EXPLICATION DU SYMBOLE DES APOTRES
LEÇON I
Du symbole en général.
Qu'est-ce que le symbole?
C'est 1° l'abrégé des principaux mystères de la foi, contenus en douze articles, d'où, comme de divers membres particuliers, se forme le corps de la doctrine chrétienne; 2° le précis de la théologie des apôtres, de l'Ecriture et de l'Eglise ; 3° la règle de la foi, ainsi que les Saints Pères le nomment.
Comment est-il la règle de la foi?
1° 11 nous conduit et dirige dans nos sentiments; 2° il les redresse et les réforme; 3° il en doit être la mesure; 4° et la pierre de touche, puisque l'on juge de leur vérité par rapport et conformité à lui ; 3° Quiconque s'en écarte et se fourvoie, et donne dans l'erreur; tellement qu'il a à l'égard de nos sentiments toutes les fonctions de la règle, qui sont, diriger, rectifier, mesurer, conformer, redresser, corriger et conduire.
Que veut dire le mot de symbole?
Une doctrine établie de concert, et reçue d'un commun avis et consentement, qui sert comme de signe et de marque à laquelle les fidèles se reconnaissent entre eux, et se distinguent des infidèles.
Qu'est-ce qu'un article?
Ce qui contient un myslère ou un dogme différent, et une difficulté spéciale : chaque apôtre, dit saint Léon, en a composé un : le symbole, selon saint Ambroise ou saint Maxime, étant une clef des mystères, à laquelle douze excellents ouvriers ont mis la main.
Qui rend le symbole recommandable?
1" Les grands mystères qu'il contient; 2° ses termes énergiques, et presque surhumains; 3° la dévotion des fidèles qui le récitent sans cesse; k" le respect que l'Eglise a pour lui; 5° le rang qu'il tient entre les principales prières du sacrifice; 6° la vertu qu'il a, selon saint Auguslin<de repousser le démon ennemi de la vérité, et père du mensonge, une règle pouvant servir en un besoin d'instrument à se défendre; 7" les souffrances des martyrs, et les travaux des
confesseurs, pour le 'maintien de chaque article arrosé de leur sang et de leurs sueurs % 8° l'obligation étroite que les conciles imposent aux pasteurs de l'expliquera leurs peuples, attendu principalement la négligence des uns et des autres là-dessus : les premiers craignant de fatiguer par l'explication d'une chose si commune, ils veulent prêcher et peu instruire: les autresne le disent souvent que par coutume : ils l'apprennent dès leur jeunesse, ils ne l'entendent pas dans leur vieillesse; 9e le goût qu'on y trouve, il est le pain des fidèles, qui plaît toujours, qui sulfit seul pour les nourrir, et qui assaisonne les autres aliments, lesquels sans lui seraient nuisibles; 10° sa nécessité abssolue, car il faut le savoir, le dire, et faire profession de le croire, pour entrer dans l'Eglise, et dans les dignités ecclésiastiques, pouf recevoir les sacrements, pour être sauvé; 11° son utilité, le Symbole nous procurant la chose du monde la plus précieuse, c'està-dire, la vie éternelle, qui consiste dans la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ; 12° les auteurs qui l'ont composé.
Qui sont- ils?
Les apôtres inspirés de Dieu : car selon Cassien le Symbole signifie conférence, parce que les apôtres éclairés du Saint-Esprit ayant conféré sur la foi répandue dans l'Ecriture, l'ont ramassée en abrégé dans le Symbole.
Pourquoi le composèrent-ils ?
Afin, 1° d'établir <lans l'Eglise l'uniformité de doctrine et de langage; 2° d'obvier aux schismes et aux disputes; 3° de rappeler les esprits à l'unité des sentiments; k" de donner aux fidèles un brief formulaire de profession de foi, aisé à apprendre, à dire, à retenir, à expliquer, à comprendre.
Doit-on le savoir par cœur?
Tonte autre table est indigne de lui : le Symbole de notre foi et de notre espérance reçu des apôtres par tradition, dit saint Jérôme, ne s'écrit pas sur le papier, ni avec de l'encre, mais dans le cœur, comme sur des tablettes de chair
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A qui est-ce d'en donner la vraie intelligence?
