CONCLUSION
Enfin un curé zélé s'excitera à bien faire le catéchisme par la considéralion fréquente
et sérieuse des vérités suivantes : 1° Qu'il fait l'office de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a employé toute sa vie à faire connaître, aimer et glorifier son Père éternel, et à enseigner aux hommes les vérités nécessaires à leur salut. 2" Qu'il est indispensablement obligé de le faire, l'instruction de ses paroissiens étant un des principaux devoirs de sa charge pastorale, dont l'omission le rend criminel devant Dieu et indigue d'offrir le saint sacrifice de la Messe, de recevoir et d'administrer les sacrements. 3° Que la foi expresse des principaux mystères de notre religion étant absolument nécessaire aux adultes pour recevoir la grâce, les peuples, sans cette foi, sont incapables des sacrements, leurs confessions sont nulles ou sacrilèges, et passent ainsi toute leur vie dans l'état malheureux du péché mortel , à la ruine entière de leurs âmes et à la honte et confusion de leurs pasteurs. k° Qu'il est coupable de la perte de ses paroissiens qui, par sa faute, périront dans l'ignorance; qu'il en rendra un compte rigoureux au jugement de Dieu, lorsque ces pauvres âmes, se voyant privées pour jamais de la gloire, porteront leurs plaintes au tribunal de la divine justice, où avec des voix de sang elles demanderont vengeance contre leurs pasteurs négligents et mercenaires qui, par leur ignorance, par leurparesse ou par leur cruauté, seront la cause deleur damnation éternelle. 5°Qu'il est honteux aux pasteurs catholiques de voir le soin des hérétiques à s'instruire et à instruire les autres de leurs erreurs, tandis qu'eux qui sont les enfants de la lumière sont moins savants des vérités chrétiennes, et moins zélés pour en rendre savants leurs peuples, selon cet ancien reproche de saint Jérôme : Nutlus enim erclesiasticorum tantum habet studii in bono, quantum hœretici in malo, et in eo se lucrum pulant consequi, si alios decipiant, et ipsi perditi cœteros perdant, (S. Hier., in Isa. xvm.)
Les vertus qu'il doit pratiquer en faisant le catéchisme, sont : l°une modestie accompagnée d'une honnête gaieté ; 2° une douceur qui encourage les timides et les faibles; 3° une gravité qui contienne en leur devoir Jes esprits légers et peu respectueux; k" une grande patience pour souffrir les ignorances et Jes autres grossièretés et manquements des peuples; 5° une charité paternelle, pour ne laisser personne sans instruction.
Negligentia magna parochi in docendo ad salutemnecessaria, nempe Symbolum, Decalogum , et Pater noster, morlalis est ubi passim magnus est abusas eorum qui contcnli docuisse Symbolum Latine, non explicanl populo rudi mysteria fidei, prœsertim Trinitatis et Jncarnationis, tantupere ad salulem necessaria. Vm parochis, \je episcopisav<e pr/fi.atis. (Sa, v. l'arochus.)
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CATÉCHISME DE BOURGES
LEÇON I
De l'excellence et de la nécessiié ^u catéchisme, et rie la manière de le faire et de l'entend ie.
Demande. Qu'est-ce que le catéchisme?
Réponse. Une instruction familière, où Ton apprend ce qu'il faut : 1" croire ; 2° recevoir ; 3" faire ; h° éviter ; 5° méditer pour servir Dieu, et pour être sauvé : ce peu de mots comprend tout l'ordre de cet ouvrage.
Que faut-il croire pour être sauvé ?
1" Tout ce que l'Eglise croit en général. 2° Les principaux mystères de notre religion an particulier. 3" On doit être instruit de la doctrine des sacrements, du moins de ceux qu'on est obligé de recevoir, et des dispositions qu'il y faut apporter.
Quels sont ces principaux mystères ?
1° L'existence et l'unité de Dieu ; 2° la Trinité ; 3Q l'Incarnation ; k" l'Eglise; 5° l'immortalité de l'âme; 6° la résurrection de la chair: 7° le jugement final ; 8° le paradis et J 'enfer.
Faut-il savoir toutes ces choses ?
Oui, généralement parlant, et quiconque les ignore, surtout par sa faute, et meurt dans cette ignorance, se perd misérablement, Pussi bien que ceux qui étaient tenus de l'en instruire, et qui ont négligé de le faire.
