‹ Œuvres completesChapitre 59 sur 296 · III. CE QUE NOUS DEVONS FAIRE · texte numérisé non relu

III. CE QUE NOUS DEVONS FAIRE

4° on célèbre le sacrifice plus solennellement ; 5° on s'approche des sacrements ; 6° on fait des prières, des instructions, souvent des éloj? es des mystères et des saints, quelquefois des processions.

Que dites-vous de ceux qui profanent les fêles des saints par leurs jeux, débauches, intempérance, etc.?

Qu'ils déshonorent d'autant plus lessaints, qu'ils ne se sont rendus saints que par leurs mortifications, jeûnes, chasteté, séparation du monde, application à Dieu, etc., et que l'abus qu'ils font des solennités temporelles de la Jérusalem terrestre est souvent un préjugé qu'ils seront exclus de la fêle éternelle de la Jérusalem céleste.

Comment donc sanctifier les fêtes des saints ?

1° S'y préparant quelques jours auparavant ; 2" jeûnant la veille ; 3° lisant leurs vies; 4° visitant leurs églises ; 5° honorant leurs reliques; G" écoutant leurs panégyriques; 7° s'approchant des sacrements; 8° assistant aux Offices; 9° imitant quelqu'une de leurs vertus; 10* faisant de bonnes œuvres, en leur honneur, de charité, de mortification, etc.

De quels sentiments doit-on être touché ces jour s- là?

1° De joie, voyant que nous sommes appelés à la même foi el au même bonheur ; 2° d'espérance, considérant qu'ils sont nos frères, que nous sommes de la même famille, et que nous avons droit au même héritage ; 3° de consolation, pensant qu'ils ont été ce que nous sommes, et que nous pouvons devenir ce qu'ils sont; 4" de religion, méditant leurs mérites et leurs vertus, honorant leur sainteté, et les regardant avec complaisance, jouissant du paradis, dont ils ont pris comme possession pour nous, et auquel ils nous invitent; 5° de confusion voyant combien notre vie est différente de la leur; ils n'ont pas été d'une autre nature que nous, mais ils ont eu une tout autre vertu que nous.

Qui devons-nous le plus fréquemment honorer et prier ?

1° La sainte Vierge ; 2° notre ange gardien ; 3° notre patron ; 4° les plus grands saints, c'est-à-dire, ceux qui sont les plus nobles et les plus utiles membres du corps mystique de l'Eglise, et les plus proches du Chef divin, d'où découle toute vertu.

Entendent-ils nos prières ?

Oui, en Dieu.

Connaissent-ils nos besoins ?

Sans doute, puisque le mauvais riche dans l'enfer même n'ignorait pas ceux de sa famille, et qu'il se fait une fête dans le ciel à la conversion d'un pécheur.

Intercèdent-ils pour nous ?

Oui, par Jésus-Christ. \

Cela ne nuit-il point à la qualité d'intercesseur que Jesus-Christ possède éminemment ?

Pas plus que quand ils intercèdent pour nous vivant sur terre, outre qu'ils ne le font qu'au nom du commun médiateur.

Présentent-ils à Dieu nos demandes et nos désirs?

- Oui, par Jésus-Christ.

Nous obtiennent-ils des grâces de Dieu?

Oui, au nom de Jésus-Christ.

Pourquoi n aller pas. droit à Dieu, et ne pas recourir à lui immédiatement ? disent les hérétiques. A quoi bon s'adresser aux saints, pour leur découvrir nos besoins et nos désirs, comme s'il ne les connaissait pas mieux luimême, et qu'il eut besoin d'en être informé par d'autres ?

Mais, leur répond-on, pourquoi demandez-vous à Dieu-même? Ne sait-il pas ce que vous voulez, avant que vous le lui exposiez? A quoi bon priez-vous souvent pour les autres, et priez-vous lesautres de prier pour vous ? Que sert ce détour inutile avec Dieu, qui connaît tout? N'est-il pas mieux et plus court pour vous de le laisser faire, sans le prier pour vous, ni pour personne, et sans vous recommander aux prières de qui que ce soit ? Raisonnement qui conduit à l'extinction de toute prière. Les Catholiques donc instruits à l'école des apôtres, et fortifiés de leur exemple, regardent ce circuit prétendu, comme un sincère exercice de l'humilité et de la charité chrétienne, inspiré par l'esprit de Dieu, qui veut établir une parfaite fraternité entre tous les iidèles, les rendre meilleurs en les faisanl contribuer à ce que les autres deviennent bons, et mériter par les prières qu'ilsfontà présent poureux-mêmes, et pour les autres sur la terre, de recevoir un jour au ciel les prières des autres, et de devenir inlercesseursaprès qu'on a intercédé pour eux.

Quel jour célèbre-t-on leur mémoire ?

Ordinairement le jour de leur décès.

Pourquoi l'appelle-t-on le jour de leur naissance ?

