‹ Œuvres completesChapitre 78 sur 296 · I. IV · texte numérisé non relu

I. IV

l'une el l'autre figurée par la circoncision générale des Israélites entrant par le Jourdain en la terre promise, méritée par la circoncision et la résurrection du Sauveur, et commencée en ce monde par le baptême, et consommée ou appliquée dans toute son intégrité au jour de notre entière réparation ou de notre entrée en la vie.

Que devons-nous à Jésus Enfant en cet état ?

1° Adoration , admiration, amour, reconnaissance, imitation; 2° remercîment de ce qu'il a voulu nous donner des preuves de son amour qui lui ont coûté si cher, et d'affermir notre foi par des moyens si douloureux et si sensibles ; 3° confusion de ce que nous ne l'aimons qu'en idée, ne répondant à un amour si effectif, que par de vaines pensées , l'innocent est frappé et le coupable épargné; l'innocent paye pour le coupable, le juste pour le pécheur, Dieu pour l'homme; 4° compassion, car la douleur de la circoncision était si grande , que bien des enfants en mourraient, et l'Ecriture la nomme une blessure très-griève ; d'ailleurs le Sauveur ayant un corps très-délicat et un plein usage de la raison, la peine et la honte tourmentèrent cette tendre victime de la pureté.

Du nom de Jésus-Christ.

Quel nom donna-t-il à Notre-Seigneur aujourd'hui ?

Le nom de Jésus, qu'on doit prononcer avec amour, et qu'on ne doit entendre qu'avec respect.

Que dites-vous du nom de Jésus?

1° C'est le premier mot qu'on doit apprendre aux enfants; 2° c'est le dernier qu'un Chrétien doit proférer au lit de la mort; et Dieu nous fasse la grâce de mourir en prononçant amoureusement le sacré nom de Jésus; 3° nous devons le prononcer en nous endormant et en nous éveillant; k° dans la tentation ; 5° dans les périls ; Gu dans la douleur.

Quelle est sa vertu quand on le prononce avec foi ?

1° 11 fait fuir le démon et trembler l'enfer; 2° il délivre les possédés*; 3° il effraye les sorciers; k" il attire la bénédiction de Dieu; 5° il console les affligés ; 6° il excite la dévotion ; 7° il éloigne toutes sortes de, maux, ou les adoucit, ou les rend salutaires.

Qu'en dites-vous encore?

Que le nom de Jésus est, 1° un nom vénérable; 2° un nom de confiance ; 3° un nom d'amour; 4' un nom de consolation.

Pourquoi un nom vénérable ?

11 est le nom de Dieu fait homme, à la prononciation duquel tout genou doit fléchir au ciel, sur terre et dans l'enfer.

Pourquoi un nom de confiance ?

Il m'apprend que le Fils de Dieu m'a racheté.

Pourquoi un nom d'amour?

Il m'est un monument éternel de la char rite que Dieu a eue pour moi.

Pourquoi de consolation?

La vue des mérites du Sauveur apaise les

remords et les défiances que causerait en moi le souvenir de mes péchés.

Comment faut-il le prononcer ?

Avec amour, respect et confiance, et non par légèreté ou coutume.

Que veut dire le mot de Christ?

Oint ou sacré : car comme autrefois on mettait l'huile de la sacrée onction sur les prêtres, sur les prophètes et sur les rois, pour exprimer l'effusion de la grâce du Saint-Esprit en eux, représentée par l'huile sacrée qui découlait sur leur tête ; ainsi Jésus-Christ étant le grand et souverain prêtre, le Prophète des prophètes, le Roi des rois , et possédant en plénitude la source même de la grâce, étant consacré de Dieu son Père comme son fils bien-aimé et comme le chef de tous les hommes , tirant son extraction de la chair royale et sacerdotale , doit seul par excellence porter le nom de Christ ou d'Oint du Seigneur, comme un titre d'honneur et d'office.

Pourquoi nous appclle-t-on Chrétiens?

