espérance de tous les fidèles, etc. (69).

De la révérence due aux églises el aux cimetières.

Où doit-on exercer le culte de Dieu?

Dans les lieux sacrés, qu'on nomme indifféremment oratoires publics, temples, maisons de Dieu, églises , etc.

Pourquoi oratoires publics?

Ce sont des lieux destinés à l'oraison, qui se fait en commun el publiquement.

PU temples?

H y a des autels, et on y offre des sacrifices.

Et maisons de Dieu?

Dieu y habite pour y recevoir nos hommages, écouler nos prières, nous accorder ses grâces.

El églises?

Le clergé et le peuple chrétien s'y assemblent pour entendre la parole de Dieu, chanter ses divines louanges, recevoir les sacrements, etc.

Comment faut-il y être?

Avec, 1" respect; 2° silence; 3° dévotion.

Le cimetière qui joint ordinairement l'église, est-ce un lieu vénérable ?

Oui, et il le faut considérer, 1° comme une terre sainte et bénie ; 2° comme un grand reliquaire où reposent les corps de plusieurs âmes bienheureuses; 3° comme le dortoir commun des fidèles, ainsi que l'église leur réfectoire; k' on doit beaucoup gémir de la profanation que souvent on en fait.

Qui profane le plus les églises et les cimetières?

Les impies el les impudiques.

Comment les profane-t-on?

1° Par les discours, regards et postures immodestes; 2° par les rendez-vous; 3° par des assemblées séculières; 4° quand on y tient des espèces de marché ou barreau , pour y faire un commerce temporel ou y exercer la judicature; 5° qu'on y prend des divertissements mondains; 6° ou qu'on y laisse l'entrée libre aux animaux, qui les ravagent el les remplissent d'ordures et d'immondices.

Comment témoigner sa dévotion à l'égard des cimetières?

1° N'en faire jamais son chemin ou lieu dh passage; 2° quand on passe proche, s'élever à Dieu, prier pour les âmes du purgatoire, demander la grâce de mourir chrétiennement; 3° procurer d'y être enterré, si faire se peut, plutôt que dans l'église, qui doit être réservée pour les corps des saints; 5° contribuer à ce qu'ils soient clos de murailles.

IIe COMM.YNDFMENT. — TOUS teS pécllés

confesseras, etc.

V Eglise ne prétend-elle nous obliger qu'à une confession annuelle?

Non, mais elle veut empêcher que la duretédu cœur n'aille plus loin, car au reste son esprit est qu'on se confesse souvent.

A-t-elle déterminé le temps de la confession annuelle?

Non, quoique ordinairement elle se doive faire à Pâques, à cause de la communion pascale, et avec raison, puisqu'en ces jourslà le sang de Jésus-Christ, qui nous purifie de nos péchés, parait comme encore tout bouillant, et ainsi que celui de certains marlyrs conservé en des vases, qui reprend de la couleur et du mouvement au jour de leur anniversaire, il semble aussi que le sang adorable a une nouvelle vertu au temps auquel on en célèbre le mystère.

Pourquoi ne l'a-t-elle pus marqué?

Parce que cela dépend de l'état de notre conscience, et qu'on ne saurait trop tôt se relever par la pénitence, quand on est tombé par le péché.

En quels autres cas doit-on se confesser?

V Quand on est notablement malade ; 2° qu'on se trouve en quelque péril ; 3° qu'il

(09) L'application de ces diverses couleurs n'est pas toujours la même dans les divers diocèses. Ainsi, les ornements blancs soûl employés dans un certain nombre d'églises :mx fêles de la Circoncision cl de la Fête Dieu, tandis qu'ailleurs on a déterminé la couleur rouge. Le ici i est adopte à laMe^si

el aux autres Offices des simules dimanches; et ailleurs, c'est encore le rouge. Il est temps que l'adoption universelle de la 1 tur^ie romaine l'ass^e disparaître ces étranges différences. On sait que la couleur noire est en usage partout pour les Cérémonies funèbres.

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faut recevoir quelque sacrement; k" quand la confession est un préservatif et un remède contre le péché.

A qui se doit faire lu confession annuelle ?

A son propre prêtre, c'est-à-dire, à son évêque ou à son curé, et non sans leur permission à un autre.