Cite faut-il recevoir pour être sauvé ?
1° La grâce de Dieu; 2° les sacrements, sinon en effet, du moins en désir, quand on ne le peut autrement ; 3° et par conséquent on doit savoir produire des actes de foi, d'espérance, d'amour, de contrition, d'adoration, etc., etc., se mettre en bon état, pour s'en approcher dignement.
Que faut il faire pour être sauvé ?
1' Garder les commandements de Dieu et de l'Eglise; 2° satisfaire aux devoirs du Chrétien ; 3° pratiquer les vertus ; k° faire des bonnes œuvres ; 5° vaquer à la prière ; 6" s'acquitter des obligations de son étal.
Qu entend-on par là ?
Que chacun doit remplir les devoirs de sa condition selon Dieu, le père et la mère envers les enfants, les enfants envers leurs parents, le maître et la maîtresse, le mari et la femme, le juge, le magistrat, le médecin, le prêtre, etc., en un mot chaque profession porte avec elle ses engagements, et on est tenu en conscience d'y satisfaire, et conséquemment de s'en instruire, et c'est ce qu'on apprend au catéchisme.
Que faut-il éviter pour être sauvé ?
Le péché, et ce qui nous y conduit.
Que faut-il méditer ?
1° La parole de Dieu ; 2° les mystères et les vérités de notre religion ; 3° la vie et les exemples des saints.
Où apprend-un tout cela ?
Au catéchisme, qui n'est en un mot qu'un précis des principales vérités de la foi, pour les croire ; des plus hauts mystères de la religion, pour les révérer; des plus importantes règles de la piété, pour les suivre.
Qui doit y tenir ?
Tout le monde : il n'y a personne qui n'y puisse profiter, et qui n'y entende des choses utiles et nouvelles pour lui ; ceux qu'on croit, ou qui se croient les plus éclairés souvent ne le sont pas : d'ailleurs la présence des grands autorise, éditie et attire les petits, et honore la doctrine chrétienne. Mais particulièrement ceux qui l'ignorent, tels que sont ordinairement : 1° les enfants ; 2° les paysans ; 3° les artisans ; k° les valets et servantes ; 5° les pauvres, spécialement les orphelins, étrangers, vagabonds, etc. ; 6° les esprits grossiers et peu capables de réflexion ; 7° les gens d'affaires plongés dans les embarras temporels ; 8° les paresseux ennemis du travail et de l'application ; 9" les timides qui ont honte de se faire instruire ; 10e les vieillards qui, voyant leur peu de science, doivent par leur attention suppléer à la négligence de leur jeunesse.
Qui doit y envoyer les autres?
1° Les pères et les mères; 2° les tuteurs et les tutrices; 3° les maîtres et les maîtresses ; 4° les parrains et les marraines; 5° en un mot, les supérieurs et les supérieures, les olficiers, les magistrats, les seigneurs et lesdames, etc., doivent veillera ce que ceux qui dépendent d'eux, le sachent : que s'ils ne le font pas, le curé doit les en avertir en particulier , prêcher en général |sur cette obligation, sans nommer ni désigner personne ; et pour dernier remède, en informer celui qui peut y donner ordre.
Qui doit le faire ?
1° Les pasteurs; 2° les ecclésiastiques ; 3° les religieux ; k" quiconque a du zèle, quand il en voit la nécessité, l'aumône spirituelle étant encore d'une plusétroiteobligation que la corporelle, la vie et la mort de l'âme d'une conséquence infiniment plus grande, sans préjudice néanmoins de l'ordre et de la discipline de l'Eglise.
A quoi est tenu un curé pour s'acquitter de ce devoir?
Il doit : 1° prier, étudier et catéchiser fêles et dimanches; 2° exhorter le peuple d'y assister ; 3° aller par les maisons et villages ; 4° ne publier les bans, ne recevoir ni parrain ni marraine, et n'absoudre personne qui ne soit suffisamment instruit, et qui ne fasse instruire ceux qu'il a sous sa conduite; 5° iaire l'école aux garçons, et procurer h sa paroisse des maîtresses pour les filles; 6" introduire l'usage des cantiques spirituels,
CATECHISME DE BOURGES. — LEÇON II
qui contiennent les principaux mystères et devoirs de la religion.