A l'Eglise catholique et apostolique, ou aux pasteurs successeurs des apôtres, héritiers, dépositaires et interprètes de la doctrine apostolique, à qui Jésus-Christ a dit : Qui vous écoute, m'écoute.
Quand doit-on le dire particulièrement?
1° Dans les tentations contre la foi ; 2° Lorsqu'on est obligé de controverser avec des hérétiques, ou des impies ; 3° dès qu'on s'éveille, étant juste que le flambeau de la foi éclaire notre âme auparavant que le flambeau de la nature éclaire notre corps; 4° à l'heure de la mort, où toute autre lumière nous quitte, et finit pour nous.
Comment doit-on le dire?
Avec religion, attention, acquiscement.
A quelle heure de l office le récite-t-on? 1" La nuit au premier nocturne de matines, ce qui représente la foi obscure des anciens sur nos mystères ; 2° le matin et le soir, ou à la première et à la dernière heure du jour, et à voix basse, pour exprimer, dit saint Thomas , les premiers combats que l'Eglise persécutée pour la foi, et obligée de cacher son culte rendit contre l'idolâtrie, et les derniers qu'à la fin du monde elle rendra contre l'Antéchrist.
Pourquoi ne le chante-t-on pas sur les orgues ?
Elles représentent la fête éternelle du ciel incompatible avec la foi et la pénitence, raison pour laquelle on ne s'en sert pas non plus en Carême : le (Symbole étant le vrai cantique de l'homme relégué dans cette vallée de larmes, et gémissant sur le bord des fleuves de Babylone.
Pourquoi commencer l'explication de la doctrine chrétienne par le Symbole?
lu Il en contient les premiers éléments et fondements ; 2° pour se conformer à la coutume ancienne de l'Eglise primitive, qui en instruisait d'abord les catéchumènes; 3" l'Apôtre nous avertit que celui qui prétend s'approcher de Dieu, doit commencer par croire.
Combien y a-t-il de symboles?
Trois, 1° celui des apôtres que nous récitons tous les jours; 2° celui du concile de- Nicée, qu'on cliante à la Messe, et qui n'est qu'une explication du premier; 3° celui de saint Athanase, qu'on dit à prime, et qui expose plus en détail la doctrine du mystère de la Trinité et de l'Incarnation ; ces deux derniers sont utiles aux savants pour combattre les hérésies ; mais celui des apôtres est le Symbole commun et universel, également nécessaire aux doctes et aux ignorants : le Symbole par excellence, le premier et l'origine de tous les autres, le gage du salut du monde, la confession commune établie par les apôtres, comme le lien et le sceau de l'unité de la foi et de toute l'Eglise.
Comment divisez-vous le Symbole des [apôtres ?
En quatre parties.
Que nous propose la première partie?
Ce que nous devons croire de la personne du Père, et de l'ouvrage de la création.
El de la seconde?
Ce que nous devons croire de la personne du Fils, et de l'ouvrage de la Rédemption.
Et de la troisième?
Ce que nous devons croire de la personne du Saint-Esprit, et de l'ouvrage de la sanctification.
Et la quatrième ?
Ce que nous devons croire de l'Eglise, et de l'ouvrage de la glorification.
Que devons-nous croire du Père?
Qu'il est le Créateur du monde.
Et du Fils ?
Qu'il est le Rédempteur du monde.
El du Saint-Esprit?
Qu'il est le Sanctificateur du monde.
Et de V Eglise?
Qu'elle est le royaume de Dieu en ce monde, et l'ouvrage précieux des trois personnes divines.
En un mot que contient le Symbole ?
1° L'histoire du monde, ou plutôt de la religion, depuis la naissance de l'univers jusqu'à la consommation des siècles, deux points distants, mais enchaînés par une suite de mystères, que l'âme fidèle, comme une aigle élevée, et portée sur les ailes de l'espérance et de l'amour, doit parcourir d'un œil fixe, sans s'éblouir des abîmes de difficultés que la faible paupière de la raison humaine découvre au-dessous d'elle; 2" l'exposition de tous les plus hauts mystères, révélés aux patriarches, prédits par les prophètes, figurés par la loi, accomplis en Jésus-Christ, publiés par les apôtres, confiés à l'Eglise, autorisés par les miracles, reçus dans le monde.