Pourquoi ?

Il est juste que le pasteur reconnaisse le troupeau dont il est chargé, et du salut duquel il doit répondre.

A quel âge est-on obligé à se confesser ?

Quand on a l'esprit assez formé pour être capable de pécher, c'est-à-dire, à sept ans environ. Il est même bon d'accoutumer les enfants de meilleure heure à la confession, quand on ne leur donnerait que la bénédiction.

Qui pèche contre ce précepte ?

Ceux qui manquent à se confesser une fois l'an, ou qui le font mal, sans examen suffisant, douleur, ferme propos, sans s'éloigner des occasions, sans vrai désir de se corriger, etc.

Que dites-vous de ceux qui ne se confessent qu'une fois Van?

Que ce sont ordinairement ou des impies, ou des endurcis, ou des personnes absorbées dans les soins terrestres et temporels, qui n'en ont aucun de leur salut, et qui presque toujours se confessent mal.

Et de ceux qui ne se confessent jamais à leur paroisse?

Que souvent ils ne demandent permission d'aller ailleurs, que pour trouver des confesseurs indulgents, relâchés , peu savants, peu vertueux, peu exacts, ce qui est vouloir se tromper malheureusement soi-même.

A qui ressemblent ces gens-là?

A des malades qui chercheraient des mé decins ignorants, plus propres à leur donner la mort, qu'à leur rendre la santé.

IIIe commandement. — Ton Créateur tu recevras, etc.

Qui est obligé à ce commandement ?

Tout fidèle de l'un et de l'autre sexe, parvenu à l'âge de discrétion, c'est-à-dire, à douze ans environ.

Pourquoi si lard ?

Ce sacrement demande des lumières et des dispositions en celui qui s'en approche, dont les enfants au-dessous de cet âge ne sont pas ordinairement capables.

Quelles ?

il faut au moins discerner l'excellence de ce qui est donné, et savoir se disposer à le recevoir dignement, ce qui suppose un esprit avancé.

(70) Ceux qui rencontrent des obstacles de santé ou d'affaires sérieuses qui les enuéclien' de communier au temps pascal, lie sont pas dispensés pour cvla d'accomplir le prée- pie. Si donc ils prévoient quelques empêchements qui doivent leur survenir au temps marqué, ils soin, obligés de prendre leurs précautions d'avance pour mettre leur conscience en ordre.

"Quant aux peines dont il est question dans cette répons?, on sail qu'elles ne sont plus appliquées que

Peut-on faire quelquefois communier un enfant qui se meurt et qui n'a pas douze ans?

C'est à son pasteur d'en juger; mais s'il le demande, et qu'il ait la dévotion, la connaissance et le désir, il ne faut pas le refuser ordinairement.

Pourquoi l'Eglise a-t-elle choisi la fête de Pâques pour obliger les fidèles à lacommunion ?

i" Noire-Seigneur institua l'Eucharistie et célébra lui-même les sacrés mystères ces jours-là, auxquels les Juifs mangeaient l'agneau pascal ; 2° elle est un mémorial et une expression de son immolation et de sa mort arrivée alors; 3" le mystère de Jésus- Christ sortant du tombeau, dont l'Eglise célèbre la mémoire à Pâques, représente mieux la vie nouvelle que les Chrétiens doivent mener au sortir de la pénitence du Carême, ei qui nous est communiquée par ce divin aliment.

Quel jour faut-il communier ?

Il suffit absolument de le faire dans la quinzaine, à moins que le curé ou le confesseur ne jugent à propos de la remettre en un autre temps.

Et ceux qui par leur faute manquent à ce devoir pascal, quoiqu'on les en avertisse et qu'on les en presse?

Ils doivent être privés de l'entrée de l'église pendant leur vie , et de la sépulture chrétienne après leur mort, s'ils ne se corrigent (70).

Où faut-il communier?

Dans son église paroissiale, si on n'a permission expresse de son curé de le faire ailleurs.

Que dites-vous de ceux qui par négligence ne communient qu'une fois l'année , et qui ne se mettent pas en peine si ceux qui dépendent d'eux, communient ?

Qu'ils ont comme abandonné le soin de leur salut et de celui du prochain.

IV" commandement. — Les fêtes tu sanctifieras, e c.