Pourquoi tant de soins?
Il est chargé du salut de son peuple, et il doit en répondre devant Dieu. Interprète aussi bien que dépositaire des vérités, i! n'est pas moins tenu de les expliquer que de les conserver, puisque selon les saints, la connaissance des mystères est aussi nécessaire, que les mystères mêmes.
De qui faut-il recevoir l'instruction?
De l'Eglise et de ses pasteurs.
Est-il mieux de venir au catéchisme qu'on fait publiquement dans l'église, que de se fuir e instruire en particulier à la maison ?
Oui, ce qui se fait par les ûdèles assemblés en commun, a toujours plus de grâce et de bénédiction.
Pourquoi donc venez-vous au catéchisme?
Parce queje suis Chrétien.
Est-ce bien dit ?
Oui, et tout aussi bien, que si demandant pourquoi un tel fréquente les brelans et les cabarets, on répondait, parce qu'il est un débauché: pourquoi une telle se farde et se pare de tant de rubans et de dentelles, pourquoi elle va au bal et à la comédie; on disait, parce qu'elle est une mondaine.
Pourquoi encore y venez-vous ?
Afin, Ie de m'instruire de ma religion; 2° de me nourrir de la parole de Dieu ; 3° de m'édifier et d'édifier; 4° d'apprendre à connaître, à aimer et servir Dieu et Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Pourquoi n'yvient-onpas ?
Parce qu'on est, 1° paresseux ; 2° honteux ; 3° orgueilleux; k' libertin; 5" oublieux de son salut et de sa perfection ; 6° occupé du monde, des affaires et des plaisirs ; 7° on sait plus de bien qu'on en veut faire ; 8" on ne veut pas apprendre le bien qu'il faudrait faire ; 9° on en ignore l'utilité ; 10° on ne goûte pas la doctrine chrétienne, juste punition du mépris qu'on en fait.
} u-t-il péché de n'assister pas au catéchisme?
Oui, quand on no sait pas les choses nécessaires au salut, et qu'on n'a pas d'autre moyen de les apprendre, ou quand on s'ab-
sente par
mépris,
négligence, orgueil, etc.
Y a-t-il des yens qui se perdent pour n'être pas venus au catéchisme ?
Oui, et en grand nombre, de tout âge, sexe et condition, entre autres ceux qui, avertis et exhortés par leurs pasteurs d'y assister, ne l'ont pas fait, et qui , faute de cela, meurent dans l'ignorance des vérités nécessaires au salut .
Quels maux naissent de l'ignorance du catéchisme?
1" Les erreurs et les hérésies; 2° les superstitions ; 3° la dépravation des mœurs; 4° l'impiété et l'irrévérence pour les choses saintes ; 5° la profanation des sacrements, dont on ne connaît plus l'excellence ni la dignité ; 6U l'insensibilité pour le salut; 7° une vie toute brutale à la campagne et toute païenne dans les villes; 8° l'oubli de Dieu ; 9° la mauvaise éducation des enfants, qui n'obéissent plus à Dieu ni
à l'Eglise, ni h leurs parents, d'où s'ensuit la débauche de la jeunesse, et la corruption de toutes sortes d'états; 10° enfin un débordement de péchés, suivi de la perte des âmes et de la damnation éternelle, dont Dieu veuille nous préserver.
LEÇON II
Continuation de l'excellence du calécliisme, et de lu manière de le faire et de l'entendre.
En quoi consiste l'excellence du catéchisme ?
1° C'a été la fonction de Jésus-Christ sur la terfe, que d'instruire les pauvres et les ignorants, et leur apprendre la science du salut; il est venu pour cela, comme il l'assure lui-même. 2° C'a été, à l'imitation de ce divin Maître, celle des apôtres et des plus grands saints dans tous les siècles. 3° C'est celle que l'Eglise enjoint et recommande le plus étroitement par ses conciles et par ses ordonnances aux pasteurs. Il faut donc que ce soit quelque chose de bien noble et de bien important, puisque c'a été l'occupation d'un Dieu fait homme, l'emploi des principaux membres de son corps mystique et l'objet des plus tendres soins de son Epouse.
Quelles sont les connaissances qu'on acquiert au catéchisme ?
