DE LA FÊTE DE SAINT ANDRÉ, APÔTRE, ET DES APÔTRES EN GÉNÉRAL
(50 novembre.)
Que veut dire le mot apôtre?
11 veut dire envoyé, pour marquer qu'ils ont été envoyés de Jésus Christ par toute la terre, pour la conversion du genre humain.
Qui sont donc les apôtres ?
Ceux que le Fils de Dieu appela les premiers à lui pour être, 1° les pasteurs de son Eglise; 2° les témoins de ses miracles; 3° les dépositaires de sadoctrine[; k° les prédicateurs de son Evangile.
Quelles furent leurs principales vertus ?
1° Le détachement de toutes choses, de leurs parents, de leur pays, de leurs biens., et de l'affection même d'avoir. 2" La fidélité de leur vocation. 3" L'amour de la souffrance. k" Le zèle du salut des âmes. 5° Le martyre qu'ils ont souffert pour la défense de la foi.
Comment sont-ils morts?
Ils ont été battus, emprisonnés, flagellés, dépouillés, exilés, lapidés, assommés, dé-
capités, crucifiés, écorchés tout vifs, et, en un mot, ils ont enduré mille et mille sortes de persécutions et de tourments, pour sceller de leur sang les vérités quMls annonçaient. Quel fruit ont-ils produit?
Us ont porté par tout l'univers la connaissance et l'amour de Jésus-Christ, détruit l'idolâtrie, établi le culte du vrai Dieu, fondé l'Eglise , et laissé leur mémoire en odeur de bénédiction à tous les peuples. Les miracles accompagnaient leurs prédications et achevaient de renverser ce qu'elles avaient ébranlé (78).
Que devons-nous avoir pour eux ?
1" Respect pour leur rang; 2" imitation pour leurs vertus; 3° reconnaissance pour nous avoir éclairés des lumières de la foi ; 4° confiance en leurs intercessions.
Combien étaient-ils ?
Douze: saint Pierre, saint André, saint Jacques le Mineur, saint Jean, saint Thomas, saint Jacques le Majeur, saint Philippe, saint Barthélémy, saint Matthieu, saint Simon, saint Jude, et saint Matthias qui fut élu en la place du traître Judas.
Que doit-on demander au jour de leur fêle ? 1° L'augmentation de la foi ; 2* le détachemept du monde; 3' l'amour de la soufrance.
Qui était saint André?
1° Il était Juif de nation, natif de Betzaïde, frère de saint Pierre, pêcheur de profession ; 2° il se rendit disciple de saint Jean-Baptisle, avant d'avoir ouï parler du Sauveur ; 3° il fut le premier des douze apôtres qui connut Jésus-Christ, pouvant par cette raison être appelé leur ancien et leur aîné ; k" il le suivit dès que saint Jean le lui eût montré, sans attendre qu'aucun miracle l'y obligeât; 5" il lui amena son frère saint Pierre, 6° et les gentils, qui voulaient le voir le jour des Rameaux, servant ainsi d'introducteur auprès du Sauveur, et aux gentils, et à celui qui devait être leur premier apôtre ; 7° il quitta tout pour Jésus-Christ, auparavant même lui avoir ouï faire aucune promesse à ceux qui le feraient; 8" il prêcha l'Evangile à un grand nombre de nations barbares : la Scythie, la Sogdiane, la grande ville de Sébastople, la Colchide, la Sacie, laMoscovie, la Grèce, PEpire, l'Achaïe, à Argos, où il rendit muette l'éloquence des philosophes, à Sinope, dans le Pont, où l'on montrait la chaire où il avait prêché, et son image qui faisait divers miracles, à Patras, le siège de son épiscopat, où il fut attaché à la croix, et y vécut deux jours, et où il eut
(77) On comprend que toutes ces matières qui prëleni a la piété chrétienne de si riches et si je 7 ponds sujets de méditation, auraient besoin de développements plus étendus. Les pasteurs zélés n'ouï pas beso 11 de nos indications ; seulement, nous croyoi s qu'il faut particulièrement insister sur l'a- siduité aux instructions, aux piédications et aux Oflices qui ont lieu plus fréquemment pendant l'Avent, sur la nécessilé de laquer plus assidûment a la prière, sur le recueillement, sur l'amour de Noire-Seigneur Jésus Christ , considéré, en particulier, dans son enfance, et sur la pensée de nos fuis dernières que l'Eglise nous piopose dans l;E\an-
§ile du premier Dimanche. L'Avcnt est un temps e bonnes œuvres, de préparation, de résolution pour une vie meilleure, de lervenr et de réparation du passé. On doit comprendre le besoin des grâces de Dieu pour son avènement dans nos cœurs, pour celte rénovation spirituelle, et dès lors il est évident qu'on ne saurait trop s'unir aux saints désirs du patriarche et aux intentions de l'Eglise.