Pour marquer que nous participons à la grâce qui découle de Jésus-Christ sur nous, comme du chef sur ses membres, les effets de la grâce étant très-proprement représentés par ceux de l'huile qui adoucit, guérit, éclaire, échauffe, brûle, fortifie, s'élève.

La nouvelle année.

Que doit-on faire à ce commencement d'année ?

1° Réfléchir sur la brièveté de la vie, sur la rapidité du temps, sur la vanité du monde, sur la proximité de la mort et de l'éternité; 2" demander pardon à Dieu des péchés qu'on a commis l'année dernière; 3° le remercier des grâces qu'on a reçues ;£• gémir de l'abus qu'on en a fait; 5° lui offrir et consacrer l'année qui commence, et qui peut-être sera la dernière de notre vie; 6° se résoudre de mener une vie plus sainte, car dans la vie chrétienne ne pas avancer, c'est reculer, et chaque nouvelle année en arrivant, nous presse d'être meilleurs à l'avenir.

Faites cette offrande à Dieu ?

Dieu éternel, roi des siècles et des temps, prosternés à vos pieds, nous venons vous demander pardon du mauvais usage que nous avons fait de la vie que vous nous avez donnée et conservée'jusqu'à présent. Nous vous offrons cette nouvelle année que nous voulons commencer à votre honneur, avec toutes nos actions, paroles et pensées. Nous vous remercions de nous donner encore ce temps pour faire pénitence. Nous renonçons et détestons par avance toutes les offenses où nous pourrions nous laisser aller. Faites, mon Dieu, que nous mourions plutôt que de violer vos saintes lois, et qu'au contraire, nous l'employions tout entière à votre service, au salut de notre âme, à la pratique des bonnes œuvres, à notre avancement spirituel, enfin que nous la (lassions aussi saintement que si nous savions qu'elle fût la dernière de notre vie, vous suppliant trèsalfeclueusement que les dernières années de notre vie ne ressemblent pas aux premières,

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ni l'automne au printemps; en un mot, que la tin tle nos jours soil meilleure que le commencement, et le soir que le malin. Ainsi soit-il.

Que faut-il faire pour participer à la grâce et à l'esprit de ce mystère?

1° Circoncire son cœur ; 2* mortifier sa chair ; 3° renouveler les promesses du baptême ; V° ne vivre plus selon la convoitise, mais selon la sainteté chrétienne ; 5° se détacher du monde, qui passe si vite. Heureux celui que la vieillesse en arrivant trouve servant le Seigneur J heureuse vieillesse qui châtie les excès de la jeunesse, ainsi qu'un père ceux d'un fils déréglé ; 6° faire un bon emploi du temps.

Le bon emploi du temps.

Qui nous engage à bien employer le temps ?

1" Nous en avons peu; 2° c'est la chose du monde la plus précieuse; 3° et la plus irréparable.

1° Nous en avons peu ; car cette vie , i° en soi n'est qu'un bref tissu de quelques petits moments rapides, limités, incertains, qui s'écoulent en moins de rien. D'où vient que récriture compare l'homme sur la terre à un nuage que le vent emporte, à un vaisseau qui vogue à pleines voiles, à un voyageur qui passe, à un courrier qui se hâte, à un oiseau qui vole, à une flèche qui fend l'air, à une vapeur qui se dissipe, à un songe qui s'échappe, à un rien, etc.; 2° qu'est-ce par rapport à l'éternité? 3° et aux grands ouvrages de sanctification, de .salut, que nous avons à conduire à fin, avant d'aller paraître devant le Père de famille.

2° C'est la chose du monde la plus précieuse; car les jours qui nous sont donnés pour l'aire pénitence et pour gagner le ciel, ont coûté la vie de Jésus-Christ ; il n'y a pas un instant où on ne puisse croître en grâce, en sainteté, en mérites, amasser des trésors, se. racheter de l'enfer, etc. Que ne donnerait pas un damné pour avoir ce moment, etc .