L'Eglise a-t elle pu instituer des jours de fête?

Sans doute, et à plus forte raison que la Synagogue, dont Jésus-Christ lui-même a honoré les solennités.

Pourquoi les a-t-elle instituées?

Afin , 1" d'inspirer de la dévotion à ses enfants ; 2° de donner lieu à ses ministres de vaquera la sanctification de leurs peuples; 3° d'entrer dans la conduite de Dieu, qui luimême a sanctifié ces jours, et les a comme distingués des jours ordinaires; k" selon les saints, toute Ja vie d'un Chrétien parfait , devrait être un jour de communion, et par conséquent, un jour de Pâques et une fête

dans des circonstances exceptionnelles et qui dégénèrent en scandales. Hélas ! à une époque aussi malheureuse que la noue, il faut bien que la religion adoucisse la rigueur de sa discipline! Mais cet adoucissement dépend encore de l'esprit religieux d'un pays, car il y a des contrées encore fidèles, où l'on peut employer ces peines contre certains liberlins ou impies, afin de se confonner au sentiment, réprobateur des populations.

CATECHISME DE BOURGES.— PART

perpétuelle , et on en a établi de particulières en partie en vue des tièdes et des imparfaits, de qui la vie n'est pas assez dégagée des soins de la terre, et qui ne sont pas encore assez disposés à la fête éternelle du ciel. Ainsi quand un curé dit à son prône : Nous n'avons cette semaine ni jeûne, ni fête : ne semble-t-il pas qu'en un sens il faille dire le contraire? joint que chaque jour est une fête pour le clergé (partie la plus religieuse du corps de l'Eglise) qui supplée, occupe la place des autres fidèles, que les embarras du siècle arrachent du pied des autels.

A qui cansacre-t-elle ses fêtes?

A l'honneur des mystères et des saints.

Pourquoi solennise-t-elle les mystères?

Afin, 1° de nous en instruire ; 2° de les faire méditer ; 3° de nous fiiire participer aux grâces qui y sont attachées ; 4° de nous obliger à remercier Dieu de les avoir opérés pour nous ; 5° d'en conserver le souvenir.

Et les fêles des saints ?

Afin, 1° d'honorer leur mémoire; 2° de louer Dieu dans les saints, qui sont des ouvrages de sa grâce, plus admirables que les ouvrages de la nature ; 3" de le remercier des faveurs qu'il leur a faites en cette vie, de la gloire qu'il leur a donnée en l'autre, et des vertus qu'il continue d'opérer par eux ; 4°de les proposer pour exemples ; 5° de nous porter à^es imiter, et de les invoquer dans nos besoins ; 6° de nous associer à leurs mérites, et nous aider par leurs suffrages ; 7° de nous joindre aux chœurs des anges, aux esprits des justes parfaits, et nous associer à l'Eglise des premiers-nés qui sont dans le ciel.

Comment honorons nous Dieu dans la célébration des mystères?

1" Le remerciant de nous en avoir donné la connaissance ; 2° adorant et louant la majesté, la puissance, la bonté et les autres perfections de Dieu qui ont éclaté plus particulièrement ; 3" reconnaissant les bienfaits que Dieu a répandus sur son Eglise en ce jour-là, ou ce que Notre-Seigneur Jésus- Christ a fait ou souffert pour notre salut ; 4" lui demandant à cette occasion avec plus d'instance et de ferveur les grâces qu'il nous a méritées, et l'imitation des exemples qu'il nous a donnés.

Comment honorons-nous Dieu dans les fêtes des saints ?

1° Chaulant les louanges de Dieu ; 2" le remerciant des grâces, de la sainteté et delà gloire qu'il leur a départies; 3° lui demandant la grâce de les imiter ; 4° honorant et louant les saints, dont les louanges retournent à Dieu, source de leur sainteté; 5" les priant d'intercéder pour nous, de nous impélrer la grâce de suivre leurs exemples, et de nous sanctifier à leur imitation par les mérites de N. nie-Seigneur [Jésus-Christ ; G" nous excitant à vivre comme eux.

Qu'est-ce qu'on fait pour tout cela dans ces solennités ?

1" On s'assemble dans les églises ; 2" on chante des psaumes; 3" on lit l'Ecriture;

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