(78) Leur ouvrage subsiste encore depuis dix-huit siècles, malgré les efforts tentes pour le dé ruire^i ' malgié l'instabilité humaine. Ou doit en conclure que c'est une œuvre évidemment divine.
405 CATECHISME DE BOUKGES. — PART
l'honneur d'y mourir comme son Maître, accablé de douleurs extrêmes, et y donnant l'exemple d'une patience invincible. 9° Ses reliques furent transportées avec celles do saint LucàConstantinople l'an 357, après avoir fait de grands miracles dans tous les lieux où on s arrêta eu passant, et déposées avec celles de saint Timothée, ce qui faisait, disent les anciens, comme une trinité d'apôtres. 10" 11 découlait de son tombeau à Patras une huile odoriférante, qui marquait la fertilité ou la stérilité. 11° Saint Grégoire rapporta de Constantinople à Rome un bras de saint André, qu'il dépusa dans un monastère du même nom, où il s'opérait de grands miracles. 1-2° Sa fêle a été célébrée en France avec celle de plusieurs autres apôtres.
Que remarquez-vous en lui ?
1" Le pardon des ennemis et la soumission aux puissances légitimes, ayantempêché le peuple de se soulever contre le juge qui le fit mourir ; 2° un amour immense de la croix, qu'il salua en des termes tendres dès qu'il la vit, prolestant qu'il l'avait souhaitée toute sa vie; 3° une religion assidue envers le sacrifice mystique de l'Agneau immaculé qu'il offrait à Dieu tous les jours, d'où sans doute il venait en lui ; k" un pouvoir merveilleux pour obtenir de Dieu la conversion des impudiques; 5° une autorité souveraine à reprendre les grands du mondé, et les méchants juges qui s'opposent à l'Evangile, et qui persécutent les fidèles, et à leur annoncer les vérités, de la foi. Demandez part à toutes ses vertus.
DE LA CONCEPTION DE LA TRES-SAINTE VIERGE, ET DE TOUTES SES FÊTES EN GENERAL.
(8 décembre.)
Pourquoi doit-on célébrer les fêles de la sainte Vierge avec plus de dévotion que celles des autres sain/s ?
A cause 1° du titre incommunicable à tout autre, qu'elle porte de Mère de Dieu ; 2" de J'excellence de sa grâce, qui la relève audessus d'eux; 3° des privilèges dont il a plu à Dieu de l'avantager, et à qui Jésus-Christ eût-il été plus libéral qu'à sa propre Mère?
Quelle prérogative lui donne le litre de Mère de Dieu ?
D'être unie d'une façon toute spéciale à la très-sainte Trinité.
Comment au Père éternel ?
Par le Fils qui leur est commun.
Comment au Fils ?
Par la qualité de Mère qui lui est particulière.
Comment au Saint-Esprit ?
Par le mystère de l'Incarnation, ayant donné son sang très-pur, dont ce divin Esprit forma un corps à Jésus-Christ.
Que devons -nous croire de la grâce de Marie?
Que Dieu l'en a comblée, en la faisant Mère de son Fils; qu'il l'a ornée de dons et de vertus convenables pour en être la digne demeure, ce qui est tout dire : en un ruot, qu'elle a été la bien-aimée, et qu'elle est