3° Et l.i plus irréparable ; la grâce, les \erlus, l'innocence même, etc., se réparent et se recouvrent, mais non le temps perdu, surtout dans la jeunesse, qui est celui où l'on doit cultiver et ensemencer la terre de son cœur, corriger ses mauvaises inclinations, acquérir les bonnes habitudes et les connaissances utiles, s'instruire de sa religion, se former à la vertu, apprendre une profession, faute de quoi on tombe dans une ignorance invincible, dans une incapacité insurmontable d'exercer un emploi , dans une nécessité presque inévitable de commetlre mille crimes, administrant mal la justice, la médecine, les arts, etc., mais surtout les fonctions ecclésiastiques, et tout cela pour avoir perdu le temps destiné à s'y rendre habile, dans la paresse, la fainéantise, l'oisiveté, sources de tous péchés, dans des occupations vaines, mauvaises, étrangères à son état. Perte de temps qui entraîne

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souvent après elle la perte de l'âme et de l'éternité.

Que faudrait-il donc faire?

Partager son temps en trois. En donner, i' la meilleure partie à Dieu et à son salut, l'employant dans les exercices de la piété chrétienne; 2° la deuxième, au prochain, s'acquitlant des devoirs de justice et de charité dont on est tenu envers lui; 3° la troisième, à sa profession, travaillant à se rendre habile et savant dans celle qu'on a embrassée, donnant son temps aux emplois auxquels elle engage, le refusant aux autres, ne faisant rien à contre-temps ni hors de temps, et par ce moyen on en aura de reste.

l'épxphanie.

(G janvier.)

Que veut dire ce mot ?

Manifestation , et avec raison, puisque c'est le jour auquel Jésus-Christ s'est manifesté aux gentils en la personne des mages. A peine est-il né, qu'il se montre à ceux qui ne le cherchent pas ; que ne fera-t-il pas à ceux qui le cherchent?

D'où vinrent-ils ?

Des confins de l'Orient, d'où le soleil et la lumière se lèvent et nous apparaissent, afin même que l'endroit d'où ils sortaient fût un pronostic des clartés que le vrai Orient allait répandre sur nous.

Que veut dire ce mot de mages ?

Sages et savants, particulièrement en la connaissance des astres.

Comment connurent- ils que Jésus-Christ était né?

Par le moyen d'une étoile extraordinaire, ou plutôt, selon saint Chrysosiome, d'un ange lumineux, sous la forme d'une étoile prédite longtemps auparavant, comme le signe de la venue du Messie et de son origine céleste; comme l'aurore, l'attente, l'espérance de la vocation et rédemption des gentils.

Où allèrent-ils d'abord?

A Jérusalem, s'informer où était né le Messie si promis et si attendu. Ils y croyaient trouver de grandes marques de réjouissances, mais ils ne virent rien qui répondît à celte idée, tout y était tranquille et froid. Ainsi leur arrivée fut une publication éclatante de la naissance de Jésus- Christ, et une condamnation de la nonchalance des Juifs sur le point capital de leur religion, ils confirmaient par leurs prophéties la foi des étrangers, et ils perdaient insensiblement la leur

Que se passa-t-il à leur arrivée?

Hérode et les Juifs furent extrêmement troublés à cette nouvelle inopinée. Les docteurs de la Loi, assemblés par son ordre pour consulter là-dessus, répondirent, selon les Ecritures, que Je Sauveur devait naître à Relhléem, sans néanmoins qu'ils parussent y ajouter foi ; semblables, dit saint Augustin, à ceux qui construisirent l'arche, et qui n'y entrèrent pas, négligeant ainsi

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avec les prédictions et les miracles le moyen de salut qu'ils avaient entre leurs mains. Le soleil obsurci et toute la nature déconcertée, eurent moins de pouvoir sur leurs esprits à l'heure de la mort du Sauveur, que l'éclat d'une seule étoile n'en eut sur les esprits des infidèles à sa naissance, ajoute le même saint.

Que figurait ce trouble d' Hérode?