Elles sont : 1° certaines, constantes, infaillibles : on n'y enseigne que des vérités éternelles et immuables, exemptes de tout mensonge, de toute erreur et de toute tromperie. O la belle école, où l'on n'apprend que des vérités, et de telles vérités ! 2° Sublimes et relevées; elles comprennent tout ce qu'il y a de plus grand, de plus profond et de plus sublime au ciel et en la terre, en ce monde et en l'autre, l'existence et l'unité de Dieu, la Trinité, la création, l'incarnation et le jugement , en un mot, ce que les plus grands philosophes ont ignoré avec toute leur science et leur bel esprit : ils ont connu quelque chose de cette partie du catéchisme qui concerne l'existence d'une Divinité, mais rien de ce qui concerne le salut et les moyens de l'acquérir. 3° Nécessaires : elles donnent les moyens d'ac juérir le paradis et d'éviter l'enfer, de suivre le chemin de la vertu et de fuir celui du vice ; de sorte que la fin et le but du catéchisme est de nous rendre éternellement heureux et de nous empêcher d'être à jamais misérables. ^Surnaturelles et infuses, le Saint-Esprit répandant au dedans ses divines lumières, au même temps que le catéchiste annonce au dehors les vérités. 5" Efficaces et pratiques, Dieu donnant la grâce et la force de faire exécuter ce qu'on y enseigne. O la digne école, où l'on reroitet la lumière pour connaître ce qu'il faut faire, et la force pour faire ce qu'on connaît.
Qui découvre encore l'importance du catéchisme?
Les indulgences que nos saints Tères les Papes ont accordées en faveur de la doctrine chrétienne.
Dites-les ?
Ils ont concédé : 1" A tous ceux et celles qui seront cause que les enfants, serviteurs et servantes ou antres personnes assisteront au catéchisme, cent jours d'indulgences.
2° A ceux qui les y mèneront ou enseigneront les jours de fêtes, sept ans.
3° Aux maîires et maîtresses qui enseigneront les jours ouvriers en public ou en particulier en leurs écoles, cent jours.
4° A tous les pères et mères de famille qui l'enseigneront à leurs enfants, serviteurs et domestiques de tout sexe, chaque lois cent jours.
5° A ceux qui le liront ou enseigneront par les villes, châteaux et maisons des champs, dix ans.
6° A tous ceux et celles qui l'apprendront ou qui y assisteront, lorsqu'on l'enseignera J'espace d'une demi-heure, cent jours.
Que faut-il faire avant le catéchisme?
Etre prévenu : 1° de son excellence ; 2° de sa nécessité; 3" de l'obligation d'être instruit; 4° du besoin qu'on en a. 5° Y venir avec une sainte avidité et une assiduité trèsexacte. 6° Demander affectueusement au Saint-Esprit la grâce de bien comprendre, goûter, retenir, profiter.
Et quand on y est?
Il faut prendre paisiblement sa place, et écouter les instructions avec : 1° attention; 2° modestie; 3° dévotion; 4° silence; 5° docilité; 6° sans curiosité.
Et après le catéchisme?
Il faut : 1° saluer le saint Sacrement; 2° faire sa prière; 3" penser et repenser à ce qui a été dit; 4U en parler; 5° l'apprendre aux autres; 6° le mettre en pratique.
Qu est-ce à direj
Qu'il ne faut pas se contenter d'écouter et de retenir les belles instructions, mais de plus mettre la main à l'œuvre, et faire fructifier cette semence de vie; ainsi, quand on a ouï au catéchisme qu'il faut prier Dieu soiret matin, entendre dévotement la Messe, fréquenter souvent et dignement les sacrements, obéir à ses parents, bien employer le temps, aimer le travail, jeûner, être modeste, chaste, humble, etc. , faisons ce que nous avons entendu, qu'on voie que nous profitons d'une si bonne école; malheur à l'arbre qui, bien arrosé, in'apporte point de fruit ; à celui qui ne fait pas ce qu'il sait, qui connaît Dieu, et qui ne l'aime pas, qui entend la parole de vie, etqui ne lagarde pas
El quand quelqu'un ria pu assister au catéchisme ?
Il doit se faire rapporter ce qu'on a dit, ou lire la doctrine qu'on y a expliquée, et s'en entretenir le soir dans sa famille.