C'est celui auquel ils sont entrés dans la vie éternelle, et qu'ils ont mis fin aux douleurs de leur enfantement.

Pouvons-nous honorer leurs reliques ?

Oui, comme de précieux restes de ces victimes de Dieu, immolées par le martyr ou par la pénitence, et qui, ayant contribué à leurs mérites, participeront un jour à la gloire.

Dieu opère-t-il souvent par elles des effets surnaturels ?

Oui, pour montrer qu'il honore lui-même ses saints, et que le don des miracles persévère toujours dans son Eglise.

Vf commandement. — Quatre-Temps, vigiles jeûneras, etc.

Pourquoi l'Eglise a-t-elle établi des jours de jeûne ?

Alin, 1° de conserver l'esprit de pénitence parmi ses enfants ; 2° de leur donner lieu de faire l'aumône de ce qu'ils se retranchent par le jeûne. Saint Flavien, atténué d'unefaim de plusieurs jours, se priva de quelques petits restes qu'on lui avait jetés, pour les donner aux autres Chrétiens prisonniers avec lui, se repaissant do charité, et estimant peu son besoin, et beaucoup le leur; 3° de les disposer à la prière, à la réception des sacrements, et à la digne célébration des fêles, qui suivent ordinairement les jeûnes.

Du jeûne.

En quoi consiste le jeûne?

A se priver de l'usage de la viande, et à ne faire qu'un repas chaque jour.

Peut -on faire une légère collation le soir ?

Oui, si on en a besoin, comme on l'a d'ordinaire.

Qui pèche contre le jeûne?

l°Ceux qui mangent de trop bonne heure ; 2° qui font la collalion trop forte; 3° qui prennent entre les repas des liqueurs nourrissantes, etc.

Qui est obligé au jeûne?

Tout fidèle âgé de plus de vingt et un ans, s'il n'a empêchement légitime.

Doit- on en ce cas demander dispense à son pasteur?

C'est un devoir de discipline, qu'il ne faut pas manquer de rendre à l'Eglise.

Qui est exempt du jeûne?

1° Les femmes enceintes ; 2° les nourrices ; 3" les malades ; k" les pauvres, qui n'ont pas de quoi faire par jour un repas entier et suffisant; 5° les ouvriers qu'un grand travail épuise ;6°les vieillards à qui les forces manquent.

Ces gens-là peuvent-ils manger de la viande ?

11 ne s'ensuit pas que, pour être exempt du jeûne, on soit exempt de l'abstinence, à moins qu'il n'y ait d'autres raisons.

Des Quatre-Temps.

Pourquoi l'Eglise a - t-elle institué les Qualre-temps ?

Alin, 1° ue consacrer à Dieu chaque saison de l'année, 2° et chaque âge de l'homme qu'elles représentent; 3° d'obtenir sa bénédiction sur les fruits de la terre ;k* de le remercier des biens temporels que nous en recevons sans cesse, et du temps qu'il nous donne ; 5° de lui demander pardon de l'abus que nous en faisons, ne les employant souvent qu'à l'offenser; 6° d'attirer sa grâce sur l'ordination de ses ministres, qui se fait alors, source de toute la fécondité spirituelle du sacré terroir de l'Eglise.

Que faut-il faire ces jours-là ?

1° Jeûner exactement; 2° prier en union à l'esprit de l'Eglise; 3" demander part aux grâces qui se répandent ces jours-là ; k" si l'on est ecclésiastique, se renouveler dans l'esprit de son ordination; 5° à laquelle les fidèles laïques peuvent même participer, lâchant d'en posséder, sinon le caractère, du moins les vertus.

Comment le peuvent-ils ?

1° Faisant de leur maison une église où Dieu soit honoré, et la fermant aux mauvaises compagnies, ils participeront à la grâce des portiers; 2° à celle des lecteurs, s'adonnant à l'étude des livres saints; 3° à celle des exorcistes, surmontant les tentations du démon; k" à celle des acolytes, reluisant en bonnes œuvres; 5° à celle des sous-diacres, vivant chastement; 6" à celle des diacres, instruisant leurs domestiques; T à celle des prêtres, immolant leurs convoitises. Enfin enseignant, reprenant, édi-

liant, se mortifiant, veillant, etc., ils exerceront les fonctions sacerdotales, et deviendront, en quelque façon, les évêques de leur famille, dit saint Augustin.

Pourquoi jcûne-t-on le mercredi, le vendredi et le samedi?

On a de toute ancienneté choisi ces jourslà pour les exercices de la pénitence, en mémoire de la passion du Sauveur, qui fut vendu le mercredi, crucifié le vendredi, et dont le corps reposa dans le sépulcre le samedi.

Pourquoi appellc-t-on le jour de devant certaines fé'tts des vigiles?

Les premiers Chrétiens passaient en veilles la nuit qui les précédaient : à quoi les Romains et les empereurs avaient autrefois une singulière dévotion.

Quels étaient les exercices de piété qui se pratiquaient dans ces saintes assemblées ?