1° L'effroyable surprise des grands de la terre à l'arrivée du juste Juge au jour du jugement; 2° leur confusion , quand ils comparent leur vie à celle de Jésus-Christ; 3" la terreur du démon, qui, dans Hérode, témoigna plus de crainte de perdre son royaume, que cet ambitieux prince ne marqua d'envie de conserver le sien.

Combien y avait-il de Jérusalem à Bethléem ?

Trois lieues, que les Juifs, indolents ou occupés des biens de la terre, dédaignèrent de faire, tant ils méprisaient la chose du monde qui leur était la plus importante.

Que dit Hérode aux mages?

Qu'ils allassent chercher le Messie nouveau-né , et quand ils l'auraient trouvé, qu'ils l'en avertissent afin qu'il vînt l'adorer avec eux.

Etait-ce son intention ?

Non, il voulait le faire mourir, craignant de perdre le royaume de Judée qu'il avait usurpé.

Que firent les rois mages ?

Ils partirent pour Jérusalem, et l'étoile qui avait disparu, leur apparaissant de nouveau, les combla de joie et les conduisit à Bethléem, s'arrêtant sur ie lieu où était l'Enfant.

Qu est-ce que cela nous apprend?

1° Qu'on ne trouve pas Jésus-Christ en ce monde ; 2° que la foi y perd son éclat ; 3° qu'on ne doit pas se décourager si l'étoile de la dévotion disparaît quelquefois à nus sens.

Que firent-ils arrivés en ce lieu ?

Ils y entrèrent, et trouvant l'Enfant avec Marie" sa Mère, éclairés de la même lumière qui les avait conduits, et qui les empêcha de se scandaliser de l'ordre qu'ils reçurent de s'en retourner par un autre chemin à cause des cruels desseins d'Hérode, ils reconnurent sous un vil extérieur la grandeur cachée du Verbe incarné, ils se prosternèrent devant lui, ils l'adorèrent, et, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

Que cela signifiait-il?

l°Que l'Eglise des nations serait une assemblée de fidèles adorateurs de Jésus-Christ; 2° Qu'à la religion envers le Fils on joindrait toujours la dévotion envers la Mère; 3° que les rois de la terre soumettraient leur gloire et leur grandeur aux pieds de la crèche de Jésus-Christ.

Combien étaient ces saints rois ?

On tient communément qu'ils étaient trois.

Que représentent-ils ?

Les prémices de la gentilité .convertie,

ainsi que les pasteurs celle des Juifs; pasteurs et rois véritablement nommés les premiers Chrétiens et figures des humiliations et des grandeurs du Verbe incarné.

Que figuraient encore ces rois ?

Que les vrais adorateurs de Jésus-Christ régneraient sur leurs passions, et ne seraient pas esclaves du péché; d'ailleurs, en la personne des rois les peuples sont compris.

Et cette étoile ?

1° La foi, dont les vives lumière» devaient conduire les nations à Jésus-Christ ; 2° la naissance du Roi des cieux, qui venaient reconnaître leur auteur; 3° son origine, non purement terrestre et humaine, mais aus^i céleste et divine; 4° l'accomplissement et comme l'échantillon des promesses de Dieu à Abraham , qu'il multiplierait ses enfants selon la foi, ainsi que les étoiles du ciel. 5° Cette étoile, dit saint Augustin, était la langue mystérieuse d'autres cieux spirituels, tels que devaient être un jour les apôtres, et, par avance, elle en faisait déjà l'office, publiant les grandeurs du Soleil de justice.

A quoi donc ce jour est-il consacré?

A solenniser la fête de la vocation des gentils en la personne des mages. Au reste, le trouble universel que causa leur arrivée, les trésors qu'ils avaient apportés et la dignité royale que toute l'antiquité leur a conservée, montrent assez qu'ils étaient des souverains, mais tels qu'on en voit encore dans ces pays-là, dont la puissance n'égale pas celle des noires.

Que voulurent-ils signifier par les présents qu'ils firent à Jésus-Christ ?