Comment faut-il commencer le catéchisme?
Après que les enfants sont tous placés, et en silence, le catéchiste, 1° les fait mettre modestement et sans bruit à genoux ; 2° il . eur dit un mot pour les porter à faire la prière avec dévotion, leur faisant joindre les mains, et lever les yeux au ciel ou sur le tabernacle ; 3° il commence par le *igne de la croix ; au nom du l'ère, clc. , et tous les
enfants suivent: et puis l'Oraison dominicale, la Salutation angélique, le Symbole des apôtres, et les commandements, le catéchiste commençant toujours, et faisant prononcer posément et distinctement ; 4° cela dit, un enfant de qui la voix est bien nette et éclatante se lèvera, les autres demeurant à genoux, et dira la prière ; 5° la prière faîte, tousse lèvent paisiblement, s'assoient et écoutent ; et le catéchiste ayant fait en peu de mots le petit catéchisme, reflète ou fait répéter ce qui fut dit la dernière fois, puis il explique la partie de l'instruction qu'il traite, et il interroge ; 6° le catéchisme fini, il fait mettre les enfants à genoux comme au. commencement, un d'eux dit la prière, après quoi il veille à ce qu'ils se retirent sans bruit ni immodestie.
Prière avant le catéchisme. — Venez, Esprit-Saint, descendez dans nos cœurs, et les embrasez du feu de votre divin amour. Mon Dieu, faites-nous la grâce d'écouter votre suinte parole avec attention, avec dévotion, avec modestie, et avec un désir sincère d'en profiter. Eclairez-nous de vos divines lumières, dissipez l'ignorance et l'erreur de nos esprits ; instruisez-nous des vérités de la foi des mystères de la religion, des devoirs de Chrétien, et des obligations de notre état ; ôtez de nos cœurs la dureté, la pesanteur et la glace qni les occupe ; gué^ rissez-nous de ce dégoût intérieur où nous sommes des choses saintes; et donnez-nous le goût des vérités célestes ; faites-nous aimer ce que vous nous ferez connaître, et joignez votre grâce intérieure à la parole extérieure, afin qu'ayant la connaissance de ce que nous devons faire, nous ayons la force de faire ce que nous connaîtrons. Ainsi soit-il.
Reine des hommes et des anges, sainte Marie, Mère de Dieu, qui avez eu si souvent le bonheur inestimable d'écouter le Verbe éternel sur la terre, faites-nous, pardes dispositions saintes avec lesquelles vous receviez les paroles de vie et de vérité qui sortaient de sa bouche, et priez pour nous, pauvres pécheurs et pécheresses, maintenant et à l'heure de notre mort. Ainsi soit-il.
Prière après le catéchisme. — Mon Dieu, nous vous remercions très-humblement de toutes les bonnes instructions qu'il vous a plu de nous donner aujourd'hui. Nous vous demandons instamment la grâce d'eu faire notre profit. Pardon, mon Dieu, du peu de respect avec lequel nous les avons entendues. Faites, Seigneur, que votre sainte parole, qui a été si féconde par toute la terre, ne soit pas stérile en nous; que le démon, par sa malice, n'enlève point de nos cœurs cette divine semence ; que le monde, par sa dissipation, ne la rende pas infruc-* tueuse; que les soins et les sollicitudes de cette vie ne la suffoquent point; mais plutôt, ô mon Dieu ! faites que ces saintes vérités prennent racine en nous, et qu'elles servent de nourriture à nos âmes. Nous vous supplions de nous en conserver le souvenir, 'de nous en donner l'amour, de nous les faire
méditer jour et nuit, et de nous les faire mettre en pratique. Inspirez-nous le zèle de les enseigner à ceux qui les ignorent. Donnez-nous un cœur nouveau, et animez-le de l'esprit de la loi nouvelle, afin que nous puissions connaître, aimer et faire tout ce qu'elle nous ordonne.
Vierge pure qui avez fait un si digne
usage de la parole éternelle de Dieu, obtenez-nous la grAce de faire fructifier en nous celle que nous venons d'entendre, et priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et a l'heure de notre mort. Ainsi soit-il. Bienheureux ceux qui écoulent la parole de Dieu, si toutefois ils la gardent. (Luc. xi, 28.)