1° La psalmodie; 2° la lecture des livres saints; 3° la prédication de la parole de Dieu; 4" la célébration des divins mystères ; 5° l'adraini>tralion des sacreraents; 6° l'oraison et la prière ; 7° enfin un repas de charité, où le silence, la modestie et la dévotion éclataient d'une façon admirable.

Ne reste-t-il rien de la ferveur de ces premiers temps?

La nuit de N jëlenest un vestige, mais c'est tout; car entre les anciennes et édifiantes pratiques, celle-ci est la plus négligée parmi les Chrétiens d'aujourd'hui, dont plusieurs qui seraient, disent-ils, incommodés s'ils retranchaient rien de leur sommeil pour vaquer à l'oraison, passent souvent les nuits entières au bal, à la comédie, à la débauche, s'oubliant entièrement des avis si réitérés du Fils de Dieu dans l'Evangile : Voyez, veillez, priez, ne vous laissez point uppesantir par le sommeil et la crapule, ne sachant pas si le Fils de l'Homme viendra le soir, à minuit, à la pointe du jour. « L'Eglise, >; dit un saint Père, « est semblable à une grande dame qui, ayant possédé des pierreries et des trésors immenses, n'a plus que des cabinets et les cassettes qui les renfermaient. » Prions Dieu pour les communautés qui ont conservé cette sainte pratique, unissons-nous à leur zèle, imitonsles.

Que doit-on faire à présent ces jours là ?

Se conformer autant qu'on peut à ces bienheureux temps : 1e jeûner ou faire abstinence; 2° visiter les églises; 3° assister aux premières Vêpres; k" lire quelque bon livre sur la solennité de la fête; 5e se confesser, .-'(in d'être plus libre le lendemain; 6° passer en prière quelque temps de la nuit; 7* dès le malin aller à l'Office, et être assidu à l'église; 8° veiller quelquefois par esprit de mortification, et pour vaquer à l'oraison, prolongeant ainsi la vie, disaient les premiers Chrétiens, en abrégeant le sommeil, image de la mort.

Du Carême.

Les jeûnes du Carême ont-ils quelque chose de plus que les autres ?

Ils sont plus austères, puisqu'à l'abstinence de Ja viande on joint celle des œufs et encore d'aulres aliments, suivant les pays et les coutumes locales approuvées.

Les dispenses qu'on obtient pour ne pas observer leCaréme mettent-elles la conscience en sûreté?

Oui, si elles sont fondées sur de bonnes et véritables raisons ; mais si ce sont de faux prétextes et des maladies imaginaires, nous en rendrons compte à celui qui voit le fond des cœurs. Il est toujours certain que les excès du carnaval sont plus préjudiciables à la santé que l'abstinence du Carême.

Faut -il attendre que les jeunes gens aient vingt et un ans passés pour les exercer au jeûne?

Il est bon, surtout en Carême, de le leur faire pratiquer quelquefois par semaine , afin de les y accoutumer peu à peu, et de les engager à prier davantage qu'à leur ordinaire, et à faire l'aumône suivant leur pouvoir.

VIe commandement. — Vendredi chair ne mangeras, etc.

Qu'est-ce que faire abstinence ?

C'est retrancher la viande de ses repas.

N'est-ce point superstition, 1° que de s'abstenir de certaines viandes, 2" et que d'affecter certains jours ?

Non, 1° quand c'est pour signifier quelque mystère, comme dans l'ancienne Loi, ou pour mortifier les sens et purifier l'esprit, comme il se continue dans la nouvelle, et que d'ailleurs on croit que toute créature de Dieu est bonne et utile quand elle est [irise avec action de grâces ; 2° qu'on choisit certains jours pour quelques raisons pieuses et autorisées par la dévotion des fidèles et la coutume de l'Eglise, et qu'au reste on sait bien que tous les temps sont saints au Seigneur.

L'Eglise peut-elle défendre, sous peine de péché, une chose d'elle-même indifférente?

Sans doute comme l'exemple des apôtres, de la Synagogue et de Dieu même envers nos premiers parents, le montrent assez.

Pourquoi l'Eglise a-t-cllc choisi pour cette mortification le vendredi et le samedi?

I8 En mémoire de la passion et de la sépulture du Sauveur; 2° en l'honneur de la sainte Vierge, à qui le samedi est consacré, de sa désolation ce jour-là, et des sentiments qu'elle eut sur les souffrances de son Fils; 3° pour pratiquer chaque semaine quelque œuvre de pénitence; k" pour nous disposer, par l'abstinence et la mortification du corps, à la célébrité du dimanche, à la prière et à !a réception des sacrements.

Que dites-vous de ceux qui font meilleure chère, qui vivent plus délicatement et font plus de dépenses ces jours-là que les autres, qui veillent et jouent le samedi jusqu'à minuit, pour faire alors un grand repas de viande, et qui entendent ensuite une Messe avec une

Page 1