1° Par l'or, qu'ils lui payaient leur tribut, comme à leur roi; 2" par l'encens, qu'ils lui adressaient leurs prières comme à leur Dieu ; 3° par la myrrhe, qu'ils le reconnaissaient comme homme passible et mortel, et tout ensemble immortel, la myrrhe étant un préservatif contre la corruption, et sa mort devant racheter le monde, et lui procurer l'immortalité.

Que signifiaient encore ces présents ?

Les trois états différents du monde, 1° la myrrhe, l'état du monde affligé et pénitent dans la loi de nature; 2° l'encens, l'état de la loi écrite, qui s'exhalait en vœux et en désirs; 3° l'or, l'étal brillant et resplendissant de la loi de grâce.

Quoi encore?

Les Irois sortes de bonnes œuvres qui seront toujours en usage dans l'Eglise, 1° l'or, toutrs les œuvres de miséricorde et de charité donl on peut soulager le prochain; 2° l'encens, la prière, et les aulressactes de religion, dont on peut honorer Dieu; 3° la myrrhe, toutes les œuvres de pénitence et de mortification qu'on peut exercer envers soi-même.

Quoi encore?

Les vertus théologales; 1° l'encens, qui se détruit et s'exhale en fumée, représente la foi qui sera détruite par la claire vision' de Dieu; 2° la myrrhe, qui ne se flétrit jamais,

iw CATECHISME DE BOURGES. — PART. V. CE QUE NOUS DEVONS MEDITER. 434

3° à saint Siméonet à sainte Anne, par une illustration intérieure du Saint-Esprit, parce qu'ils représentaient la partie la plus éclai-

figure de l'espérance; 3° l'or, le plus précieux des métaux, signifie la charité, la plus excellente des vertus.

Quoi encore?

Trois sortes de vie, qui partagent les fidèles, 1° la myrrhe, est le symbole de la vie purgative; 2° l'encens, de la vieilluminative; 3° l'or, de la vie unitive.

Quoi encore?

1° L'or, signifie le sacrifice de la volonté par la charité; 2° l'encens, le sacrifice de l'esprit parla [trière; 3° la myrrhe, le sacrifice île la chair par la mortification.

Quel fruit devons-nous tirer de ce mystère?

1° Réjouissons-nous, et remercions Dieu de nous avoir appelés à la foi ; 2° admirons eu cela sa bonté ineffable et gratuite, car ce n'est ni nos mérites qui l'ont obligé a nous adopter, ni nos bonnes qualités, ni les services rendus ou espérés, ni le besoin qu'il eut de nous. Motifs qui poussent les hommes à appeler dans leur famille un étranger, et qui n'ont pas lieu à l'égard de nous envers Dieu , puisqu'au contraire , pourquoi ne sommes-nous pas nés parmi les sauvages, les Barbares, les infidèles, les hérétiques, etc. ; 3e répondons à cette grâce, en conformant notre vie à notre foi ; k" craignons qu'elle ne nous soit ôtée ainsi qu'aux Juifs, si nous n'en fusons un bon u-age; malheur trop commun, car combien de libertins la perdent tous les jours au milieu même de l'Eglise, et entraînent souvent avec eux les peuples entiers ; 5° cherchons Dieu à l'exemple des mages, comme le seul bien qui mérite qu'on le cherche ; comme le seul bien qu'on trouve toujours quand on le cherche; comme le seul bien qui rend heureux, quand on le trouve; comme le seul bien qu'on ne perd jamais, quand on le possède. Quel est ce bien sans lequel on n'est jamais bien I dit saint Augustin. 6" Prions Jésus de se manifester à nous, dans l'oraison signifiée par l'encens : en nous, par la mortification que la myrrhe ligure; par nous , au moyen des œuvres de charité, dont l'or est le symbole.

Que représente la manifestation de Jésus- Christ faite, 1° aux pasteurs ; 2" aux mages ; 'i" à sainte Anne et à saint Siméon, dans leur extrême vieillesse ?

1" Que les apôtres et les disciples juifs qui ont été les pasteurs de l'Eglise naissante, croiraient les premiers en Jésus-Christ; 2° que la plénitude des gentils viendrait ensuite en foule le reconnaître; 3° qu'à la fin du monde les restes de la nation juive se convertiraient à la foi.

Que remarquez vous encore dans ces manifestations?

La bonté de Dieu qui se conforme et se proportionne h tout le monde, et à l'état u'un chacun, pour nous attirer tous à lui : car elles se tirent, 1° aux Juifs, ou aux pasteurs parla voix des anges, cequi leur était ordinaire, comme ayant commerce et union avec eux , et par les prophéties dont ils étaient dépositaires; 2° aux gentils, désignés à Abraham par les étoiles du firmament, et adonnés à l'astrologie, par un signe du ciel ;

rée de la Synagogue, et qu'ils étaient des personnes d'oraison ; k" à tout le monde, par la prédication muette des astres et des éléments.

Que fit He'rode après leur départ ?

Il attendit quelque temps de leurs nouvelles, méprisant peut-être cette aventure, et croyant qu'elle n'aurait pas de suite : mais le bruit de la venue du Messie et de sa naissance admirable s'étant renouvelé quelques jours après, lors de la purification, et voyant que les mages s'étaient moqués de lui, il prit la cruelle résolution de faire massacrer tous les enfants au-dessous de deux ans dans Bethléem et aux environs, ce qu'il exécuta avec une inhumanité plus que barbare, tandis que saint Joseph, averti par un ange, emmena en Egypte l'Enfant Jésus , et sa très-pure Mère.

Que signifient les persécutions de Jésus - Christ au commencement et à la fin de sa vie?

Celles de son corps mystique ou de l'Eglise exposée dans sa naissance, aux fureurs de l'empire romain idolâtre, et à la fin du monde à celles de l'Antéchrist.

Quêtaient donc devenus les mages?

Avertis en songe de n'aller pas vers Hérode, ils s'en étaient retournés en leur pays par un autre chemin, prêchant ce qu'ils avaient vu; nous apprenant par la que pour retourner en notre patrie, qui «jst le ciel, et dont nous nous sommes écartés suivant les routes du vice et du péché, et sortant du paradis par la porte de l'orgueil, de l'avarice, de la sensualité, de la vaine joie, etc., nous devons pour revenir et y rentrer, suivre la voie de la pénitence, de l'humilité, de la pauvreté , de la mortification et des larmes ; celle-là conduisant à Hérode, celle-ci à Jésus -Christ, ce que nous pouvons pratiquer dès aujourd'hui, fuyant les dérèglements des mauvais Chrétiens, qui prennent la sainteté de cette fête si célèbre autrefois, et destiné:; à l'administration du baptême, parleurs excès et leur intempérance, et nous appliquant à la dévotion et aux bonnes œuvres, cherchant avec les mages Jésus-Christ, et gémissant de voir que toutes les créatures ont inviolablement conservé leur inclination vers leur tin, tandis que nous avons perdu la nôtre. La pierre tend au bas, le feu monte en haut, l'aimant va s'unir au fer, etc., et nous nous faisons violence pour aller à Dieu. La nature des choses est-elle changée?

L'homme attire Dieu, et Dieu n'attire pas l'homme? A peine Jésus-Christ est-il né, qu'il envoie une étoile pour attirer l'homme : il est ressuscité, i! règne au ciel, les astres publient hautement sa gloire, et l'homme ne le cherche pas encore 1 Si l'homme n'est pas le premier à l'aimer et aie suivre, pourquoi du moins n'est-il pas le second? Rien de durau monde qui ne s'amollisse par quelque artifice : les métaux se fondent au feu; le 1er se rond flexible à la forge; la du-

reté du diamant se dompte par le sang de quelques animaux, et le cœur humain résiste à tout : au feu -du Saint-Esprit, aux bienfaits redoublés du Créateur: au sang de Jésus-Christ : les anges et les bêles l'abordèrent dans le désert, et reconnurent leur auteur ; l'homme seul, pour lequel il était venu, n'y parut pas. Autrefois Dieu se repentit d'avoir fait l'homme , ne craignonsnous point à présent que Dieu ne se repente de s'être fait homme?

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